Ignazio Cassis

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Ignazio Cassis
Ignazio Cassis
Ignazio Cassis
Fonctions
Conseiller national
Législature 48e (2007-2011)
49e (2011-2015)
50e (2015-2017)
Biographie
Nom de naissance Ignazio Cassis
Date de naissance (56 ans)
Lieu de naissance Sessa
Nationalité Suisse
Parti politique Parti libéral-radical
Diplômé de Université de Zurich

Université de Lausanne

Profession Médecin

Ignazio Cassis, né le à Sessa, est un homme politique suisse, membre du Parti libéral-radical (PLR). Il est élu conseiller fédéral le [1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Ignazio Cassis grandit dans le village de Sessa, sur les hauts du lac de Lugano. Il a trois sœurs. À l'âge de 13 ans, suite à un accident, il perd le petit doigt de sa main droite[2]. Dans sa jeunesse, il pratique le piano, puis la trompette. En 1980, il effectue son école de recrue (place d'armes de Savatan) en tant que trompette militaire.

Après des études de médecine à l'Université de Zurich (diplômé en 1987), il se spécialise dans la santé publique, la médecine interne, la prévention et les soins de santé. De 1996 à 2008, il est médecin dans le canton du Tessin. Il exerce la fonction de vice-président de la Fédération des médecins suisses à partir de 2008. Il annonce en novembre 2011 qu'il ne briguera pas de nouveau mandat pour la législature 2012-2016 en raison de divergences de vues avec le reste de la fédération concernant les soins intégrés[3].

Durant la législature 2007-2011, il siège au Conseil national comme représentant du canton du Tessin. Il appartient à sa commission de la sécurité sociale et de la santé. Depuis 2004, Cassis est membre du conseil communal de Collina d'Oro.

Le 18 août 2010, il annonce sa candidature au Conseil fédéral afin de succéder à Hans-Rudolf Merz[4]. Sa candidature n'est toutefois pas retenue par le groupe libéral-radical de l'Assemblée fédérale[5].

Après les élections fédérales de 2015, il succède à Gabi Huber comme président du groupe parlementaire PLR à l'Assemblée fédérale, après avoir battu Christian Wasserfallen[6].

Depuis 2015, il est membre de la Fondation pour la promotion du goût[7].

Le 20 septembre 2017, il est élu Conseiller fédéral par l'Assemblée fédérale. Son élection intervient au 2e tour de scrutin avec 125 voix (majorité absolue: 123 voix). Il devance Pierre Maudet (90 voix) et Isabelle Moret (28 voix). Il est le premier Tessinois élu Conseiller fédéral depuis Flavio Cotti.

Suite à son élection, la répartition des départements est décidée par le Conseil fédéral le 22 septembre 2017. Il reprendra la direction du Département des affaires étrangères à son entrée en fonction, le 1er novembre 2017[8].

Il parle l'italien, sa langue maternelle, l'allemand, le français et l'anglais.

Candidature au Conseil fédéral (2017)[modifier | modifier le code]

Contexte et chronologie[modifier | modifier le code]

Le 14 juin 2017, suite à l’annonce par Didier Burkhalter de sa démission (vue comme une surprise[9]) pour le 31 octobre de la même année, Cassis est pressenti comme un successeur probable, du fait des règles de la « formule magique » et de la représentativité linguistique du Conseil fédéral. La première règle, informelle, vise à faire respecter une composition du Conseil fédéral qui reflète l’équilibre partisan du pays: ainsi, le PLR a le droit à deux représentants, et Burkhalter doit donc être remplacé par un politicien PLR. La seconde règle, formelle puisqu’inscrite dans la Constitution (art. 175 al. 4), consiste en l’exigence d’un Conseil fédéral représentatif de la diversité linguistique et culturelle suisse. Cette règle peut être interprétée de diverses manières, mais le plus souvent elle se concrétise par un Conseil fédéral ayant en permanence des membres alémaniques et latins. Si la Suisse romande est bien représentée en 2017 (3 conseillers sur 7), le Tessin ne l’a pas été depuis 1999. Cette longue absence de l’exécutif fédéral, ainsi que les problèmes particuliers du Tessin, canton frontalier confronté à une forte migration et un fort afflux de travailleurs frontaliers, sont vus comme des arguments de poids pour l’élection d’un représentant de ce canton.

Dans les médias, le nom d'Ignazio Cassis, déjà pressenti pour ce rôle[10], apparaît ainsi presque immédiatement après la démission de Burkhalter[11]. De fait, la direction nationale du PLR affirme privilégier une candidature latine (romande ou italophone), tout en soulignant que toutes les sections cantonales peuvent soumettre une candidature[12]. La section tessinoise désigne Cassis comme candidat unique, contre le souhait de plusieurs PLR d’un ticket à deux candidats[13]. Le 1er septembre, le groupe parlementaire PLR décide d’un ticket à trois candidats, formé d’Ignazio Cassis, et des Romands Isabelle Moret (Vaud) et Pierre Maudet (Genève)[14].

