Pierre Elliott Trudeau

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Pierre Elliott Trudeau
Fonctions
15e Premier ministre du Canada
3 mars 198030 juin 1984
Monarque Elizabeth II
Gouverneur Edward Schreyer
Jeanne Sauvé
Prédécesseur Joe Clark
Successeur John Napier Turner
20 avril 19683 juin 1979
Monarque Elizabeth II
Gouverneur Roland Michener
Jules Léger
Edward Schreyer
Prédécesseur Lester Bowles Pearson
Successeur Joe Clark
Biographie
Date de naissance 18 octobre 1919
Lieu de naissance Outremont (Québec, Canada)
Date de décès 28 septembre 2000 (à 80 ans)
Lieu de décès Montréal (Québec, Canada)
Nationalité Drapeau du Canada Canadien
Parti politique Parti libéral
Conjoint Margaret Sinclair
Trudeau Kemper
Enfant(s) Justin Trudeau (1971-)
Alexandre Trudeau (1973-)
Michel Trudeau (1975-1998)
Sarah Elisabeth (née en 1991, de Deborah Coyne)
Diplômé de Université Harvard
Institut d'études politiques de Paris
London School of Economics
Université de Montréal
Profession Avocat
Professeur

Signature
Premier ministre du Canada

Pierre Elliott Trudeau, né Joseph Philippe Pierre Yves Elliotte Trudeau[1] le 18 octobre 1919 à Outremont (Québec) et mort le 28 septembre 2000 à Montréal (Québec), est un homme politique canadien. Il exerce les fonctions de Premier ministre du Canada à deux reprises : du 20 avril 1968 au 3 juin 1979, puis du 3 mars 1980 au 30 juin 1984 (à ce titre, il bénéficie du titre honorifique de très honorable)[2].

En tant que ministre de la Justice sous Lester Pearson, il met de l'avant le Bill omnibus qui légalise le divorce et décriminalise l'avortement et l'homosexualité, considérant que « l'État n'a rien à faire dans les chambres à coucher de la nation[3] ».

Alors qu'il est premier ministre, le Canada établit des relations avec la Chine communiste en 1970, puis avec Cuba en 1976. C'est également sous son mandat que la peine de mort est abolie au Canada. Chef du camp du « non » au premier référendum portant sur l'indépendance du Québec, il est le principal artisan du rapatriement de la constitution de 1982, un événement qui suscite encore aujourd'hui la controverse.

Pierre Eliott Trudeau influence fortement la politique canadienne par diverses interventions. Son caractère flamboyant et intellectuel[4] servit à rehausser la visibilité du Canada sur la scène mondiale.

Mais il est aussi un homme dont l'héritage est souvent critiqué. Au niveau économique, c'est pendant le régime Trudeau que s'est creusé le déficit des finances publiques canadiennes. Au Québec, on lui reproche son implication dans de nombreux scandales s'attaquant au mouvement indépendantiste québécois[5] tandis que son Programme énergétique national a créé un fort ressentiment dans l'ouest du Canada.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Pierre Elliott Trudeau est né le 18 octobre 1919 à Outremont sur l'île de Montréal, fils d’un entrepreneur canadien français, Joseph Charles Émile Trudeau, et d’une dame de la bourgeoisie canadienne anglaise, Grace Elliott. Il est baptisé le 20 octobre 1919 en l'église Saint-Viateur d'Outremont[1] : son parrain est Joseph Trudeau, rentier de Saint-Rémi, sa marraine est Malvina Cardinal.

Pierre Trudeau est le second d’une famille de trois enfants; Suzette née en 1918 et Charles junior en 1922. Trudeau naquit peu de temps après que son père eut fondé l’Automobile Owner’s Association : ce n’est donc pas dans l’opulence, mais dans les tensions financières et la crainte de voir la compagnie sombrer dans la faillite qu’il vit les premières années de sa vie. Il fait ses études primaires à l’académie Querbes, puis va au Collège Jean-de-Brébeuf pour ses études secondaires. Durant ces années, le réseau de stations-service Champlain, de son père, prospère jusqu’à ce qu’il le vende pour la somme de 1,4 million de dollars à l’Imperial Oil. À partir de ce moment, les Trudeau peuvent vivre dans un certain confort financier.

À cette époque, Pierre est un enfant fragile et timide, n’ayant pas encore développé la confiance en soi et l'excentricité qui feraient sa marque des années plus tard, lors de sa carrière politique. Son père savait comme il était difficile à l’époque de prospérer pour un Canadien français. Il entreprend donc de rendre son fils coriace et malin, l’incitant à pratiquer la gymnastique suédoise, la crosse, le hockey et à poser des questions embarrassantes aux adultes, afin de l’extérioriser. Pierre s’habitue au caractère exubérant de son père et se taille une place de plus en plus importante dans son univers.

En avril 1935, Charles-Émile Trudeau meurt à l’âge de 47 ans, d'une pneumonie. Pierre, alors âgé de 15 ans, en est profondément bouleversé. Il adopte alors un comportement outrancier, insolent, provoquant et imprévisible avec ses amis, sans doute pour masquer son désarroi. Avec sa famille, il reste l’adolescent poli et discret qu’il avait toujours été. Comme pour se détacher de son père, il délaisse les activités populaires qu’il pratiquait plus jeune pour se lancer dans des cours de diction et des sports solitaires.

