Fort de Tavannes

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Fort de Tavannes
L'entrée du fort, à l'abandon.
L'entrée du fort, à l'abandon.
Description
Type d'ouvrage fort à cavalier
Dates de construction de décembre 1874 à 1877
Ceinture fortifiée place forte de Verdun
Utilisation fort de ceinture
Utilisation actuelle à l'abandon
Propriété actuelle État
Garnison 757 hommes et 4 officiers (en 1877)
Armement de rempart 24 canons
Armement de flanquement 10 pièces
Organe cuirassé néant
Modernisation béton spécial 1889-1890 (casernement nord)
Programme 1900
Dates de restructuration non réalisée
Tourelles -
Casemate de Bourges -
Observatoire -
Garnison 155 hommes
Programme complémentaire 1908 non réalisé
Coordonnées 49° 10′ 53″ nord, 5° 27′ 48″ est

Géolocalisation sur la carte : Meuse

(Voir situation sur carte : Meuse)
Fort de Tavannes

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Fort de Tavannes

Le fort de Tavannes, appelé brièvement fort Mouton, est une fortification faisant partie de la place forte de Verdun, situé nord-est, sur le territoire de la commune d'Eix, dans la Meuse.

Historique[modifier | modifier le code]

Il n'y a pas de village ou hameau du nom de Tavannes. Ce fort, initialement désigné « fort brûlé » ou encore « fort du Bois-Brûlé », sera ainsi appelé en mémoire du maréchal de Tavannes qui fut le premier gouverneur de Verdun en 1592. D'ailleurs, certains éléments proches, fontaine, chapelle ou encore le tunnel prendront le même nom.

Tavannes fut le premier chantier de la ceinture de forts détachés de Verdun, les premiers coups de pioches remontent à décembre 1874. Après la guerre franco-allemande de 1870, les Allemands occupent Verdun jusqu'en septembre 1873. La loi du autorise la construction du fort, en première urgence[1]. Il s'agit du premier fort détaché devant protéger Verdun, mais dès l'hiver 1874-1875 six redoutes, dites « de la panique », sont aménagées en terrassement.

Par le décret du , le ministre de la Guerre Georges Boulanger renomme tous les forts, batteries et casernes avec les noms d'anciens chefs militaires[2]. Pour le fort de Tavannes, son « nom Boulanger » est en référence au général d'Empire Georges Mouton. Le nouveau nom est gravé au fronton de l'entrée. Dès le , le successeur de Boulanger au ministère, Théophile Ferron, abroge le décret[3]. Le fort reprend officiellement son nom précédent, tout en gardant le nom Boulanger à son fronton.

Georges Mouton, comte de Lobau, né à Phalsbourg le , mort à Paris le . Général sous le Premier Empire, il participa aux batailles d'Iéna, Friedland, Essling, Wagram, fit la campagne de Russie et fut prisonnier en protégeant la retraite après Waterloo. Napoléon dira de lui « Mon Mouton est un lion » ; maréchal de France en 1831.

Description[modifier | modifier le code]

Le fort est aménagé à 370 m d'altitude, sur un des sommets des hauts de Meuse dominant la route d'Étain (D603, qui passe au sud), juste à côté des deux accès au tunnel de Tavannes (dans lequel passe la voie ferrée de Verdun à Hagondange) et avec des vues sur la Woëvre.

C'est un fort Séré de Rivières de première génération, de forme polygonal, prévu pour une garnison de 761 hommes et 39 pièces d'artillerie. Le fort a été construit en maçonnerie de moellons, le tout recouvert de terre, mais la partie nord de la caserne a été renforcée par une carapace de béton de 2,5 m (avec une couche de sable intercalée)[4].

Ce fort était, avant les combats, un des plus intéressants de la place. Il est intéressant de l'analyser car, si le tracé polygonal est bel et bien adopté, l'organisation intérieure apparaît non pas anarchique, mais avec une symétrie manifestement recherchée de part et d'autre de la capitale, avec pourtant un résultat mitigé. Tavannes est un fort assez vaste, affectant la forme d'un large pentagone à gorge rentrante. La disposition de la défense rapprochée est celle de la plupart des ouvrages de cette forme qui seront érigés ultérieurement, avec un aileron aux saillants extérieures (II t IV) et une caponnière double au saillant de tête (III). Chaque saillant, sauf le III, comprenait une bonnette d'infanterie et un chemin couvert avec parapet maçonné épousait les contours du front de tête à une trentaine de mètres en avant du front. L'entrée se situe au centre d'une courtine assez large car le pont dormant s'appuie sur quatre piles avant d'être prolongé par le tablier d'un pont-levis à bascule en dessous, du modèle Tripier.

En fait, l'usage du mode imparfait s'impose tant les lieux sont bouleversés. La bataille, le temps et les intempéries aussi, bien entendu, mais encore, et c'est moins connu, le cinéaste Léon Poirier qui en 1927, pour les besoins de son film devenu culte Verdun vision d'histoire, utilisa force explosifs pour littéralement achever, notamment, ce qui restait de l'escarpe au niveau de l'entrée. Poirier utilisa cette entrée, demeurée vaillante, pour représenter les premiers bombardements du fort de Vaux, en se référant à une photo arienne datée du 30 octobre 1918 ainsi qu'à une inspection des lieux, on peut même attribuer les dommages pour 3/5 aux, excusez du peu, quelque 30 000 à 40 000 obus, deux quelques dizaines de 380 et 420 mm, reçus par le fort et ses environs entre février et octobre 1916, pour un autre cinquième aux outrages du temps et pour le dernier cinquième aux mutilations pour le film. En ce 30 octobre 1918, hormis des dessus parsemés de petits cratères et un impact plus important en plein sur la capitale à une dizaine de mètres en arrière du porche d'entrée, la courtine semble intacte. Certes, le pont dormant a été remplacé par une butte de terre, certes un second accès a été ménagé à droite de la courtine, certes ici et là l'escarpe montre quelques effondrements consécutifs à des coups directs de gros calibres, certes les emplacements d'artillerie à ciel ouvert sont bouleversés, mais les fossés sont encore vaillants, les caponnières nullement défoncées (celle du saillant II est hors cadre) spectacle apocalyptique comparable à celui du fort de Souville[5].

État actuel[modifier | modifier le code]

À l'abandon.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Hohnadel et Philippe Bestetti, La Bataille des forts : Metz et Verdun de 1865 à 1918, Bayeux, éditions Heimdal, , 80 p. (ISBN 2-84048-087-5), p. 32-33.
  2. Note no 5285 le du ministre de la Guerre Boulanger aux généraux commandant les régions militaires ; décret présidentiel du pour les nouvelles dénominations des forts, batteries et casernes sur proposition du ministre de la guerre, M. le général Boulanger.
  3. Lettre no 14980 bis le de M. le ministre de la Guerre, M. le général Ferron, abrogeant le décret présidentiel du 21 janvier.
  4. Julie et Cédric Vaubourg, « Fort Tavannes ou fort Mouton », sur http://fortiffsere.fr/.
  5. Marco Frijns, Luc Malchair, Jean-Jacques Moulins et Jean Puelinckx, Index de la fortification française 1874 - 1914, Edition Autoédition, , 832 p. (ISBN 978-2-9600829-0-6), p. 295 et 516-517.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]