Multiculturalisme canadien

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Le multiculturalisme canadien est un modèle de gestion de la diversité ethnoculturelle des nouveaux arrivants soutenu par un ensemble de politiques gouvernementales adoptées par le Canada dans les années 1970 et 1980, sous le gouvernement libéral de Pierre Elliott Trudeau. La politique du multiculturalisme canadien prévoit la reconnaissance du bilinguisme et des droits des autochtones, ainsi que le respect des droits de tous les Canadiens, sans distinction fondée sur l'origine, la langue ou la religion[1].

Le concept de multiculturalisme est apparu au Canada au cours des années 1960 en opposition au concept de biculturalisme utilisé par la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme[2]. En 1971, le gouvernement fédéral adopte sa première politique sur le multiculturalisme, une première mondiale[1]. En 1973 est créé le ministère du Multiculturalisme et le Conseil canadien du multiculturalisme[2].

En 1982, la Charte canadienne des droits et libertés est incluse dans la Constitution du Canada. Celle-ci prévoit notamment que « Toute interprétation de la présente charte doit concorder avec l’objectif de promouvoir le maintien et la valorisation du patrimoine multiculturel des Canadiens. »[3]

Le , la Chambre des communes adopte la Loi sur le multiculturalisme canadien.

Le multiculturalisme canadien prône la coexistence de différentes cultures au sein du pays, par opposition à l'intégration et la constitution d'une identité commune. En ce sens, le terme « multiculturalisme canadien » est souvent utilisé par opposition à celui d'« interculturalisme québécois ».

Le multiculturalisme canadien est perçu de manière critique par plusieurs Québécois, notamment les nationalistes. Cette politique aurait pour effet de « noyer la spécificité identitaire nationale québécoise dans une différence indifférenciée, une mosaïque culturelle au sein de laquelle il n’y a plus que des minorités culturelles. »[4]

Le Rapport Bouchard-Taylor[5], rédigé par des commissaires du gouvernement québécois, définit en 2008 le multiculturalisme comme ceci : « Dans son acception la plus courante, système axé sur le respect et la promotion de la diversité ethnique dans une société. Peut conduire à l’idée que l’identité commune d’une société se définit exclusivement par référence à des principes politiques plutôt qu’à une culture, une ethnicité ou une histoire. » et l'interculturalisme comme ceci : « Politique ou modèle préconisant des rapports harmonieux entre cultures, fondés sur l’échange intensif et axés sur un mode d’intégration qui ne cherche pas à abolir les différences tout en favorisant la formation d’une identité commune. »

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Gouvernement du Canada, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté, « Le multiculturalisme canadien : une citoyenneté ouverte à tous et à toutes », sur www.cic.gc.ca (consulté le 16 décembre 2016)
  2. a et b Jean Burnet et Leo Driedger, « Multiculturalisme », L'Encyclopédie canadienne,‎ (lire en ligne)
  3. Article 27 de la Charte canadienne des droits et libertés
  4. (en) Danic Parenteau, « Critique du multiculturalisme canadien. Une synthèse récapitulative », L'Action nationale, no Mars,‎ , p. 36-46 (lire en ligne)
  5. Gérard Bouchard et Charles Taylor, Texte intégral du rapport Bouchard-Taylor (lire en ligne)