Carl Lutz

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Carl Lutz (né le 30 mars 1895 à Walzenhausen en Suisse et mort le 12 février 1975 à Berne) est un diplomate suisse et un Juste parmi les nations ainsi que sa femme Gertrud. Il a fourni les papiers qui permirent à 62 000 Juifs d'échapper aux nazis, la plus vaste opération de sauvetage de la Seconde Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le mémorial à Carl Lutz, rue Dob à Budapest

Carl est le neuvième d'une famille de dix enfants. Son père travaille dans une carrière et sa mère, Ursula, enseigne la religion aux enfants du village. Son premier emploi sera apprenti de commerce. Il décide de partir pour les États-Unis d'Amérique où il commence par des petits boulots. Arrivant au Missouri il prend des cours de théologie méthodiste. Il obtient un job d'été à l'ambassade suisse de Washington. Puis se sera le consulat suisse de Saint-Louis où il rencontre Gertrud[1] qu'il épousera. En 1935, après vingt ans aux États-Unis, Berne le nomme en Palestine où une crise vient d'éclater. Quand commence la seconde guerre mondiale, les diplomates allemands quitte la Palestine sous mandat britannique devenu territoire ennemi et lui confient la représentation de leurs intérêts.

D'abord vice-consul suisse en Palestine, Carl Lutz fut le vice-consul suisse à Budapest en Hongrie de 1942 à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Bon diplomate il se voit alors confier les intérêts des États-Unis d'Amérique et d'un dizaine d'autres pays alliés qui ont quitté le pays. Il coopère aussi avec le bureau de l'agence Juive qui facilité l'émigration d'enfants vers la Palestine. Le 19 mars 1944, alors que l'Armée rouge avance en Ukraine, la Wehrmacht occupe la Hongrie pour empecher le régent, l'amiral Horthy, de signer un armistice avec les Russes. Les lois antisémites sont alors appliquées. Les Juifs doivent porter l'étoile jaune, leurs biens sont confisqués et ils ne peuvent plus voyager.

Lutz s'empresse alors de fournir une protection aux citoyens Juifs des pays qu'il représente. Avec d'autres diplomates de pays neutres comme Raoul Wallenberg à l'ambassade de Suède, Angelo Rotta, le nonce apostolique, Ángel Sanz Briz, le représentant de l'Espagne, et plus tard Giorgio Perlasca, un homme d'affaires italien travaillant à l'ambassade espagnole, et Friedrich Born, le délégué suisse du Comité international de la Croix-Rouge, Carl Lutz travailla sans relâche pendant des mois pour aider des innocents à échapper à leur mort programmée, notamment en instaurant un système de 72 bâtiments protégés par l'extraterritorialité suisse et y fait installer des familles entières. Il se rend chez le lieutenant-colonel Adolf Eichmann. 7 800 Juifs sont placés par lui sous protection diplomatique suisse. Sa stratégie consiste à numéroter les lettres de protections de 1 à 7800 puis recommence à 1 avec les suivantes pour respecter en apparence le quota qui lui a été alloué.

Le 15 octobre 1944 le régent du royaume de Hongrie signe un armistice avant d'être obligé de revenir sur ses déclarations et d'abdiquer, abandonnant le pouvoir aux Croix fléchées, soutenues par Adolf Hitler. Les Croix fléchées ne respectent pas les lettres de protection et prennent même d'assaut ses immeubles sous protection. Les Croix fléchées demande à Carl Lutz de déterminer lui-même les vraies des fausses lettres de protection. Faisant le choix de rester pour aider ses protégés, il se retrouve contraint de se réfugier dans la cave pendant deux mois durant le siège de la bataille de Budapest. Après la victoire des forces soviétiques et roumaines, il se retrouve expulsé par ceux-ci comme tous les diplomates.

De retour en suisse, une enquête est ouverte à son encontre pour avoir outrepassé ses fonctions. Il accepte en fin de carrière un poste de consul général. Comme pour Paul Grüninger, son action ne fut pas reconnue avant 1958, lorsqu'il fut « réhabilité » en Suisse, après avoir été accusé d'avoir abusé de ses fonctions.

Hommages et postérité[modifier | modifier le code]

Film[modifier | modifier le code]

Documentaire[modifier | modifier le code]

  • Carl Lutz, le Sauveur. Dans la série "Les Oubliés de l’Histoire", France, 2016, 26 min, créée et dirigée par Jacques Malaterre, co-écrite par Jean-Yves Le Naour, dirigée par Gabriel Laurent (français et allemand.). Coproduction : ARTE France, Les Films du Tambour de soie, Sara M. Première diffusion le 14 Janvier 2017 sur arte[4]. Document utilisé pour la rédaction de l’article

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]