Français québécois

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Page d'aide sur l'homonymie Ne pas confondre avec le français canadien, terme général qui regroupe les diverses variétés du français parlé au Canada.
Français québécois
Pays Canada et aux États-Unis
Région Canada

États-Unis

Nombre de locuteurs 6 817 655 en 2001-2006[1]
Typologie SVO flexionnelle syllabique
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielle Drapeau : Québec Québec
Régi par Office québécois de la langue française
Codes de langue
IETF fr-ca[2]
Linguasphère 51-AAA-iib

Le français québécois, aussi appelé français du Québec ou simplement québécois, est la variété de la langue française parlée essentiellement par les francophones du Québec[3]. Le français est la langue parlée par environ 93 % des Québécois, et les Québécois constituent de loin la plus grande majorité des francophones du Canada (près de 90 % des francophones du Canada vivent au Québec).

Pour des raisons culturelles, historiques ou politiques, il est parfois appelé français canadien, notamment par les Européens. Il faut toutefois préciser qu'à strictement parler, le français canadien constitue un ensemble plus vaste qui comprend le français québécois et des français de diverses autres régions et origines. Ansi, le français acadien et le français terre-neuvien ont des origines différentes du français québécois. Quant au français ontarien, au français du Nouveau-Brunswick et au français du Manitoba[4], ils ont les mêmes origines que le français québécois mais se sont différenciés avec le temps, notamment à la suite de la Révolution tranquille[5]. Il en va de même du français des petites communautés francophones du New Hampshire et du Vermont, aux États-Unis, également issu du français québécois. Dans certaines régions limitrophes orientales du Québec (baie des Chaleurs, Basse-Côte-Nord, îles de la Madeleine) c'est le français acadien plutôt que le français québécois qui constitue le parler ancestral, quoique la jeune génération s'aligne de plus en plus sur le parler du reste du Québec[6][7]. Quant au français parlé au Madawaska, une région séparée entre le Nouveau-Brunswick et le Maine, il serait foncièrement québécois selon certains auteurs alors que selon d'autres, il serait un mélange de français acadien et de français québécois[8].

Le québécois connaît des variétés régionales, dont le joual, parler populaire de Montréal. Le français enseigné dans les écoles québécoises est axé sur une norme parfois fuyante qui cherche à la fois à l'aligner sur un français dit « international », associée à une certaine notion de qualité de la langue et portée par le souci de partager une langue commune avec le reste de la francophonie, tout en intégrant lexicalement les réalités et les concepts propres à sa culture et à son monde de référence nord-américain. Les enseignants québécois parlent généralement avec un accent québécois qui, pareillement, cherche à éliminer les traits phonétiques associés à une langue trop populaire, sans pour autant s'aligner sur le français européen ou autre.

Le français écrit du Québec est syntaxiquement identique au français européen et international. Il ne s'en distingue que marginalement sur le plan lexical. Quant au français oral, passablement différent du français écrit, il comporte des écarts syntaxiques et phonétiques parfois prononcés par rapport à la norme, surtout chez les locuteurs moins instruits.

L'Office québécois de la langue française travaille au développement de la langue française et appuie certaines particularités qui peuvent diverger parfois avec l'usage européen mais sans écarter ces dernières.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Canadiens de la Nouvelle-France (1608-1763) parlent un français identique à celui de Paris[9], et ce, même si la plupart des colons viennent de différentes régions (essentiellement de l'ouest et du nord-ouest de la France). Il appert en effet que la diversité des langues régionales s'est rapidement uniformisée autour de la koinè urbaine[10], phénomène favorisé par le fait que 71 % des colons ont une origine urbaine ou semi-urbaine[11]. Cette uniformisation autour de l'usage parisien est également renforcée par l'arrivée des filles du Roy, immigrantes recrutées pour épouser les colons dans une perspective de peuplement[12] (1663-1673. Il s'agit essentiellement d'un français populaire qui comporte ses différences par rapport à celui de la Cour, sans en être très éloigné[9] [13].

Il reste que 28,5 % des premiers colons sont d'origine rurale[14], ce qui favorisera la diffusion de mots fréquents dans d'autres variétés de la langue d'oïl (notamment des mots communs à la plupart des dialectes ruraux du Centre et de l'Ouest, p. ex. garnotte au sens de « petite pierre »).

Ainsi, bien qu'il ait indéniablement conservé des éléments issus des langues d’oïl régionales comme le normand, le saintongeais ou encore le gallo[15], le français québécois tient essentiellement son origine de la langue parisienne du XVIIIe siècle. Toutefois, il serait faux de prétendre que le français québécois actuel est une forme parfaitement préservée de la langue de l'Ancien Régime. Le français du Québec, comme celui de France, a évolué et trouvé ses inflexions propres en fonction de ses réalités spécifiques et, notamment, de son interaction avec la langue anglaise. L'évolution du français canadien à partir de la langue parisienne d'autrefois connaît ses premières impulsions sous l'action de Thomas Maguire dans les années 1840, s'intensifie avec les nouveaux moyens de communication du milieu du XXe siècle et s'accélère avec l'instruction élargie et l'émancipation sociale et intellectuelle des Québécois de la Révolution tranquille[16].

Enclavé dans un environnement anglophone, le français québécois a toujours été une langue sous influence théoriquement menacée d’extinction. Cependant, les pressions et les revendications des francophones, dans les années 1960, ont amené le gouvernement fédéral du Canada à adopter des politiques de bilinguisme pour l'administration publique et les services de l’État ainsi que pour l’étiquetage et l’emballage. Quant au gouvernement du Québec, il se donne en 1977 une Charte de la langue française (souvent appelée « Loi 101 ») qui déclare le français langue officielle du Québec, au travail, dans l’affichage commercial et dans l’éducation des immigrants.

Norme et politique linguistique[modifier | modifier le code]

Norme[modifier | modifier le code]

Deux lignes de force traversent les discours et les attitudes concernant la norme du français québécois. La première, dite « exogéniste », cherche essentiellement à aligner le français du Québec sur le français de France ou d'Europe, ce qui implique le rejet des régionalismes. La seconde, dite « endogéniste » prône l'utilisation et le développement d'un français spécifique au Québec, basé sur l'usage historique et actuel et sur les réalités québécoises. Ces deux pôles sont rarement purs, attendu d'une part qu'il est concrètement impossible de pratiquer au Québec un français en tous points semblable au français de France, et d'autre part qu'il est nécessaire de préserver des points communs avec le reste de la francophonie, ne serait-ce que pour favoriser la communication.

Ces antagonismes portent principalement sur le lexique, et éventuellement sur la phonétique (prononciation). La syntaxe et la grammaire du français québécois écrit ne diffèrent pas vraiment de celles du reste de la francophonie.

Sur le plan lexical, le problème que pose la position endogéniste n'est pas tant la néologie québécoise que les usages québécois considérés comme fautifs, soit en raison de l'influence de l'anglais (anglicismes), soit en raison de la présence d'archaïsmes. En fait, la question est de savoir si les nombreux anglicismes dont est imprégnée la langue québécoise constituent une évolution naturelle et légitime de cette dernière ou des éléments exogènes à proscrire parce que contraires à une certaine conception de la qualité de la langue. La dichotomie entre la langue orale et la langue parlée, beaucoup plus prononcée au Québec qu'en Europe, pose aussi le problème de savoir dans quelle mesure la langue écrite peut ou non reproduire des usages de la langue parlée.

De nombreux anglicismes courants dans la langue courante comme dans la langue juridique, administrative et technique sont disparus de l'usage dans les années 1960 et 1970 sous l'influence d'une volonté collective de correction et notamment grâce aux travaux linguistiques et promotionnels de l'Office de la langue française.

Paradoxalement, la position exogéniste préconise jusqu'à l'utilisation des emprunts à l'anglais courants en France et traditionnellement non utilisés au Québec, comme le mot week-end pour fin de semaine (et de fait, le mot week-end connaît une diffusion accrue depuis les années 1980).

Accusés de vouloir s'aligner sur la France, les exogénistes se retranchent souvent derrière la notion de « français international », norme théorique censée pouvoir être comprise par les francophones du monde entier.

L'Office québécois de la langue française cherche à concilier ces deux pôles. Ses deux principales publications sont la Banque de dépannage linguistique (BDL) et le Grand Dictionnaire terminologique (GDT), qui guident l'Administration et le grand public quant à la norme à adopter au Québec sur les questions lexicales, grammaticales, typographiques et phonétiques entre autres. L'OQLF joue aussi un rôle important en néologie.