À la sortie de Brébeuf, il s’inscrit à la faculté de droit de l’Université de Montréal. Malheureusement, il trouve les cours ennuyeux et inutiles, ce qui le conduit à dire que l’étude du droit au Québec dans les années 1940 ne mène qu’à « une vie minable parmi des gens incapables d’aligner deux idées ». Il finit toutefois ses cours et entreprend de pratiquer le droit comme stagiaire. Il se serait alors joint à la société secrète des Frères chasseurs[6],[7].

Départ du Canada[modifier | modifier le code]

Son désintérêt de la profession d'avocat conjugué au climat social déplaisant qui régnait à cette époque au Québec et la peur d'être conscrit (c’était la Seconde Guerre mondiale et la crise de la conscription) l’amènent à quitter le Canada en septembre 1944. Alors âgé de 24 ans, Trudeau décide de faire une maîtrise en économie politique à l’Université Harvard au Massachusetts. Après la guerre, il s’inscrit à l’École libre des sciences politiques de Paris. Après une année, il part en Angleterre étudier à la London School of Economics. Il y suit les cours du haut dirigeant du Parti travailliste anglais, Harold Laski, et devient grâce à ce professeur un fervent partisan des idées socialistes. Puis, ne trouvant toujours pas sa place dans la société, il entreprend un voyage autour du monde, durant lequel il traverse notamment la Chine à vélo.

Retour au Québec[modifier | modifier le code]

Trudeau revient au Québec en 1949. Maurice Duplessis était alors Premier ministre du Québec et la province s’industrialisait en dépendant des investissements américains. À son retour, une grève illégale éclate à Asbestos (les mineurs de l’amiante exigeaient de meilleures conditions de travail) et Trudeau décide d’accompagner le journaliste Gérard Pelletier, qui se rendait à Asbestos suivre les événements pour le compte du journal Le Devoir. Très rapidement, Pierre prend parti pour les manifestants par des discours virulents qui attirent l’attention du chef syndical Jean Marchand et lui valent aussi d’être brièvement détenu par la police locale. Puis, sa passion pour la politique le conduit à postuler pour un poste de fonctionnaire à Ottawa, poste qu’il obtient, devenant ainsi attaché au conseil privé pendant un an (jusqu’en 1951).

Puis, il se joint à Cité libre*, une revue attaquant Duplessis et le clergé catholique conservateur du Québec. L’auteur principal de cette revue était Gérard Pelletier, qui devient un des plus grands collaborateurs et amis de Trudeau, qui publie donc dans Cité Libre et dans le journal Le Devoir plusieurs articles suggérant des réformes sociales et une plus grande égalité. Puis, en 1956, Trudeau coordonne la publication du livre La grève de l’Amiante. Trois ans plus tard, il reçoit la médaille du président de l’Université de Western Ontario pour le meilleur essai savant de l’année : Some Obstacles to Democracy in Québec.

Septembre 1959, Duplessis meurt et, le 22 juin 1960, les libéraux provinciaux de Jean Lesage prennent le pouvoir. Trudeau devient alors professeur de droit constitutionnel à la Faculté de droit de l'Université de Montréal.

La Ligue des droits de l'homme[modifier | modifier le code]

En 1963, Pierre Trudeau, Gérard Labrosse, J. Z. Léon Patenaude et Jacques Hébert (sénateur canadien) fondent la Ligue des droits de l'homme, renommée par la suite la Ligue des droits et libertés[8].

Saut en politique[modifier | modifier le code]

Très vite, Trudeau se lance en politique fédérale en se présentant comme candidat pour le Parti libéral du Canada dirigé par Lester B. Pearson. Aux élections de 1965, il est élu député de Mont-Royal au sein d'un gouvernement libéral minoritaire. Pearson le choisit alors pour être son secrétaire parlementaire.

En 1967, toujours sous Pearson, Trudeau devient ministre de la Justice. En décembre, il dépose un projet de loi légalisant l’avortement, le divorce et l’homosexualité. En conférence de presse, il prononce, pour justifier son point de vue, une citation qui restera célèbre : « L’État n’a rien à faire dans les chambres à coucher de la nation ». En 1967, Pearson organise une conférence constitutionnelle des premiers ministres où Trudeau, en tant que ministre fédéral de la Justice, domine largement les débats, ce qui accrut sa popularité.

Candidature à la chefferie[modifier | modifier le code]

À la fin de 1967, Pearson annonce son départ de la vie politique. Trudeau pose sa candidature à la direction du Parti libéral. Il n'est pas le seul : la course voit s'affronter 10 aspirants dont les principaux sont, outre Trudeau : Mitchell Sharp (ministre des finances ), Paul Hellyer (ministre des transports), Paul Martin père (secrétaire d'état aux affaires extérieures), Robert Winters (ministre de l'industrie et du commerce) et John Turner qui, à trente-huit ans, est le plus jeune des candidats.

