Révolution tranquille

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Slogan électoral du Parti libéral du Québec en vue de la seconde élection du gouvernement Lesage en novembre 1962. L'enjeu principal de la campagne est la nationalisation de l'électricité, dossier piloté par le ministre René Lévesque.

L'expression Révolution tranquille désigne une période de réformes importantes et de modernisation de l'État québécois dans les années 1960. Cette période de l'Histoire du Québec est communément assimilée au gouvernement Jean Lesage, élu en juin 1960 et défait en juin 1966. Plusieurs réformes seront achevées sous les gouvernements Johnson, Bertrand, Bourassa et Lévesque.

Malgré son caractère oxymorique, l'expression manifeste une volonté de rupture dans l'historiographie québécoise en l'opposant à la période qui la précède : les politiques de laisser-faire du gouvernement Maurice Duplessis et la « Grande Noirceur ». La Révolution tranquille marque le rattrapage du Québec sur plusieurs autres économies modernes réformées après la Grande Dépression[1]. Elle concorde avec la progression du mouvement souverainiste du Québec.

Les réformes de la Révolution tranquille s’inscrivent à l’intérieur du cadre démocratique et de l’économie libérale[1]. Inspirées des idées keynésiennes, elles renforcent l'influence de l'État québécois dans ses compétences sociales et économiques. Les recommandations du Rapport Parent amorcent la décléricalisation et la transformation complète du système d’éducation québécois avec la création du ministère de l'Éducation, des polyvalentes, des cégeps et du réseau de l'Université du Québec. L'étatisation des hôpitaux, l'adhésion au programme fédéral d'assurance-hospitalisation puis les recommandations du Rapport Castonguay-Nepveu entraînent éventuellement l'accès gratuit aux soins de santé. La société d'État Hydro-Québec devient le principal fournisseur d'électricité en incorporant les grands distributeurs d'électricité privés. Le gouvernement fonde plusieurs institutions d'interventions économique telles que la Caisse de dépôt et placement du Québec et la Société générale de financement. Le Québec se dote également d'une politique culturelle, avec la création du ministère des Affaires culturelles, et d'une personnalité internationale en établissant des représentations diplomatiques. Les droits des femmes mariées sont reconnus, les relations de travail codifiées et les pratiques électorales revues.

Origine de l'expression[modifier | modifier le code]

L'expression « Révolution tranquille » est la traduction de l'anglais Quiet revolution qui était fréquemment utilisé par la presse anglophone dans les années 1950 pour décrire des changements sociaux et politiques à divers endroits dans le monde[2]. Au début des années 1960, elle est utilisée dans le Globe and Mail, le Montreal Star, l'Ottawa Citizen et Telegram Observer de Sherbrooke pour décrire la situation politique et sociale du Québec.

L'expression est par la suite reprise en français par divers journalistes et éditorialistes. L'utilisation de l'expression « révolution tranquille » pour décrire le Québec remonte à un texte d'André Langevin pour le magazine Maclean's en février 1963. Dans la revue Cité libre d'avril 1964, André Normandeau écrit que « dans une théorie économique de la révolution au Québec, il est désormais convenu de placer sous l’étiquette de "Révolution tranquille" les phénomènes ayant suivi l’élection de Jean Lesage ». L'expression va rapidement imprégner le langage courant (avec ou sans guillemets), et déjà en novembre 1963 le politologue Guy Bourassa déclare que « parler de révolution tranquille au Québec est devenu un slogan, presque une mode »[2].

En 1964, des intellectuels tels que Pierre Maheu ou Dorval Brunelle critiquent l'expression « révolution tranquille », qui serait une contradiction étant donné ses termes opposés, c'est-à-dire un oxymore. Pour Brunelle, « On a l’impression ici d’être berné : comment une révolution peut-elle être tranquille ? Comment la “tranquillité” sur le plan social ou individuel, peut-elle constituer un ferment révolutionnaire ? »[2].

Politique québécoise après la Grande dépression[modifier | modifier le code]

Consolidation de l'opposition au Gouvernement Taschereau et élection de l'Union nationale[modifier | modifier le code]

« Je reconnais dans cet anneau le symbole de l'union chez nous de l'autorité civile et de l'autorité religieuse. »

— Cardinal Villeneuve , archevêque de Québec, après avoir reçu un anneau de Duplessis au congrès eucharistique tenu à Québec,

Le Congrès eucharistique national tenu à Québec du 22 au 26 juin 1938, là où le Cardinal Villeneuve et Maurice Duplessis ont déclaré l'union symbolique de l'autorité civile et de l'autorité religieuse au Québec.

