Fort d'Uxegney

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Fort d'Uxegney
image illustrative de l’article Fort d'Uxegney
Description
Type d'ouvrage Fort plat
Dates de construction De 1882 à 1884 puis modernisé jusqu'en 1914
Ceinture fortifiée Place fortifiée d'Épinal
Utilisation Fort de ceinture
Utilisation actuelle Géré par une association, visitable
Propriété actuelle Commune d'Uxegney
Garnison
Armement de rempart Canons de Bange ou de Lahitolle
Armement de flanquement
Organe cuirassé
Modernisation béton spécial 1894-1896
Protection  Inscrit MH (2002)
Programme 1900
Dates de restructuration 1911-1914
Tourelles Une de 155R ; une de 75 ainsi que deux tourelles de mitrailleuses.
Casemate de Bourges 2
Observatoire 3 cuirassés et 4 guérites blindées
Garnison Environ 350 hommes
Programme complémentaire 1908
Coordonnées 48° 12′ 06″ nord, 6° 23′ 03″ est

Géolocalisation sur la carte : Vosges

(Voir situation sur carte : Vosges)
Fort d'Uxegney

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Fort d'Uxegney
L’ancienne façade du casernement en maçonnerie dans le casernement bétonné
L'usine électrique équipée de moteur à pétrole des années 1930 du fort d'Uxegney
Une copie de canon de 12 culasse dans le coffre double de la contrescarpe du fort d'Uxegney
Une armoire à obus de la casemate de Bourges du fort d'Uxegney
la casemate de Bourges Ouest fort d'Uxegney
La cour avec renforcement en béton armé spécial du fort d'Uxegney
La tourelle de 155 R du fort d'Uxegney
Une plaque de tourelle du fort d'Uxegney
Reconstitution d'un coffre aux armements de la tourelle du fort d'Uxegney
Reconstitution de la chaudière du casernement béton du fort d'Uxegney

Le fort d'Uxegney, officiellement rebaptisé fort Roussel en 1887, est une fortification faisant partie de la place forte d'Épinal, situé au nord-est de la commune d'Uxegney (Vosges). Il fut construit de 1882 à 1884 puis modernisé jusqu'en 1914.

Il est un exemple de fortification de l'Est de la France de type Séré de Rivières, encore équipé de son armement, faisant partie intégrante de la place forte d'Épinal. On peut y voir l’unique exemplaire en état de fonctionnement d’une tourelle à éclipse Galopin (inventé en 1889 par Alfred Galopin) avec un canon de 155 mm, gigantesque mécanique de 250 tonnes datant de 1907. Aussi un grand nombre d'équipements y sont encore en place (cuisine, chambrées, pièces d'artillerie cuirassées...)[1], leur état exceptionnel de conservation a justifié l'inscription du site sur l'inventaire des monuments historiques.

Description du fort[modifier | modifier le code]

Le fort d'Uxegney situé sur une hauteur de 379 mètres au-dessus de la Vallée de l'Avière avait pour mission de contrôler l'axe Épinal-Mirecourt, la voie ferrée Épinal-Nancy, le canal de l'Est et le sud de la trouée de Charmes.

Son « nom Boulanger » (nom donné en 1887 sur ordre du ministre de la Guerre Georges Boulanger) du nom de Nicolas François Roussel d'Hurbal, né à Neufchâteau (Vosges) en septembre 1763 et décédé en avril 1849. Entré au service de l'archiduc d'Autriche, il revint en France suite au traité de Vienne de 1809. Présenté à Napoléon Ier comme le meilleur officier de cavalerie de l'armée autrichienne, il fut admis comme général de brigade dans les troupes françaises. Il fit la campagne de Russie avant de combattre à Craonne et à Fontainebleau. À la Katzbach le 26 août 1813, écrasé sous son cheval, il eut une partie du crâne emportée d'un coup de sabre. Cela ne l'empêcha pas de vivre jusqu'à l'âge de 83 ans.

C'est un fort Séré de Rivières de deuxième génération. 287 hommes, 10 pièces plus 4 pour le flanquement. Le fort a un périmètre pentagonal ressemblant grosso modo à un trapèze rectangle dont on aurait larment coupé l'angle inférieur droit. Les fossés, secs, étaient défendus originellement par deux caponnières doubles (saillants II et IV) et un aileron (saillant III). Sur la contrescarpe, due part et d'autre du chemin menant à l'entrée deux galeries crénelées se faisaient face tandis que droit devant l'entrée du fort, un mur pourvu de niches s'adossait à un parapet. Cette disposition, variante du classique ravelin, se rencontre assez rarement car elle implique que la voirie d'accès longe la gorge et aille au-delà de l'entrée pour, par exemple, desservir une batterie annexe (cas rencontré au fort de Rupt-sur-Moselle, mais sans galeries crénelées). L'entrée d’escarpe s'ouvre au fond et au centre d'une petite courtine dont la profondeur correspond au tablier du pont-levis à bascule en dessous. Les logements des officiers donnent sur la gorge, en léger retrait de l'escarpe, procédés d'une terrasse. Cela également n'est pas fréquent (Vaux, Monlainville, Friches, Lestal, Montlandon, Revère...). Le porche de l'entrée débouche dans le coin inférieur gauche d'une cour sur laquelle s'ouvraient neuf travées au logement. Les trois premières étaient adossés au front I-II, tandis que les autres l'étaient au front II-III, lequel correspond au front de tête.

