Robert Bourassa

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Robert Bourassa [1]
Illustration.
Fonctions
22e premier ministre du Québec

(6 ans, 6 mois et 13 jours)
Lieutenant-gouverneur Hugues Lapointe
Législature 29e, 30e
Prédécesseur Jean-Jacques Bertrand
Successeur René Lévesque

(8 ans et 30 jours)
Lieutenant-gouverneur Gilles Lamontagne
Martial Asselin
Législature 33e, 34e
Prédécesseur Pierre Marc Johnson
Successeur Daniel Johnson (fils)
Député de la circonscription provinciale de Mercier

(10 ans, 5 mois et 20 jours)
Prédécesseur Jean-Baptiste Crépeau
Successeur Gérald Godin
Chef de l'opposition officielle du Québec

(3 mois et 25 jours)
Prédécesseur Jean Lesage
Successeur Jean-Jacques Bertrand

(5 mois et 18 jours)
Prédécesseur Gérard D. Lévesque
Successeur Pierre-Marc Johnson
Ministre des Finances du Québec

(4 mois et 19 jours)
Gouvernement Gouvernement Bourassa
Prédécesseur Mario Beaulieu
Successeur Raymond Garneau
Ministre des Affaires intergouvernementales du Québec

(11 mois et 22 jours)
Gouvernement Gouvernement Bourassa
Prédécesseur Gérard D. Lévesque
Successeur Gérard D. Lévesque

(1 mois et 13 jours)
Gouvernement Gouvernement Bourassa
Prédécesseur François Cloutier
Successeur Claude Morin
Député de la circonscription provinciale de Bertrand

(5 mois et 29 jours)
Prédécesseur Denis Lazure
Successeur Jean-Guy Parent
Député de la circonscription provinciale de Saint-Laurent

(7 ans, 11 mois et 22 jours)
Prédécesseur Germain Leduc
Successeur Normand Cherry
10e chef du Parti libéral du Québec

(6 ans, 10 mois et 2 jours)
Prédécesseur Jean Lesage
Successeur Gérard D. Lévesque

(10 ans, 1 mois et 29 jours)
Prédécesseur Gérard D. Lévesque
Successeur Daniel Johnson (fils)
Biographie
Nom de naissance Jean Robert Bourassa
Date de naissance
Lieu de naissance Montréal, Canada
Date de décès (à 63 ans)
Lieu de décès Montréal, Canada
Nature du décès Mélanome
Sépulture Cimetière Notre-Dame-des-Neiges
Nationalité Canadienne
Parti politique Parti libéral du Québec
Conjoint Andrée Simard
Enfants François et Michèle Bourassa
Diplômé de Université de Montréal
Université d'Oxford
Université Harvard
Profession Avocat
Économiste

Robert Bourassa
Premiers ministres du Québec

Robert Bourassa [2], né le et mort le à Montréal, est un avocat, fiscaliste, économiste et homme politique québécois. Il est premier ministre du Québec, fonction qu'il occupe sous la bannière du Parti libéral du Québec [3] à deux reprises : du au , puis du au . Il est connu pour avoir été premier ministre lors d'importants moments de l'histoire du Québec comme la crise d'Octobre[4], l'accord du lac Meech, la crise d'Oka [5] et l'accord de Charlottetown [6].

Biographie[modifier | modifier le code]

La statue de Bourassa (Le Monument Robert Bourassa) dévoilée en 2006 sur la colline parlementaire à Québec[7].

.

Avant la vie politique[modifier | modifier le code]

Robert Bourassa fait ses études au collège Jean-de-Brébeuf[1]. Il est par la suite diplômé en droit avec grande distinction à l'Université de Montréal en 1956[8] et est reçu au Barreau du Québec l'année suivante. Plus tard, il étudie à l'université d'Oxford où il obtient une maîtrise en sciences économiques et politiques en 1959. Il décroche également une maîtrise en fiscalité et droit financier à l'université Harvard en 1960[9],[8].

Il est par la suite conseiller fiscal à Ottawa jusqu’en 1963, il enseigne aussi, jusqu'à la même année, à l'Université d'Ottawa. De 1963 à 1965, il est secrétaire et directeur des recherches de la commission Bélanger sur la fiscalité[10].

La vie politique[modifier | modifier le code]

Élu pour la première fois à l'Assemblée nationale en 1966 comme député de Mercier, Robert Bourassa est devenu chef du Parti libéral du Québec le [3].

Premier ministre de la province de Québec[modifier | modifier le code]

Robert Bourassa devient premier ministre du Québec aux élections générales du 29 avril, défaisant le gouvernement de l'Union nationale[11]. À 36 ans, il devint ainsi le plus jeune premier ministre de la province de Québec[12]. Il a épousé Andrée Simard [13], fille d'Édouard Simard, président de Sorel industries. Il eut deux enfants, François et Michèle Bourassa.