Le Québec est durement touché par la Grande Dépression. Le mécontentement grandit contre le Gouvernement Louis-Alexandre Taschereau et le Parti libéral du Québec, liés à l'élite économique des villes, qui domine la vie politique québécoise depuis la fin du XIXe siècle. La crise illustre pour l’intelligentsia ecclésiastique et nationaliste la faillite du libéralisme économique et politique. Le Devoir et L'Action catholique, dirigés respectivement par Henri Bourassa et le chanoine Lionel Groulx, font porter la responsabilité de la crise sur la proximité du gouvernement Taschereau avec le grand capital.

La publication de l'encyclique Quadragesimo anno par le pape Pie XI le devient une référence pour le Québec catholique; il faut lutter contre le communisme, mais aussi des conditions sociales qui favorisent son essor. Pie XI invite la gauche et les syndicats à prendre leurs distances avec le communisme[3]. Inspiré de l'encyclique, l'École sociale populaire publie en mars 1933 son Programme de restauration sociale qui inspire la création de l'Action libérale nationale (ALN) du dissident libéral Paul Gouin en 1934.

L'Action libérale nationale forme une coalition avec le Parti conservateur du Québec de Maurice Duplessis pour l'élection générale québécoise de 1935. La coalition, désignée officieusement sous le nom d'« Union nationale », ne parvient pas à déloger Louis-Alexandre Taschereau, qui demeure majoritaire[4]. Accablé par des affaires de corruption, Taschereau démissionne sept mois plus tard, le 11 juin 1936, et dissout l'Assemblée législative[5]. Adélard Godbout, ministre de l'agriculture, devient chef du Parti libéral du Québec. Paul Gouin se retire de l'alliance avec Duplessis quelques jours plus tard, citant des « opinions divergentes »[6]. 20 députés transfuges de l'Action libérale nationale rejoignent les rangs du parti de Duplessis et forment l'Union nationale, qui délaisse les positions réformistes de l'Action libérale nationale pour le conservatisme social et le laissez-faire économique, propre au désormais dissout Parti conservateur du Québec. Duplessis et l'Union nationale remportent l'élection générale québécoise de 1936 avec une importante majorité.

Le le gouvernement Duplessis sanctionne la Loi protégeant la province contre la propagande communiste, une loi liberticide qui interdit la publication ou la diffusion de littérature communiste dans la province de Québec. Surnommée la « Loi du cadenas », elle interdit également à un propriétaire d'utiliser (ou de permettre à une personne d'en faire usage) sa maison pour propager le communisme[7].

Réalignement social-libéral du Parti libéral du Québec[modifier | modifier le code]

Adélard Godbout, premier ministre du Québec de 1939 à 1944. Godbout réalise plusieurs réformes importantes, comme le droit de vote des femmes, l’instruction obligatoire et la création d'Hydro-Québec. La réforme de l'assurance maladie et la gratuité scolaire seront freinées par Duplessis, réélu en 1944.

Le Parti libéral, dans l'opposition depuis l'élection de 1936, tient un congrès d'orientation les 10 et , au Palais Montcalm à Québec. Les membres réunis souhaitent réaffirmer l'attachement des libéraux «au grand principe de la démocratie [une valeur à] la base du parti libéral»[R 1]. Les libéraux sont influencés par la conjoncture politique nord-américaine; l'élection de Franklin Delano Roosevelt et le New Deal aux États-Unis, ainsi que les développements de politiques sociales sous le gouvernement Mackenzie King au Canada[R 2].

Le parti adopte une nouvelle plateforme. Plusieurs nouveaux engagements vont à l’encontre des positions tenues par le gouvernement Taschereau. Le congrès de 1938 se prononce pour le droit de vote pour les femmes[R 3], pour le soutien au programme fédéral d’assurance-chômage et pour l’établissement d’un programme d’assurance maladie, un programme d’assurance invalidité et une aide aux familles nombreuses. Les libéraux souhaitent aussi abolir le Conseil législatif du Québec[R 3]. Le congrès ne suggère pas de réformes majeures en éducation ou de nationalisations. Le Parti libéral se montre également à l'écoute des revendications des syndicats malmenées par Maurice Duplessis. Les libéraux s'inspirent du Wagner Act et souhaitent la mise en place d'un Code du travail et une protection accrue du droit d’association[R 4]. Les libéraux s'opposent également aux lois antisyndicales 19 et 20 de Maurice Duplessis[R 4].

