Le Grand Bleu

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Le Grand Bleu
Réalisation Luc Besson
Scénario Luc Besson
Robert Garland
Marilyn Goldin
Marc Perrier
Jacques Mayol
Acteurs principaux
Sociétés de production Les Films du loup
Gaumont
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de l'Italie Italie
Genre drame, romantique
Durée 136 ou 163 minutes
Sortie 1988


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Grand Bleu est un film dramatique et romantique franco-italo-américain coécrit, coproduit et réalisé par Luc Besson, sorti en 1988 dans sa version originale puis en 1989 dans sa version longue. Ce film générationnel est librement inspiré des vies de Jacques Mayol et Enzo Maiorca, célèbres champions de plongée en apnée, ainsi que de la propre enfance de Luc Besson.

Ayant reçu six nominations aux César (dont celui du meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur), il emporte le César de la meilleure musique et celui du meilleur son.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Jacques Mayol et Enzo Molinari[Note 1] se connaissent depuis l'enfance, dans les années 1960. Ils ont grandi ensemble en Grèce et partagent depuis toujours leur passion pour la mer. Mais à la suite de l'accident au cours d'une plongée et du décès de son père, Jacques revient en France. Vingt ans ont passé, mais la rivalité entre les deux hommes existe toujours. Le championnat du monde d'apnée No Limit à Taormina en Sicile à la fin des années 1980 est l'occasion pour les deux hommes de se retrouver et d'explorer un monde que personne ne connaît mieux qu'eux.

En Grèce, en 1965, les amis de Jacques lui montrent une pièce d'or sous l'eau. Il se prépare à plonger mais Enzo est plus rapide. Le lendemain, le père de Jacques se noie lors d'une expérience en plongée.

En Sicile en 1988, Enzo est demandé en renfort pour sauver un plongeur coincé sous une épave. Il plonge dans l'eau sans respirateur et parvient à sauver le plongeur. Il demande ensuite à son frère Roberto de trouver Jacques. Au Pérou, Johanna Baker croise Jacques Mayol et, avec le Dr Lawrence, regarde une expérience quand Jacques plonge dans le lac glacé sans respirateur. La jeune femme lui apporte du café, Jacques revient plus tard lui offrir un cadeau afin de la remercier. De retour en France, Enzo trouve Jacques et le convie au championnat à Taormina. A New York, Johanna découvre que l'appartement qu'elle partage avec sa colocataire a été cambriolé. Elle apprend par le docteur Lawrence que Jacques est en Sicile et décide de s'y rendre.

Sur place, Enzo et Jacques se retrouvent, le premier réprimande le réceptionniste de l'hôtel. Tandis qu'ils bavardent, Johanna les trouve et ils sympathisent ensemble. Lors d'une soirée, les deux hommes décident de voir qui tient le plus longtemps sous l'eau. Ils finissent sur un brancard. Johanna s'occupe de Jacques. Le lendemain, Enzo se voit interdit d'aller plonger et malgré les conseils de son médecin, il se lance. Un soir, le trio libère un dauphin enfermé dans un bassin. A l'entraînement d'apnée, Jacques plonge à plus de 110 m de profondeur. Dans la soirée, il entretient une liaison avec Johanna avec qui il passe la nuit. En pleine nuit, il sort, plonge dans la mer et nage avec un dauphin jusqu'au petit matin. Johanna comprend qu'il préfère passer du temps sous l'eau qu'être avec des femmes et décide de partir à New York. Une sorte d'ascenseur emmène Enzo, Jacques et un Belge à bord pour l'entraînement. Jacques et Johanna se retrouvent. Enzo fait 115 mètres, 4 minutes et 50 secondes en apnée. Jacques fait 120 mètres. La veille de la compétition, Johanna veut parler d'avenir avec Jacques mais il ne semble pas partager son opinion. Le jour de la compétition, Enzo fait tout pour battre Jacques, il va descendre même le plus profond possible, même à y risquer sa vie. Le docteur Lawrence veut arrêter la compétition car il estime que c'est trop dangereux mais Enzo refuse de l'écouter. Il reste plus longtemps et plus profond. Une fois remonté, il se meurt et demande à son ami de le laisser mourir au fond de la mer. Dévasté par la mort de son ami, il se mure dans le mutisme. Johanna apprend qu'elle est enceinte. Elle va voir Jacques qui fait une petite crise, elle le suit et tente de le raisonner. Elle lui avoue même sa grossesse mais il plonge quand même et - à la profondeur maximale qu'autorise la compétition - il quitte la lumière pour rejoindre un dauphin dans la noirceur des profondeurs.

