Les Racines du ciel (film)

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Les Racines du ciel
Description de cette image, également commentée ci-après

Trevor Howard, Friedrich von Ledebur et Juliette Greco

Titre original The Roots of Heaven
Réalisation John Huston
Scénario Patrick Leigh Fermor et Romain Gary d'après son roman Les Racines du ciel (Éditions Gallimard, 1956)
Acteurs principaux
Sociétés de production Twentieth Century Fox
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Film d'aventure
Écologie
Durée 127 min
Sortie 1958

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Les Racines du ciel (The Roots of Heaven) est un film américain réalisé par John Huston et sorti en 1958.

C'est l'adaptation du célèbre roman éponyme de Romain Gary.

Synopsis[modifier | modifier le code]

En Afrique-Équatoriale française, Morel, un idéaliste français de Fort Lamy, entame une lutte pour sauver de l’extinction les éléphants qu'il considère comme nos dernières « racines du ciel ». Minna, une barmaid amoureuse de lui, et Forsythe, un ancien commandant de l’armée britannique, sont les premiers à se rallier à sa cause. Ils sont bientôt rejoints par deux professionnels des médias qui réussissent à alerter l’opinion mondiale, les Américains Cy Sedgewick, journaliste TV, et Abe Fields, reporter-photographe. Inversement, Saint Denis, délégué gouvernemental, et Orsini, trafiquant d'ivoire, vont être ses adversaires acharnés tandis que Waitari, chef opportuniste d'un douteux mouvement africain, va essayer de récupérer son action pour servir ses seuls intérêts.

Différences entre le film et le roman[modifier | modifier le code]

- Challut et Orsini sont "réunis" en une seule et même personne du nom d’Orsini.

- “Ornando” est renommé “Sedgwick”

- “Forsythe” est renommé “Dick”

- Dick et Le Baron sont tués.

- Abe Fields, Qvist et Youssef accompagnent Morel à la fin.

- Forsythe est originalement américain et a trahi pendant la guerre de Corée contre les communistes.

Il manque :

- Tassin, Les scènes de camp en Allemagne, le procès.

- Les digressions autour de personnages secondaires ex : journalistes russes...

Musique du film[modifier | modifier le code]

1- Généralités

Le film de Huston/Gary “The Roots of Heaven” pourrait être qualifié à la fois de film d’aventure et de film à message bien que Gary se soit exprimé de façon critique sur le résultat et sa fidélité à l’esprit du livre. Le côté picaresque, les décors naturels originaux et un certain souffle font cependant de ce film une œuvre digne d’intérêt, soutenue par une partition musicale efficace. Le compositeur Malcom Henry Arnold y fait preuve d’une grande maîtrise du genre et d’un grande expérience musicale, notamment en ce qui concerne l'orchestration.

Le film n'est pas centré sur les psychologies des personnages mais construit autour de l'aventure même, riche et fournie, qui plonge chez les personnages dénués d'ambigüité dans des situations physiques ou émotionnelles intenses. Dès lors, la musique agit directement, sans contremploi ni effet de distanciation, elle sert la narration. Parfois elle peut être décorative (Accordéon au "Tchadien", Rythmes traditionnels dans les villages africains, ambiance swing à la villa Orsini) mais son rôle le mieux assumé est de révéler les émotions vêcues par les protagonistes voire d’en exacerber l’expression en visant un impact émotionnel plus fort sur le spectateur. Musicalement le procédé compositionnel s’apparente au procédé wagnérien du  leitmotiv jouant du symbolisme entre des thèmes musicaux et des éléments forts du récit. 5 thèmes sont identifiables dont 2 sont vraiment omni-présents :

·  2 Thèmes importants correspondant aux personnages de Morel et Minna

· 1 Thème générique : l’épopée de Morel et de ses compagnons pour la sauvegarde des éléphants (l’Épopée pour la Nature)

· 2 Thèmes secondaires celui animant les activités de Haas, le capteur d’animaux et celui présent lors des moments de tension proches de l’affrontement.

Les apparitions des leitmotiv de personnages sont autant de variantes qui déclinent les états d’âmes différents des héros selon le contexte narratif. En leur temps, des esprits critiques auront pu évoquer le côté “poteau indicateur” et “porte-manteau” pour qualifier ce systématisme musical attachés aux thèmes, mais d’aucun en récusera, au moins dans ce film, l’efficacité dramatique.