Gouvernement Godbout, prélude à la Révolution tranquille[modifier | modifier le code]

Les élections anticipées du sont déclenchées par Maurice Duplessis, moins de quatre semaines après la déclaration de guerre du Canada. L'enjeu principal de l'élection est la participation canadienne à la Seconde Guerre mondiale. Comme Duplessis entend s'opposer à l'effort de guerre du Canada et à la conscription, toutes les forces libérales fédérales se liguent contre l'Union nationale durant la campagne électorale, Ernest Lapointe, lieutenant de Mackenzie King au Québec, en tête.

Adélard Godbout s’engage « sur l’honneur, en pesant chacun de (ses) mots, à quitter (son) parti et même à le combattre, si un seul Canadien français, d’ici la fin des hostilités en Europe, est mobilisé contre son gré, sous un régime libéral »[R 5].

La défaite subie par l'Union nationale aux mains des libéraux est cinglante, un vrai renversement des résultats de l'élection précédente, en grande partie grâce à l'aide des libéraux fédéraux. L'Union nationale tombe de 76 à seulement quinze sièges ; les libéraux, quant à eux, passent de quatorze à soixante-dix sièges.

Le Gouvernement Godbout, nouvellement élu avec une forte majorité, a les coudées franches pour mener à bien des réformes. L'une des premières réformes est d'accorder le droit de vote aux femmes du Québec, le 25 avril 1940[8]. Le Québec est la dernière province canadienne à obtenir le droit de vote féminin[9] Cette réforme est perçue comme un affront par le clergé, l'Union nationale s'y oppose lors du vote[R 6]. Les libéraux respectent leur engagement électoral envers les syndicats, abrogent les lois anti-syndicales 19 et 20, et adoptent une loi sur le salaire minimum[R 7]. Ils mettent aussi en place le Conseil supérieur du travail.

Le Gouvernement Godbout souscrit le Québec au programme fédéral d’assurance-chômage, une mesure accueillie par le gouvernement fédéral et les syndicats[R 7]. En 1941, le gouvernement du Québec crée la Commission d’enquête sur les problèmes hospitaliers. Son rapport publié en 1943 recommande la création d'un régime d’assurance maladie[R 7]. La fréquentation scolaire est rendue obligatoire de 5 à 14 ans en 1943[R 8]. En 1944, la Montreal Light Heat and Power Company, la Beauharnois Power Company et leurs filiales sont nationalisées; c'est la création d'Hydro-Québec[R 8].

Les libéraux entament la campagne électorale pour l'élection générale québécoise de 1944 en vantant leurs accomplissements. Le plébiscite de 1942 et l'opposition à la conscription deviennent le principal enjeu de la campagne; Adélard Godbout n'a pas tenu sa parole et les Québécois s'opposent majoritairement à la conscription[R 5]. Même s'il remporte le vote populaire, Godbout est défait par Duplessis qui remporte davantage de sièges aux élections du .

Retour de Duplessis : Conservatisme et autonomisme[modifier | modifier le code]

Statue de Maurice Duplessis devant l'Hôtel du Parlement à Québec.

Le second Gouvernement Duplessis est assermenté le et la 22e législature débute le . Le nouveau gouvernement s’empresse de démanteler la commission d’assurance-maladie, qui disparaît en avril 1945, et d'éliminer la taxe de vente, abolie en décembre 1945. En mai 1945, le gouvernement met aussi sur pied l'Office de l'électrification rurale, un organisme parallèle qui retire à Hydro-Québec le dossier de l'électrification rurale et sanctionne la loi 50 qui donne des baux de vingt ans aux compagnie privées désirant développer l'industrie minière dans le Nord du Québec.

Sur le plan constitutionnel, Duplessis s'oppose à la « centralisation » des pouvoirs et des compétences provinciales vers le fédéral et aux politiques keynésienne du gouvernement du Canada. Le , le Fleurdelisé devient le drapeau officiel du Québec.

Tout comme durant son premier mandat, Duplessis mène plusieurs offensives antisyndicales. Visiblement inspiré par le Maccarthysme, le gouvernement Duplessis dépose en , la loi 19 qui refuse la certification aux syndicats qui acceptent des « communistes »[10] dans leurs rangs. Cette loi est immédiatement suivie par la loi 20 qui vise à retirer la certification à tout syndicat d’employés publics dont un membre ou plusieurs auraient encouragé la tenue d’une grève. Les deux lois sont sanctionnés. Le gouvernement intervient également pour briser plusieurs conflits de travail, comme la grève de l'amiante à Asbestos en 1949, la grève du textile à Louiseville en 1952 et la Grève des mineurs de Murdochville en 1957. En plus de s'attaquer au droit d'association, Duplessis s'attaque à la liberté de religion, principalement aux témoins de Jéhovah, en déposant la loi 38 qui interdit d’émettre, par quelque média que ce soit, de façon publique des propos injurieux à l’encontre d’autres religions et de leurs fidèles, ou de diffuser de tels propos tenus par d’autres que soi. Bien que cette loi, sanctionnée le , ne sera jamais invoquée contre des témoins de Jéhovah, des modifications à la loi des cités et villes et le code municipal permettront à des villes du Québec d'émettre des milliers de constats d'infractions contre le groupe religieux.