Versions alternatives[modifier | modifier le code]

Version américaine[modifier | modifier le code]

La version américaine du film comprend une fin différente des versions européenne et française. En effet, une scène a été rajoutée afin de rendre cette fin plus heureuse – le dauphin ramène Jacques à la surface[1]. D'autre part, une autre musique a été composée par Bill Conti pour remplacer la bande originale d'Éric Serra.

Version longue (Director's cut)[modifier | modifier le code]

En 1989, le film sort dans une version comportant 35 minutes supplémentaires. Tandis que la version d'origine se centre sur le championnat de plongée en apnée ainsi que sur la relation à la fois amicale et rivale entre Jacques et Enzo, le Director's Cut donne davantage d'importance à l'histoire d'amour entre Jacques et Johanna, mettant Enzo un peu en recul. Cette version est ensuite éditée en VHS et en Laserdisc, puis en DVD en 2001 et en Blu-Ray en 2009.

Scènes supplémentaires par rapport à la première version :

  • Johanna passe la nuit à parler de Jacques à sa colocataire Carol dans leur appartement new yorkais. Elle précise notamment que Jacques est américain par sa mère.
  • Lorsque Jacques va sur le balcon après avoir fait l'amour avec Johanna, il aperçoit un dauphin puis plonge pour le rejoindre. Il tente de toucher le mammifère chaque fois que celui-ci fait un saut (reproduisant la célèbre photo ornant l'affiche du film). Johanna arrive à son tour et attend que Jacques sorte de l'eau. Ce dernier met fin à sa baignade au petit matin. À ce moment-là, Johanna lui affirme qu'elle va repartir à New York.
  • Attristé par le départ de Johanna, Jacques rend visite à Enzo qui a dormi avec une combinaison de plongée. L'italien propose au français de l'emmener sur une plate-forme pétrolière où Enzo a été appelé pour un travail. Arrivés sur place, les deux hommes embarquent dans une capsule sous-marine qui est larguée vers le fond. Une fois arrivée en profondeur, une surdose d'hélium entraîne un changement de voix des personnages. Puis Enzo donne un peu d'alcool à Jacques en faisant tremper son doigt dans la bouteille pour qu'il puisse ensuite le sucer. Les deux hommes deviennent ivres, enfilent des scaphandres, descendent dans l'eau puis se mettent à valser.
  • À New York, Johanna se laisse aller au point de décevoir Carol. Par la suite, Duffy, qui a compris que Johanna lui avait menti pour expliquer son séjour en Sicile, licencie la jeune femme mais lui souhaite bonne chance dans sa vie amoureuse.
  • Johanna téléphone à Jacques pour renouer le contact, réalisant qu'elle ne peut pas se passer de lui. La jeune américaine arrive à la gare de la Côte d'Azur où elle retrouve Jacques. Puis les deux tourtereaux s'installent à l'hôtel Carlton et passent une longue nuit d'amour. Durant ce moment, Jacques est victime d'hallucination.
  • Lors du déjeuner, l'oncle Louis fait connaissance avec Johanna.
  • Pendant que l'oncle Louis se dispute avec le poissonnier du port à propos de la marchandise, Enzo arrive en bateau puis présente Bonita, sa nouvelle conquête.
  • La scène de l'apéritif entre l'oncle Louis et Enzo a été non seulement déplacée (elle fut insérée après la victoire d'Enzo dans la version cinéma) mais aussi enrichie. Le champion italien se moque du vieil homme et de sa surdité. Par la suite, Jacques reçoit la visite du Dr Laurence et le présente à Enzo.
  • Une cérémonie de remise de trophée en l'honneur d'Enzo dans laquelle Novelli fait un discours, précisant notamment qu'il serait dangereux de battre le record du champion. Pendant ce temps, Enzo fait signe à son frère de mettre des tranches de jambon dans un sandwich.
  • Bonita rend visite à Johanna pour lui annoncer qu'elle part. Elle lui remet une photo de sa petite fille, renforçant ainsi le désir de Johanna d'avoir un enfant.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

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Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Genèse et développement[modifier | modifier le code]

