Français de Suisse

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français de Suisse
Suisse romand
Pays Suisse
Région Suisse romande
Nombre de locuteurs 1 800 000
Nom des locuteurs Romands
Classification par famille
Codes de langue
Type vivante
IETF fr-ch
La répartition des langues en Suisse.
La Suisse romande fait partie du domaine linguistique de l'arpitan[1], à l'exception du canton du Jura (domaine d'Oïl).

Le français de Suisse ou suisse romand[2] est parlé en Suisse romande, la partie francophone de la Suisse, en 2012 par 1,8 million de personnes en tant que langue principale (22,6 % de la population du pays), 1,9 million de personnes en tant que langue habituellement parlée à la maison (23,2 % de la population du pays) et par 1,2 million de personnes en tant que langue habituellement parlée au travail (29,1 % des personnes employées du pays)[3]. Il n'a aucun statut officiel sous cette dénomination ; la constitution fédérale précise dans son article 4 que le français est une des quatre langues officielles de la Suisse[4]. Selon le recensement de 1990, 33 % de la population Suisse parle français quotidiennement[5] (72 % le suisse allemand[6]).

Spécificités du français de Suisse[modifier | modifier le code]

De façon générale[modifier | modifier le code]

Il se différencie un peu du français de France ou du français de Belgique. Ainsi un Romand n'aura aucune difficulté à comprendre un Français, alors qu'un Français pourra ne pas comprendre et s'étonner de quelques mots employés uniquement en Suisse romande et dans les régions limitrophes françaises (par exemple dans le parler savoyard).

Le français de Suisse se caractérise par quelques termes issus de l'arpitan ou francoprovençal, par des mots tels que septante, huitante ou nonante, ainsi que localement par des mots et expressions issues de langues germaniques tel que muttr, witz, ou poutzer. Ce phénomène d'acculturation est dû à l'influence de la communauté alémanique (germanophone) qui est largement majoritaire (64,9 % de la population du pays en 2012[3]). Il est important de préciser que certains traits particuliers à la Suisse tels que le système fédéral, l'armée obligatoire, ou encore le bilinguisme de certaines régions favorisent grandement les phénomènes d'acculturation en tout genre, et particulièrement sur le plan linguistique. À noter que le suisse-allemand emprunte également certains mots et expressions francophones. Comme l'expression alémanique « das Savoir-vivre » qui s'utilise dans le sens de « bon-vivant », « Merci », et « Adieu » qui, comme en Suisse romande, s’utilise dans un cadre familier pour dire « bonjour » ou « au revoir ».

Le français local de Suisse romande ressemble à celui des régions limitrophes, notamment celui de la Savoie voisine, qui fait également partie de l'aire linguistique arpitane[7].

Pronom y[modifier | modifier le code]

Dans le langage informel et dans la région genevoise, le pronom le / la en tant que complément d’objet direct est très souvent remplacé par y.

Exemples :

  • « Où veux-tu que j’y pose ?

– Poses-y sur la table. »

  • « Si t’y fais, fais-y comme y faut ! »[8]

Ce fait linguistique découlant de l'arpitan se retrouve en France dans une partie de la région Auvergne-Rhône-Alpes, comme dans les deux départements de Savoie[9] ou dans le parler lyonnais.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir la carte de Suisse indiquant les régions romandes où la l'arpitan est traditionnellement parlé sur Ethnologue.com
  2. André THIBAULT, Dictionnaire suisse romand, Carouge (GE), ZOE, (ISBN 978-2-88182-870-6)
  3. a et b http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/en/index/themen/01/05/blank/key/sprachen.html
  4. Constitution fédérale, Article 4.
  5. (en) Fiche langue (code «fra») dans la base de données linguistique Ethnologue.
  6. (en) Fiche langue (code «gsw») dans la base de données linguistique Ethnologue.
  7. NotreHistoire.ch: L'aire de diffusion de l'arpitan, en France, en Italie et en Suisse
  8. « Termes régionaux de Suisse romande et de Savoie. » (consulté le 10 décembre 2009)
  9. Mathieu Avanzi, « Le « y » dit savoyard : laissez-moi vous y expliquer ! », sur Le français de nos régions, Université de Neuchâtel, (consulté le 29 janvier 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]