Rétablissement de l’impôt provincial sur le revenu[modifier | modifier le code]

Le , l'Assemblée législative du Québec adopte la Loi créant un impôt provincial sur le revenu.

Mort de Duplessis et élection de 1960[modifier | modifier le code]

Jean Lesage, élu en 1960, avait pour projet politique de corriger cette lacune en rendant l'école gratuite et obligatoire jusqu'à l'âge de seize ans, et en développant l'éducation supérieure.

Le programme politique du PLQ pour les élections générales provinciales de 1960[11] marque une réconciliation entre le discours du Parti libéral du Québec (PLQ) et les mouvements nationalistes traditionnels. Le PLQ de Jean Lesage se démarque de celui d'Adélard Godbout en intégrant l'affirmation collective des francophones comme « vecteur principal des transformations de la société québécoise »[12] mises de l'avant durant cette période.

Réformes de la Révolution tranquille[modifier | modifier le code]

Sécularisation du système d'éducation et création du Ministère de l'Éducation[modifier | modifier le code]

L'ancien séminaire de Sainte-Thérèse devient le Collège Lionel-Groulx en 1967. La Révolution tranquille entraîne la conversion de plusieurs établissements religieux en établissements d'enseignement public.

Le gouvernement Lesage dépose le la Loi instituant une Commission Royale d'Enquête sur l'enseignement, qui sera sanctionnée le . Cette commission d’enquête est réclamé depuis les années 1950 par le milieu de l'enseignement, la Confédération des travailleurs catholiques et la société civile qui dénoncent la disparité, la vétusté et le sous-financement du système. Certains hommes politiques, comme André Laurendeau ou François-Albert Angers, dénoncent publiquement la sous-scolarisation des francophones comme une menace pour la prospérité et à l'identité de la société québécoise.

Le rapport Parent, publié en 1963 et 1964, est à la base des changements intervenus dans le domaine de l'éducation québécoise durant la Révolution tranquille. Jusqu'alors gérée par le clergé catholique (principalement francophone) et protestant (principalement anglophone) québécois, l'éducation est retirée du contrôle ecclésiastique tout en restant confessionnelle, avec des commissions scolaires catholiques et d'autres protestantes. Les écoles juives du Québec étaient entièrement privées. À la suite du rapport, le ministère de l'Éducation est créé, ainsi que les polyvalentes, les commissions scolaires régionales et plusieurs autres changements arrivent par la suite.

L'État québécois prend en charge son administration complète par le biais du ministère de l'Éducation et du Conseil supérieur de l'éducation. Les parents sont également libres de choisir des écoles privées, financées par l'État à 40 % — comparativement à 100 % pour les écoles publiques —, bien que plafonnées aux mêmes dépenses que les écoles publiques.

Les écoles polyvalentes sont créées pour intégrer dans un même établissement l'enseignement secondaire, que ce soit la formation générale ou l'apprentissage des métiers. De même, un niveau collégial et un réseau de CÉGEPs est mis sur pied pour assurer la formation pré-universitaire autant que l'enseignement technique.

Au début des années 1960, au Québec, « seulement le tiers des jeunes adultes de vingt-cinq à trente ans ont un diplôme et seulement 5 % de ce même groupe ont un diplôme universitaire. Le retard qu'accuse le Québec et particulièrement les francophones[13].

Implantation progressive d'un système de santé public[modifier | modifier le code]

En 1961, le Québec adhère au programme fédéral d'assurance-hospitalisation. Le gouvernement instaure en 1966 la commission Castonguay-Nepveu afin de mettre en place un programme d'assurance-maladie propre au Québec.

Nationalisation de l’électricité de 1963[modifier | modifier le code]

« Un tel fouillis invraisemblable et coûteux ne peut continuer, si l’on veut agir sérieusement dans le sens d’un aménagement rationnel de notre économie et ne pas se contenter d’en parler. [...] Des réformes s’imposent. Elles doivent partir de cette vérité d’évidence : l’électricité est fondamentale dans le Québec et elle doit, pour donner son rendement optimum, constituer un tout intégré. »

— René Lévesque, devant l'Association de l'industrie électrique du Québec,

Siège social d'Hydro-Québec au centre-ville de Montréal.