Contrairement à la langue orale, la langue écrite utilise les mêmes normes que le français commun des autres États francophones sur les plans syntaxique et grammatical. Il diffère cependant sur le plan lexical (quoique dans une moins grande mesure que la langue orale, voire dans une mesure presque marginale) et sur certains aspects de la typographie (par exemple l'emploi plus policé et plus restrictif de la majuscule dans les appellations, et l'absence d'espace avant les points d'exclamation et d'interrogation). L'Office québécois de la langue française (OQLF) travaille de concert avec l’Académie française et les organismes gouvernementaux des autres pays de la Francophonie. L’Office promeut d'abord un usage français dans le respect des particularités québécoises. Les termes normalisés par l'Office sont obligatoires dans les documents officiels et scolaires.

L’OQLF recommande la féminisation des noms de fonction (comme « professeure », « auteure », « mairesse », etc.). La Belgique, la Suisse et finalement la France ont suivi le Québec dans cette voie après des années et l'usage n'est pas encore établi partout, l'Académie française s'étant montrée sans doute la plus conservatrice en cette matière[17].

Lexicographie[modifier | modifier le code]

La lexicographie québécoise est animée par le souci de répertorier, voire d'enrichir le vocabulaire française propre au Québec.

La Société du parler français au Canada, sous la houlette d'Adjutor Rivard, lance au début du XXe siècle les premières études sur la langue française au Canada français.

Dans les années 1965-1980, une équipe de l'Université Laval, sous la direction de Gaston Dulong appuyé de Gaston Bergeron, entreprend dans tout le Québec des enquêtes linguistiques qui mèneront à la publication de l'Atlas linguistique de l'Est du Canada (1980). Cet ouvrage descriptif demeure à ce jour, avec plus de 650 000 notations de réponses et ses 10 volumes totalisant 5 000 pages, le plus imposant ouvrage voué à la description du français populaire parlé en Amérique.

Par ailleurs, l’équipe du Trésor de la langue française au Québec (TLFQ) de l’Université Laval a été constituée dans les années 1970 par les professeurs Marcel Juneau et Claude Poirier dans le but de créer une infrastructure scientifique en linguistique, d'établir un programme de recherche historique sur le français québécois, de contribuer à la création d'un milieu de recherche en lexicographie historique au Québec et de publier des études spécialisées sur l'histoire du français au Québec[18].

Le groupe de recherche Franqus (« Français québécois : usage standard ») de l’Université de Sherbrooke, en collaboration avec le TLFQ et l’Office québécois de la langue française (OQLF), met en ligne le dictionnaire Usito en 2009. Ce dictionnaire aménagiste est, dans sa version originale, le premier du genre de la langue française. Il est conçu, dans sa totalité, par des groupes de recherche de l’extérieur de la ville de Paris (France) et constitue le premier dictionnaire original, entièrement québécois. Usito veut répondre au besoin constaté du fait que « les dictionnaires usuels en usage au Québec ne sont pas adaptés au contexte québécois et nord-américain »[19].

Législation[modifier | modifier le code]

Niveau provincial[modifier | modifier le code]

La Charte de la langue française, adoptée en 1977, est une des lois-phares du premier gouvernement Lévesque (1976-1981). Elle fait suite à deux principales lois linguistiques adoptées par des gouvernements précédents, soit la Loi sur la langue officielle (« loi 22 ») du gouvernement libéral de Bourassa en 1974, et la Loi pour promouvoir la langue française au Québec (« loi 63 »), du gouvernement unioniste de Jean-Jacques Bertrand en 1969. La Charte de la langue française est la plus ambitieuse des trois. Elle établit le français comme seule langue officielle du travail, de l'administration, du commerce et de l'affichage. Sans interdire l'anglais, elle en restreint l'usage. La Loi sur la protection du consommateur est une autre des lois qui font du français la langue d'usage au Québec.

L'Assemblée nationale a créé trois grandes institutions responsables de l'aménagement linguistique et du rayonnement du français au Québec : l'Office québécois de la langue française (OQLF), créé sous le nom d'Office de la langue française du Québec en 1961, la Commission de toponymie du Québec, créée par la Charte pour succéder à la Commission de géographie en 1977, et le Conseil supérieur de la langue française, également créé par la Charte en 1977 sous le nom de Conseil de la langue française.

D'autres ministères du gouvernement du Québec assurent le rayonnement du français en Amérique du Nord, dont le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, le Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes et le ministère des Relations internationales et de la Francophonie, lesquels pourvoient à la promotion du français auprès des organismes québécois et étrangers, notamment grâce à des ententes de réciprocité.

Le français n'a été déclaré langue officielle que par deux provinces au Canada : le Québec, où elle est la seule langue officielle, et le Nouveau-Brunswick, où elle est langue officielle avec l'anglais. La plupart des autres provinces ont une politique linguistique accordant une place plus ou moins importante au français selon le cas, mais sans lui conférer un statut officiel. Au niveau fédéral, cependant, le français est, avec l'anglais, une des deux langues officielles de l'Administration.

Niveau fédéral[modifier | modifier le code]

Selon la Constitution du Canada, la langue n'est pas une compétence exclusive des provinces. Ainsi, le gouvernement fédéral a lui aussi adopté des lois linguistiques, la principale étant la Loi sur les langues officielles de 1969, qui régit essentiellement la langue des institutions fédérales.

Les lois linguistiques du Québec ont souvent été contestées en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés, qui fait partie de la Constitution canadienne. La Cour suprême du Canada a en effet jugé à quelques reprises que la Charte de la langue française contrevenait aux droits constitutionnellement garantis à la minorité linguistique anglophone de la province, notamment en ce qui concerne l'affichage. La Charte de la langue française a dû être modifiée en conséquence (voir entre autres Loi 178).

Caractéristiques lexicales[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Lexique du français québécois.

Anglicismes[modifier | modifier le code]

Les anglicismes constituent une des principales particularités du français québécois par rapport aux autres variantes du français. Leur forte présence est due à l'intime proximité de l'anglais depuis 1760, date de la Conquête.

Jusqu'à la Révolution tranquille, les commerces, et donc les employeurs, étaient principalement de langue anglaise, ce qui fait que lorsque les Canadiens français, vivant essentiellement à l'origine en milieu agricole, ont quitté les campagnes pour les villes lors de l'industrialisation, ils ont appris leur métier avec des mots anglais (sans être eux-même bilingues) , ce qui a contribué à la diffusion d'anglicismes (souvent les mots anglais déformés) dans leur vocabulaire technique ou pour nommer les réalités du travail (ex. : foreman pour contremaître). Dans le même ordre d'idées, les contrats de travail et conventions collectives étaient rédigées en anglais, et lorsqu'ils étaient traduits, ils l'étaient par des traducteurs improvisés qui calquaient les formes de l'anglais (ex. : bénéfices marginaux au lieu d'avantages sociaux pour traduire fringe benefits).

C'est ainsi que les anglicismes sont aussi présents dans la langue parlée que dans la langue écrite. Toutefois, les efforts de l'Office québécois de la langue française et une volonté collective en ont fait disparaître un grand nombre dans les années 1970, que ce soit dans les domaines techniques ou dans le vocabulaire administratif.

Les Québécois reprochent souvent aux Français leur utilisation fréquente d'anglicismes. Il est vrai que la France aime emprunter des mots anglais, surtout dans les domaines du marketing, du commerce, de la finance et du monde des affaires. Les anglicismes québécois ne sont pas les mêmes, et sont surtout d'un autre ordre. En effet, il ne s'agit pas uniquement d'emprunter le mot tel quel, mais souvent d'en faire une traduction littérale qui lui donne une forme française, ce qui n'empêche pas que le résultat soit issu d'une forme anglaise et ce qui donne un résultat qui semble dire des choses à l'anglaise avec des mots français. Par exemple un Québécois dira souvent à l'année longue (all year long) là où un francophone d'un autre pays dira à longueur d'année ou plus simplement toute l'année.

C'est ainsi qu'on peut distinguer divers types d'anglicismes : intégraux, hybrides, sémantiques, syntaxiques, morphologiques et phraséologiques[20].

Les anglicismes intégraux sont le résultat d'un emprunt direct (ex. : wiper pour « essuie-glace »).

Les anglicismes hybrides consistent à ajouter au mot anglais un élément morphologique français (ex. : checker pour « vérifier » ou spotterpour « repérer »).

Les anglicismes sémantiques sont constitués par des mots qui sont français mais qui prennent le sens d'un mot anglais qui leur ressemble et qui a un sens différent (ex. : définitivement au sens de « certainement » plutôt qu'au sens de « pour toujours »).

Les anglicismes syntaxiques sont des agencements de mots français reproduisant une structure anglaise (ex. : siéger sur un comité, calquant to sit on a committee au lieu de faire partie d'une comité ou siéger à/dans un comité).

