Union nationale (Québec)

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Union nationale
Parti provincial défunt
Logo du Union nationale


Caractéristiques
Idéologie Autonomisme
Nationalisme québécois
Anticommunisme
Conservatisme fiscal
Couleurs Bleu
Historique
Fondation 1935
Dissolution 1989
Personnalités marquantes Maurice Duplessis, Daniel Johnson (père)
Candidat
Élu
Opp.
Gouv.
Oui Oui Oui Oui


L'Union nationale était un parti politique québécois de centre droit.

Fondée en 1935 à la suite de la fusion du Parti conservateur du Québec et de l'Action libérale nationale, l'Union nationale a été un parti politique majeur, de sa fondation jusqu'aux années 1970.

Tout au long de son existence, l'Union nationale a été caractérisée par un programme politique mettant en valeur l'aspect traditionnel, rural, catholique et francophone du Québec.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'Union nationale est intimement liée à la figure de Maurice Duplessis. Chef historique du parti, Duplessis fut premier ministre du au , et du jusqu'à sa mort, le .

Le 10 septembre de la même année, Paul Sauvé lui succéda à titre de chef du parti et de premier ministre, mais mourut moins de quatre mois plus tard, le . Antonio Barrette, troisième premier ministre de l'Union nationale, fut assermenté le , mais fut battu par le Parti libéral de Jean Lesage, le .

Daniel Johnson père succéda à Antonio Barrette comme chef du parti le . Johnson devint premier ministre lors des élections générales du 5 juin 1966, jusqu'à sa mort, à Manic 5, le . Jean-Jacques Bertrand lui succéda le 2 octobre suivant. Ce dernier fit adopter la Loi concernant le Conseil législatif le 18 décembre 1968, ce qui modifiait la loi provinciale sur la législature qui passait d'une législature bicamérale à une législature composée d'une seule chambre dénommée Assemblée nationale du Québec. À la suite de l'adoption de cette loi tous les conseillers législatifs démissionnèrent. Le 23 octobre 1969 était déposé le projet de loi 63 intitulé Loi pour promouvoir la langue française au Québec , loi qui donnait aussi aux parents le libre choix de la langue d'enseignement. Ce projet de loi fut combattu vigoureusement. C'est notamment dans ce contexte que l'Union nationale fut battue lors des élections générales du 29 avril 1970.

En 1971, Gabriel Loubier succéda à Jean-Jacques Bertrand comme chef, et changea le nom du parti pour Unité Québec, jusqu'en janvier 1973. Aux élections générales d'octobre de la même année, l'Union nationale ne put faire élire aucun député. Toutefois, à l'élection partielle de 1974 dans le comté de Johnson, Maurice Bellemare réussit à se faire élire. Le parti connut aussi un modeste retour à la vie aux élections de novembre 1976, alors que Rodrigue Biron, élu chef en mai, recueillit 18 % du vote et fit élire 11 députés. Biron se fit élire député du parti québécois en avril 1981

Aux élections suivantes, le parti ne fit pas élire de députés et reçut que 4 % des votes, malgré le fait que son nouveau chef était l'ancien ministre progressiste-conservateur, Roch La Salle. Par la suite, le parti ne fit jamais plus élire de députés. Le dernier candidat officiel de l'Union nationale fût Michel Lebrun, candidat dans la circonscription d'Anjou à l'élection partielle du 20 juin 1988.

Un an plus tard, le 19 juin 1989, l'Union nationale s'est vu retirer son autorisation, par le Directeur général des élections du Québec parce que le parti était incapable de payer ses dettes dont la majeure partie était composée de prêts effectués par des membres ou ex-membres du parti. À la suite de ce retrait, une contestation juridique a été entreprise en Cour supérieure du Québec par le chef intérimaire du parti Michel Lebrun. Le recours n'a pas réussi mais la juge Thérèse Rousseau-Houle a alors déclaré que « Le retrait d'autorisation n'empêche pas le maintien de l'association qu'est le parti Union nationale. Les membres de cette association peuvent toujours promouvoir la cause commune qui les lie. »[1]

Quelques années plus tard, en 1992, Raymond Martin fonda le Parti Renaissance qui se voulait une continuation de l'Union nationale sur la scène électorale. Le Parti Renaissance n'a jamais vraiment réussi à se faire une place dans le paysage politique, malgré un score acceptable dans une élection partielle dans Portneuf.

Le fonds d’archives Union nationale est conservé au centre d’archives de Québec de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec[2].

Idéologie[modifier | modifier le code]

Le parti été caractérisé par ses orientations conservatrices sur le plan social et fiscal, et nationalistes sur le plan identitaire et constitutionnel. Ces positions prenaient racine dans le concept d'autonomie provinciale; une attitude traditionnellement assumée par une importante partie de la tradition politique canadienne-française. L'autonomie provinciale défendue par les chefs de l'Union nationale visait à accroître les droits de la province de Québec face au gouvernement fédéral tout en défendant le caractère unique et distinctif de l'identité québécoise au sein de la confédération canadienne[3]. Celle-ci s'est manifestée notamment, sous le règne de Maurice Duplessis, par l'opposition à la conscription lors de la Seconde Guerre mondiale, par l'adoption du fleurdelysé comme drapeau national du Québec en 1948[4], par la création d'un ministère des Transports et des Communications du Québec[5], ainsi que par la création d'une structure fiscale propre au Québec, en premier temps en 1947 avec la création d'un impôt sur les corporations puis en 1954 avec la création d'un impôt sur le revenu des particuliers[6].