La convention se déroule à Ottawa du 3 au 6 avril 1968. Le dernier jour, Trudeau remporte, bien que difficilement (au 4e tour contre Robert Winters), la course à la chefferie du Parti libéral du Canada. Il devient par le fait même le quinzième premier ministre du Canada. Il est assermenté le 20 avril.

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Si on exclut un bref intermède de neuf mois pendant lequel le Canada est dirigé par un gouvernement minoritaire progressiste-conservateur mené par Joe Clark, le régime Trudeau dure 16 ans, d'avril 1968 à juin 1984. Seuls Mackenzie King et John A. Macdonald ont exercés la fonction de premier ministre plus longtemps que Pierre Elliott Trudeau.

Moins de trois mois après être devenu chef de son parti, Trudeau remporte son premier combat électoral lors du scrutin du 25 juin 1968, qui voit l'élection d'un gouvernement libéral majoritaire : 155 députés libéraux contre 72 pour le parti progressiste-conservateur de Robert Stanfield, 22 pour le Nouveau Parti démocratique dirigé par Tommy Douglas et 14 pour le Ralliement créditiste de Réal Caouette.

Les élections suivantes ont lieu le 30 octobre 1972. Cette fois, les libéraux se retrouvent à la tête d'un gouvernement minoritaire, avec seulement 109 sièges contre 107 pour les députés du parti progressiste-conservateur. La balance du pouvoir appartient aux 31 députés néo-démocrates, dont le chef est maintenant David Lewis.

Suite à un vote de non-confiance, de nouvelles élections sont déclenchées au début de l'été 1974. Au scrutin du 8 juillet, les libéraux font élire 141 députés contre 95 Progressistes-conservateurs, 16 Néo-démocrates et 11 Créditistes. Ils sont à nouveau majoritaires.

Au cours des années qui suivent, les autres partis fédéraux élisent de nouveaux chefs : Joe Clark au parti progressiste-conservateur, Ed Broadbent chez les néo-démocrates et Fabien Roy chez les créditistes. Lors des élections du 22 mai 1979, les libéraux perdent le pouvoir et c'est le parti progressiste-conservateur qui forme le gouvernement. Mais celui-ci est minoritaire (136 députés conservateurs, 114 libéraux, 26 néo-démocrates, 6 créditistes) et ne reste en poste que pendant neuf mois. Les libéraux regagnent le parlement lors des élections du 18 février 1980 et disposent d'une majorité confortable : 147 libéraux, 103 progressistes-conservateurs et 32 néo-démocrates.

En février 1984, Trudeau annonce son intention d'abandonner la vie politique. Il quitte ses fonctions quatre mois plus tard.

Trudeau et le souverainisme québécois[modifier | modifier le code]

Dès qu’il est élu premier ministre, Trudeau s’applique à faire du Canada un véritable pays pluraliste en s'inspirant grandement des politiques du Royaume-Uni en matière d'immigration et en tentant de rassembler les deux principaux peuples fondateurs du pays, parfois surnommés les deux solitudes. Un des gestes notoires qu’il fait dans cette direction est d’adopter la loi sur les langues officielles, officialisant par le fait même le caractère bilingue du Canada, en obligeant les institutions fédérales à offrir des services en anglais et en français à la grandeur du pays, tout en créant le poste de commissaire aux langues officielles. Bien qu'en apparence uniquement positives, ces deux mesures, la politique d'immigration et celle de la langue, demeurent controversées puisqu'elles ont pu servir à affaiblir le nationalisme québécois et suscitent des craintes chez les anglophones qui prônent l'unilinguisme.

Crise d'Octobre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Crise d'Octobre.

Des Québécois avaient déjà commencé à revendiquer l’indépendance de leur province dès le début des années 1960. Les plus extrémistes formèrent le Front de Libération du Québec (FLQ), un réseau promouvant la souveraineté québécoise par des actes radicaux. En octobre 1970, des membres du FLQ enlèvent le diplomate britannique James Richard Cross et le ministre provincial du travail, Pierre Laporte. Certains parmi eux seront responsables de la mort de Pierre Laporte survenue pendant sa détention. Ils confectionnent aussi des bombes artisanales qu’ils déposent dans des boîtes aux lettres de quartiers anglophones de Montréal, visant ainsi un symbole fédéraliste, la poste. À la demande du Premier ministre du Québec (Robert Bourassa) et du maire de la ville de Montréal (Jean Drapeau), Trudeau met à la disposition du gouvernement du Québec l'armée, pour appuyer les forces policières, et proclame la Loi sur les mesures de guerre[9]. La Loi sur les mesures de guerre met en suspens l'application de la Déclaration canadienne des droits de l'homme et accorde aux autorités des pouvoirs étendus dont celui de procéder à des arrestations et à des détentions préventives. Sous cette loi, les policiers procèdent à plus de 400 arrestations excessives (dont celle d'Andrée Ferretti, Pauline Julien, Gaston Miron et Gérald Godin) et injustifiées, qui ne débouchèrent sur aucune accusation, malgré une détention incommunicado de plusieurs mois dans certains cas.

Abolition de la peine de mort[modifier | modifier le code]

En 1976, le gouvernement Trudeau dépose en chambre le projet de loi C-84 abolissant la peine capitale au Canada. Le premier ministre Trudeau prononce en chambre un discours passionné à l'appui du projet, qui fut finalement adopté par 130 voix contre 124 à la mi-juillet[10].

