Fort Saint-Michel (Verdun)

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Fort Saint-Michel
Image illustrative de l’article Fort Saint-Michel (Verdun)
Description
Type d'ouvrage redoute puis fort
Dates de construction de 1875 à 1877
Ceinture fortifiée place forte de Verdun
Utilisation fort de ceinture
Utilisation actuelle à l'abandon
Propriété actuelle État
Garnison 156 hommes et 4 officiers (en 1877)
Armement de rempart 8 canons et 3 mortiers
Armement de flanquement 14 pièces
Organe cuirassé néant
Modernisation béton spécial non réalisée
Programme 1900
Dates de restructuration non réalisée
Tourelles -
Casemate de Bourges -
Observatoire -
Garnison 60 hommes
Programme complémentaire 1908 non réalisé
Coordonnées 49° 10′ 32″ nord, 5° 24′ 53″ est

Géolocalisation sur la carte : Meuse

(Voir situation sur carte : Meuse)
Fort Saint-Michel

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Fort Saint-Michel

Le fort Saint-Michel, appelé brièvement fort Rouyer, est une fortification faisant partie de la place forte de Verdun, situé au nord-est de la commune de Belleville-sur-Meuse, dans la Meuse.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le fort fait partie des six premières redoutes, dites « de la panique », construites en terrassement pendant l'hiver 1874-1875 : un retour offensif allemand est alors craint, juste après la guerre franco-allemande de 1870 (Verdun est occupée jusqu'en septembre 1873). La redoute saint-Michel, avec celle de Belleville à l'ouest et celle de Belrupt au sud-est, forment une ceinture sur la rive droite pour protéger Verdun.

Par le décret du , le ministre de la Guerre Georges Boulanger renomme tous les forts, batteries et casernes avec les noms d'anciens chefs militaires[1]. Pour le fort Saint-Michel, son « nom Boulanger » est en référence au général Rouyer. L'histoire de France retient quatre généraux de ce nom : Charles Étienne Rouyer (né le , blessé mortellement le ), général de brigade le  ; Jean-Pascal Rouyer (né le , mort le ), général de brigade le  ; Marie François Rouyer (né le , mort le ), général de brigade le , de division le  ; Jean Victor Rouyer (né le , mort le ) général de brigade le , de division le , baron d'Empire le . Il est probable que l'on a voulu rendre hommage au quatrième, mais aucune certitude.

Le nouveau nom est gravé au fronton de l'entrée. Dès le , le successeur de Boulanger au ministère, Théophile Ferron, abroge le décret[2]. Le fort reprend officiellement son nom précédent, tout en gardant le nom Boulanger à son fronton.

Description[modifier | modifier le code]

Le fort Saint-Michel est aménagé à 351 m d'altitude à mi-pente, dominant la route d'Étain[3].

C'est un fort Séré de Rivières de première génération, de la forme d'un pentagone irrégulier, à gorge rentrante et relativement compact. Le fort de Saint-Michel voit ses fronts de tête et de gorge assez rapprochés. L'entrée s'ouvre en fond de fossé, dans l'angle droit de la courtine de gorge, dans l'axe d'une rampe descendant des glacis. Le petit casernement occupe une partie de ce fond de courtine. Pour défendre l'entrée, la courtine et le fossé vers le saillant I, un seul coffre a été aménagé à droite de la courtine. La défense de la gorge vers le saillant V ne pouvait dès lors s'effectuer qu'à l'aide d'un canon placé à barbette au-dessus du flanc gauche de cette courtine. Rarissimes sont ainsi les défenses asymétriques. Le seul plan des dessous indique pour ce coffre une double cloison, comme si on avait voulu en assurer la bonne ventilation. L'entrée est pourvue de chicanes mises en place pendant la Première Guerre mondiale. Dès que l'on se trouve dans le tunnel de l'entrée, un ressaut de la voûte montre encore les traces de la devise locale « S'ensevelir sous les ruines du fort plutôt que de se rendre ». Dans ce même tunnel, une galerie non revêtue descend en forte pente vers le réseau 17 réputé s'étendre sur 720 m. C'est probablement le plus dangereux. La rue du rempart emprunte, du saillant I au saillant V, quatre passages enracinés et longe, outre celles rattachées à ces passages, cinq traverses-abris, toutes enrobées, sauf une. chacun de ces passages enracinés donne sur un ou plusieurs locaux qui devaient, au moins pour une partie, suppléer à l'absence de magasin à poudre. Ces passages sont systématiquement pourvus de chicanes avec créneau et goulotte. Le passage no 2 possède une trappe dans le sol, donnant accès à une jolie citerne ayant la forme d'un vaste cylindre couché.

Les façades des ailerons (saillants II et III) sont en partie effondrées, tandis que la caponnière double où étaient stockées des munitions a explosé sous l'impact d'un obus allemand le . Après la bataille de Verdun, une cloche Pamart à deux créneaux fut installée sur le glacis, sertie dans le bloc de béton avec un créneau pour effectuer du tir indirect, probablement avec un fusil à tromblon. Quatre batteries annexes se situaient à proximité. Elles étaient désignées, selon la numération de 1912 : 7-6, 7-8, et 7-9, les deux premières à gauche du fort, les deux suivantes à sa droite[4].

État actuel[modifier | modifier le code]

À l'abandon.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Note no 5285 le du ministre de la Guerre Boulanger aux généraux commandant les régions militaires ; décret présidentiel du pour les nouvelles dénominations des forts, batteries et casernes sur proposition du ministre de la guerre, M. le général Boulanger.
  2. Lettre no 14980 bis le de M. le ministre de la Guerre, M. le général Ferron, abrogeant le décret présidentiel du 21 janvier.
  3. Julie et Cédric Vaubourg, « Fort Saint-Michel de Verdun ou fort Rouyer », sur http://fortiffsere.fr/.
  4. Marco Frijns, Luc Malchair, Jean-Jacques Moulins et Jean Puelinckx, Index de la fortification française 1874 - 1914, Edition Autoédition, , 832 p. (ISBN 978-2-9600829-0-6), p. 447 et 473-474.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]