Un des grands acteurs de cette période est René Lévesque qui, à titre de ministre des Richesses naturelles après le remaniement de 1962 dans le gouvernement Lesage, nationalise l'ensemble des sociétés privées de production et de distribution d'électricité, faisant de la société Hydro-Québec un acteur économique et industriel essentiel. L'élection de 1962 se fait essentiellement sur cette question, et donne au gouvernement le mandat de compléter cette nationalisation. Le gouvernement crée aussi des sociétés d'État dans divers domaines économiques : forêts, mines, recherche pétrolière.

Doctrine Guérin-Lajoie et création du ministère des affaires intergouvernementales[modifier | modifier le code]

« Dans tous les domaines qui sont complètement ou partiellement de sa compétence, le Québec entend désormais jouer un rôle direct, conforme à sa personnalité et à la mesure de ses droits.[14]. »

— Paul Gérin-Lajoie, devant le corps consulaire de Montréal,

La loi constitutionnelle de 1867 demeure imprécise sur le partage des compétences entre le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux en matière de relations internationales. Bien que ce soit l'État fédéral qui négocie les ententes et les traités internationaux, c'est l'état québécois qui ratifie ces traités dans ses domaines de compétence. Le vice-premier ministre Paul Gérin-Lajoie établi, en 1965, que ces compétences provinciales donnent le droit au Québec de posséder une personnalité internationale.

Établissement d'un politique culturelle québécoise[modifier | modifier le code]

Le gouvernement de Jean Lesage crée en 1961 le ministère des Affaires culturelles dont le premier titulaire est Georges-Émile Lapalme[N 1]. Les arts, les lettres, le théâtre, la chanson, le cinéma, et l'ensemble de la culture québécoise intègrent des formes nouvelles, dans les domaines décrits ci-dessous, entre autres.


Création de la Caisse de dépôt et placement du Québec et la SGF[modifier | modifier le code]

Le gouvernement libéral dirigé par Jean Lesage crée des institutions publiques telles que la Régie des rentes du Québec (gestion des retraites) et la Caisse de dépôt et placement du Québec (gestion des sommes venant de la capitalisation des différents régimes de retraite et autres programmes d'assurances administrés par l'État).

L'université Laval avait une école de Génie minier depuis 1944. Mais, boudés par les sociétés minières étrangères au Québec, ces ingénieurs miniers sont embauchés partout dans le monde. La création de la société québécoise d'exploration minière (SOQUEM) en 1965 permettra de rapatrier bon nombre de ces ingénieurs miniers et géologues qui s'étaient expatriés aussi loin qu'en Afrique du Sud, au Liberia et en Thaïlande[15].

Révision du Code du travail[modifier | modifier le code]

Le Code du Travail est déposé à l'Assemblée législative le 5 juin 1963 par le ministre du Travail René Hamel. Ce projet de loi du gouvernement Lesage abolit les lois restrictives 19 et 20 et entend instaurer la retenue volontaire et révocable de la cotisation syndicale et le vote secret pour décider des grèves, entre autres mesures[16]. En commission parlementaire le 18 juin, les dirigeants syndicaux Jean Marchand et Roger Provost s'opposent aux dispositions qui soustraient les fonctionnaires de l'État québécois, les avocats, les ingénieurs et médecins au droit de se syndiquer. Dans la presse ouvrière, les représentants des syndicats croient être parvenus à faire quelques gains comme le prélèvement à la source des cotisations syndicales par les employeurs, le droit de grève aux employés des transports et les communications et le droit à des négociations véritables pour les employés des commissions scolaires et des hôpitaux. L'adoption du projet de loi est repoussé à la session parlementaire suivante; plusieurs questions demeurent en suspens comme le vote secret et le droit d'affiliation des fonctionnaires provinciaux et membres des professions libérales[17].

La réforme du travail survient dans un contexte où plusieurs hôpitaux connaissent des grèves illégales d'infirmières; 1962 à l’Hôtel-Dieu et 1963 à Sainte-Justine. En janvier 1964, la seconde version du Code présentée à l'Assemblée législative comporte peu de modifications. En congrès à Québec le 11 et 12 avril 1964, les 2164 délégués de la FTQ adoptent une résolution pour donner à l'exécutif le pouvoir de déclencher une grève générale si le Code du travail est insatisfaisant[18].

Le gouvernement Lesage plie et adopte la version finale du Code du travail le 22 juillet 1964. Les dispositions sur le vote secret et les références au Code civil sont retirées. Les avocats, les ingénieurs et médecins peuvent se syndiquer. Le droit de grève est reconnu aux employés des hôpitaux, des commissions scolaires et des municipalités. Le Code du travail québécois est à l'époque l'une des législations syndicales les plus progressives en Amérique du Nord.

