Gentil organisateur

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Un G.O. au Club Med de Marbella, village maintenant fermé.

Un gentil organisateur mieux connu sous l'acronyme de G.O., est un employé de club de vacances qui « participe à toute la vie et aux animations du village »[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Le nom est inventé par le Club Méditerranée peu après la création de l'entreprise. Les premiers recrutés sont des proches de Gérard Blitz le fondateur de l'entreprise ; peu après, les embauches se font par connaissance ou cooptation, puis notoirement parmi les G.M. (« Gentil membre »)[2]. Claudine Blitz, la femme de Gérard, se charge des recrutements. Si au départ les G.O sont français, peu à peu les postes s'ouvrent à toutes les nationalités[3]. « Le Club a écrit les premières pages de son histoire dans des pays à coût de main-d’œuvre bas et avec les fameux GO à nationalités diverses, dont le statut social était flou et la rémunération faible » précise plus tard Philippe Bourguignon[4].

Chef de village reste une évolution possible ; dans les premières années du Club, cela prend au moins cinq ans, avec une formation « sur le tas », réalisée exclusivement au sein des villages[5]. Mais dans les années 1970, le Club évolue et le profil recherché également : les recrutements deviennent plus encadrés et la formation mieux structurée[6]. Les recrutements sont alors majoritairement masculins, les mœurs de certains pays de destination n'acceptant pas ce rôle pour une femme[7].

De nos jours[modifier | modifier le code]

Après les années 2000, le Club Méditerranée exploite un nombre fluctuant d'environ 80 villages dans le monde, et emploie plus de 18 000 personnes dont plus de la moitié sous contrat de travail saisonnier[8]. Même si la « langue véhiculaire au Club reste le français »[1], les G.O. peuvent être de niveaux d'études très différents et de multiples religions ou nationalités[9],[10] : lors de l'ouverture d'un village au Mexique, les G.O. sont surnommés par le Ministre du Tourisme d'alors « la raza del Club », la race du Club[11]. Les G.O. sont logés et nourris dans le village du Club où ils exercent, et habitent souvent à deux par chambre, le tout moyennant une participation aux frais[1] retenue sur leur salaire[8]. Bien souvent, dans les villages éloignés, les G.O. passent 100 % de meut temps au sein du village[12]. Pourtant, « ils n'appartiennent pas au Club, ils sont le Club » écrit Alain Ehrenberg[12]. Les G.O., « ambassadeurs de l’esprit Club Med »[10], sont également dotés d'un vestiaire varié permettant de changer d'uniforme quotidiennement en fonction du thème planifié au sein du village ; cet « Esprit-Club », l'uniforme ou l'ensemble des actions des G.O. participent à la théâtralisation de leur fonction[12]. D'une façon générale, l'accueil des G.M. reste un point clef de la fonction[13].

Cette catégorie de personnel comprend une centaine de métiers[10], dont ceux en contact direct avec les G.M. durant une grande partie de la journée : les barmans, maitre-nageur, réceptionnistes… Mais d'autres corps de métiers sont présents (électricien, chef de partie (cuisine)…) et la plupart des postes à responsabilité (chefs de cuisine, de restaurant, directeur des ressources humaines…). Serge Trigano précise à propos de ce métier que « le nomadisme en est l'un des principes de fonctionnement[14] », une certaine mobilité géographique étant de mise. Un pied d'égalité à toujours été de mise au sein du Club parmi les G.O, « ni larbin, ni vedettes », tendant à effacer au maximum toute organisation hiérarchique de la vue des vacanciers[12].

De nos jours, il y a plusieurs milliers d'embauches par an[8]. La disponibilité ou le sourire sont aussi importants pour l'entreprise que les compétences ou la maitrise du métier[1], la fonction première du métier consistant à encadrer et divertir[15]. Gilbert Trigano décrit la fonction à son époque comme « un doux mélange de folie et de discipline quasi militaire[16]. » Les contrats de travail sont majoritairement à durée déterminée[10], et les horaires sont souvent payés de façons forfaitaires[17]. Pour beaucoup, ce métier est un « mode de vie »[12].

Certains GO ont fait carrière dans le show business et les médias par la suite.