Même si la posture de l'Union nationale était résolument nationaliste, le parti était aussi fédéraliste[7]. Bien que certains de ses chefs envisagèrent l'idée de la souveraineté du Québec (Duplessis, Johnson et Biron), aucun n'a pu, ou n'a voulu, se rendre jusqu'au bout de cette démarche.

Au niveau économique, ce parti était contre l'intervention de l'État et favorisait l'investissement étranger afin de développer les régions grâce à l'exploitation des ressources naturelles du Québec.

Ce parti a eu des députés à l'Assemblée législative du Québec de 1935 à 1968, puis à l'Assemblée nationale du Québec, de 1969 à 1973, puis de 1974 à 1981.

Son nom est traditionnellement associé à la figure du premier ministre Maurice Duplessis. Après 1960, ce parti a été intimement relié à l'idée de la Grande noirceur.

Chefs[modifier | modifier le code]

Nom Chef Premier ministre
Maurice Duplessis 1935 - 1959 1936 - 1939, 1944 - 1959
Paul Sauvé 1959 - 1960 1959 - 1960
Antonio Barrette 1960 - 1961 1960
Yves Prévost 1961[note 1]
Antonio Talbot 1961[note 1]
Daniel Johnson (père) 1961 - 1968 1966 - 1968
Jean-Jacques Bertrand 1968 - 1971 1968 - 1970
Gabriel Loubier 1971 - 1974
Maurice Bellemare 1974 - 1976[note 1]
Rodrigue Biron 1976 - 1980
Michel Le Moignan 1980 - 1981[note 1]
Roch La Salle 1981 - 1982
Jean-Marc Béliveau 1982 - 1985
Maurice Bouillon 1985
André Léveillé[8] 1985 - 1986
Michel Lebrun 1986 - 1989[note 1]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Les membres de ce parti étaient appelés « unionistes ». Plus tard, leurs adversaires les surnommèrent les « vieux Bleus ».

  1. a, b, c, d et e Par intérim

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jugement de la Cour supérieure du Québec dans la Cause #200-05-001968-895, p. 25
  2. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, « Fonds Union nationale (P555) » (consulté le 10 février 2014)
  3. « L'autonomie n'est rien autre chose que la souveraineté interne d'un état par opposition à la souveraineté externe ou internationale. C'est le droit pour chaque province de se gouverner comme elle l'entend, d'édicter par l'entremise de sa propre législature, dans les limites fixées par la Constitution, les lois qui conviennent le mieux à sa culture, à ses traditions, à ses aspirations. En un mot, comme le disait l'Honorable [Maurice Duplessis] Premier Ministre de cette province au banquet qui lui fut offert à Québec, c'est le droit d'être maître chez soi ». L. Émery Beaulieu, L'Autonomie Provinciale, causerie prononcée à la radio, 1948
  4. En comparaison, l'unifolié ne devint le drapeau national canadien qu'en février 1965.
  5. « En créant un ministère distinct, on donne une importance accrue à la question du transport. C'est aussi une affirmation positive des droits de la province. Depuis quelque temps, il y a eu des velléités de la part du gouvernement fédéral d'entrer dans ce domaine que considérons exclusif aux provinces ». Le Devoir, 26 novembre 1952, p. 5. Il faudra attendre le 30 juin 1954 pour assister à l'assermentation du premier ministre titulaire des Transports et Communications : Antoine Rivard.
  6. Dans le cas de cette dernière mesure, le Québec prenait ainsi position face à Ottawa qui souhaitait que le Québec signe les accords fiscaux de 1947, lesquels, faisant écho aux recommandations du rapport de la Commission Rowell-Sirois, octroyaient au gouvernement fédéral la totalité du prélèvement des impôts particuliers en territoire canadien
  7. « Les relations fédérales-provinciales sont, en effet, l'aboutissement d'une longue histoire et on ne peut en comprendre le sens véritable qu'en connaissant cette histoire. Ce qu'on peut dire de Duplessis, à qui on peut reprocher bien des faiblesses intellectuelles notamment en matière sociale, c'est qu'il la connaissait bien l'histoire, et en particulier dans sa portée juridique constitutionnelle. Sa réaction était en fonction de ce qu'elle signifiait. Il n'était pas « séparatiste » ; mais il n'était pas non plus souple sur les questions de droit impliquant une réinterprétation ou adaptation des clauses protectrices des droits du Québec. À une conférence fédérale-provinciale où le procureur-général du Manitoba avait déclaré que le Québec était un obstacle au progrès du Canada, Maurice Duplessis avait rétorqué froidement : ' Si l'on considère la présence du Québec au sein de la Confédération comme un obstacle, nous sommes prêts à nous retirer ' ». François-Albert Angers, “Les relations fédérales-provinciales sous le régime Duplessis”, Duplessis. Entre la grande noirceur et la société libérale, p. 231-243. Montréal: Les Éditions Québec/Amérique, 1997
  8. André Léveillé, sur le site de l'Assemblée nationale du Québec