Relations avec Cuba[modifier | modifier le code]

En 1976, Pierre Elliott Trudeau fait à Cuba l'une des premières visites d'État d'un leader occidental pendant l'embargo imposé par les États-Unis. Il apporte 4 millions de dollars d'aide canadienne et offre un prêt de 10 millions supplémentaires. Dans son discours, Trudeau déclare : « Longue vie au commandant en chef Fidel Castro. Longue vie à l'amitié cubano-canadienne. » L'amitié entre les deux hommes se poursuit après le retrait du premier ministre de ses fonctions et Trudeau se rend à de nombreuses reprises sur cette île dans les années 1980 et 1990. Castro fait le déplacement au Canada en 2000 à Montréal (Québec) pour assister à ses funérailles. Ce fut d'ailleurs l'une des très rares fois où Castro n'a pas revêtu son traditionnel uniforme militaire vert pour une fonction officielle.

Référendum de 1980[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Référendum de 1980 au Québec.

Un des adversaires les plus déterminés de Trudeau a sans aucun doute été René Lévesque. Ancien ministre libéral provincial, il fonde le Parti québécois avec lequel il remporte les élections de 1976. Le Parti québécois étant d’allégeance souverainiste, plusieurs escarmouches se déroulent entre les deux hommes lors des conférences fédérales-provinciales. René Lévesque instaure la loi 101, proclamant par le fait même le français seule langue officielle au Québec.

Le véritable affrontement arrive avec l’annonce du référendum sur la souveraineté association. Le 1er novembre 1979, le gouvernement péquiste publie son livre blanc, véritable plate-forme référendaire, et annonce la tenue d’un référendum imminent. Claude Ryan, alors chef de l’Opposition officielle à Québec et chef du Parti libéral provincial, conclut alors avec Lévesque que le fédéral ne devrait pas intervenir dans la campagne et que Ryan serait donc le chef du Non. Les libéraux provinciaux composent un document nommé Une nouvelle fédération canadienne, sur lequel ils voulaient se baser pour la campagne référendaire.

Les libéraux fédéraux, constatant les difficultés éprouvées par leurs collègues provinciaux et anticipant une victoire du Oui, viennent leur prêter main forte. Trudeau discute longuement avec Ryan et le convainc d’oublier son livre beige (surnom donné au document Une nouvelle fédération canadienne). Puis, il nomme Jean Chrétien, alors ministre de la Justice, responsable du référendum. Ce dernier crée une équipe de gestion de crise installée au Bureau des relations fédérales provinciales (BRFP). Graduellement, Chrétien prend le contrôle du camp du Non. La contre-attaque fédérale pouvait commencer.

Le camp du Non avait l’avantage de pouvoir compter sur les premiers ministres des provinces anglophones, qui affirment un à un qu’il n’était pas question que leur province ait une quelconque association économique (comme le suggérait Lévesque) avec un Québec indépendant : on le considérerait comme un pays étranger. Des ministres fédéraux interviennent aussi illégalement pendant la campagne en faveur du Non : par exemple, Monique Bégin, ministre de la Santé nationale et du Bien-être social, fait accompagner d’un inséré bilingue le chèque d’allocation familiale reçut par plusieurs familles canadiennes : « Non merci : ça se dit bien ». Un slogan qui était à double sens pour les Québécois. À la mi-avril, Trudeau profite du discours du Trône pour saboter les arguments du Oui et lancer un appel au fédéralisme. Puis, il se lance dans une tournée au Québec où il prononça trois de ses plus grands discours.

Trudeau fait son dernier discours sur le référendum le 14 mai au centre Paul Sauvé. Il y défend passionnément le fédéralisme canadien, accusant Lévesque de tromper les souverainistes et d’être illogique. Puis il se défend de l’insulte que ce dernier lui avait adressée six jours plus tôt :

« Et l’on doit aussi dire NON au mépris parce que c’est là qu’ils en sont arrivés. On m’a répété que M. Lévesque disait qu’une partie de mon nom était Elliott et que, comme Elliott est un nom anglais, il était parfaitement compréhensible que je milite du côté du Non, parce que je ne suis pas aussi québécois que ceux qui voteront Oui. Cela, mes chers amis, c’est du mépris. C'est-à-dire que les Québécois qui voteront Non ne sont pas d’aussi bons Québécois que les autres et que peut-être une ou deux gouttes de sang étranger coule dans leurs veines, alors que le sang des tenants du Oui est pur… Bien sûr, mon nom est Pierre Elliott Trudeau. Oui, Elliott, c’était le nom de ma mère, voyez-vous. C’était le nom des Elliott qui sont venus au Canada il y a plus de deux cents ans. C’est le nom des Elliott qui se sont installés à Saint-Gabriel-de-Brandon, où vous pouvez encore voir leur tombe au cimetière, il y a plus de cent ans. C’est ça, les Elliott. Mon nom est québécois, mon nom est canadien aussi, et puis c’est ça mon nom[11]. »

Trudeau conclut en annonçant qu’au lendemain de la victoire du Non, il s’engagerait à renouveler la constitution, à faire de réels changements.

