Canada anglais

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Le Canada anglais, aussi appelé Canada anglophone, désigne dans un sens géographique, la portion anglophone du Canada, c'est-à-dire les neuf provinces canadiennes où la langue anglaise est, de facto ou de jure officielle (huit où elle est la seule et une, le Nouveau-Brunswick, où elle l'est à côté du français), ainsi que les territoires canadiens du Yukon, des Territoires-du-Nord-Ouest et du Nunavut.

Dans un sens démographique, l'expression de Canadiens anglais est à privilégier. Elle désigne la population de langue anglaise au Canada sans égard au lieu géographique à l'intérieur du pays. On parle ainsi des Canadiens anglais du Québec pour désigner la minorité anglophone québécoise, qui fait partie de la majorité anglophone du Canada. Le Québec est d'ailleurs la seule province dans laquelle les Canadiens français sont majoritaires, et où le français est l'unique langue officielle. D'importantes communautés francophones résident également au Nouveau-Brunswick (territoire d'origine des Acadiens), dans lequel plus de 245 000 personnes parlent français à la maison, ou l'Ontario, dans lequel plus de 596 000 personnes parlent français à la maison[1]. Des minorités francophones sont de surcroît dispersées dans les autres provinces et territoires canadiens. Le Canada comprend également plusieurs autres communautés linguistiques amérindiennes et allophones.

Population et langue de convergence[modifier | modifier le code]

Au sens politique du terme, le Canada anglais (c'est-à-dire les neuf provinces majoritairement anglophones du Canada), surnommé le « Reste du Canada », ou le « RDC » (en anglais « ROC » pour Rest of Canada), compte environ 26 millions d'habitants, soit 75 % de la population du Canada. Les habitants de ces provinces sont d'origine britannique mais également d'origines ethniques multiples, dont beaucoup issus d'une immigration récente venant par exemple d'Afrique ou d'Asie. Pour ces non-anglophones de naissance installés au Canada anglais, l'anglais sert alors de langue de convergence interculturelle.

La minorité francophone, parmi d'autres communautés linguistiques[modifier | modifier le code]

Au sein de la population du Canada anglais, il y a environ 950 000 francophones (soit 4 % de la population de l'ensemble formé par les neuf provinces anglophones) qui constituent la première minorité de facto (c'est-à-dire prouvée naturellement) au Canada anglais, suivis de près par la population de langue chinoise (850 000 personnes) qui représente 3,5 % de la population totale au Canada anglais. De nombreuses autres communautés linguistiques viennent ensuite, comme les Ukrainiens, les Allemands, les Italiens, etc.

Il y a un pourcentage de francophones plus élevé en Louisiane (États-Unis), estimé à 7 %, qu'au Canada anglais. Comme en Louisiane, les communautés francophones du Canada anglais ont globalement connu, au cours du siècle dernier, des taux d'anglicisation élevés, ce qui pose le problème de la « folklorisation linguistique » et de la perte d'identité (et donc de la langue française), à plus ou moins long terme, pour ces communautés. Le français est néanmoins avec l'anglais une des deux langues officielles au niveau du gouvernement fédéral canadien et de ses institutions.

Le ROC dans la culture[modifier | modifier le code]

Une célèbre caricature de John Collins de la Gazette de Montréal, publiée en 1942, illustre la divergence entre le ROC et le Québec anticipant la crise de la conscription de 1944[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • David Jay Bercuson, Barry Cooper, Stephen Dupont et Claude Fafard, Goodbye—et bonne chance ! : les adieux du Canada anglais au Québec, Le Jour, 1991, 207 p. (ISBN 2890444392)
  • Jean Bériault, Anti-Québec: les réactions du Canada anglais face au French-power, Quinze, Messageries internationales du livre, 1977, 175 p. (ISBN 0885651014)
  • Michel Brunet, Québec, Canada anglais : deux itinéraires, un affrontement, Éditions HMH, 1968, 309 p.
  • John F. Conway, Des comptes à rendre: le Canada anglais et le Québec, de la Conquête à l'accord de Charlottetown : essai (trad. Pierre R. Destrosiers), VLB, 1995, 286 p. (ISBN 2890056147)
  • Paul Genuist, La faillite du Canada anglais, Quinze, 1980, 205 p. (ISBN 2890262154)
  • Normand Lester, Le livre noir du Canada anglais 2, Les Intouchables, 2002, 302 p. (ISBN 2895490651)
  • Robin Philpot, Oka : dernier alibi du Canada anglais, VLB, 1991, 167 p. (ISBN 2890054373)
  • Michel Sarra-Bournet, Le Canada anglais et la souveraineté du Québec : deux cents leaders d'opinion se prononcent, VLB éditeur, 1995, 215 p. (ISBN 2890056236)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]