Le réalisateur Luc Besson a été très tôt “bercé” dans l'univers des apnéistes : fort du métier de ses parents (G.O. professeurs de plongée au Club Méditerranée), ce fils unique passe son enfance à sillonner les mers du globe (Yougoslavie, Grèce dont l'île d'Amorgos où sera tourné en grande partie son film), rêve de devenir delphinologue[4] et sera lui-même un temps moniteur de plongée[5]. Pendant les vacances de 1977, il travaille comme instructeur de plongée à Palinuro, village du Club Méditerranée de son cousin Stéphane, en Italie du Sud. Alors qu'il plonge avec une sinusite, il est victime d'un accident de plongée (un barotraumatisme) et doit être évacué vers l'hôpital à Marseille où le médecin lui annonce qu'il ne pourra plus faire de la plongée et brise son rêve d'être delphinologue (rêve illustré dans le film par le héros Jacques qui considère que les dauphins forment sa véritable famille et abandonne son amoureuse enceinte)[4]. De retour à Palinuro, il fait connaissance avec le cinéaste italien, Victor de Sanctis, qui présente au village le documentaire « Jacques Mayol, l’homme dauphin », qui vient alors d'établir un record en apnée à moins 92 mètres. Bouleversé par cette projection, il souhaite raconter la vie du plongeur qu'il rencontre finalement en 1983 à Marseille[5] mais prétend avoir imaginé le scénario du film dès son adolescence[6], en s'inspirant de la rivalité qui oppose deux plongeurs sous-marins, le Français Jacques Mayol et l'Italien Enzo Maiorca. Le premier a servi de consultant et intervient dans le scénario mais son contrat est si modeste (il n'imagine pas l'immense succès du film) « que son nom ne figure même pas au générique. Et Besson l'a oublié dans le partage des bénéfices. Depuis, Jacques Mayol… n'a plus jamais reparlé de Besson[6] ». Le second, présenté par Besson « comme une sorte de mercenaire mafioso se faisant payer dix mille dollars pour sauver une vie humaine[6] », n'a pas été averti du projet et exige que son nom soit changé[7].

Distribution de rôles[modifier | modifier le code]

Pour le rôle de Jacques Mayol, le premier choix pour Luc Besson est Christophe Lambert, qu'il a dirigé dans Subway, mais, ce dernier décline l'offre par peur d'être catalogué comme l'acteur des animaux : après avoir joué le rôle de l'homme-singe dans Greystoke, la légende de Tarzan, il ne veut pas incarner l'homme-poisson[8]. Après avoir ensuite envisagé Gérard Lanvin, Mel Gibson ou encore Mickey Rourke (l'acteur convoite le rôle mais Besson ne voit pas « Mickey-l’homme-de-tous-les-excès se plier à la discipline exigée par le rôle de Jacques Mayol »), le réalisateur choisit Jean-Marc Barr qui est alors inconnu du grand public[9]. L'acteur a pour lui d'avoir un peu d'expérience dans le monde de la plongée et « une tête d'éternel adolescent au sourire figé », ce qui fait craquer la vingtaine de jeunes femmes de la Gaumont qui le découvrent lors du screen-test projeté par Besson[9].

Il s'agit du dernier film de l'acteur Paul Shenar, qui mourut l'année suivant la sortie du film. C'est également l'un des derniers films de Jean Bouise, lui aussi décédé en 1989, juste après le tournage de Nikita.

Le réalisateur du film, Luc Besson, fait une apparition dans le film, dans le rôle d'un plongeur.

Tournage[modifier | modifier le code]

Le Grand Bleu est le premier film de Luc Besson tourné en anglais. Ce choix, justifié par l'importance du budget du film, est adopté en cours de tournage, alors qu'il est prévu originellement de tourner le film en français et en anglais[10][source insuffisante].

On peut relever deux faux-raccords dans le film[11] :

  • Au début du film, Enzo prétend avoir atteint un record de 110 mètres en plongée en apnée. Plus tard, lorsque Jacques plonge la première fois lors du championnat, il récupère une étiquette indiquant 108 mètres, refait surface puis devient le nouveau champion alors que son record est inférieur à celui d'Enzo.
  • Lorsque Jacques replonge pour envoyer le corps d'Enzo mort au fond de la mer, on peut apercevoir sur le gros plan que la doublure de Jean Reno se bouche le nez.