« Ici, je m'adresse solennellement à tous les Canadiens des autres provinces. Nous mettons nos sièges en jeu, nous, députés du Québec, parce que nous disons aux Québécois de voter NON. Et nous vous disons à vous des autres provinces que nous n'accepterons pas ensuite que ce NON soit interprété par vous comme une indication que tout va bien puis que tout peut rester comme c'était auparavant. Nous voulons du changement, nous mettons nos sièges en jeu pour avoir du changement[12]! »

Le 20 mai 1980, s’est déroulé le référendum. 59,56 % des Québécois ont voté Non et 40,44 % Oui.

Le rapatriement de la constitution canadienne[modifier | modifier le code]

Les dirigeants des États membre du G7 de 1983 devant le capitole de Williamsburg. De gauche à droite : Pierre Trudeau, Gaston Thorn, Helmut Kohl, François Mitterrand, Ronald Reagan, Yasuhiro Nakasone, Margaret Thatcher et Amintore Fanfani.

Le 21 mai 1980, Trudeau déclare à la Chambre des communes qu’il allait rapatrier et renouveler la constitution canadienne, dont les éléments clés sont les Actes de l'Amérique du Nord britannique (A.A.N.B.). La constitution canadienne ne tient pas en un seul document; elle se compose d'un ensemble de lois et de décrets britanniques et de la Loi sur la constitution de 1982, celle-ci adoptée au Canada. Le soir même, Jean Chrétien s’envole vers les capitales provinciales pour sonder l’avis des provinces. Il ne rencontre que neuf premiers ministres puisque René Lévesque refuse de le rencontrer. Trudeau désigne Michael Kirby, un professeur d’informatique ignorant tout de la constitution, mais habile dans l’art de faire des compromis, adjoint exécutif du BRPF. Ainsi, Kirby devait seconder Chrétien.

Le 9 juin 1980, se tient à Ottawa une conférence des premiers ministres. Trudeau leur présente alors les principaux points qu’il veut incorporer à une nouvelle constitution canadienne : égalité des minorités par rapport aux anglophones, pas de statut particulier pour le Québec, plus de pouvoirs au gouvernement fédéral pour contrôler l’économie, etc. Sa proposition prévoit le rapatriement de l’A.A.N.B. actuel, un préambule, une formule d’amendement et une charte canadienne des droits et libertés. Évidemment, les provinces sont outrées que le gouvernement fédéral demande plus de pouvoirs et refusent d’emblée cette proposition. Le seul compromis auquel parviennent les deux groupes est la mise sur pied du Comité ministériel permanent sur la constitution. Ce comité se réunit quatre fois dans l’état sans apporter de résultats concrets.

En septembre 1980, Trudeau convoque à nouveau une conférence constitutionnelle des premiers ministres dans le but de les convaincre d’accepter son projet. L’Ontario et le Nouveau-Brunswick l’appuient, mais le refus des huit autres provinces rend à peu près impossible toute négociation. Trudeau annonce donc, le 2 octobre, qu’il tenterait de rapatrier la constitution unilatéralement. Ainsi, il manifestait son intention de faire voter à la Chambre des communes et au Sénat une résolution demandant au Parlement de Londres d’adopter les modifications qu’il proposait à l’A.A.N.B. Des députés réclament aussitôt la tenue d’audiences parlementaires sur le sujet. Trudeau doit donc créer la commission Hays-Joyal, ce qui ralentit beaucoup son plan, mais a au moins l’effet positif de légitimer le processus en cours et de prouver son utilité. En effet, plusieurs groupes de citoyens viennent aux audiences affirmer l’importance d’incorporer ceci ou cela à la Charte des droits et libertés, ce qui en souligne la nécessité.

Entretemps, les premiers ministres provinciaux se concertent. Ils se rencontrent d’urgence le 14 octobre. Richard Hatfield (premier ministre du Nouveau-Brunswick) et Bill Davis (premier ministre de l'Ontario) sont rapidement délaissés puisqu’ils étaient favorables à la mesure unilatérale mise de l’avant par Trudeau. Les huit autres provinces se liguent contre le projet pour former ce qu’on appelle la bande des huit. Elles conviennent d’une stratégie reposant essentiellement sur la contestation du projet fédéral devant les tribunaux et devant le gouvernement britannique.

C’est dans ce contexte qu’une délégation canadienne se rend à Londres pour exposer ses exigences au parlement. Margaret Thatcher (qui était alors Première ministre de l’Angleterre) avait précédemment assuré Trudeau de son soutien, mais l’opposition de certains députés britanniques ralentit le projet. Les provinces dissidentes en profitent pour aller à Londres rallier des députés à leur cause. Le gouvernement québécois nomme Gilles Loiselle, souverainiste convaincu, à la Québec House. Ce dernier établit une liste de députés susceptibles de s’opposer au rapatriement de la constitution et les invite à de grands banquets payés par Québec. Il va même jusqu’à divulguer des informations confidentielles à un député travailliste pour qu’il sollicite une étude de la proposition canadienne par le comité des affaires extérieures. Cela mène à la commission Kershaw, qu’on chargeait d’analyser la proposition canadienne. Les fédéraux, soutenant que seule leur proposition était bonne et que les provinces n’avaient aucune raison de la contester, la boycottent. Cette commission accorde donc naturellement son appui aux provinces, en affirmant que « Le Parlement britannique ne saurait accepter inconditionnellement la validité constitutionnelle de n’importe quelle demande émanant du Parlement canadien sans une large approbation de provinces. »