En 1965, l'adoption de l'article 43 du Code du travail permet aux fonctionnaires de l'État québécois et aux enseignants de se syndiquer sous certaines conditions; ces restrictions seront élaborées dans la Loi de la fonction publique sanctionnée en 1965.

Loi sur la capacité juridique de la femme mariée[modifier | modifier le code]

Claire Kirkland-Casgrain, première femme élue à l'Assemblée nationale du Québec en 1961.

Avant 1964, le régime matrimonial en vigueur au Québec est celui de la communauté de meubles et acquêts (ou communauté de biens). À l'intérieur de ce régime, les femmes ne sont pas reconnues comme des personnes juridiques autonomes. À cette époque, la femme mariée est incapable d'effectuer des actes juridiques simples comme signer un contrat ou être exécutrice testamentaire[19] Conséquemment, elle ne dispose pas du droit d'ester en justice, c'est-à-dire de la possibilité d'intenter un recours devant les tribunaux. De plus, il n'est pas possible pour la femme mariée d'exercer une profession sans l'accord de son mari[20].

La loi sur la capacité juridique de la femme mariée est pilotée par la ministre Marie-Claire Kirkland-Casgrain. Elle était la première femme à se faire élire députée (1961) et la première femme ayant accédé au Conseil des ministres (1962). Appuyée par le gouvernement Lesage, elle fait adopter la loi par l'Assemblée législative le . La loi entre en vigueur le .

Changements électoraux de 1964-1965[modifier | modifier le code]

En 1964, l'âge du droit de vote passe de 21 à 18 ans et le nombre d'électeurs inscrits passe de 2 721 783 en 1962 à 3 222 302 en 1966.

Le contrôle des dépenses électorales est introduit la même année au Québec. La carte électorale de 1965 est délimitée pour la première fois par une commission indépendante. Le nombre de circonscriptions passe de 95 à 108. Cette carte est utilisée pour les élections générales de 1966 et de 1970.

Réformes économiques[modifier | modifier le code]

À cette époque, la classe dirigeante de l'économie québécoise est principalement anglophone. Tandis que le Canadien français occupe les postes subalternes. Tout au plus, voit-on quelques francophones à des postes de commande professionnels et culturels, comme l'a constaté Everett Hughes à Drummondville, dans un livre qu'il consacre aux Canadiens français et l'industrialisation, publié en 1943. Ce constat est repris dans de nombreux ouvrages consacrés au Québec au cours des années 1960. Seymour Martin Lipset déclarera le Québec peu propice au développement économique, et le comparera à l'Amérique latine en raison de « son caractère latin et catholique »[21].

Dans ce contexte, les compétences des Canadiens français sont méprisées sur le marché du travail. À Montréal, 20 % de la population non francophone contrôlait alors 80 % des postes de cadres, rappelle Jacques Parizeau, dans un ouvrage consacré au 40e anniversaire de la Révolution tranquille. « Nous, les francophones, étions souvent considérés comme incompétents ».

La Révolution tranquille et ses politiques économiques keynésiennes sont généralement assimilées à un âge d'or dans l'histoire économique et sociale du Québec et considérées par certains dans la population comme le fondement du « modèle québécois »[22],[23].

Influence culturelle de la Révolution tranquille[modifier | modifier le code]

Logotype du 50e anniversaire de la Révolution tranquille, créé par le gouvernement du Québec en 2010.

Durant la Révolution tranquille, les écrivains québécois adoptent un style d'écriture engagé et militant qui dépeint les Québécois d’une façon qui se veut plus réaliste. On parle alors d'anti-héros. En effet, on parle des problèmes individuels, soit pour les Québécois de souche ou pour les immigrants qui ont de la difficulté à intégrer la société. Le tout se déroule dans une quête où les personnages tentent de s'assumer[réf. nécessaire].

Revues[modifier | modifier le code]

Trois revues québécoises sont notables pour avoir diffusé la remise en question et l'espoir nourri par différentes générations d'intellectuels de cette époque[24] :

  • Liberté était présentée comme un « "centre de discussion des problèmes culturels" rencontrés par la société canadienne française », passant notamment par la création et la critique littéraire.
  • Quand Parti pris est lancée, le RIN existe déjà et le FLQ est opérationnel. La revue continue dans cette voie militante et appelle à la « révolution nationale et économique du Québec », en plus d'affirmer que « notre littérature s’appellera québécoise ou ne sera pas » . À cet effet, un numéro-manifeste intitulé « Pour une littérature québécoise » est publié en 1965, de telle sorte que l'expression littérature québécoise en viendra à remplacer littérature canadienne-française