Lieux de tournage[12] :

Musique[modifier | modifier le code]

Version d'Éric Serra[modifier | modifier le code]

Le Grand Bleu

Bande originale de Éric Serra
Sortie Drapeau de la France 1988
Enregistré Janvier 1988
Durée 55:29 - 31:03
Genre Electro
Synthétiseur
Label Virgin
Critique

Albums de Éric Serra

La bande originale du film a été saluée par les critiques. Partout en Europe, et particulièrement en France, elle obtient un très grand succès qui se répercuta également à l'échelle planétaire. Pour certains, c'est l'œuvre la plus accomplie du duo Luc Besson-Éric Serra. Jusqu'à maintenant, cette bande originale s'est vendue à plus de trois millions de copies dans le monde, dont deux millions en France. Cette bande originale contient la première interprétation vocale d'Éric Serra qu'il a composée avec Luc Besson, le titre de cette chanson est My Lady Blue. La bande originale remporte une Victoire et le César de la meilleure musique écrite pour un film en 1989, en plus d'avoir remporté le Grand Prix de la réalisation audio-visuelle de la SACEM la même année. L'album est certifié disque d'or, platine et diamant dans plusieurs pays.

La musique du film a été rejouée en direct par Éric Serra entouré de six musiciens lors d'un ciné-concert à la Seine musicale le et le , à l'occasion de l'anniversaire des 30 ans de la première présentation du film[13].

  • Volume 1
  1. The Big Blue Overture
  2. Deep Blue Dream
  3. Sailing to Death
  4. Rescue in a Wreck
  5. La Raya
  6. Huacracocha
  7. Water Works
  8. Between the Sky-Scrapers
  9. Remembering a Heart Beat
  10. Spaghetti Del Mar
  11. Let Them Try (inst)
  12. Synchronised Instant
  13. Homo Delphinus
  14. The Monastery of Amorgos
  15. Much Better Down There
  16. Cruise of the Dolphin Tribe
  17. Second Dive
  18. Leaving the World Behind
  19. My Lady Blue (interprété par Éric Serra)
  • Volume 2
  1. Let Them Try
  2. A Walk in Taormina
  3. Watergames
  4. Fatal Dive
  5. Platform
  6. Leaving Peru
  7. Virgin Islands
  8. Strange Feelings
  9. Sicilia
  10. Such a Family
  11. The Third Dive
  12. Do you like this Place
  13. For Enzo
  14. Leaving the World Behind

Version de Bill Conti[modifier | modifier le code]

Le distributeur américain du film a voulu remplacer la musique d'Éric Serra par une autre. C'est Bill Conti qui se chargea donc de la musique de la version américaine du film[14].

Liste des titres[15]
  1. Main Theme
  2. Call of the Deep
  3. Danger Below
  4. Caribbean
  5. Plans
  6. A Tender Moment
  7. Love in the Moonlight
  8. Don't Worry
  9. Interlude
  10. Sadness
  11. Love Theme
  12. Fun in the Sun
  13. The Dive
  14. Under the Sea
  15. The Next Day
  16. Playful Love
  17. Serious Love
  18. Love on the Piano
  19. Choral Love
  20. Back to the Sea
  21. Last Dive
  22. Finale

Accueil[modifier | modifier le code]

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Le film avait dans un premier temps été mal accueilli par la critique, et en partie sifflé lors de la présentation au festival de Cannes 1988[5]. Luc Besson en gardera une certaine rancune ; Jean-Hugues Anglade, son acteur dans Subway, a d'ailleurs déclaré : « Dès Le Grand Bleu, Luc souffrait de ne pas être reconnu par la critique »[16]. Par ailleurs, il avouera en 2014 que sa fille Juliette avait de graves problèmes de santé au moment de la présentation du film à Cannes : « Le film était présenté à Cannes le 11 mai. Dix jours avant l’opération de Juliette, nous avions rendez-vous avec le chirurgien. Je le vois encore prendre son agenda, le feuilleter et nous dire : “Est-ce que le 11 mai ça vous va ?” Je n’ai pas osé dire non, c’était ma fille d’abord. Quand je lui ai raconté les raisons de mon angoisse, il a repoussé l'intervention de deux jours. Je me suis donc retrouvé à me faire flinguer avec Le Grand Bleu le 11 et, deux jours plus tard, je passais sept heures dans une salle d’attente pour savoir si ma fille allait survivre, être guérie. Le reste n’avait plus vraiment d’importance. Et curieusement, quand Juliette est allée mieux, le film s’est mis à marcher[7] ».