À la mi-février 1981, Jean Chrétien dépose une nouvelle version du projet gouvernemental sur la constitution, suite aux recommandations de la commission Hays-Joyal. Les modifications suggéraient entre autres des garanties plus élevées que les libertés individuelles soient respectées. Les provinces, quant à elles, fières de leur succès londonien, mettent en branle la deuxième phase de leur stratégie : la contestation devant les tribunaux. Elles choisissent trois tribunaux provinciaux pour défendre leur cause : la cour d’appel du Manitoba, la cour suprême de Terre-Neuve et la cour d’appel du Québec. C’est le Manitoba qui se prononce en premier, donnant raison au fédéral. La joie des trudeauistes est toutefois de courte durée puisque le 31 mars, la cour suprême de Terre-Neuve déclare que le gouvernement fédéral « n’était pas habilité à présenter un amendement qui affecterait directement les dispositions de l’A.A.N.B. touchant les relations fédérales-provinciales...sans avoir obtenu l’accord préalable des provinces. ». Ainsi, puisqu’un tribunal donnait raison aux provinces, bien que la cour d’appel du Québec ait elle aussi statué en faveur du fédéral peu après, le gouvernement fédéral fut contraint de demander à la Cour suprême du Canada de se prononcer sur la constitutionnalité de la proposition de rapatriement unilatéral de Trudeau.

Pendant cinq jours, de la fin avril et du début mai 1981, les juges écoutent les différents partis. Puis, il leur faut cinq mois pour rendre leur arrêt. Le 28 septembre, les juges annoncent finalement qu’à 6 voix contre 3, ils sont en faveur de la thèse des provinces que tout amendement exige leur accord substantiel (et non unanime). Toutefois, ils sont à 7 voix contre 2 d’avis qu’il était parfaitement légal d’expédier la proposition de Trudeau à Londres, bien que cela soit, selon eux, politiquement illégitime. En bref, ils avaient donné raison en partie et aux provinces et au fédéral pour les inciter à reprendre les négociations. Trudeau consent donc à organiser une ultime conférence, à tenter une dernière fois d’arriver à un accord avec la bande des huit.

Le 2 novembre 1981, s’ouvre à Ottawa une deuxième conférence constitutionnelle des premiers ministres. Cette fois-ci, les deux partis sont prêts à négocier. Par exemple, le Premier ministre de l’Ontario (qui était pour le rapatriement) consent à se départir du traditionnel droit de veto que possédaient lui et le Québec et qui était inclus dans le projet de constitution canadienne. Le lendemain, il propose aussi que les provinces acceptent la Charte des droits et libertés en échange que le fédéral accepte la formule d’amendement albertaine (qui oblige un vote unanime des provinces comme pré-requis à toute modification constitutionnelle). À sa grande surprise, Trudeau rejette cette proposition.

C’est le 4 novembre que la dynamique change réellement. En effet, Trudeau suggère aux provinces un référendum national sur le rapatriement de la constitution (chose à laquelle les provinces s’étaient toujours opposées) et René Lévesque accepte. Il fallut quelques heures aux péquistes pour se rendre compte de l’erreur monumentale que leur chef avait commise. Ce dernier avait contrevenu à une règle primordiale de la bande des huit : se consulter avant de changer de position. Pour les 7 autres provinces dissidentes, ce fut comme si Lévesque avait conclu un accord avec Trudeau et elles aussi s'empressèrent de parlementer avec le fédéral de peur d’être mises de côté lors d’une éventuelle entente.

Chrétien prépare une nouvelle proposition qui inclut la formule d’amendement de l’Alberta, la possibilité pour les provinces de se retirer d’un programme fédéral pour le remplacer par un programme provincial, mais sans compensation financière d’Ottawa et le droit à l’éducation dans leur langue aux minorités. Des fonctionnaires de toutes les délégations sauf celle du Québec se rencontrent dans la suite de la Saskatchewan pour marchander sur certains points de la proposition de Chrétien. Ils se mettent tous d’accord et Trudeau, bien que réticent au début, consent à donner son accord lorsque Davis l’appelle pour lui annoncer les propositions sur lesquelles se sont mises d’accord les provinces. À Hull, où séjourne la délégation québécoise, on savait que quelque chose se tramait à Ottawa, mais les fonctionnaires n’en glissent pas un mot à René Lévesque. Dans la nuit du 6 au 7 novembre 1981, les premiers ministres des provinces anglophones s'entendent en l'absence de Lévesque sur une proposition fédérale. Le 7, tous les premiers ministres sauf Lévesque ratifient la proposition de Chrétien. La délégation québécoise rentre chez elle, se sentant trahie par les agissements des autres provinces lors de la soirée précédente, qu’on ne tarde pas à appeler la nuit des longs couteaux.