Crise d'Octobre[4][modifier | modifier le code]

En tant que premier ministre du Québec, il joua un rôle crucial pendant la crise d'Octobre de 1970 durant lequel son ministre du Travail, Pierre Laporte, fut enlevé par des membres du Front de libération du Québec. Ce fut Bourassa qui demanda au premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau, de déclarer une situation d'urgence et d'invoquer la Loi sur les mesures de guerre, envoyant l'armée canadienne pour patrouiller dans les rues des grandes villes québécoises et celles de la capitale canadienne, Ottawa.

Bourassa et Trudeau s'affrontèrent fréquemment sur la question des relations fédérales-provinciales et celle du nationalisme québécois, Trudeau étant opposé à ce qu'il voyait comme des concessions au mouvement souverainiste. Trudeau n'avait pas non plus un grand respect personnel pour Bourassa, le traitant en une occasion de « mangeur de hot-dogs » [14].

Le projet du siècle[modifier | modifier le code]

En 1971, Robert Bourassa parraine l'aménagement du plus grand complexe hydroélectrique au monde : la Baie James[15]. Un chantier gigantesque qui s’étend sur 350 000 km2, soit environ trois fois la superficie de l'Angleterre.

Les défis sont colossaux mais Robert Bourassa croit fermement au potentiel énergétique propre et renouvelable que représente l’hydroélectricité, et va de l’avant[3].

Protection du français[modifier | modifier le code]

Alors qu'il était au pouvoir, Bourassa introduisit des politiques qui visaient à protéger la langue française au Québec[8]. En 1974, il fit adopter la Loi sur la langue officielle (ou « loi 22 »), l'une des premières loi visant à renforcer la position du français au Québec. Toutefois, cette loi fut bientôt supplantée par la Charte de la langue française (ou « loi 101 »), introduite par le gouvernement péquiste qui le remplaça en 1976. Toutefois, la loi 22 eut peut-être un plus grand impact que la loi 101. En faisant du français la langue officielle du Québec, cela indiquait que le Québec n'était plus officiellement bilingue (anglais et français). La loi 22 souleva la colère à la fois des anglophones, qui y voyaient une atteinte à leurs droits, et des francophones, dont un bon nombre jugeait que la loi n'allait pas assez loin. Bourassa fut dénoncé par les deux groupes et fut défait aux élections de 1976. L'assurance-maladie (1970), le régime des allocations familiales du Québec (1973), l'aide juridique (1973), la Charte québécoise des droits et libertés de la personne (1975), marquèrent aussi son premier mandat.

Jeux olympiques d'été de 1976[modifier | modifier le code]

Le gouvernement Bourassa joua également un rôle crucial pour sauver les Jeux olympiques d'été de 1976 à Montréal des énormes dépassements budgétaires et des délais de construction causés par la mauvaise gestion du projet par l'administration du maire Jean Drapeau. Toutefois, Bourassa fut accusé de jeter de l'argent par les fenêtres pour sauver les Jeux olympiques sans prendre des mesures pour assurer une supervision adéquate; son gouvernement fut mis en cause dans des scandales de corruption qui contribuèrent à sa défaite électorale en 1976[16].

Bourassa perdit les élections de 1976 face à René Lévesque, chef du Parti québécois. De plus, il perdit son propre siège à l'Assemblée nationale, étant défait par Gérald Godin dans la circonscription de Mercier. Il démissionna de la direction du Parti libéral du Québec et accepta des postes d'enseignement en Europe et aux États-Unis.

Retour à la tête du PLQ[modifier | modifier le code]

Bourassa demeura en exil politique jusqu'en 1983 quand il revint à la politique provinciale ; il fut de nouveau élu chef du Parti libéral le [3].

De nouveau premier ministre de la province de Québec[modifier | modifier le code]

Robert Bourassa reprit le pouvoir comme premier ministre aux élections de 1985[11]. Cependant, il fut battu dans sa propre circonscription de Bertrand et dut se faire élire six semaines plus tard dans une circonscription sûre, celle de Saint-Laurent, qu'un de ses députés lui céda[11]. Le premier ministre dut assister en spectateur à la lecture du discours inaugural de la session faite par la vice-première ministre Lise Bacon.

Les négociations constitutionnelles[modifier | modifier le code]

Dans son deuxième mandat il est plongé au cœur des négociations constitutionnelles avec le Canada[3]. Ainsi il utilisa la « clause nonobstant » [17] de la Charte canadienne des droits et libertés pour passer outre un jugement de la Cour suprême du Canada qui déclarait inconstitutionnelles certaines parties de la Charte de la langue française. Cette décision provoqua la démission de quelques ministres anglophones de son cabinet. Quelques années plus tard toutefois, il apporta certaines modifications à la charte. Ces compromis réduisirent la controverse sur la langue qui avait été une question dominante de la politique québécoise depuis des décennies. La majorité des Québécois en arrivèrent à un consensus et acceptèrent le nouveau statu quo.

Robert Bourassa s'opposa à la Cour suprême du Canada.


