Union nationale (Québec)

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Union nationale
Parti provincial défunt
Logo du Union nationale


Caractéristiques
Idéologie Autonomisme
Conservatisme
Anticommunisme
Libéralisme économique
Couleurs Bleu
Historique
Fondation 1935
Dissolution 1989
Personnalités marquantes Maurice Duplessis, Daniel Johnson (père)


L'Union nationale était un parti politique ayant œuvré sur la scène politique du Québec de 1935 à 1989. Fondé en 1935 par la fusion du Parti conservateur du Québec et de l'Action libérale nationale, l'Union nationale a été un parti nationaliste, conservateur, mettant en valeur l'aspect traditionnel, rural, catholique et francophone du Québec.

Les membres de ce parti étaient appelés « unionistes ». Plus tard, leurs adversaires les surnommèrent les « vieux Bleus ».

L'Union nationale était très nationaliste et très autonomiste.[réf. nécessaire] On doit notamment à Maurice Duplessis l'adoption du fleurdelysé comme drapeau national du Québec en 1948. En comparaison, l'unifolié ne devint le drapeau national canadien qu'en février 1965. Il dota également le Québec de sa propre structure fiscale avec son propre impôt, tenant tête à Ottawa qui souhaitait que le Québec signe les accords fiscaux de 1947, lesquels, faisant écho aux recommandations du rapport de la Commission Rowell-Sirois, octroyaient au fédéral la totalité du prélèvement des impôts particuliers en territoire canadien.

Malgré sa nature nationaliste, prônant l'autonomie des provinces, l'Union nationale est restée un parti fédéraliste. Bien que certains de ses chefs envisagèrent l'idée de la souveraineté du Québec (Duplessis, Johnson et Biron), aucun n'a pu, ou n'a voulu, se rendre jusqu'au bout de cette démarche.

Au niveau économique, ce parti était contre l'intervention de l'État et favorisait l'investissement étranger afin de développer les régions grâce à l'exploitation des ressources naturelles du Québec.

Ce parti a eu des députés à l'Assemblée législative du Québec de 1935 à 1968, puis à l'Assemblée nationale du Québec, de 1969 à 1973, puis de 1974 à 1981.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le « Chef » historique du parti, Maurice Duplessis, fut premier ministre du au , et du jusqu'à sa mort, survenue à Schefferville, le .

Le 10 septembre de la même année, Paul Sauvé lui succéda à titre de chef du parti et de premier ministre, mais mourut moins de quatre mois plus tard, le . Antonio Barrette, troisième premier ministre de l'Union nationale, fut assermenté le , mais fut battu par le Parti libéral de Jean Lesage, le .

Daniel Johnson père succéda à Antonio Barrette comme chef du parti le . Johnson devint premier ministre lors des élections générales du 5 juin 1966, jusqu'à sa mort, à Manic 5, le . Jean-Jacques Bertrand lui succéda le 2 octobre suivant. Ce dernier fit adopter la Loi concernant le Conseil législatif le 18 décembre 1968, ce qui modifiait la loi provinciale sur la législature qui passait d'une législature bicamérale à une législature composée d'une seule chambre dénommée Assemblée nationale du Québec. À la suite de l'adoption de cette loi tous les conseillers législatifs démissionnèrent. Le 23 octobre 1969 était déposé le projet de loi 63 intitulé Loi pour promouvoir la langue française au Québec , loi qui donnait aussi aux parents le libre choix de la langue d'enseignement. Ce projet de loi fut combattu vigoureusement. C'est notamment dans ce contexte que l'Union nationale fut battue lors des élections générales du 29 avril 1970.

En 1971, Gabriel Loubier succéda à Jean-Jacques Bertrand comme chef, et changea le nom du parti pour Unité Québec, jusqu'en janvier 1973. Aux élections générales d'octobre de la même année, l'Union nationale ne put faire élire aucun député. Toutefois, à l'élection partielle de 1974 dans le comté de Johnson, Maurice Bellemare réussit à se faire élire. Le parti connut aussi un modeste retour à la vie aux élections de novembre 1976, alors que Rodrigue Biron, élu chef en mai, recueillit 18 % du vote et fit élire 11 députés. Biron se fit élire député du parti québécois en avril 1981

Aux élections suivantes, le parti ne fit pas élire de députés et reçut que 4 % des votes, malgré le fait que son nouveau chef était l'ancien ministre progressiste-conservateur, Roch La Salle. Par la suite, le parti ne fit jamais plus élire de députés. Le dernier candidat officiel de l'Union nationale fût Michel Lebrun, candidat dans la circonscription d'Anjou à l'élection partielle du 20 juin 1988.

Un an plus tard, le 19 juin 1989, l'Union nationale s'est vu retirer son autorisation, par le Directeur général des élections du Québec parce que le parti était incapable de payer ses dettes dont la majeure partie était composée de prêts effectués par des membres ou ex-membres du parti. À la suite de ce retrait, une contestation juridique a été entreprise en Cour supérieure du Québec par le chef intérimaire du parti Michel Lebrun. Le recours n'a pas réussi mais la juge Thérèse Rousseau-Houle a alors déclaré que « Le retrait d'autorisation n'empêche pas le maintien de l'association qu'est le parti Union nationale. Les membres de cette association peuvent toujours promouvoir la cause commune qui les lie. »[1]

Quelques années plus tard, en 1992, Raymond Martin fonda le Parti Renaissance qui se voulait une continuation de l'Union nationale sur la scène électorale. Le Parti Renaissance n'a jamais vraiment réussi à se faire une place dans le paysage politique, malgré un score acceptable dans une élection partielle dans Portneuf.

Le fonds d’archives Union nationale est conservé au centre d’archives de Québec de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec[2].

Chefs[modifier | modifier le code]

Nom Chef Premier ministre
Maurice Duplessis 1935 - 1959 1936 - 1939, 1944 - 1959
Paul Sauvé 1959 - 1960 1959 - 1960
Antonio Barrette 1960 - 1961 1960
Yves Prévost 1961[note 1]
Antonio Talbot 1961[note 1]
Daniel Johnson (père) 1961 - 1968 1966 - 1968
Jean-Jacques Bertrand 1968 - 1971 1968 - 1970
Gabriel Loubier 1971 - 1974
Maurice Bellemare 1974 - 1976[note 1]
Rodrigue Biron 1976 - 1980
Michel Le Moignan 1980 - 1981[note 1]
Roch La Salle 1981 - 1982
Jean-Marc Béliveau 1982 - 1985
Maurice Bouillon 1985
André Léveillé[3] 1985 - 1986
Michel Lebrun 1986 - 1989[note 1]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Par intérim

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jugement de la Cour supérieure du Québec dans la Cause #200-05-001968-895, p. 25
  2. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, « Fonds Union nationale (P555) » (consulté le 10 février 2014)
  3. André Léveillé, sur le site de l'Assemblée nationale du Québec