Retraite[modifier | modifier le code]

Trudeau annonce son imminent retrait de la vie politique au début de l'année 1984. Cependant, il tend à s'accrocher au pouvoir qu'il lui reste. De plus, avant de quitter son poste de Premier ministre, il nomme à plusieurs postes clefs un grand nombre de libéraux fidèles à sa cause.

Trudeau quitte officiellement la politique le 30 juin 1984. Il retourne ainsi à Montréal, sa ville natale, et se consacre à la pratique du droit pour diverses compagnies privées. De plus, il voyage un peu partout dans le monde, comme il le fit toute sa vie.

En 1987, lorsque le Premier ministre du Canada, Brian Mulroney, présente aux Canadiens l'Accord constitutionnel du lac Meech, Trudeau reprend la parole sur la place publique. Il critique avec véhémence cet accord qui, selon lui, « rendrait le Canada complètement impotent ». Il en fera de même lors du référendum sur l'Accord constitutionnel de Charlottetown, en 1992.

Pierre Elliott Trudeau doit cependant se taire et demeurer complètement absent lors du second référendum sur l'indépendance du Québec tenu le 30 octobre 1995. Si, lors de la signature des deux accords précités, il avait réussi avec de puissants discours à influencer l'opinion publique du Canada, cette fois-ci, en toute logique, une majorité fédéraliste considère qu'il ne pouvait qu'enflammer le débat au Québec et peut-être même favoriser l'option souverainiste.

Mort[modifier | modifier le code]

Pierre Elliott Trudeau meurt le 28 septembre 2000. Il souffrait notamment du cancer de la prostate et de la maladie de Parkinson[13],[14].

Son cercueil était drapé dans le drapeau du Canada au long de son périple jusqu'à la Colline du Parlement du 30 septembre au 1er octobre, et le jour suivant à l'hôtel de ville de Montréal. Le 3 octobre, des funérailles d'État sont tenues à la Basilique Notre-Dame à Montréal.

Héritage[modifier | modifier le code]

Le legs de Pierre Elliott Trudeau fait l'objet d'évaluations variant grandement selon les convictions politiques de leurs auteurs. De forts ressentiments subsistent à son égard surtout au Québec et dans l'Ouest canadien. Dans l'Ouest, on considérait sa politique comme trop favorable envers l'Ontario, le Québec et les nationalistes québécois ; on ne lui a pas non plus pardonné son Programme énergétique national, qu'on accuse d'avoir ruiné l'économie florissante de l'Ouest dans les années 1970.

Dans l'Est, de nombreux nationalistes québécois désapprouvent fortement l'homme quant à ses politiques de répression face au mouvement souverainiste. De même, de nombreux fédéralistes (dont Claude Ryan) et souverainistes (dont René Lévesque) désapprouvent la redéfinition de la Confédération de 1867 que mena Trudeau en 1982 avec les provinces à majorité anglophone, sans l'accord du gouvernement du Québec.

Le programme énergétique national[modifier | modifier le code]

En 1980, il donne son accord à la mise en place du Programme énergétique national destiné entre autres à promouvoir l'autosuffisance pétrolière du Canada tout en favorisant des bas prix. Ce programme comprend également la nationalisation des actifs canadiens de cinq entreprises pétrolières dont Gulf, British Petroleum et Fina. L'entreprise, fondée sous le nom de Pétro-Canada, permet au gouvernement d'avoir un pied dans le secteur pétrolier. Pétro-Canada sera en bonne partie privatisée à la fin des années 1990. Ce programme modifie sensiblement le marché du pétrole au Canada, et crée des conditions qui défavorisent financièrement l'Ouest canadien, qui profitait des retombées du pétrole, au profit des provinces consommatrices.

Effet sur le plan international[modifier | modifier le code]

Concernant la politique internationale, Trudeau laisse la « troisième voie » comme héritage, c'est-à-dire la diversification des partenaires afin d'échapper à l'« impérialisme américain ». Trudeau visite Cuba, au grand dam des États-Unis, et il est le premier dirigeant nord-américain à renouer les relations avec la Chine. Son arrogance envers le président Nixon l'a également fortement caractérisé à travers le monde[réf. nécessaire].

Hommages et distinctions[modifier | modifier le code]

Après sa mort, Jean Chrétien, devenu premier ministre, renomme l'aéroport international de Montréal-Dorval en aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal en son honneur. Cette décision fit sourciller un très grand nombre de Québécois parce que Trudeau s'était fait le promoteur enthousiaste de la construction d'un deuxième aéroport international montréalais, l'aéroport international Montréal-Mirabel. Sous le gouvernement Trudeau, un grand nombre d'agriculteurs avaient été expropriés pour construire cet aéroport, qui fermait en 2004 faute de trafic suffisant. Une rue ainsi qu'un parc de Montréal portent aussi son nom.

En Allemagne, une école bilingue doublée d'un collège bilingue a été baptisée de son nom à Magdeburg (Saxe-Anhalt).

