Ouvrage de Boussois

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Ouvrage de Boussois
Bloc 1 de l'ouvrage de Boussois, vue depuis le Sud
Bloc 1 de l'ouvrage de Boussois, vue depuis le Sud

Type d'ouvrage Petit ouvrage d'infanterie
Secteur
└─ sous-secteur
secteur fortifié de Maubeuge
└─ sous-secteur Thiérache
Année de construction 1934-
Régiment 84e RIF
Nombre de blocs 3
Type d'entrée(s) Entrée par un bloc (casemate)
Effectifs 195 hommes et 5 officiers
Coordonnées 50° 17′ 42,7″ nord, 4° 03′ 10,2″ est

Géolocalisation sur la carte : Nord

Géolocalisation sur la carte : France

Le fort de Boussois, appelé ensuite l'ouvrage de Boussois, est un fort du système Séré de Rivières, puis est un ouvrage fortifié de la ligne Maginot, situé dans la commune de Boussois, dans le département du Nord.

Il s'agit d'un petit ouvrage d'infanterie (de quatrième classe) comptant trois blocs. Construit à partir de 1934, l'ouvrage a été abimé par les combats de .

Position sur la ligne[modifier | modifier le code]

L'ouvrage de Boussois se trouve au milieu du secteur fortifié de Maubeuge, il forme l'aile droite de la ligne de résistance protégeant Maubeuge de part et d'autre de la Sambre. L'ouvrage est flanqué d'une part au nord-ouest par la casemate d'intervalle de l'Épinette, d'autre part au sud-est par la casemate de Rocq.

Mis-à-part les tirs de mitrailleuses venant des casemates (à limite de portée utile), l'ouvrage est isolé car aucun ouvrage d'artillerie ne le couvre de ses tirs.

Description[modifier | modifier le code]

L'ouvrage de Boussois est construit sur l'ancien fort de Boussois. L'ouvrage devait être complété en second cycle avec une entrée des munitions, une entrée des hommes et deux tourelles pour canons de 75 mm. Ces organes restèrent à l'état de projet faute de financement[1].

Le bloc 1 (50° 17′ 44,9″ N, 4° 03′ 08,5″ E) sert de casemate d'infanterie flanquant vers l'ouest. Il est armée avec un créneau mixte pour JM/AC 47 (jumelage de mitrailleuses et canon antichar de 47 mm), un autre créneau pour jumelage de mitrailleuses, une cloche d'arme mixte et une cloche GFM B (guetteur et fusil mitrailleur).

Le bloc 2 (50° 17′ 42,7″ N, 4° 03′ 10,2″ E) sert de bloc-tourelle d'infanterie, avec une tourelle pour deux armes mixtes et une cloche GFM B.

Le bloc 3 (50° 17′ 40,2″ N, 4° 03′ 13″ E) sert de casemate d'infanterie flanquant vers l'est. Il est armée avec un créneau mixte JM/AC 47, un autre créneau JM, une tourelle pour une arme mixte et un mortier et deux cloches GFM B (dont l'une sert d'observatoire avec un périscope).

Histoire[modifier | modifier le code]

Le marché de la construction est daté du , pour un prix tout compris de 8 260 000 francs de l'époque[2].

Pendant la bataille de France, les ouvrages et casemates au nord-est de Maubeuge sont attaqués par l'arrière : les forces allemandes ont percé plus au sud près de Solre-le-Château dès le (par la 7. PzD) et la ville de Maubeuge est prise le 18 mai (par une Kampfgruppe de la 5. PzD puis par la 28. ID).

Le 19 mai, les tirs des tourelles de l'ouvrage n'empêchent pas la neutralisation par les Allemands des casemates de la rive droite de la Sambre. En fin d'après-midi le 19, puis les 20 et 21, les blocs 1 et 3 reçoivent des tirs de la part de pièces de 88 et de 150 mm placées à 1 500 m (hors de portée des armes de l'ouvrage). La tourelle répond par des mises en batterie brusques, des tirs rapides et son éclipse avant que les canons allemands ne puissent frapper sa muraille.

Le 21 au soir, un assaut allemand mené avec des pionniers est repoussé, mais une partie des armes de l'ouvrage est hors d'usage et la ventilation ne fonctionne plus correctement. Le 22 à h du matin, après un bombardement par Stukas, les Sturmpionieren traversent les fossés, couronnent les blocs et neutralisent les bouches de ventilation. Vers 11 h, l'ouvrage se rend car l'équipage commence à être intoxiqué. Pendant ces quatre jours de combat, l'ouvrage a tiré 500 000 cartouches de mitrailleuses, 1 400 obus de mortier, 500 obus de 25 mm et 160 obus de 47 mm[3].

Accès[modifier | modifier le code]

L'ouvrage est au milieu de l'ancien fort de Boussois, sur la côte 166, au nord de la route D 959 entre Boussois et Marpent.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Yves Mary et Alain Hohnadel, op. cit., t. 3, p. 68.
  2. Jean-Yves Mary et Alain Hohnadel, op. cit., t. 1, p. 52.
  3. Jean-Yves Mary et Alain Hohnadel, op. cit., t. 3, p. 180-184.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Yves Mary, Alain Hohnadel, Jacques Sicard et François Vauviller (ill. Pierre-Albert Leroux), Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, t. 1, Paris, éditions Histoire & collections, coll. « L'Encyclopédie de l'Armée française » (no 2), (réimpr. 2001 et 2005), 182 p. (ISBN 2-908182-88-2).
    • Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, t. 2 : Les formes techniques de la fortification Nord-Est, , 222 p. (ISBN 2-908182-97-1).
    • Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, t. 3 : Le destin tragique de la ligne Maginot, , 246 p. (ISBN 2-913903-88-6).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Descriptions et photos

Articles connexes[modifier | modifier le code]