Ignazio Cassis

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Ignazio Cassis
Illustration.
Portrait d'Ignazio Cassis
Fonctions
117e conseiller fédéral suisse
En fonction depuis le
(3 ans, 7 mois et 23 jours)
Élection
Réélection 11 décembre 2019
Prédécesseur Didier Burkhalter
Chef du Département fédéral des affaires étrangères
En fonction depuis le
(3 ans, 7 mois et 23 jours)
Prédécesseur Didier Burkhalter
Président du groupe PLR
à l'Assemblée fédérale

(1 an, 10 mois et 11 jours)
Législature 50e (2015-2019)
Prédécesseur Gabi Huber
Successeur Beat Walti
Conseiller national

(9 ans, 9 mois et 29 jours)
Législature 48e (2007-2011)
49e (2011-2015)
50e (2015-2019)
Successeur Rocco Cattaneo
Biographie
Nom de naissance Ignazio Cassis
Date de naissance (60 ans)
Lieu de naissance Sessa (Suisse)
Origine Biasca (TI)
Sessa (TI)
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Drapeau de l'Italie Italie (jusqu’en 2017)
Parti politique PRD (jusqu'en 2011)
PLR (depuis 2011)
Diplômé de Université de Zurich
Université de Lausanne
Profession Médecin
Religion Catholique romain

Ignazio Cassis
Conseillers fédéraux de Suisse

Ignazio Cassis, né le à Sessa, est un homme politique suisse, membre du Parti libéral-radical (PLR). Il est conseiller fédéral suisse depuis le et vice-président de la Confédération depuis le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Ignazio Cassis grandit avec ses trois sœurs dans le village de Sessa, sur les hauts du lac de Lugano. À l'âge de 13 ans, à la suite d'un accident, il perd l'auriculaire de sa main droite[1]. Dans sa jeunesse, il pratique le piano, puis la trompette. En 1980, il effectue son école de recrue dans la place d'armes de Savatan en tant que trompette militaire.

Après des études de médecine à l'Université de Zurich, dont il sort diplômé en 1987, il se spécialise dans la santé publique, la médecine interne, la prévention et les soins de santé. De 1996 à 2008, il est médecin cantonal du Tessin, puis exerce la fonction de vice-président de la Fédération des médecins suisses à partir de 2008. Il annonce en novembre 2011 qu'il ne briguera pas de nouveau mandat pour la législature 2012-2016 en raison de divergences de vue avec le reste de la fédération concernant les soins intégrés[2].

Depuis 2004, Cassis est membre du conseil communal de Collina d'Oro. Durant la législature 2007-2011, il siège au Conseil national comme représentant du canton du Tessin. Il appartient à sa Commission de la sécurité sociale et de la santé.

Le , il annonce sa candidature au Conseil fédéral afin de succéder à Hans-Rudolf Merz[3]. Sa candidature n'est toutefois pas retenue par le groupe libéral-radical de l'Assemblée fédérale[4].

Après les élections fédérales de 2015, il succède à Gabi Huber comme président du groupe parlementaire PLR à l'Assemblée fédérale, après avoir battu Christian Wasserfallen[5].

Depuis 2015, il est membre de la Fondation pour la promotion du goût[6].

Le , il est élu conseiller fédéral par l'Assemblée fédérale[7]. Son élection intervient au 2e tour de scrutin avec 125 voix (majorité absolue : 123 voix). Il devance Pierre Maudet (90 voix) et Isabelle Moret (28 voix). Il est le premier Tessinois élu conseiller fédéral depuis Flavio Cotti.

À la suite de son élection, la répartition des départements est décidée par le Conseil fédéral le . Il reprend la direction du Département des affaires étrangères à son entrée en fonction, le [8].

Il parle l'italien, sa langue maternelle, l'allemand, le français et l'anglais.

Le , il est réélu au Conseil fédéral avec un mauvais score, 145 voix, dû à la candidature de l'écologiste Regula Rytz dont le parti, fort de ses 13 % lors des dernières élections, revendiquait un siège au Conseil fédéral.

Le , il est élu par l'Assemblée fédérale, vice-président de la Confédération pour l'année 2021[9].