GO célèbres[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

  • Les GO, et de façon plus générale le Club Méditerranée, ont été parodiés dans le film Les Bronzés de Patrice Leconte : Dans les années 1970, l'équipe du Splendid est invitée durant trois saisons à animer des soirées au Club Med, dont en Turquie. À l'issue de cette expérience, l'équipe réalisera la pièce de théâtre Amour, Coquillages et Crustacés qui donnera par la suite le film Les Bronzés.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Olivier Standaert, « Ce qu’on attend du GO », sur lalibre.be, La Libre Belgique,‎ (consulté le 31 août 2012)
  2. Trigano 1998, Le mythe du Chef de village, p. 95
  3. Trigano 1998, Le bonheur d'être G.O., p. 253 à 255
  4. Philippe Bourguignon, Hop !, éditions Anne Carrière,‎ , 230 p. (ISBN 978-2843373305)
  5. Trigano 1998, Le mythe du Chef de village, p. 84 à 91
  6. Trigano 1998, Grandir, p. 149
  7. Trigano 1998, Tourisme et politique, p. 163
  8. a, b et c Guy Verstraeten, « Le Club Med renforce son armée de GO », sur lesoir.be, Le Soir,‎ (consulté le 31 août 2012)
  9. Trigano 1998, Le Club et les guerres, p. 216
  10. a, b, c et d Marie-Anne Nourry, « Travailler au Club Med : dilettantes s’abstenir ! », sur letudiant.fr, L'Express,‎ (consulté le 31 août 2012)
  11. Expression citée par Gilbert Trigano in : Trigano 1998, Tourisme et politique, p. 165 puis par Serge in : Trigano 1998, Le bonheur d'être G.O., p. 253
  12. a, b, c, d et e Alain Ehrenberg C'est au Club et nulle part ailleurs. : La société décontractée, in : Paul Yonnet, Histoire politique société, Le Débat 1985/2 (n° 34), p. 130-145. DOI 10.3917/deba.034.0130 présentation en ligne sur cairn.info
    Ehrenberg écrit dans ce même article :

    « Des G.O. bronzés et costumés s'affairent, vous offrent à boire, vous guident vers vos bungalows, vous prennent vos valises, vous tutoient et — nous arrivons le soir ‡ l'heure du dîner — on se retrouve à huit par table dans une immense salle à manger. La procédure se déroule de façon efficace et décontractée. La vie bourdonne nonchalamment. On reconnaît immédiatement qu'on n'est ni à l'hôtel ni dans une colonie de vacances pour adultes. On est au Club : les signes sont là, présents partout. L'impression de changement d'univers est réelle, forte - il faut toujours un certain temps d'apprentissage (ce sont les G.O. qui emploient ces termes) pour s'habituer au lieu et à cette ambiance qu'on ne retrouve nulle par ailleurs. »

  13. Trigano 1998, Les années heureuses, p. 295
  14. Trigano 1998, Le bonheur d'être G.O., p. 255 à 256
  15. Philippe Coulée, « Les tribulations d'un fou de villages : Encadrer et divertir les vacanciers à l'hôtel, été comme hiver », sur lesoir.be, Le Soir,‎ (consulté le 31 août 2012)
  16. Trigano 1998, Le mythe du Chef de village, p. 94
  17. Patrick Bonazza, « Le mauvais coup des Go », sur lepoint.fr, Le Point,‎ (consulté le 31 août 2012)
  18. Stéphane Jourdain, French Touch : Des raves aux supermarchés, l'histoire d'une épopée électro, Le Castor astral,‎ , 190 p. (ISBN 978-2859206093)
  19. « Elie Kakou », Bios, sur premiere.fr, Première,‎ (consulté le 1er septembre 2012)
  20. Philippe Chevilley, « Serge Trigano prend en main les destinées du Club Méditerranée », Services, sur lesechos.fr, Groupe Les Échos,‎ (consulté le 29 mai 2013) : « Serge Trigano est, en fait, loin d'être un novice dans le groupe. Il s'est imposé comme le successeur logique de son père, après avoir fait ses armes au Club, en en franchissant tous les échelons: de GO à directeur général, en passant par chef de village »
  21. Denis Tugdual, « Le roman des sœurs Le Pen », sur francesoir.fr, France-Soir,‎ (consulté le 31 août 2012)

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Reportage[modifier | modifier le code]

  • Sylvain Louvet et Michel Tardy, Bienvenue au Club, France 2, Envoyé spécial, 15 août 2011

Article connexe[modifier | modifier le code]