Conséquences dans le milieu ecclésiastique au Québec[modifier | modifier le code]

L'après-guerre voit un délaissement graduel de la pratique de la religion catholique chez les canadiens français. Cette tendance s'accélère de façon marquée au tournant des années 1960. Certains religieux tentent de réconcilier modernité et religion avec la revue Maintenant, succédant à la Revue Dominicaine et dont l’optique fut de réconcilier le monde moderne avec les préceptes théologiques[25]. La citation suivante de la première parution de la revue Maintenant en 1962 montre l’ambition d’accorder modernité et religion : « il est temps de sortir de la chrétienté pour entrer dans le christianisme »[26]. On cherche donc à s’insérer dans un mouvement plus ouvert avec le monde et plus centré avec le fondement même de cette religion. Le père Vincent Harvey, assumant la direction de la revue depuis 1965, politise son discours en prenant position, en 1968, pour la déconfessionnalisation des organismes scolaires, et pour la souveraineté du Québec en 1967, soit plusieurs concepts modernes s’inscrivant dans le mouvement de Révolution tranquille. La revue devient indépendante à la suite de ses prises de position en faveur du Parti québécois, parti social-démocrate, en 1970[25].

La relation de la religion avec les médias connaît son plein essor durant la période de la Révolution tranquille avec le développement d’un système de communication publique de l’Église québécoise. On voit l’apparition de quatre bureaux de presse diocésains dans le Canada français (Montréal, Sherbrooke, Trois-Rivières et Québec) ayant pour but donc de rebondir au déclin de son action sur la population et de recentrer ses préceptes sur une communauté visiblement plus restreinte, mais fidélisée[27]. On le voit à Montréal avec le Centre diocésain du cinéma de Montréal où les périodiques affiliés révèlent un engagement de plus en plus important dans la société. Le but étant de former la conscience des chrétiens, ils analysent notamment les œuvres autorisées. On peut voir avec Séquences que l’arrivée de la Révolution tranquille va diversifier les bureaux diocésains de presses et les journaux en faisant intervenir une équipe plus laïque et donc en recherche d’un plus grand auditoire. C’est une des façons d’avoir une empreinte plus importante et ouvrir l’horizon médiatique et communicationnel de l’Église[28].

L’envie de modernité au Québec vient aussi de l’extérieur avec le Concile lancé par le nouveau pape élu en 1958, Jean XXIII. Celui-ci incite à une ouverture au monde, à une sécularisation et à l’émancipation de certaines populations. Le Québec, d’un côté, reste en attente face aux changements que cela annonce : peu d’articles du côté de la presse ecclésiastique sont apparus malgré une réception positive de la part de la population[29].

Malgré quelques réticences, le changement s’effectue vite, d’où le concept de « sortie de la religion » émis par Marcel Gauchet. Il insiste sur le fait que « la sortie de la religion ne signifie pas sortie de la croyance religieuse, mais sortie d’un monde où la religion est structurante, où elle commande la forme politique des sociétés »[30]. Cependant, la religion veut changer également sa structure interne. Elle coordonne ses actions par l’intermédiaire de l’organisme central de planification et coordination de la pastorale avec une structure administrative semblable à celle de l’administration publique[26]. Par exemple, dans le système éducatif, la place des religieuses, qui avait atteint son apogée en 1961, est exclue, mais laisse une trace dans l’acceptation, auprès de la société, qu’une femme puisse travailler[31]. Enfin, au niveau territorial, certains propriétaires cléricaux de plusieurs terrains et bâtisses négocient avec le gouvernement québécois leurs passations vers le domaine public. Les écoles et les hôpitaux deviennent également publics[32].


Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

  1. p. 133
  2. p. 141
  3. a et b p. 132
  4. a et b p. 134
  5. a et b p. 144
  6. p. 138
  7. a b et c p. 139
  8. a et b p. 140