Conseil fédéral (2017-)[modifier | modifier le code]

Ignazio Cassis, avec Sergio Ermotti (CEO d'UBS) et Filippo Lombardi (conseiller aux États), en 2019.

Contexte et chronologie[modifier | modifier le code]

Le , à la suite de l’annonce par Didier Burkhalter de sa démission (qui constituait une surprise[10]) pour le de la même année, Cassis est pressenti comme un successeur probable, du fait des règles de la « formule magique » et de la représentativité linguistique du Conseil fédéral. La première règle, informelle, vise à faire respecter une composition du Conseil fédéral qui reflète l’équilibre partisan du pays: ainsi, le PLR a le droit à deux représentants, et Burkhalter doit donc être remplacé par un politicien PLR. La seconde règle, formelle puisqu’inscrite dans la Constitution (art. 175 al. 4), impose une composition d’un Conseil fédéral qui représentative de la diversité linguistique et culturelle suisse. Cette règle peut être interprétée de diverses manières, mais le plus souvent elle se concrétise par un Conseil fédéral ayant en permanence des membres alémaniques et latins. Si la Suisse romande est bien représentée en 2017 (3 conseillers sur 7), le Tessin ne l’a pas été depuis 1999. Cette longue absence de l’exécutif fédéral, ainsi que les problèmes particuliers du Tessin, canton frontalier confronté à une forte migration et un fort afflux de travailleurs frontaliers, sont vus comme des arguments de poids pour l’élection d’un représentant de ce canton.

Dans les médias, le nom d'Ignazio Cassis, déjà pressenti pour ce rôle[11], apparaît ainsi presque immédiatement après la démission de Burkhalter[12]. De fait, la direction nationale du PLR affirme privilégier une candidature latine (romande ou italophone), tout en soulignant que toutes les sections cantonales peuvent soumettre une candidature[13]. La section tessinoise désigne Cassis comme candidat unique, contre le souhait de plusieurs PLR d’un ticket à deux candidats[14]. Le 1er septembre, le groupe parlementaire PLR décide d’un ticket à trois candidats, formé d’Ignazio Cassis, et des Romands Isabelle Moret (Vaud) et Pierre Maudet (Genève)[15].

Positions et arguments en faveur et défaveur de sa candidature[modifier | modifier le code]

Cassis est mis en avant notamment pour sa parfaite maîtrise de l’allemand et du français, sa longue expérience politique (chef du groupe libéral-radical aux chambres), ainsi que pour sa connaissance des questions de santé, vues comme un enjeu politique majeur[16]. Moret et Maudet auraient le désavantage de n'être pas tessinois, ainsi que, pour la première, une faible expérience des exécutifs et, pour le second, un manque d'expérience ainsi qu'un faible réseau au niveau fédéral[17].

Sa ligne sur les questions d’immigration, plus à droite que la majorité de son parti, lui vaut des critiques au centre et à gauche et favorise son statut de candidat préféré de l’UDC (premier parti de Suisse)[18].

Sa proximité avec le milieu des assurances-maladie, très critiquées notamment en raison de l’augmentation des coûts de la santé, fait de lui une cible d’attaques de la gauche[19]. Il préside notamment le lobby Curafutura, tout en étant président de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique au Conseil national. Cassis se défend de cette critique en affirmant que le Parlement suisse est un parlement de milice et que la politique représente une activité « accessoire », à côté de ses activités principales dans le domaine de la santé. Il relève de plus qu'en cas d'élection au Conseil fédéral il devrait de toute façon mettre fin à tous ses engagements[20]. D’autres soulignent que ces activités lui permettent de saisir tous les enjeux des questions de santé publique. Le , le quotidien Der Bund annonce qu’Ignazio Cassis se retire temporairement de sa fonction de président de Curafutura, tout en restant à la disposition des vice-présidents qui le remplaceront jusqu’à l’élection du . Pendant cette période, il continue de toucher un salaire, mais réduit de moitié[21].

Controverse sur la double-nationalité[modifier | modifier le code]

Ignazio Cassis lors d'une conférence de presse en 2019 (en arrière-plan, son huisser en uniforme).