Les anglicismes morphologiques sont des traductions littérales d'une expression anglaise donnant naissance à une expression équivalente en français qui n'existerait pas sous cette forme autrement, parce que son sens est déjà couvert par un autre vocable. Par exemple, un Québécois peut dire qu'il fera « un [appel] longue distance » (traduction littérale de long distance [call]) plutôt qu'un « interurbain ».

Le cas de week-end est particulièrement intéressant. Jusqu'aux années 1980, les Québécois parlaient uniquement de fin de semaine pour désigner les deux jours de congé que sont le samedi et le dimanche. Parallèlement, le week-end étant une réalité britannique avant d'être française, les Français ont jugé préférable et légitime de faire un emprunt direct (autour des années 1920). Dans les années 1980, les Québécois, constatant que le mot week-end était dans les dictionnaires français et non le mot fin de semaine, se sont mis à répandre l'idée selon laquelle fin de semaine était un calque erroné, et qu'il fallait lui préférer l'emprunt francisé week-end. Depuis, le mot week-end est en concurrence avec fin de semaine au Québec. L'OQLF recommande fin de semaine[21].

Les anglicismes phraséologiques sont des expressions calquées directement de l'anglais, comme au meilleur de ma connaissance (to the besf of my knowledge) plutôt que pour autant que je me souvienne ou simplement à ma connaissance.

Comme il a été mentionné sous la rubrique Norme, la dénonciation des anglicismes ne se fait pas sans débat. La question est de savoir si un terme français issu de l'anglais mais utilisé depuis longtemps peut accéder à un statut légitime en vertu du principe universel de l'évolution des langues – l'emprunt constituant un mode d'enrichissement de la langue – ou si la multiplicité des anglicismes « pollue » et dénature la langue française au Québec. L'OQLF tente d'arbitrer ces litiges en combinant une optique pragmatique et le souci de préserver une communauté d'usage avec le reste de la francophonie et d'éviter les emprunts et calques inutiles.

Il faut dire aussi que le fait que l'anglais lui-même comporte d'innombrables mots issus du français (en raison de la conquête normande de 1066 ayant instauré le français comme langue administrative et juridique en Angleterre pendant environ trois siècles), il n'est pas toujours facile de déterminer si un anglicisme potentiel utilisé au Québec a effectivement été emprunté de l'anglais ou ne constitue pas plutôt un archaïsme préservé depuis l'époque de la Nouvelle-France ou importé des régions dont provenaient les colons français.

Tutoiement[modifier | modifier le code]

Le tutoiement est plus fréquent au Québec qu'en France[22]. Il pourrait s'agir d'une influence de l'anglais, langue où la distinction entre le tutoiement et le vouvoiement est disparue depuis longtemps, seul le pronom you étant en usage aujourd'hui à la deuxième personne[23]. On pourrait aussi, dans le même ordre d'idées, considérer cet usage comme une manifestation de la mentalité nord-américaine générale, beaucoup moins axée que la mentalité européenne sur les hiérarchies sociales. Ainsi, le « tu » québécois exprime la proximité et l'absence de classes sociales plus qu'un défi à l'autorité[24].

Il est à noter toutefois que si le « tu » est plus utilisé au Québec qu'en France, le « vous » demeure la forme de première communication la plus fréquente entre deux inconnus adultes. (Il n'en va pas de même, par exemple, en Acadie, où le « vous » est quasiment disparu[25]).

Contextes sociaux[modifier | modifier le code]

Dans la plupart des milieux de travail, les employés seront rapidement invités à se tutoyer si la chose ne se fait pas spontanément, y compris dans les rapports patron-employé, sauf éventuellement entre le simple employé et un membre de la haute direction, surtout si la différence d'âge est appréciable.

Dans l'espace commercial, les clients sont généralement vouvoyés. Certains clients ont tendances à tutoyer des commis si la différence d'âge est appréciable.

Dans la publicité, le tutoiement est souvent signe qu'on s'adresse aux enfants ou aux adolescents.

Vers la fin des années 1970, les élèves des écoles primaires et secondaires ont été incités à tutoyer leurs professeurs et à les appeler par leur prénom, toujours dans un souci de « dé-hiérarchisation ». Cette tendance a été remise en question au début des années 2000, et l'usage est maintenant variable.

À noter que l'expression « s'il vous plaît » demeure courante même envers une personne que l'on tutoie. « S'il te plaît » est cependant courant également.

Blasphèmes (« sacres »)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sacre québécois.

Les jurons les plus prééminents sont composés des divers vocables relatifs à l'Église catholique. Ils sont communément appelés « sacres » et sont considérés comme blasphématoires et irrévérencieux lorsqu'ils sont utilisés à tort et à travers. Ils ont un caractère historique puisqu'ils proviennent d'une frustration et d'une sorte de rébellion sociale et transparente vis-à-vis de l'Église catholique, il y a de cela plusieurs décennies. Plusieurs autres mots à connotation religieuse sont parfois utilisés, mais ne sont pas considérés comme des blasphèmes ou des mots grossiers, bien qu'il ne soit pas pour autant conseillé de les placer dans une conversation polie et civilisée. En effet, pour certaines personnes, ils ne devraient en aucun cas être utilisés, car de nombreuses personnes les considèrent être un outrage à la religion et donc, sont sensibles à ceux-ci, même dans un contexte de plaisanteries ou d’explications factuelles. Dans certaines municipalités, s’ils sont utilisés à l’égard d’un agent de la paix ou à outrance dans un endroit public, ils peuvent même faire l’objet d’une infraction au maintien de l’ordre et de la paix et être punissables par contravention[26].

Caractéristique propre du français québécois, de mêmes termes blasphématoires sont souvent modifiés et utilisés sous la forme adverbiale, exclamative, nominative, qualificative et verbale, selon l’instant du moment. Ils donnent donc un sens à un contexte spécifique sans pour autant donner ce même sens à une autre situation. De plus, ils sont parfois combinés les uns avec les autres afin d’accentuer soit l’expression des émotions d’un individu ou un passage quelconque dans une phrase. Dans certaines situations, ils peuvent même mener à des situations loufoques, selon la combinaison des mots, du sens ou du moment de leur utilisation.

Généralement, ils sont utilisés dans un contexte de mécontentement, de colère et de frustration, bien qu’ils soient aussi utilisés dans des situations de joie, de surprise, etc. Leur sens et leur force de frappe peuvent être atténués de différentes manières, notamment en se gardant une petite réserve avant de terminer la prononciation d'un mot ou en y ajoutant ou modifiant son suffixe.

Références historiques[modifier | modifier le code]

Des expressions, toujours d'actualité, se réfèrent à l'histoire remontant jusqu'aux premières seigneuries de la Nouvelle-France il y a 400 ans et, plus particulièrement, à la navigation dans les eaux du Saint-Laurent et de ses affluents. Par exemple, de par le régime seigneurial, il est d'usage de parler d'un immeuble situé sur la rive d'un cours d'eau (lacs, rivières, etc.) comme ayant sa façade pointant vers l'eau, malgré la localisation de la route. Alors qu'il est d'usage de parler des immeubles non riverains comme ayant leur devant pointant vers la route.

De la même manière, la direction des eaux du Saint-Laurent sert de référence globale en orientation, à l'intérieur des limites de son bassin hydrographique. Ainsi, comme le fleuve coule d'ouest en est, il est d'usage de dire qu'une personne « descend » vers une ville lorsque celle-ci se trouve plus à l'est, donc en aval, du point de localisation de cette personne (ex. : de Montréal à Québec). À l'inverse, il est d'usage de dire qu'une personne « monte » vers une ville lorsque celle-ci est située plus à l'ouest, donc en amont (ex.: de Sept-Îles à Québec). Il en fut ainsi du principe nommant le Bas-Canada, en aval du Haut-Canada, alors que sa topographie était plus élevée et sa situation géographique, plus au Nord.

D'autres situations, comme les régions du Saguenay et de l'Abitibi, situés plus en retrait du fleuve, mènent à un repère fondé selon l'endroit du croisement du Saint-Laurent avec ses affluents. Par exemple, par son envergure historique, une personne se trouvant à Chicoutimi montera à Québec puisque autrefois elle devait descendre la rivière Saguenay jusqu'au fleuve et de là, monter le fleuve jusqu'à Québec. Une personne se trouvant à Rouyn-Noranda descendra pour sa part à Québec, car elle devait suivre la rivière des Outaouais jusqu'au lac des Deux-Montagnes et de là, descendre le fleuve jusqu'à Québec.

