Irène l'Athénienne

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Irène
Impératrice byzantine
Image illustrative de l'article Irène l'Athénienne
Un solidus à l'effigie d'Irène.
Règne
-
5 ans 2 mois et 13 jours
Période Isauriens
Précédé par Constantin VI
Suivi de Nicéphore Ier
Biographie
Naissance v. 752
Athènes
Décès (~51 ans)
Lesbos
Époux Léon IV le Khazar
Descendance Constantin VI
Impératrice byzantine

Irène l'Athénienne (en grec Ειρήνη η Αθηναία ; née vers 752 à Athènes, morte le sur l'île de Lesbos) est régente de l'Empire byzantin de 780 à 790 puis impératrice régnante (βασίλiσσα, basilissa) de 797 à 802.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et débuts[modifier | modifier le code]

D'origine obscure, sa naissance à Athènes lui vaut le surnom d'Athénienne tout au long de sa vie.

Elle épouse en 768 Léon IV le Khazar, fils de l'empereur Constantin V. En 770 leur naît un fils, Constantin. Léon devient empereur en 775 mais meurt cinq ans plus tard ; à ce moment Irène est couronnée régente en même temps que son fils mineur est couronné empereur, en 780.

La prise du pouvoir[modifier | modifier le code]

Au décès de Léon IV en 780, Constantin VI n'étant âgé que de dix ans, Irène parvient écarter ses beaux-frères Nicéphore et Christophore et à se faire reconnaître régente de l'empire, ce qui provoque un certain mécontentement dans l'armée. Pour restaurer de bonnes relations avec l'église de Rome dont le roi franc Charlemagne était devenu le protecteur, elle envoie en 781 une ambassade aux Francs, afin de leur proposer le mariage de son fils Constantin VI avec la fille de Charlemagne, Rotrude. Mais ce projet n'aboutit pas.

La restauration du culte des images : le second concile de Nicée[modifier | modifier le code]

Issue d'une région de l'empire où l'iconoclasme (surtout anatolien) est peu implanté, Irène est iconophile. L'abdication du patriarche Paul IV en 784, lui fournit l'occasion de le remplacer par un laïc, Taraise, et de convoquer un nouveau concile œcuménique destiné à rétablir l'orthodoxie en condamnant les édits iconoclastes. Le pape Adrien Ier est invité à y envoyer des délégués.

Le concile s'ouvre à Constantinople le 1er août 786, mais une émeute iconoclaste oblige Irène et Taraise à l'ajourner. Il reprend seulement en septembre 787 à Nicée, sur l'autre rive du Bosphore. Le deuxième concile de Nicée se conclut le 23 octobre 787 par la restauration du culte des images.

Éviction d'Irène (790)[modifier | modifier le code]

Forte de ce succès, Irène décide d'écarter des affaires son fils Constantin, de plus en plus impopulaire, pour assumer seule le gouvernement de l'empire. Cette décision rallie à Constantin tous les ennemis d'Irène, dont les iconoclastes ; une mutinerie des Arméniaques déclenche une insurrection dans l'armée. Le 10 novembre 790, ils proclament Constantin VI seul basileus autocrator : Irène est évincée.

Retour au pouvoir (792)[modifier | modifier le code]

Irène profite des échecs militaires de son fils (défaite en 791 devant les Bulgares), de son divorce d'avec Marie l'Arménienne et de son remariage avec Théodote (qui le rendent à nouveau impopulaire) pour reprendre le pouvoir, le 15 janvier 792.

Consciente des sympathies de son fils pour les iconoclastes et craignant une guerre civile dans l'empire, Irène accepte que Constantin soit énucléé en 797 conformément à un rituel de déposition des empereurs byzantins censés manquer de clairvoyance[1] ; il meurt probablement d'infection peu après.

Basilissa (797-802)[modifier | modifier le code]

Sur le plan intérieur, Irène prend le contrepied de la politique suivie par Constantin V et Constantin VI et apporte son soutien aux riches commerçants, au détriment des couches populaires. Toutefois elle prend des mesures afin d'améliorer les conditions de vie des plus défavorisés et de satisfaire les moines : une loi déclare une bénédiction suffisante pour sanctionner le mariage des pauvres, une autre loi prohibe les troisièmes noces. Ces innovations sont jugées démagogiques par certains membres de l'aristocratie byzantine.

Elle favorise la reprise des échanges commerciaux dans les Balkans et avec l'Occident, et tente d'assurer la paix à l'Est en versant un tribut à Haroun al-Rachid en 798. Elle favorise également la restauration du monachisme, créant le monastère du Stoudion, fédération de monastères qui s'installe à Constantinople sous la direction de l'évêque Théodore.

Elle cherche la paix avec les Francs, mais le couronnement de Charlemagne comme « empereur des Romains » par le pape Léon III, le 25 décembre 800, est regardé à Constantinople comme un acte de sécession. À l'automne 801, elle propose à Charlemagne un projet d'union matrimoniale entre eux deux, destiné à réunifier l'Empire romain[2]. L'aristocratie byzantine, hostile à ce projet, organise un coup d'État en octobre 802 : le logothète du Trésor, Nicéphore, se fait proclamer empereur par une assemblée de hauts fonctionnaires, sous le nom de Nicéphore Ier.

Mort et canonisation[modifier | modifier le code]

Irène est enfermée dans le monastère fortifié de Prinkipo, où elle jouit du statut d'higoumène ; elle est ensuite emmenée comme simple moniale au monastère de Mitylène, dans l'île de Lesbos, où elle meurt le 9 août 803 à l'âge de 51 ans environ ; son corps est ramené à Prinkipo.

En 864, elle est canonisée et son corps ramené dans l'église des Saints-Apôtres de Constantinople. Sa tombe a été pillée par les croisés en 1204, puis détruite par Mehmet II en 1461.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, Albin Michel, , 596 p. (ISBN 2226057196, lire en ligne), p. 91.
  2. Jacques Bloeme, L'Europe médiévale en 50 dates : les couronnes, la tiare et le turban, Éditions L'Harmattan, , p. 129

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