Cassis renonce à sa nationalité italienne au cours de la campagne. Le candidat Pierre Maudet, également double national, ne renonce pas à sa nationalité française mais se déclare prêt à y renoncer de façon temporaire en cas d’élection si le gouvernement le juge nécessaire[22].

Cette action de Cassis, très médiatisée, fait suite notamment aux remarques de l’UDC avançant une incompatibilité de la double nationalité avec la fonction très exposée de conseiller fédéral[23]. Cassis affirme que cette décision « n’est pas un gage aux exigences de l’UDC » et qu’il l’a prise « pour [lui] tout seul »[24].

Les critiques voient cette action comme créant un précédent néfaste, qui remettrait implicitement en question la légitimité des Suisses doubles nationaux et forcerait d’autres politiciens doubles nationaux à se justifier de leur double nationalité ou à se défaire de leur nationalité non suisse.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Bienvenue chez Ignazio Cassis », L'illustré,‎ (lire en ligne, consulté le 6 octobre 2017)
  2. « Le conseiller national Ignazio Cassis quitte la FMH », sur tsr.ch, (consulté le 29 décembre 2015)
  3. « Le PLR tessinois lance Ignazio Cassis », sur 20min.ch, (consulté le 29 décembre 2015)
  4. « Une politicienne et un patron pour le PLR », sur collectifvan.org, (consulté le 29 décembre 2015)
  5. « Ignazio Cassis nouveau président du groupe parlementaire libéral-radical », sur plr.ch, (consulté le 29 décembre 2015)
  6. « CV | Ignazio Cassis », sur www.ignaziocassis.ch (consulté le 6 octobre 2017)
  7. Juliette Galeazzi, Victorien Kissling et Cécile Rais, « Le Tessinois Ignazio Cassis élu au Conseil fédéral », RTS Info,‎ (lire en ligne, consulté le 20 septembre 2017)
  8. « Ignazio Cassis reprendra le DFAE », Le Temps,‎ (lire en ligne, consulté le 6 octobre 2017)
  9. « Guy Parmelin devient président de la Confédération », sur 24 Heures,
  10. « Les parlementaires pris de court par la démission de Didier Burkhalter », RTS Info,‎ (lire en ligne)
  11. « L'irrésistible ascension politique d'Ignazio Cassis », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  12. « Le PLR tessinois lance Ignazio Cassis seul dans la course au Conseil fédéral », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  13. « Un favori et des outsiders, qui pour succéder à Didier Burkhalter? », RTS Info,‎ (lire en ligne)
  14. « Le PLR tessinois lance Ignazio Cassis seul dans la course au Conseil fédéral », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  15. « Un ticket Cassis-Moret-Maudet pour l'élection au Conseil fédéral », RTS Info,‎ (lire en ligne)
  16. « Didier Burkhalter quittera le Conseil fédéral au 31 octobre », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  17. « La presse suisse égratigne Isabelle Moret à l'issue des primaires du PLR », RTS Info,‎ (lire en ligne)
  18. « L'UDC soutient Ignazio Cassis tandis que le PS rejette le ticket PLR en bloc », RTS Info,‎ (lire en ligne)
  19. « Ignazio Cassis, un favori qui n’a pas tout pour plaire », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  20. « Ignazio Cassis: "En économie, je suis plus à droite que Didier Burkhalter" », sur RTS Info,
  21. « Ignazio Cassis va continuer à être payé par les assureurs de Curafutura », RTS Info,‎ (lire en ligne)
  22. « Candidat au Conseil fédéral, Ignazio Cassis rend son passeport italien », RTS Info,‎ (lire en ligne)
  23. « L’UDC ne veut pas de conseillers fédéraux binationaux », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  24. « Ignazio Cassis: "En économie, je suis plus à droite que Didier Burkhalter" », RTS Info,‎ (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles[modifier | modifier le code]

  • Michel Guillaume, « Ignazio Cassis, un conseiller fédéral hors normes », Le Temps,‎ (lire en ligne).
  • (de) Dennis Bühler, « Die Schadensbilanz », Republik,‎ (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]