L'orientation selon les points cardinaux est principalement utilisée dans des situations plus locales, ou régionales, où aucune rivière ne peut être utilisée comme point de repère (ex.: une personne à Montréal montera dans la région des Laurentides, située au Nord). Cette orientation se fait en outre lorsqu'un des points de repère est située à l'extérieur du bassin hydrographique du Saint-Laurent. Par exemple, lorsqu'une personne descend dans le Sud, il est sous-entendu qu'elle va dans le sud des États-Unis, dans les Caraïbes ou au Mexique. À l'inverse, lorsqu'elle monte dans le Nord, il est sous-entendu qu'elle va en un endroit situé dans la région du Nord-du-Québec.

D'autres expressions ont les mêmes origines historiques. Certaines sont principalement fondées sur la navigation :

  • Embarquer et débarquer « Embarquer en voiture » (entrer dans une voiture) ou « Prendre une débarque » (tomber, se faire mal).
  • Bateau « Manquer le bateau » ( manquer une opportunité).
  • Bordée « Une bordée de neige est tombée » (une grande quantité de neige est tombée)
  • Couler et échouer « J'ai coulé mon examen » (J'ai raté mon examen) « J'ai échoué lamentablement » ( je n'ai pas réussi).

Alors que d'autres sont fondées sur la vie en forêt et sur les terres agricoles :

  • Bûche « Se tirer une bûche » (pour s'asseoir ou inviter quelqu'un à s'asseoir) .
  • Barrer « Barrer une porte », en référence à la barre mise dans les portes des granges, mais qui vient aussi du français dialectal, cf. normand : Lli barre tréjous la crouésie devaunt de daîner « il ferme toujours la fenêtre avant de dîner ».
  • Char (voiture) et charrue (gratte neige ou chasse-neige), « embarquer en char » (entrer dans une voiture) qui sont dans la même famille du mot charrette et qui viennent du verbe charrier (transporter).

Alors que des expressions sont basées sur les relations des Québécois avec les Autochtones.

d'autres expressions sont pour leur part basées sur la situation géographique et climatique du Québec en plus d'intégrer des images poétiques :

  • « Il tombe des pattes de lapin » pour indiquer qu'il neige de larges flocons ;
  • « Passer dans le beurre » pour indiquer que l'on a raté quelque chose ;
  • « Il mouille à siau » pour indiquer qu'il pleut abondamment.

Caractéristiques structurelles[modifier | modifier le code]

Phonologie et phonétique[modifier | modifier le code]

  • Sources[27] : Dumas (1987), Ostiguy & Toussignant (1993), Labelle (2004).

Historique[modifier | modifier le code]

Dans son ouvrage D'où vient l'accent des Québécois? Et celui des Parisiens?, Jean-Denis Gendron explique qu'il y avait en France, aux XVIIe et XVIIIe siècles, deux modèles de prononciation en concurrence : le « bel usage », langue de la conversation de tous les jours, langue du peuple et aussi langue de la Cour (contrairement à ce qu'on pourrait croire, la langue de la Cour était très semblable à celle du peuple), et le « grand usage », langue de déclamation utilisée au théâtre, au Parlement, en chaire et dans les tribunaux pour les plaidoiries. Tous les voyageurs français venus en Nouvelle-France pendant le Régime français jugent que la langue qui y est parlée est exactement la même que celle de Paris[28].

C'est au cours du XVIIIe siècle que le « grand usage » commencera graduellement à prendre le pas sur le « bel usage » en France, mais c'est pendant et après la Révolution (1789) qu'il le détrônera. Or, depuis 1763, le Canada francophone est coupé de la France, celle-ci ayant cédé ce territoire aux Britanniques à l'issue de la Guerre de Sept Ans. C'est ainsi que l'usage typique de l'Ancien Régime y perdure, et ce n'est qu'au milieu du XIXe siècle que les « Canadiens français » se rendent compte que leur accent a « vieilli » selon la norme parisienne. Dès lors se mettra en branle tout un mouvement visant à rectifier cet accent autant que possible[16].

Ce mouvement sera animé d'abord par le Séminaire de Québec et par le réseau des écoles normales. Il vise d'abord à inculquer à une élite francophones embryonnaire (sur un territoire devenu britannique) un accent aligné sur celui de Paris. Avec l'avènement de la radio (1922) et surtout de Radio-Canada (1936), cet accent pourra connaître une plus grande diffusion. Aujourd'hui, toujours selon Jean-Denis Gendron[16], l'accent québécois s'est modernisé depuis la Révolution tranquille[29]. Il reste que s'il n'est plus le même que celui de l'époque de la colonie, il demeure très distinct de l'accent français actuel, souvent perçu comme snob par les Québécois.

Variations régionales[modifier | modifier le code]

Certaines caractéristiques phonétiques varient selon les régions. Par exemple, à Montréal, en Mauricie ou en Estrie, on entend plus de mots avec des voyelles longues (diphtonguées en syllabe fermée) qu’à Québec (« poteau » se prononce [pɔto] à Québec, [poto] à Montréal). De même, « arrête » se prononce [aʁɛt] à Québec et [aʁaɛ̯t] à Montréal. « Baleine » sera [balɛn] à Québec et [balɛ̃ːn] ou [balaɛ̯n] à Montréal. « Lacet » sera [lasɛ] à Québec et [lɑsɛ] à Montréal. Dans la région de Trois-Rivières, la diphtongaison des voyelles longues ou interprétées comme longues par le locuteur est encore plus répandue qu'à Montréal ou à Québec, comme dans basilectal [vinaɛ̯ɡ] au lieu de [vinɛɡ(ʁ)] ailleurs. Dans la région du Saguenay-Lac-St-Jean, [ɛ] peut être prononcé [æ].[réf. souhaitée]

Voyelles[modifier | modifier le code]

  • Sont maintenues dans le système phonologique et, de ce fait, dans la phonétique aussi :
    • La distinction entre le a antérieur [a] et le a postérieur [ɑː] ~ [ɑɔ̯] : « patte » et « pâte » ;
    • La distinction entre le è bref [ɛ] et le è long [ɛː] ~ [aɛ̯] : « mettre » et « maître »;
    • La distinction entre /ø/ et /ə/ : « jeu » [ʒø] et « je » [ʒœ̈] ; par contre, le /ə/, de « je » par exemple, est élidé partout où le contexte phonétique le permet : j'parle, j'mange, chu « je suis » (phénomène de la chute du schwa).
  • Les voyelles hautes /i y u/ sont relâchées en syllabe fermée et se réalisent [ɪ], [ʏ] et [ʊ]: /sis/ « six » [sɪs], /lyn/ « lune » [lʏn], /pul/ « poule » [pʊl] ;
  • Les voyelles nasales /ɑ̃/, /ɛ̃/, /ɔ̃/ et /œ̃/ du français scolaire de référence sont traitées de façon suivante :
    • /ɑ̃/ se réalise en [ã] ou en [æ̃] (populaire) en syllabe ouverte, mais [ãː] ou [ãũ̯] (populaire) en syllabe finale fermée ;
    • /ɛ̃/ et /ɔ̃/ se ferment et se diphtonguent en [ẽĩ̯] et [õũ̯] dans toutes les syllabes ;
    • La distinction entre le <in> et le <un> dans « brin » et « brun » est présente: [ẽĩ̯] et [œ̃] dans l'acrolecte, mais [ẽĩ̯] et [œ̃˞] dans le basilecte. La distinction a tendance à disparaître dans le basilecte au profit de [ẽĩ̯] dans le dialecte de Trois-Rivières.
  • Les voyelles longues (marquées /ː/) sont diphtonguées en syllabe finale fermée : [pɑɔ̯t] « pâte », [faɛ̯t] « fête », [ou̯tʁ] « autre », [sãẽ̯k] « cinq », [ɡɑɔ̯z] « gaz », [nøy̯tʁ] « neutre », [kaœ̯ʁ] « cœur » etc. L'application de la règle est bloquée sous l'effet de deux contraintes, l'une phonologique, l'autre sociolinguistique. La règle est contrainte :
    • phonologiquement, quand l'allongement n'est pas intrinsèque mais dû à l'action d'une consonne allongeante ou quand la voyelle allongée est [a][30]
    • Sociolinguistiquement, dans les contextes d'utilisation de la variété est acrolectale[31] :
  • En syllabe finale ouverte, la voyelle /a/ se réalise [ɔ] : /kanada/ « Canada » se réalise phonétiquement [kanadɔ], /sa/ « ça » se réalise [sɔ]; et la voyelle /ɛ/ est prononcée [a] : /taʁlɛ/ « tarlais » se réalise [taʁla], l'imparfait //-ait// se réalise [a].