Le fort a le plan d'un pentagone délimité par un fossé. La longueur du front est de 220 m. La construction d'origine fut édifiée en deux ans seulement (1882 - mars 1884). Elle comprenait des casernements, magasins à vivres et à munitions et abris. Ces locaux en pierre de taille (grès bigarré venant d'une carrière aux Forges) étaient d'abord bâtis à ciel ouvert, puis recouverts de la terre provenant du creusement du fossé et de la mise à niveau du terrain naturel.

L'armement consistait en une dizaine de canons de Bange ou Lahitolle répartis sur les trois faces avant du fort, à l'air libre sur des plates-formes. Cette première construction revint à environ 1 700 000 francs de l'époque. Les premiers renforcements datent de 1893. Ils consistèrent en une coulée de béton spécial sur l'entrée du fort, le magasin à poudre et sur plusieurs chambrées, ainsi que la protection d'un abri de rempart recouvrant une citerne.

La deuxième phase de travaux, exécutée à partir de 1910 transforma complètement le fort. Celui-ci fut doté de quatre tourelles à éclipse (une tourelle à un canon de 155 mm raccourci, une tourelle à deux canons de 75 mm raccourcis et deux tourelles de mitrailleuses), de deux casemates « de Bourges » (deux canons de 75 mm par casemate) pour le flanquement des intervalles avec les forts voisins, de trois observatoires cuirassés et de cloches de guet blindées; plusieurs salles furent encore renforcées et on construisit une gaine en béton armé reliant tous les organes de défense ; la surveillance du fossé fut modifiée par la construction de coffres de contrescarpe (un simple et un double) ; enfin on mit en place une petite centrale électrique pour l'éclairage. Celle-ci comprenait trois moteurs à pétrole Aster (110 volts, 25 chevaux).

Devenir du fort après la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Après la Grande Guerre, la France va construire à partir de 1929 un nouveau système fortifié moderne, face à la nouvelle menace, la fameuse Ligne Maginot. Loin derrière, les « camps retranchés » d'avant-guerre sont conservés avec une très vague mission de seconde ligne. Les forts, souvent utilisés comme dépôts, sont entretenus, ainsi que leurs tourelles, et leur armement organique périodiquement visité par les équipes du Parc d'Artillerie[2] Mais ils ne sont plus à l'épreuve des nouveaux super-canons et des grosses bombes d'avion ; les organisations des intervalles sont abandonnées, les déboisés ne sont plus entretenus : garnison oui, forteresse non. Vers 1937, on en viendra à prélever des canons de 75 dans les casemates de Bourges pour armer des casemates de complément construites sur la Ligne Maginot[3]. Entre les deux guerres le fort était régulièrement entretenu.

Les Allemands le rendirent à peu près intact en 1944 alors qu'ils avaient ferraillé les autres forts de la place d'Épinal. Utilisé comme dépôt de munitions jusque dans les années 1960, il fut ensuite abandonné.

Depuis octobre 1989, une association de bénévoles, l'ARFUPE (Association pour la restauration du Fort d'Uxegney et de la Place d'Épinal), restaure et entretient ce site ainsi que le fort de Bois l'Abbé. Le fort se visite de mai à septembre et fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [4]. Le fort a été en 2016 l'un des lieux de tournage du film Nos patriotes réalisé autour du Résistant Addi Bâ[5].

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La tourelle Galopin 155R du fort d'Uxegney
  2. Des tirs d'épreuve des engins cuirassés auront notamment lieu à Uxegney en 1924, 1925 et 1928.
  3. Le fort d'Uxegney, ARFUPE, 1995, p. 36
  4. Notice no PA88000035, base Mérimée, ministère français de la Culture
  5. « La dernière du tournage de « Nos patriotes » au fort d’Uxegney [en images] », laplainedesvosgesinfo.fr, (consulté le 7 août 2017)

Index de la fortification Française 1874 - 1914, Edition Autoédition, nombre de pages 832, page 446,551,552 ISBN 978-2-9600829-0-6