Positions et arguments en faveur et défaveur de sa candidature[modifier | modifier le code]

Cassis est mis en avant notamment pour sa parfaite maîtrise de l’allemand et du français, sa longue expérience politique (chef du groupe libéral-radical aux chambres), ainsi que sa connaissance des questions de santé, vues comme un enjeu politique majeur[15]. Moret et Maudet auraient le désavantage de n'être pas tessinois, ainsi que, pour la première, une faible expérience des exécutifs, et pour le second, une manque d'expérience et de réseaux au niveau fédéral[16].

Sa ligne sur les questions d’immigration, plus à droite que la majorité de son parti, lui vaut des critiques au centre et à gauche, et favorise son statut de candidat préféré de l’UDC (premier parti de Suisse)[17].

Sa proximité avec le milieu des assurances-maladie, très critiquées notamment en raison de l’augmentation des coûts de la santé, fait de lui une cible d’attaques de la gauche[18]. Il préside notamment le lobbie Curafutura, tout en étant président de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique au Conseil national. Cassis se défend de cette critique en affirmant que le parlement suisse est un parlement de milice et que la politique représente une activité « accessoire », à côté de ses activités principales dans le domaine de la santé. Il relève de plus qu'en cas d'élection au Conseil fédéral il devrait de toute façon mettre fin à tous ses engagements[19]. D’autres soulignent que du fait de ces activités, Cassis comprend particulièrement bien les questions de santé publique. Le 3 août 2017, le quotidien Der Bund annonce qu’Ignazio Cassis se retire temporairement de sa fonction de président de Curafutura, tout en restant à disposition des vice-présidents qui le remplaceront jusqu’à l’élection du 20 septembre. Pendant cette période, il continue de toucher un salaire, mais réduit de moitié[20].

Controverse sur la double-nationalité[modifier | modifier le code]

Cassis renonce à sa nationalité italienne au cours de la campagne. Le candidat Pierre Maudet, également double-national, ne renonce pas à sa nationalité française mais se déclare prêt à y renoncer de façon temporaire en cas d’élection et si le gouvernement le jugeait nécessaire[21].

Cette action de Cassis, très médiatisée, fait suite notamment aux remarques de l’UDC avançant une incompatibilité de la double nationalité avec la fonction très exposée de conseiller fédéral[22]. Cassis affirme que cette décision « n’est pas un gage aux exigences de l’UDC » et qu’il l’a prise « pour [lui] tout seul »[23].

Les critiques voient cette action comme créant un précédent néfaste, qui remettrait implicitement en question la légitimité des Suisses doubles-nationaux, et forçerait d’autres politiciens double-nationaux à se justifier de leur double nationalité ou à se défaire de leur nationalité non-suisse.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Juliette Galeazzi, Victorien Kissling et Cécile Rais, « Le Tessinois Ignazio Cassis élu au Conseil fédéral », RTS Info,‎ (lire en ligne)
  2. « Bienvenue chez Ignazio Cassis », L'illustré,‎ (lire en ligne)
  3. « Le conseiller national Ignazio Cassis quitte la FMH », sur tsr.ch, (consulté le 29 décembre 2015)
  4. « Le PLR tessinois lance Ignazio Cassis », sur 20min.ch, (consulté le 29 décembre 2015)
  5. « Une politicienne et un patron pour le PLR », sur collectifvan.org, (consulté le 29 décembre 2015)
  6. « Ignazio Cassis nouveau président du groupe parlementaire libéral-radical », sur plr.ch, (consulté le 29 décembre 2015)
  7. « CV | Ignazio Cassis », sur www.ignaziocassis.ch (consulté le 6 octobre 2017)
  8. « Ignazio Cassis reprendra le DFAE », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  9. « Les parlementaires pris de court par la démission de Didier Burkhalter », RTS Info,‎ (lire en ligne)
  10. « L'irrésistible ascension politique d'Ignazio Cassis », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  11. « Le PLR tessinois lance Ignazio Cassis seul dans la course au Conseil fédéral », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  12. « Un favori et des outsiders, qui pour succéder à Didier Burkhalter? », RTS Info,‎ (lire en ligne)
  13. « Le PLR tessinois lance Ignazio Cassis seul dans la course au Conseil fédéral », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  14. « Un ticket Cassis-Moret-Maudet pour l'élection au Conseil fédéral », RTS Info,‎ (lire en ligne)
  15. « Didier Burkhalter quittera le Conseil fédéral au 31 octobre », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  16. « La presse suisse égratigne Isabelle Moret à l'issue des primaires du PLR », RTS Info,‎ (lire en ligne)
  17. « L'UDC soutient Ignazio Cassis tandis que le PS rejette le ticket PLR en bloc », RTS Info,‎ (lire en ligne)
  18. « Ignazio Cassis, un favori qui n’a pas tout pour plaire », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  19. « Ignazio Cassis: "En économie, je suis plus à droite que Didier Burkhalter" », sur RTS Info,
  20. « Ignazio Cassis va continuer à être payé par les assureurs de Curafutura », RTS Info,‎ (lire en ligne)
  21. « Candidat au Conseil fédéral, Ignazio Cassis rend son passeport italien », RTS Info,‎ (lire en ligne)
  22. « L’UDC ne veut pas de conseillers fédéraux binationaux », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  23. « Ignazio Cassis: "En économie, je suis plus à droite que Didier Burkhalter" », RTS Info,‎ (lire en ligne)

Lien externe[modifier | modifier le code]