Consonnes[modifier | modifier le code]

  • Affrication des occlusives alvéolaires (/t/ et /d/) devant les voyelles antérieures fermées (/i/ et /y/): « tu » se prononce [t͡sy], « dîner » se prononce [d͡zine];
  • Une règle complexe de réduction des groupes de consonnes finales commune à toutes les variétés du français d'Amérique opère dans les contextes suivants[32] :
    • (1) voyelle_occlusive_liquide : possible > possib', vinaigre > vinaig', plâtre > plât';
    • (2) voyelle_occlusive_occlusive : accepte > accep', affecte > affec', correct > correc';
    • (3) voyelle_occlusive_nasale : énigme > énig', rythme > ryth';
    • (4) voyelle_fricative_liquide : pauvre > pauv', livre > liv', pantoufle > pantouf'; trèfle > trèf';
    • (5) voyelle_fricative_occlusive : nationaliste > nationalis', reste > res', casque > cas';
    • (6) voyelle_fricative_nasale : nationalisme > nationalis', spasme > spas';
    • (7) voyelle_nasale_nasale : indemne > indem', hymne > hym';
    • (8) voyelle_liquide_occlusive_liquide : arbre > arb', mordre > mord', couvercle > couverc';
    • (9) voyelle_fricative_occlusive_liquide : piastre > pias', ministre > minis', muscle > mus' ou musc';
    • (10) voyelle_occlusive_fricative_occlusive : texte > tex', mixte > mix';
    • L'application de cette règle est pondérée par l'application d'autres règles comme :
      • a) La règle de réduction et la règle de liaison s'appliquent simultanément à la frontière des mots: d'autres amis > [dou̯tzaˈmi]; pauvres amis > [pou̯vzaˈmi] ;
      • b) La règle de réduction et la règle d'affrication s'appliquent simultanément à la frontière des mots: un cadre immense > [œ̃kɑd͡ziˈmãːs] ;
      • c) La consonne tronquée est conservée dans la morphologie sous-jacente: minis' > ministère, pauv' > pauvreté, indem' > imdemnité.
  • Parfois, une jota [x] s'entend pour le son de la lettre <j> ou <g> doux dans certaines régions (Lac-Saint-Jean, Beauce): « Georges » se prononcera [xorx] (comme Jorge en espagnol, mais sans é à la fin) ;
  • Le R est traditionnellement roulé [r] dans l’ouest du Québec et grasseyé [ʀ] dans l’est (quoique de nos jours, le [ʁ] domine partout).
  • Résolution des hiatus. Outre les cas de liaison communs à toutes les variétés du français, notamment celles dérivées du français populaire de Paris historique, le français québécois connaît des règles de résolution des hiatus particulières qui, s'ils ont déjà existé ailleurs, ne sont pas documenté aussi extensivement[33].
    • Insertion d'une consonne de liaison « étymologique » : cinq z'oiseaux « cinq oiseaux », de drôles de z'yeux « de drôles d'yeux ». L'étymologie de ce z' à valeur de pluriel réside dans la surgénéralisation d'une liaison entre un ancien suffixe pluriel -s, phonétiquement [z], et l'initiale vocalique du nom qui suit ;
    • Insertion d'une consonne éphelcystique non étymologique: a-g-urissant « ahurissant », ha-gu-ir « haïr », hi-gu-ère « hier », on gu'y va « on y va », on d'y va « on y va », ch't'assez content « je suis assez content », té't'en forme « tu es en forme », donne-moi-z'en « donne m'en », ça l'a pas marché « ça n'a pas marché ».

Morphologie et syntaxe[modifier | modifier le code]

  • Sources[27] : Léard (1995), Fournier & Wittmann (1995).

Morphologie[modifier | modifier le code]

Certains affixes se retrouvent plus fréquemment au Québec qu’en France. Par exemple, le suffixe « -eux », un nominalisateur qui apporte souvent un certain sens péjoratif : « téter → téteux » ; « niaiser → niaiseux » ; « obstiner → ostineux » ; « pot → poteux ». Il en va de même pour le suffixe -age (action de…) : niaiser → niaisage.

Chute du /l/ dans les articles et les pronoms clitiques[modifier | modifier le code]

La chute du /l/ dans les articles définis et les pronoms clitiques (comme dans « à (la) gare », « j'(la) a connais ») est généralisée selon une règle morphophonologique et sociolinguistique stable.

Genre[modifier | modifier le code]

Il y a à l'oral certains usages qui ne sont d'ailleurs pas propres au français populaire du Québec. Par exemple, certains mots ont un genre différent (ex.: « une job », au Québec, et « un job » en France).

Les noms à initiale vocalique qui sont masculins en français standard sont féminisées en fonction de critères morphophonologiques et sociolinguistiques stables : une avion, une hôpital, une hiver[34].

Négation[modifier | modifier le code]

La particule ne qui marque le négatif avec pas en français standard est effacée dans tous les contextes. Exemple : « Il ne faut pas faire ça » devient soit « Y faut pas faire ça », ou bien simplement « faut pas faire ça »). C'est également le cas en français standard parlé.

Verbe être[modifier | modifier le code]

Le verbe « être » présente de nombreuses contractions et une tendance générale d'agglutination des pronoms atones au verbe, une tendance commune à toutes les variétés du français des Amériques, sauf l'acadien traditionnel. Ces changements linguistiques, bien que fréquents dans l'évolution des langues, appartiennent strictement à la langue parlée et ne se reflètent que très rarement dans la langue écrite.

  • Univerbation des formes conjuguées du présent avec le pronom conjoint (clitique): chu (cht', ch'), té, y (yé), è, sé (st'), on-né/on-nè, sont pour « je suis, tu es, il est, elle est, c'est, on est (nous sommes), ils/elles sont »[35].
  • « tu » (avec -tu < -ti < -t-il): est-il/est elle « Ta mé tu là? » (Ta mère est-elle là ?)[36];
  • « s'tu » : (C'est-tu) est-ce… « S'tu toi qui est venu me voir hier soir? » ; « S'tu ton chum? »;
  • « tu (verbe)-tu » : (verbe)-tu… « Tu veux-tu aller au cinéma? » « Tu sors-tu avec cette fille? »;
  • « 'tu » : veux-tu, es-tu… (l'accent sur le tu remplace le verbe qui ne peut être deviné que par le contexte) « 'Tu une bière? » « 'Tu heureux icitte? »
  • « Té-tu » : es-tu. « Té-tu malade? »;
  • On retrouve quelquefois encore dans le langage parlé « sontaient » pour « étaient ». Dans ce cas, le paradigme régularisé se présente comme suit: les formes du présent ch', té, y (yé), è, s', ouen, sont + la particule pour « j'étais, tu étais, il était, elle était, c'était, on était (nous étions), ils/elles étaient »[37].

Verbes[modifier | modifier le code]

Il y a quelques différences dans la structure verbale. Pour le verbe « s’asseoir », la conjugaison en « oi » est bien plus fréquente au Québec que « ie » ou « ey » (« je m’assois » au lieu de « je m’assieds », « assoyez-vous » au lieu de « asseyez-vous »), il peut parfois être conjugué comme un verbe du deuxième groupe avec l'infinitif « s’assir ». D’autre part, le verbe « haïr » est usuellement conjugué en « j’haïs » /ʒai/ (le verbe a deux syllabes) plutôt que « je hais » /ʒəɛ/ (avec une seule syllabe).

Impératif: « Donne-moé lé » au lieu de « Donne le moi »; « Fais-toi z’en pas » au lieu de « (ne) t’en fais pas ».

Sauf dans le registre soutenu, le verbe « être » à la première personne du singulier se rend par la contraction chu (qui rappelle le chui — je + suis — utilisé dans le langage parlé du français métropolitain) ; suivi d’un mot commençant par une voyelle, il cause une liaison en t : « Ch’t’un gars patient », « Ch’t’arrivé ». Un t est également souvent inséré après la seconde personne du singulier : « T’é t’un gars patient » ou encore, personnalisé d’un toi (familièrement, toé) à la fin : « T'é t’un gars patient, toé ». Ce que l'orthographe rend comme es (2e personne) et est (3e prsonne) se prononce é [e], sauf dans la contraction de elle est qui se prononce è [ɛ]: È folle « Elle est folle ». Comme ailleurs, le pronom « nous » n’est utilisé comme sujet qu'à l'écrit ; c’est « on » qui est utilisé. Ainsi, « Nous allons souper » se dit « On va souper », « Qu’allons-nous faire ce soir? » devient « Qu’est-ce qu’on fait à soir? » ou alors « On fait quoi à soir? ». Ceci est un fait présent dans toute la francophonie.

Le verbe aller à la première personne du singulier est vas au lieu de vais. De plus, (moé) je vas + verbe (futur) est le plus souvent contracté en m’as, comme dans M’as t’tuer. Le futur simple en « -rai, -ras, -ra » est absent de la langue parlée, étant remplacé par le futur proche, c’est-à-dire le verbe aller et l’infinitif (« Demain, m'as aller magasiner »), sauf au négatif où on utilise normalement le futur simple en « -ra pas » (« Demain, y viendra pas travailler », mais « M'as pas manger ta soupe à ta place »).