À sa sortie, le film a obtenu des critiques favorables, comme celle d'Iannis Katsahnias dans les Cahiers du cinéma qui écrit notamment : « Luc Besson ne prend pas le risque de vouloir en mettre plein la vue au spectateur. Il préfère varier le bleu (…), fabriquant un matelas profond sur lequel le spectateur pourra rêver »[17]. Robert Chazal de France-Soir remarque que « Tout est exceptionnel dans ce beau film »[17]. Dans Le Monde, Michel Braudeau pense que « Très beau, inclassable et déconcertant, le Grand Bleu se penche autant sur l'amour des dauphins que sur le vertige intérieur de son plongeur métaphysique »[17].

L'apnéiste Enzo Maiorca, dont le rôle est interprété par Jean Reno, n'apprécie pas le film et entame une procédure en diffamation contre Besson, ce qui bloque la diffusion du film en Italie pendant quatorze ans[18]. Le film est finalement distribué en 2002 dans une version abrégée. Parmi les scènes coupées, on trouve celle où Enzo Molinari se fait payer pour sauver la vie d'un homme en train de se noyer et le rôle caricatural de sa mère, la « mama » sicilienne cuisinant la « pasta » et très antipathique au premier abord[19],[7].

Box-office[modifier | modifier le code]

Le Grand Bleu est un succès public considérable (9,2 millions de spectateurs français). L'exploitation en France rencontra un des plus gros succès de l'histoire du cinéma français, notamment auprès des adolescents. Le film fut projeté gonflé en 70 mm au Kinopanorama[20]. Le Grand Bleu est le meilleur film au box-office français en 1988[21].

En , Luc Besson a pu sortir en salles une version longue de son film rallongée de 50 minutes de plus que l'originale tout en se permettant d'inscrire sur l'affiche l'accroche suivante : « N'y allez pas, ça dure trois heures ! »[22].

Pays Nombre d'entrées
Drapeau de la France France 9 195 742[23],[24]
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 875 956[25]
Drapeau des États-Unis États-Unis 871 000[26]
Drapeau de l'Espagne Espagne 196 847[27]
Drapeau : Québec Québec 142 108[28],[29]
Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud 114 353[30]
Drapeau de l'Italie Italie 98 453[31]
Drapeau du Danemark Danemark 62 996[32]
Drapeau de la Suède Suède 49 198[33]
Drapeau de la Suisse Suisse 21 971[34]
Drapeau de la Roumanie Roumanie 150[35]
Monde Total hors France 2 433 032 entrées
Monde Total monde 11 628 774 entrées

Note : Liste non exhaustive[36].

Distinctions[modifier | modifier le code]

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Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Le film est dédié à la fille du réalisateur, Juliette Besson, dont la mère est l'actrice Anne Parillaud.
  • Le dauphin Joséphine, héroïne du film, est mort à l'âge estimé de 32 ans[37], le , « des suites d'une maladie rénale associée à son âge très avancé ». Elle avait été capturée aux États-Unis en 1979 pour le parc marin d'Antibes. Joséphine s'était rendue célèbre en tournant « les scènes les plus techniquement difficiles » du film. C'est elle, notamment, qui vient chercher l'acteur Jean-Marc Barr dans les profondeurs de la mer dans la scène finale[38].
  • Ne parlant pas le français, Rosanna Arquette est doublée par la comédienne Julie Dassin. Cette dernière lui impose tout de même un fort accent américain pour bien faire distinguer la nationalité du personnage.
  • Besson choisit l'acteur Jean-Marc Barr dans un but précis, « fabriquer une icône » et une nouvelle image du romantisme mais ce dernier rejette ce film qui l'a propulsé — selon ses propres mots — en « icône et objet de masturbation pour jeunes filles[39] ». En froid avec Besson, l'acteur n'a jamais vu le film en entier et a senti la nécessité de « détruire un peu le mythe du Grand Bleu[40] ».
  • Submergé par le succès du film qui s'écarte de la philosophie de Jacques Mayol[40], l'apnéiste qui s'est suicidé en 2001 a souffert plus que jamais de la solitude : « J’ai été témoin de la souffrance et de la frustration que lui a causé la popularité du film. Quand un être humain se voit dépossédé de son histoire et de la magie qu’il a créée, c’est une petite tragédie », explique Jean-Marc Barr[41].
  • Le record de Jacques Mayol de 105 mètres établi en 1983 (120 mètres dans le film), considéré par les médecins dans le film comme une limite absolue, sera par la suite pulvérisé : en 2007, le record d'apnée no limit est poussé à 214 mètres par Herbert Nitsch.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Nom inpiré d'Enzo Maiorca. Selon Luc Besson dans son autobiographie Enfant terrible, il n'a pas réussi à avoir l'accord du plongeur italien et a donc créé un personnage totalement fictif (p.400).