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jacques Rouillard, « Aux sources de la Révolution tranquille : le congrès d’orientation du Parti libéral du Québec du 10 et 11 juin 1938 », sur Bulletin d'histoire politique.
  2. a b et c Jean-Philippe Warren, « L’origine d’un nom. D’où vient l’expression « Révolution tranquille » ? », sur Société historique du Canada.
  3. Quadragesimo anno, 115-118.
  4. « 25 novembre 1935 - Un vent de changement se lève », Bilan du Siècle, Université de Sherbrooke (consulté le 26 décembre 2019).
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  8. « Il y a 70 ans, les femmes obtenaient le droit de vote au Québec | National », La Presse,‎ (lire en ligne, consulté le 27 avril 2018).
  9. « L’histoire du vote des femmes », Bibliothèque et Archives Canada (consulté le 27 avril 2018).
  10. Selon le chef de l’Union nationale, le communisme, « c’est la synthèse de la déloyauté, de l’athéisme, de la canaillerie. […] Le communisme, c’est la synthèse de la trahison. Le communisme est la négation de tout ce que nous chérissons et des principes moraux qui nous sont les plus chers. »
  11. « 1960: Le programme politique du Parti Libéral du Québec », sur Poltext, (consulté le 19 février 2019).
  12. Paul-André Linteau, « Un débat historiographique: l'entrée du Québec dans la modernité et la signification de la Révolution tranquille », dans Yves Bélanger, Robert Comeau et Céline Métivier (dir.), La Révolution tranquille 40 ans plus tard : un bilan, Montréal, VLB éditeur, coll. « Études québécoises », , 316 p. (ISBN 2-89005-753-4), p. 21-41.
  13. Mathieu Bureau Meunier, Wake up mes bons amis!, Québec, Septentrion, 2019, p. 142.
  14. Gouvernement du Québec, « La doctrine Gérin-Lajoie, motrice par excellence de l’évolution du Québec sur la scène internationale », sur Ministère des Relations internationales et de la Francophonie, (consulté le 21 décembre 2019)..
  15. Jacques Parizeau, « Quand le Canada n'est plus au centre de la scène », dans Yves Bélanger, Robert Comeau et Céline Métivier (dir.), La Révolution tranquille 40 ans plus tard : un bilan, Montréal, VLB éditeur, coll. « Études québécoises », , 316 p. (ISBN 2-89005-753-4), p. 140-156.
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  18. Evelyn Gagnon, « La FTQ a reçu le mandat de déclencher une grève générale si le code du travail est insatisfaisant »dans Le Devoir, 1910- (Montréal), lundi 13 avril 1964
  19. Christine Simard, « L'égalité entre les sexes », sur history.cbc.ca, Société Radio-Canada, (consulté le 9 novembre 2009).
  20. Raoul Barbe, « Canada. La Province de Québec », Revue internationale de droit comparé, vol. 17, no 3,‎ , p. 640-642 (lire en ligne).
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Notes[modifier | modifier le code]

  1. Prédécesseur de Jean Lesage au poste de chef du PLQ.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Julie Bélanger et Paul Poirier, « L'apparition de la locution « Révolution tranquille » - 2e partie », Bulletin, Québec, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, vol. 36, nos 3-4,‎ , p. 17 (lire en ligne, consulté le 20 janvier 2013).
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  • Conseil du statut de la femme, Femmes et pouvoir : la Révolution tranquille, Québec, Publications du Québec, , 98 p. (ISBN 2-551-15528-2).
  • Michael Gauvreau (trad. de l'anglais par Richard Dubois), Les origines catholiques de la Révolution tranquille, Montréal, Fides, , 457 p. (ISBN 978-2-7621-2738-6).
  • Xavier Gélinas, La droite intellectuelle québécoise et la Révolution tranquille, Québec, Presses de l'Université Laval, , 486 p. (ISBN 978-2-7637-8509-7).
  • Pierre Godin, La Révolution tranquille (5 vol.), Montréal, Boréal, .
  • Michel-Rémi Lafond (dir.), La Révolution tranquille : 30 ans après, qu'en reste-t-il?, Hull, Éditions de Lorraine, , 236 p. (ISBN 298012494X).
  • Yves Lever, Le Cinéma de la Révolution tranquille de Panoramique à Valérie, Montréal, Y. Lever, , 732 p. (ISBN 2920664085).
  • E.-Martin Meunier et Jean-Philippe Warren, Sortir de la grande noirceur : l'horizon personnaliste de la Révolution tranquille, Sillery, Septentrion, , 207 p. (ISBN 2-89448-335-X).
  • Jean-Charles Panneton, Georges-Émile Lapalme, précurseur de la Révolution tranquille, Montréal, VLB, , 190 p. (ISBN 2-89005-749-6).
  • Jean-Christian Pleau, La révolution québécoise : Hubert Aquin et Gaston Miron au tournant des années soixante, Saint-Laurent, Fides, , 270 p. (ISBN 2-7621-2332-1).
  • Dale C. Thomson, Jean Lesage et la Révolution tranquille, Saint-Laurent, Éditions du Trécarré, , 615 p. (ISBN 2892491061).
  • Gérard Tremblay, La révolution tranquille (2 vol.), Sainte-Anne-de-Beaupré, La Revue Sainte-Anne, .
  • Roger Barrette, De Gaulle et la Révolution tranquille, Vive le Québec libre, préface d'Alain Hartog, Corsaire, 2018.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]