Le français québécois permet de remplacer une subordonnée conditionnelle en « si » par une construction à l’infinitif : « Avoir de l’argent, je t’en donnerais » pour « si j’avais de l’argent, je t’en donnerais. »

Les pronoms ainsi que certaines conjugaisons rappellent le picard, notamment l'utilisation du pronom indéfini on pour la première personne du pluriel, qui s'apparente au in picard. En exemple, les verbes être et avoir: C'est également le cas en français standard parlé.[réf. nécessaire] :

  • Être :
    • Français standard : Je suis, tu es, il est, elle est, nous sommes, vous êtes, ils sont.
    • Picard : Ej'sus, t'es, i'est, al'est, in'est, vos êtes, i sont.
    • Québécois oral : Chu[38] (cht' devant voyelle), t'es, yé, al'est ou è (prononcé [ɛ]), on est (prononcé [õne] ou [ɲe]), vous êtes, y sont.
  • Avoir :
    • Français standard : J'ai, tu as, il a, elle a, nous avons, vous avez, ils ont.
    • Picard : J'ai, t'as, i'a, al'a, in'a, vos avez, i z'ont.
    • Québécois oral : J'ai, t'as, ya, al'a ou à (prononcé [a] ou [aː]), on a, vous avez, y'ont[39].

Autre exemple typique: je saisché. Ché ben c'pas toé! (Je sais bien que ce n'est pas toi !)

  • Haïr :
    • Français standard : Je hais, tu hais, il hait, elle hait, nous haïssons, vous haïssez, ils haïssent
    • Picard :
    • Québécois oral : J'haïs, t'haïs, y'haït, al'haït, on haït, vous haïssez, y'haïssent; variante basilectale: J'haguis, t'haguis, y'haguit, al'haguit, on haguit, vous haguissez, y haguissent[40].

Sujet des verbes et clitiques d'accord[modifier | modifier le code]

Une particularité syntaxique que le français québécois partage avec le français populaire de Paris historique et parlé aujourd'hui est que les pronoms clitiques (appelés aussi pronoms conjoints) je, tu, il, à, on, ils se sont affaiblis au point où ils n'occupent plus des positions d'argument comme sujet du verbe mais plutôt des positions d'accord du verbe avec le sujet; et que le véritable sujet est exprimé par les pronoms « disjoints » moi, toi, lui, elle, nous(-autres), eux(-autres). Ainsi, dans l'exemple :

  • En t'es cas, elle à mange pas sa soupe avec une petite cuillère.

le véritable sujet de la phrase est le pronom elle qui peut être effacé comme dans les langues répondant à un paramètre pro-drop (omission apparente du sujet syntaxique)[41]. Il s'agit d'un changement linguistique radical par rapport à l'ancien français et au français standard écrit : des marqueurs postposés au verbe (les suffixes -e/-s, -s. -e/-t, -ons, -ent) ont été remplacés par des marqueurs pré-posés au verbe (les clitiques je, tu, il, à, on, ils).

La deuxième personne du pluriel (qui s'utilise également comme adresse de respect[Quoi ?]) occupe une place particulière. Comme le remarquait déjà Edgar Ewing Brandon en 1898 pour les variétés basilectales, le suffixe -ez se maintient à l'indicatif du présent, mais à l'indicatif du présent uniquement[42]. Ainsi, on aura :

  • Vous-autres était après parler…

avec était au lieu de étiez.

Les clitiques de la 3e personne sont fréquemment omis quand il n’y a pas d’ambiguïté. Par exemple,

  • Ø est belle (la fille).
  • Ø faut pas s'en faire.

Particule interrogative « -tu »[modifier | modifier le code]

La particule « -tu » est utilisée quand on pose une question directe (dont la réponse ne peut être qu'oui ou non) à quelqu’un[43]. Le « -tu » tient alors le rôle d’un adverbe d’interrogation ou d’exclamation. Ce « -tu » est dérivé du « -ti », particule interrogative du langage populaire en France[44] tirée du « (-)t » de la 3e personne verbale accolé au pronom « il » comme dans « Y en a-t-il d’autres ? » ou « Faut-il être fou ? », perdant graduellement le « l » comme dans « C’est-y pas possible » et se mettant dans des phrases qui ne nécessitent pas de pronom indirect « il y a ». Par conséquent, cette particule « -tu » (considérée comme particule à part entière et non comme pronom personnel dans ce contexte) transforme en interrogation ou exclamation une phrase qui sans elle serait simplement une affirmation.

  • « C'est loin, ça. » → « C’est-tu pas assez loin, ça? »
  • « Est-ce que j'ai l'air fatigué. » → « J’ai-tu l’air fatigué? »
  • « Y en a-t-il d'autres. » → « Y’en a-tu d’autres? »
  • « Faut être imbécile pas à peu près. » → « Faut-tu pas être cave pis pas à peu près! »
  • « C'est pas possible, ce qui arrive là. » → « C’est-tu pas possible, ce qui arrive là! »
  • « Tu vas bien ? » → « Tu vas-tu bien? »
  • « Ça va ? » → « Ça va-tu? »
  • « Cela n'a pas d'allure. » → « Ç'a-tu pas d'allure! »

En ce sens, le québécois parlé se rapproche parfois, de façon typologique, des langues qui comblent le paramètre interrogatif par l'insertion d'une particule :

  • « On a gagné. » (indicatif) → « On a-tu gagné? » (interrogatif)
  • « Mamie est morte. » (indicatif) → « Est-tu morte, mamie? » (interrogatif)

ou l'intonation croissante sur la dernière syllabe de la phrase affirmative, sans pour autant anticiper la réponse par l'ajout des adverbes « oui » ou « non » à la fin de la phrase :

  • « C'est fini. » → « C'est-tu fini? » au lieu de « C'est fini, oui? »
  • « Tu ne manges pas. » → « Tu manges pas? » au lieu de « Tu ne manges pas, non? »

L'usage de la particule -tu dans une phrase conjuguée avec le « vous » n'est généralement pas utilisé, mais on peut parfois rencontrer cet usage, habituellement condamné, dans les variétés régionales. Par exemple :

  • « Vous y allez. » (indicatif) → « Vous y allez-tu? »
  • « Vous voulez manger ? » → « Vous voulez-tu manger? »

Mais l'usage de la particule -tu dans des phrases où le « vous » n'est pas le pronom qui conjugue le verbe est souvent utilisé en français oral et son utilisation est généralement acceptée. Par exemple :

  • « Est-ce que la poutine est à votre goût ? » → « La poutine est-tu à votre goût? »
  • « Ça vous tente vraiment d'y aller. » → « Ça vous tente-tu vraiment d’y aller? »

Envers une personne que l'on ne connaît pas, on utilise plutôt la forme générale afin d'éviter de paraître familier. Exemples :

  • « Est-ce que vous y allez ? » ou « Y allez-vous ? »[45]

La particule « pis » : préposition, conjonction, interjection[modifier | modifier le code]

Dans la langue parlée, le « pis » (dérivé de « puis ») remplace généralement le « et ».

  • « J'm'en vas à Montréal avec Martin pis Julie. »
  • « On est allé faire un tour pis boire un verre. »
  • « Pis, ça cé tu bien passé à job? »
  • « Pis, comment ça se passe entre toi pis elle? »

Particule démonstrative «  »[modifier | modifier le code]

Comme en français métropolitain, l'utilisation du « là » ponctue très souvent la fin de phrase ou s'ajoute après un mot dans la langue parlée, voire les deux à la fois. De plus, le « là » peut parfois être doublé dans le langage populaire.

  • « J'l'adore cette place-là, moé. »
  • « Moi à ta plac e l'aurait pas achté s'te char là. »
  • « Est bin cute c'te fille-là. »
  • « C'est quoi c't'affaire-là? »
  • « Heille! Là là! Arrête là! »

Prépositions[modifier | modifier le code]

La préposition « à » est généralement utilisée dans des contextes possessifs, comme en français de France : « la voiture à Pierre » au lieu de « la voiture de Pierre ».

Dans de nombreux cas, les locuteurs québécois préfèrent utiliser la préposition à au lieu d’utiliser une expression non prépositionnelle avec ce : par exemple, à matin ou à soir au lieu de ce matin et ce soir. Notez aussi à cette heure, prononcé et parfois écrit à c’t’heure, asteure ou astheure pour maintenant, qu’on peut trouver dans les écrits de Queneau ou Montaigne (et dans les différent patois de l'ouest, ex : cauchois asteu, angevin asteur, etc.).

Cet usage n’est pas utilisé dans le langage écrit.