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Le grand bleu (1988) - Alternate versions - IMDb
  2. (en) Business sur l’Internet Movie Database
  3. (en) Dates de sortie sur l’Internet Movie Database
  4. a et b Luc Besson, L'Histoire du Grand Bleu, Intervista, , p. 47
  5. a b et c Antoine de Baecque, « Le « Grand Bleu », un film phénomène », sur Libération, (consulté le 8 mars 2015)
  6. a b et c Dominique Gardes, « Besson au bûcher », Le Spectacle du monde, no 457,‎ , p. 111
  7. a b et c « 11 histoires incroyables sur LE GRAND BLEU », sur Followatch, (consulté le 8 mars 2015)
  8. « Christophe Lambert enfin méchant! », sur leparisien.fr,
  9. a et b Geoffrey Le Guilcher, Luc Besson : l'homme qui voulait être aimé. La biographie non autorisée, Flammarion, , p. 107-108
  10. Conférence de presse à la sortie du film, question à Luc Besson
  11. « Les (rares) ERREURS de Luc Besson - Faux raccord culte » sur YouTube.
  12. (en) Filming locations sur l’Internet Movie Database
  13. « Boulogne-Billancourt : plongez dans le Grand Bleu à la Seine Musicale », sur leparisien.fr,
  14. « Trois questions à Eric Serra, compositeur du Grand bleu », sur L'Express, (consulté le 1er janvier 2015)
  15. (en) Bill Conti - The Big Blue - Last.fm
  16. Luc Besson, le chasseur - Télérama
  17. a b et c « Critiques presse », sur Allociné (consulté le 8 mars 2015)
  18. (it) « Enzo Majorca a gagné, le grand bleu ne vient pas en Italie », sur Reppublica (consulté le 28 décembre 2018).
  19. Entrevue d'Enzo Maiorca par Rai Uno
  20. les-meilleurs-annees, « le grand bleu 1988 », sur Skyrock,
  21. voir Box-office France 1988
  22. AlloCine, « Tous le cinéma sur AlloCiné », sur AlloCiné
  23. http://www.jpbox-office.com/fichfilm.php?id=5704&affich=france
  24. « LUMIERE : Film #1736 : Le grand bleu (Market : France) », sur lumiere.obs.coe.int
  25. « Die erfolgreichsten Filme in Deutschland 1988 », sur www.insidekino.de
  26. http://www.jpbox-office.com/fichfilm.php?id=5704&affich=usa
  27. « El Gran Azul, Película. », sur www.depeliculasgratis.com
  28. http://diffusion.stat.gouv.qc.ca/pls/hni/Hni
  29. « Statistiques sur l'industrie du film », sur diffusion.stat.gouv.qc.ca
  30. http://www.kobis.or.kr/kobis/business/mast/mvie/searchMovieList.do
  31. « LUMIERE : Film #1736 : Le grand bleu (Market : Italy) », sur lumiere.obs.coe.int
  32. « Viden om Film », sur www.dfi.dk
  33. « The Big Blue »
  34. http://www.procinema.ch/db_neu2009/details.asp?s_keyword=grand+bleu&id=2160569
  35. « LUMIERE : Film #1736 : Le grand bleu (Market : Romania) », sur lumiere.obs.coe.int
  36. voir la liste des pays où le film est sorti ici et ici
  37. Le Grand bleu : mort du dauphin Joséphine…, Premiere.fr,
  38. Le dauphin du Grand Bleu est mort, RTL.fr,
  39. Geoffrey Le Guilcher, Luc Besson : l'homme qui voulait être aimé. La biographie non autorisée, Flammarion, , p. 108
  40. a et b « "Le Grand Bleu" : les confidences de Jean-Marc Barr sur "le vrai Mayol" », sur lepoint.fr,
  41. Norine Raja, « Huit choses que vous ignorez encore sur « Le Grand Bleu » », sur vanityfair.fr,

Annexes[modifier | modifier le code]

Documentation[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]