À Winnipeg, au Manitoba, se trouve le Collège Pierre-Elliot-Trudeau, école secondaire d'immersion française[15]. À Gatineau, au Québec, se trouve la Pierre Elliott Trudeau School, une école primaire anglaise. À Ottawa, en Ontario, se trouve l'École élémentaire catholique Pierre-Elliott-Trudeau.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Pierre Elliott Trudeau fut :

Dans les arts[modifier | modifier le code]

  • Trudeau 1:Pierre Elliott, série télévisée en 2004
  • Trudeau 2, deuxième série télévisée en quatre épisodes en 2002
  • Pierre Elliott Trudeau – Mémoires, documentaire en cinq épisodes.

En 2002 et 2004, son rôle est interprété par trois comédiens dans les deux séries télévisées:Tobie Pelletier (jeune aldulte) et Stéphane Demers dans Trudeau 1:Pierre Elliott Trudeau, ainsi que Colm Feore dans la deuxième saison de Trudeau.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Extrait du registre des baptêmes (1919) de l'église Saint-Viateur d'Outremont : Baptême 46 - Joseph Philippe Pierre Yves Trudeau. Le vingt octobre mil neuf cent dix-neuf, nous, prêtre soussigné, avons baptisé Joseph Philippe Pierre Yves Elliotte né le dix-huit, fils légitime de Joseph Charles Émile Trudeau, avocat qui a signé, et de Grace Elliott de cette paroisse. Le parrain a été Joseph Trudeau, rentier de Saint-Rémi qui a signé, et la marraine Malvina Cardinal qui a signé. Lecture faite. Signé : Malvina Cardinal ; E. Trudeau ; J. Chs. Trudeau ; J.A. Perrault, prêtre, C.S.V.
  2. Le Premier ministre du Canada reçoit, à vie, la désignation traditionnelle de « très honorable », au Royaume-Uni, au Canada et dans d'autres Royaumes du Commonwealth.
  3. « Le « bill omnibus », un débat de société », archives.radio-canada.ca, 1967-1968
  4. Voir par exemple Le prince (p. 20) : « Trudeau est un personnage, un artiste, un comédien qui a besoin, pour donner toute sa mesure, d'un public à qui, en échange, il fournit ce qui lui manque. » Et (p. 49) : « Mais comme personne ne pouvait rivaliser avec Trudeau pour la vivacité intellectuelle et encore moins pour l'habileté dialectique, il n'y avait donc personne pour l'inciter à prendre un ton plus modéré. »
  5. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2013/04/30/003-constitution-rapatriement-cour-supreme-controverse-chronologie.shtml
  6. (en) selon Esther Delisle, dans la revue Barricades
  7. La société des Frères chasseurs
  8. Lucie Laurin, Des luttes et des droits. Antécédents et histoire de la Ligue des droits de l’homme de 1936 à 1975, Montréal, Éditions du Méridien, 1985
  9. [vidéo] Application de la Loi sur les mesures de guerre (octobre 1970, au Québec). sur YouTube
  10. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Dossiers/peinedemort/contenu_bas_03a.asp
  11. Allocution du Centre Paul Sauvé, Montréal (Québec), 14 mai 1980. http://www.collectionscanada.gc.ca/premiersministres/h4-4083-f.html
  12. http://www.collectionscanada.gc.ca/premiersministres/h4-4083-f.html
  13. http://www.nytimes.com/learning/general/onthisday/bday/1018.html
  14. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2009/12/16/018-RDI-15-mort-Trudeau.shtml
  15. Site du Collège Pierre-Elliott-Trudeau

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Stephen Clarkson, Christina McCall (trad. Claire Dupond, Michel Euvrard et Jacques Vaillancourt), Trudeau [« Trudeau and Our Times »], vol. 1 : L'homme, l'utopie, l'histoire, Montréal, Boréal,‎ 1990, 479 p. (ISBN 978-2890523562)
  • Stephen Clarkson, Christina McCall (trad. Hervé Juste), Trudeau [« Trudeau and Our Times »], vol. 2 : L'illusion héroïque, Montréal, Boréal,‎ 1995, 526 p. (ISBN 2890526739)
  • Encyclopédie Canada 2000, Montréal, Stanké, 2000, 1 vol., p. 2534-2535.
  • Max et Monique Nemni, Trudeau, fils du Québec, père du Canada, vol. 1 : Les années de jeunesse : 1919-1944, Montréal, Éditions de l'Homme,‎ 2006, 444 p. (ISBN 2761921348, présentation en ligne)
  • Simard, François-Xavier. Le vrai visage de Pierre Elliot Trudeau, éd. Les Intouchables, 2006,
  • Richard Gwyn (trad. Claire Dupond), Le prince [« The Northern Magus »], Montréal, Éditions France-Amérique,‎ 1981, 481 p. (ISBN 2-89001-111-9)
  • Marguerite Paulin, Pierre Elliott Trudeau. Adulé et honni, Montréal, Éditions XYZ, coll. « Les grandes figures »,‎ 2010, 150 p. (ISBN 978-2-89261-579-1)
  • Pierre Vallières, Les Scorpions associés, Montréal, Éditions Québec-Amérique, 1978, 156 p. Note: Les "scorpions" du titre sont Pierre Elliott Trudeau (et le fédéralisme pan-canadien) et René Lévesque (et les espérances souvreignistes du Québec). ISBN 0-88552-046-7

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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