2- Thèmes musicaux  et commentaires sur ces thèmes :

    a) Thème de l'épopée pour la nature - Thème du générique de début

Le thème du générique a l’étoffe des grands thèmes musicaux hollywoodiens, ceux où l’on sent l’évocation des grands espace et de la liberté. Il comporte une mélodie qui est reprise un ton plus haut dans l’énocé exprimant une volonté d’aller de l’avant où l’apparition de nouveaux horizons. Il apparait comme le symbole des convictions de ces aventuriers picaresques et de leur domaine de prédilection : la Nature.

b) Thème de Morel

Le thème de Morel présente une mélodie sur quelques notes avec un rythme simple et répétitif. Le caractère basique de ce leitmotiv convient bien au caractère obstiné du personnage même si,  lors des exposés, les arrangements orchestraux déploient autour de la mélodie des nuances de sentiments ou d’action assez subtiles et passionnées.

c) Thème de Minna

Le thème de Minna est à trois temps et fait entendre une mélodie plus souple et plus tendre que celle au caractère viril et décidé de Morel. Le thème de Minna vient souvent en complément et en contraste de celui du héros pour assumer les moments de tendresse, de mélancolie ou de vulnérabilité. A quelques moments, il est exposé seul et peut alors être traité discrètement comme un petit rappel de mélancolie (au Tchadien en musique de fond du dialogue avec Morel), ou au contraire porter l’élan passionné d’une émotion forte (lorsque Morel quittant Youssef qui devait l’abattre retrouve Minna à bout de force).  Gary a toujours porté en haute estime les valeurs de la féminité et ce thème pourrait en être le symbole.

• Lien vers une analyse de la musique du film avec les thèmes, extraits musicaux et synopsis

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

  • Juliette Gréco, son arrivée au Tchad[1] : « Direction le sud-est pour Fort-Archambault[2]. Le coucou rouillé qui nous attend sur le tarmac ne rassure personne mais nous embarquons quand même. Du hublot, un paysage désertique s'étend jusqu'à l'infini. À notre débarquement sur la piste, une terre battue aride, la température avoisine les 45 degrés. Darryl Zanuck, en tenue de safari, est visiblement satisfait de nous réceptionner sains et saufs. […] L'équipe du film regroupe plus de deux cent cinquante personnes. Plusieurs dizaines de tonnes de matériel sont arrivées au Tchad et transiteront ensuite au Cameroun et en Centrafrique pour les différentes scènes du film. Les techniciens appellent le camp Zanuck Ville. […] La vie communautaire, dans cet environnement si hostile à l'homme, rassemble son lot de surprises et de difficultés. Il n'est pas inhabituel de rencontrer des insectes dangereux, des scorpions et autres termites, une hyène au détour des poubelles de cuisine, ou un serpent au pied d'une tente. La nuit, les fauves rôdent. »
  • Le paradoxe de la production est d’avoir choisi John Huston, chasseur notoire, pour réaliser un film consacré à la défense animalière, ce que relate Juliette Gréco dans ses mémoires[3] : « Peter Viertel a écrit sur Huston un petit livre, Le Chasseur blanc[4]. C’est malgré tout à lui que l’on a demandé de mettre en scène Les Racines du ciel. Étrange situation que celle du chasseur qui doit mettre en images l’histoire d’un homme qui se bat pour la protection de l’espèce animale, contre l’extermination de la faune africaine et spécialement celle des éléphants… Il reste si peu de ces pauvres et splendides animaux traqués par les assassins mondains et fortunés que l’on est obligé d’envoyer une troisième équipe à leur recherche, bien loin des lieux du tournage. Ils grèveront de tout leur poids le budget, et cela ne sera que justice. »

Tournage[modifier | modifier le code]

Vidéo[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Extrait du chapitre Un tournage dantesque (pages 204 à 206) des mémoires de Juliette Gréco, Je suis faite comme ça, Paris, Éditions Flammarion, coll. « Documents et essais d'actualité », , 350 p. (ISBN 9782081254893, présentation en ligne)
  2. Ville du Tchad aujourd’hui dénommée Sarh.
  3. Extrait des mémoires de Juliette Gréco (préf. Josyane Savigneau), Jujube, Paris, Éditions Stock (réimpr. 1993) (1re éd. 1982), 270 p. (ISBN 9782234026209, présentation en ligne)
  4. Titre exact : Chasseur blanc, cœur noir (White Hunter, Black Heart), Presses de la Cité (1954) et Éditions Presses Pocket (ISBN 978-2-266-03627-6).
  5. a et b À l'époque, le Tchad était l'un des quatre colonies constituant l'Afrique-Équatoriale française.
  6. a, b, c et d Source : The TCM Movie Database (États-Unis).

Liens externes[modifier | modifier le code]