La combinaison de la préposition sur se contracte lorsqu’elle est suivie d’un article défini : sur + lesu'l ; sur + lasu'a ou s'a (le a est allongé); sur + lessés (le é est allongé). La préposition dans est aussi sujette à contraction : dans + lesdins, dans + ledans l', dans + ladans (la voyelle nasale est allongée), parfois dans + undun. Dès que se voit aussi contracté en Dèqu' ou Mèqu' : Ch'teul dis mèqu'j'arrive che-nous.

Il est courant de dire chez nous, chez vous et chez eux au lieu de chez moi, chez toi ou chez lui/elle, même si la personne concernée vit seule.

Interrogation négative[modifier | modifier le code]

En français québécois est inexistant le « si » réfutant une question formulée à la négative française de France. Ainsi, il s'éloigne typologiquement de la formulation des langues utilisant un adverbe spécial marquant une affirmation en réponse à une négation, tel l'adverbe allemand « doch ». À l'inverse, il se rapproche des langues qui reprennent un même adverbe d'affirmation auquel est ajoutée une marque d'étonnement, comme dans l'expression anglaise « Oh! yes! ».

  • « T'as pas faim? Mais oui, j'ai faim! » au lieu de « T'as pas faim? Si, j'ai faim! »

Interjections de « frustration »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sacre québécois.
  • « Calvaire ! »
  • « Tabarnak ! »
  • « Câlisse ! »
  • « Sacrament ! »
  • « Crisse ! »
  • « Crisse de tabarnak ! »
  • « Cibouaire ! »
  • « Câlisse de tabarnak ! »
  • « Ostie de tabarnak ! »
  • « Simonak ! »
  • « Cibouère ! »
  • « Ostie ! »
  • « Ostie de câlisse ! »
  • « Maudit tabarnak de colisse ! »

Variations sociolinguistiques et régionales[modifier | modifier le code]

Variations sociolinguistiques[modifier | modifier le code]

Le français québécois a une variété de registres, allant du français officiel, fortement influencé par le français européen moderne et avec des traits phonétiques effacés, préservant cependant fortement de nombreux traits québécois, jusqu’au joual.

Le français québécois fut autrefois stigmatisé, parmi les Québécois eux-mêmes comme parmi les francophones d’Europe et les anglophones, comme étant un dialecte de bas étage, parfois à cause de l’usage des anglicismes, parfois simplement à cause de ses différences d’avec le français européen, perçu comme étant la référence. Jusqu’en 1968, on n’entendait pas de vocabulaire du français québécois dans les pièces de théâtre par exemple, et cette année-là, l’immense succès de la pièce de Michel Tremblay, Les Belles-Sœurs, s’avéra être un tournant.

Aujourd’hui toutefois, les francophones au Québec ont bien plus de liberté de choisir un « registre » en parlant et les personnages d’émissions télévisées ont presque toujours un parler « réel » de tous les jours plutôt qu’un français « officiel ». En Europe, le français québécois est perçu comme étant un langage parfois difficile à comprendre. D’où la présence de sous-titres dans certains films québécois présentés en Europe francophone.

Variations régionales[modifier | modifier le code]

Des différences régionales notables existent lorsqu’on compare certaines régions du Québec. On remarque surtout ces différences lorsqu'on compare les régions urbaines et les régions rurales ; Ces dernières penchent dans certains cas vers l'utilisation d'anglicismes, des archaïsmes ou des termes qui ne sont pas présents dans le vocabulaire des locuteurs des grandes villes. Par exemple, un « coat » pour désigner un « manteau » ou une « charrue » pour désigner une « gratte » (chasse-neige). Toutefois, ces termes sont souvent largement compréhensible à tous et il est difficile de déterminer s'il s'agit d'un cas régional spécifique.

Il existe néanmoins des quelques exceptions locales très particulières, par exemple l'utilisation du terme « ralle » pour définir le tronc d'un arbre à Les Chenaux.

Variétés[modifier | modifier le code]

Annexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ce chiffre représente le nombre de locuteurs ayant comme langue maternelle le français au Canada en 2006 selon Statistique Canada. Il comprend donc des locuteurs qui pourraient avoir comme langue maternelle d'autres variations du français comme le français acadien (Statistique Canada, « Population selon la langue maternelle et les groupes d'âge, chiffres de 2006, pour le Canada, les provinces et les territoires - Données-échantillon (24 %) », Statistique Canada,‎ (consulté le 5 mai 2011).).
  2. code générique
  3. François Mouchet, « Québec : Le parlé québécois », sur Azurever (consulté le 30 mai 2009)
  4. Pierre Martel, Hélène Cajolet-Laganière, « La norme du français québécois », sur UQAC, Université du Québec à Chicoutimi,‎ (consulté le 30 mai 2009) : « Par immigration, ce français s'est répandu à l'ouest du pays, notamment en Ontario et au Manitoba. »
  5. « L’Association des journaux de langue française de l'Ontario », sur Le Centre de recherche en civilisation canadienne-française (consulté le 23 avril 2009)
  6. À noter que les spécifications géographiques « Baie des Chaleurs » et « Basse-Côte-Nord » ne couvrent pas toute la Gaspésie ou toute la Côte-Nord.
  7. Au sujet des parlers québécois et acadien, voir Anselme Chiasson, Les Îles de la Madeleine: vie matérielle et sociale de l'en premier, Leméac, 1981, p. 248-250, (ISBN 2760952932).
  8. (en) Collectif, Acadian culture in Maine, Boston, Mass. : National Park Service, North Atlantic Regional Office, 1994. Chapitre « French Language », sur University of Maine at Fort Kent (consulté le 28 janvier 2009)
  9. a et b Jean-Denis Gendron, D'où vient l'accent des Québécois? Et celui des Parisiens?, Presses de l'Université Laval, 2007.
  10. Yves-Charles Morin, « Les premiers immigrants et la prononciation du français au Québec », Revue québécoise de linguistique, volume 31, numéro 1, 2002, p. 54 (avec référence à Charbonneau et Guillemette, p. 179).[1]
  11. Hubert Charbonneau & André Guillemette, « Provinces et habitats d’origine des pionniers de la vallée laurentienne », dans Claude Poirier et al., Langue, espace, société : les variétés du français en Amérique du Nord, Sainte-Foy : Presses de l’Université Laval, 1994, p. 157–183, citation p. 178-179.[2]
  12. Henri Wittmannn, Le français de Paris dans le français des Amériques[PDF], Proceedings of the International Congress of Linguists 16.0416 (Paris, 20-25 juillet 1997). Oxford : Pergamon (CD edition)
  13. Yves-Charles Morin, « Les premiers immigrants et la prononciation du français au Québec », Revue québécoise de linguistique, volume 31, numéro 1, 2002; Henri Wittmann, «Grammaire comparée des variétés coloniales du français populaire de Paris du XVIIe siècle et origines du français québécois.» Le français des Amériques, dir. Robert Fournier & Henri Wittmann, 281-334. Trois-Rivières: Presses universitaires de Trois-Rivières.[3]
  14. Hubert Charbonneau & André Guillemette, « Provinces et habitats d’origine des pionniers de la vallée laurentienne », dans Claude Poirier et al., Langue, espace, société : les variétés du français en Amérique du Nord, Sainte-Foy : Presses de l’Université Laval, 1994, p. 157–183, citation p. 178-179;[4]
  15. Adjutor Rivard. Études sur les parlers de France au Canada, Québec : Garneau, 1914; Yves-Charles Morin, Les premiers immigrants et la prononciation du français au Québec, Revue québécoise de linguistique Volume 31, numéro 1, 2002.[5]
  16. a, b et c Jean-Denis Gendron, La modernisation de l'accent québécois, Presses de l'Université Laval, 2014.
  17. Féminisation des noms de métiers, fonctions, grades et titres — Académie française. Consulté le .
  18. http://www.tlfq.ulaval.ca/presentation/
  19. http://franqus.usherbrooke.ca/problematique.php
  20. Les anglicismes selon la Banque de dépannage linguistique
  21. Fiche fin de semaine du Grand dictionnaire terminologique : http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=8361442.
  22. Bien que ce recul du « vous » ne soit pas accepté par tous les Québécois (voir David Abesdris et Martine Rioux, « J'vous tutoie-tu? », Jobboom, le magazine, s.d.), il est bien documenté dans la recherche scientifique : Lambert, Wallace E. (1967), « The use of tu and vous as forms of address in French Canada. A pilot study », Journal of Verbal Learning and Verbal Behavior 6.614–617; Lambert, Wallace E. & George R. Tucker (1976), Tu, vous, usted: A sociopsychological study of address patterns, Rowley, Newbury House; Deshaies, Denise (1991). « Contribution à l'analyse du français québécois : étude des pronoms personnels », Revue québécoise de linguistique théorique et appliquée 10:3.11-40; Vincent, Diane (2001). « Remarques sur le tutoiement et le vouvoiement en français parlé au Québec », Actes du colloque « La journée du Québec », Institut d'études romanes, Université de Copenhague, 11-22; Peeters, Bert (2009). « Tu ou vous? », B. Peeters & N. Ramière (dir.s), « Tu ou vous : l'embarras du choix », Limoges, Lambert-Lucas.
  23. À noter cependant que le you anglais était à l'origine l'équivalent du « vous », le tutoiement ayant correspondu au thou, aujourd'hui désuet et utilisé uniquement dans les textes d'évocation religieuse.
  24. « Le tu est donc devenu le pronom de la réciprocité (ou de la non-reconnaissance de différence hiérarchiques et on a restreint le domaine d'utilisation du vous aux relations non réciproques. » (Marty Laforest, États d'âme, états de langue : essai sur le français parlé au Québec, p. 114.
  25. Gillian Sankoff, Miriam Meyerhoff et Naomi Nagy, Social lives in language -- Sociolinguistics and Multilingual Speech, John Benjamins Publishing Company, ISBN 9027218633, 9789027218636, p. 29-31.
  26. Exemples : L'article 10 du règlement numéro 74 de la ville de Saint-Hyacinthe ainsi que l'article 18 du règlement numéro 81-2007 de la municipalité du Lac-Etchemin. Le paragraphe 6.1 du règlement 2004-29 de l'arrondissement Plateau Mont-Royal de la ville de Montréal.
  27. a et b Voir dans la bibliographie
  28. Jean-Denis Gendron, D'où vient l'accent des Québécois? Et celui des Parisiens?, Québec, Presses de l'Université Laval, 2007.
  29. Par exemple, le québécois moyen dira « une pomme verte » et non pas « une pomme varte », cette dernière prononciation étant caractéristique de l'ancien « bel usage ». Cette dernière prononciation reste cependant vivante dans les milieux populaires et chez les gens peu instruits.
  30. Marie-Hélène Côté, « La longueur vocalique devant consonne allongeante en contexte final et dérivé en français laurentien », In: Carmen LeBlanc, France Martineau & Yves Frenette (éd.), Vues sur les français d’ici, Québec: Presses de l’Université Laval, 2010, p. 49-75;[6] Dumas (1987), p. 123-130. La règle de diphtongaison est bloquée dans les voyelles allongées par l'action d'une des consonnes allongeantes [v, z, ʒ] (incluant le groupe acrolectal [vʁ]): rénove, innove, neuve, fleuve, veuve, grève, élève, chèvre, trêve, bave, épave; loge, toge, éloge, horloge, Limoges, cage, allège, p'tit dèj; quiz, taise, plaise, topaze, jazz, Caucase. Par contre, quand l'allongement est intrinsèque à la syllabe, la règle de diphtongaison s'applique: vive, cuve, couve, rêve, fève, orfèvre, Lefebvre, poivre, sauve, cadavre, esclave; vise, frise, buse, douze, cinq, seize, creuse, cause, gaz, jase; tige, juge, bouge, neige, sauge, nage, âge. Un cas à part est le suffixe « -age » : dans l'Ouest du Québec, la structure sous-jacente du suffixe est /ɑʒ/ (avec longueur intrinsèque, prononcé âge dans le basilecte) et la diphtongaison s'applique; à l'Est du Québec, la structure sous-jacente du suffixe est /aʒ/ (avec allongement dû à la consonne /ʒ/, prononcé aj comme dans AGE « association générale des étudiants ») et la diphtongaison ne peut s'appliquer.
  31. Les circonstances dans lesquelles un Québécois scolarisé fait usage de la variété acrolectale du français québécois est sujet à controverse. Il est quand même permis de généraliser que même un enseignant québécois de réputation internationale ne fera pas appel à l'acrolecte dans tous les circonstances sociolinguistiquement pertinentes.
  32. Pupier, Paul & Lynn Drapeau, « La réduction des groupes de consonnes finales en français de Montréal », Cahier de linguistique, no 3, 1973, p. 127-145.[7]
  33. Outre Ostiguy & Tousignant (1993), voir Yves-Charles Morin, « La liaison relève-t-elle d'une tendance à éviter les hiatus? Réflexions sur son évolution historique », Langages, no 158, 2005, pp. 8-23; « De quelques [l] non étymologiques dans le français du Québec », Revue québécoise de linguistique, vol. 11, no 2, 1982, p. 9-47; Hélène Dorat, Le statut des règles morphophonologiques en grammaire générative, Mémoire, Université du Québec à Montréal, 2006.
  34. Barbaud, Ph., Ch. Ducharme & D. Valois. 1982. « D'un usage particulier du genre en canadien-français: la féminisation des noms à initiale vocalique. » Canadian Journal of Linguistics/Revue canadienne de linguistique 27:2.103-133.[8]
  35. Georges Dor (1996), Anna braillé ène shot, Montréal: Lanctôt Éditeur;[9] Dor (1997), Ta mé tu là? Montréal, Lanctôt Éditeur;[10] Henri Wittmann (1995), « Grammaire comparée des variétés coloniales du français populaire de Paris du 17e siècle et origines du français québécois », Le français des Amériques, Robert Fournier & Henri Wittmann (ed.), Trois-Rivières: Presses universitaires de Trois-Rivières, p. 281-334; [11] Wittmann (1997), « Le français de Paris dans le français des Amériques », Proceedings of the International Congress of Linguists (Paris, 20-25 juillet 1997), Oxford: Pergamon, 16.0416.[12]
  36. Titre du livre de Georges Dor Ta mé tu là? Montréal: Lanctôt Éditeur (« mé » étant la prononciation locale de « mère » en chaouin, la variété linguistique parlée à Saint-Germain-de-Grantham.
  37. Lynn Drapeau, « Les paradigmes sontaient-tu régularisé? » La syntaxe comparée du français standard et populaire: approches formelle et fonctionnelle, Claire Lefebvre (ed.), Québec: Office de la langue française, tome 2, p. 127-147
  38. Hypercorrectivement, on entend également chui comme francisme emprunté au français populaire parlé en France. Le chui d'ailleurs ne permet pas la fausse liaison avec t dans cht. Dans tous les cas, chui ne fait pas partie du français québécois basilectal.
  39. Hypercorrectivement, on entend également y z'ont comme francisme emprunté au français populaire parlé en France. Dans tous les cas, z'ont ne fait pas partie du français québécois basilectal.
  40. Société du parler français au Canada, Glossaire du parler français au Canada, Québec: Les Presses de l'Université Laval, p. 390; Léandre Bergeron, Dictionnaire de la langue québécoise, Saint-Laurent: VLB Éditeur, p. 265.
  41. William J. Ashby, « The drift of French syntax », Lingua, vol. 57, p. 29-46; Knud Lambrecht, Topic, antitopic and verb agreement in Non-Standard-French, Amsterdam: Benjamins; Henri Wittmannn, Le français de Paris dans le français des Amériques[PDF], Proceedings of the International Congress of Linguists 16.0416 (Paris, 20-25 juillet 1997). Oxford: Pergamon (CD edition); Jennifer Culbertson, « Convergent evidence for categorical change in French: From subject clitic to agreement marker », dans Language, vol. 86, p. 85–132
  42. Edgar E. Brandon, « A French Colony in Michigan », dans Modern Language Notes, vol. 13, no 4, 1898, p. 121–124.
  43. Picard, Marc (1991). Clitics, affixes, and the evolution of the question marker -tu in Canadian French. Journal of French language studies 1.179-187; (1992). Aspects synchroniques et diachroniques du tu interrogatif en québécois. Revue québécoise de linguistique 21:2.65-75.
  44. La particule postverbale « -ti » a été notée pour la première fois dans Gaston Paris (1887). « Ti, signe d'interrogation. » Romania 6.438-442. Au XIXe siècle, cette particule était encore le moyen le plus répandu pour indiquer l'interrogation dans les dialectes de la langue d'oïl. Par contre, dans les variétés du français populaire dérivées de la koinè de Paris autres que celles parlées en Amérique du Nord, elle a été évincée au profit de la particule esk en position de complémenteur : « On a gagné » (indicatif) → « Esk on a gagné? » (interrogatif), Wittmann, Henri, «Grammaire comparée des variétés coloniales du français populaire de Paris du XVIIe siècle et origines du français québécois.» Le français des Amériques, dir. Robert Fournier & Henri Wittmann, 281-334. Trois-Rivières: Presses universitaires de Trois-Rivières.[13]
  45. http://www.tlfq.ulaval.ca/fichier/resultats.asp?mode=citations&page=1&init=true&affiche_entree=True&no_entree=120478&tri=entree&liste=true