Bourassa milita pour une reconnaissance du Québec comme étant une « société distincte » dans la constitution canadienne, promettant aux Québécois que leurs différends avec le Canada pouvaient être résolus avec un nouvel accord constitutionnel. Toutefois, Trudeau s'opposa avec succès à Bourassa dans ses deux mandats. Tôt dans son premier mandat, il participa à une première tentative de réforme constitutionnelle, la Charte de Victoria de 1971, qui n'aboutit à rien. Lors de son deuxième mandat, il collabora de près avec le premier ministre canadien Brian Mulroney et réussit à obtenir plusieurs concessions du gouvernement fédéral, qui furent incluses dans l'Accord du lac Meech et l'Accord de Charlottetown. Après l'échec de ces deux accords, les efforts pour réformer la constitution s'effondrèrent, et le mouvement souverainiste reprit du poil de la bête.

Robert Bourassa a affronté la crise d'Oka en 1990[18].

1990, dernières années[modifier | modifier le code]

Bourassa instaura en 1990 dans la controverse la taxe de vente du Québec (son ministre du Revenu de l'époque, Yves Séguin, démissionna à la suite de l'adoption du projet de loi). Pendant cette période il affrontera aussi une crise budgétaire et la Crise d'Oka[19],[20].

Bourassa se retira de la politique en 1993 affaibli par la maladie[2]. Daniel Johnson le remplaça comme chef libéral et premier ministre du Québec et fut défait par le Parti québécois neuf mois plus tard.

Il mourut en 1996, à Montréal, d'un cancer de la peau, à l'âge de 63 ans. Il est enterré au cimetière Notre-Dame-des-Neiges à Montréal[21].

Hommages[modifier | modifier le code]

La centrale hydroélectrique LG2 a été renommée centrale Robert-Bourassa en son honneur, et la ville d’Outremont a baptisé Bibliothèque Robert-Bourassa en 1997. L'avenue du Parc de Montréal avait été pressentie pour être renommée l'avenue Robert-Bourassa en 2006, mais ce projet fut abandonné face à des protestations populaires. Cette même année, l'autoroute 740 (Du Vallon) de Québec est renommée autoroute Robert-Bourassa. Également en 2006, le monument Robert Bourassa est inauguré sur la colline parlementaire à Québec afin de rappeler la mémoire de cet ancien premier ministre du Québec[7].

En , le maire de Montréal annonce que la portion de la rue University située entre l'autoroute Bonaventure et la rue Sherbrooke sera renommée boulevard Robert-Bourassa[22].

Titres[modifier | modifier le code]

Citation[modifier | modifier le code]

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  • « Le Canada anglais doit comprendre de façon très claire que, quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse, le Québec est, aujourd'hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d'assumer son destin et son développement. »
    (discours prononcé le 22 juin 1990 à l'Assemblée nationale à la suite de l'échec de l'accord du lac Meech.) [24]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Robert Bourassa » dans L'Encyclopédie canadienne, Historica Canada, 1985–. (consulté le ).
  2. a et b « Robert Bourassa (1933-1996) Homme politique », sur Université de Sherbrooke (consulté le 18 avril 2019).
  3. a b c d et e « Robert Bourassa », sur PLQ.
  4. a et b « Crise d'Octobre » dans L'Encyclopédie canadienne, Historica Canada, 1985–. (consulté le ).
  5. « Oka Crisis », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 15 juillet 2020).
  6. http://ici.radio-canada.ca/emissions/aujourd_hui_l_histoire/2015-2016/chronique.asp?idChronique=427277
  7. a et b « Monument Robert-Bourassa », sur Commission de la capitale nationale du Québec (consulté le 15 juillet 2020).
  8. a b et c « Une page d'histoire avec Robert Bourassa », sur Droit Université Montréeal.
  9. « Robert Bourassa - Assemblée nationale du Québec », sur www.assnat.qc.ca (consulté le 15 juillet 2020).
  10. https://ici.radio-canada.ca/radio/profondeur/bourassa/biographie.html.
  11. a b c et d « Robert Bourassa », sur Assemblée Nationale Québec.
  12. https://www.cbc.ca/archives/entry/quebec-elects-young-premier
  13. https://ici.radio-canada.ca/radio/profondeur/bourassa/audiovideo.html
  14. https://www.encyclopedia.com/people/history/canadian-history-biographies/robert-bourassa
  15. « Projet de la Baie James » dans L'Encyclopédie canadienne, Historica Canada, 1985–. (consulté le )..
  16. https://ici.radio-canada.ca/radio/profondeur/bourassa/emission6.html
  17. http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/evenements/20272.html
  18. https://ici.radio-canada.ca/premiere/premiereplus/societe/p/105234/la-crise-dokanbsp-le-drame-qui-a-secoue-les-r
  19. https://pum.umontreal.ca/apqc/93_94/lesage1/lesage1.htm
  20. « Robert Bourassa », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 15 juillet 2020).
  21. Répertoire des personnages inhumés au cimetière ayant marqué l'histoire de notre société, Montréal, Cimetière Notre-Dame-des-Neiges, 44 p.
  22. « Un boulevard Robert-Bourassa au centre-ville de Montréal », Radio-Canada,‎ (lire en ligne).
  23. « The Governor General of Canada », sur The Governor General of Canada (consulté le 15 juillet 2020).
  24. https://ici.radio-canada.ca/breve/19310/ephemeride-quebec-est-une-societe-distincte-libre-

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]