Anne Beaumanoir

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Anne Beaumanoir
Anne Beaumanoir c1940.png
Anne Beaumanoir à l'âge de 17 ans
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Anne Beaumanoir, née le dans les Côtes-du-Nord, est un médecin neurophysiologiste français. Pour son aide aux Juifs en Bretagne pendant la Seconde Guerre mondiale, elle est reconnue Juste parmi les nations par le Yad Vashem. Militante communiste, elle est également connue pour sa lutte en Algérie avec le FLN et pour ses divers engagements.

Biographie[modifier | modifier le code]

Anne Beaumanoir est née le en Bretagne, au Guildo (actuellement commune de Saint-Cast-le-Guildo), près de Dinan, dans les Côtes-du-Nord[1],[2]. Elle est issue d'un milieu modeste. Ses parents sont restaurateurs[3],[1].

Seconde Guerre mondiale : étudiante, sauve deux enfants juifs[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle est étudiante en médecine, et clandestinement militante communiste[4]. Des amis de ses parents l'avertissent un jour qu'une rafle va avoir lieu la nuit suivante dans le 13e arrondissement de Paris, et lui demandent de prévenir une dame, Victoria, qui cache une famille juive. Anne Beaumanoir se rend chez Victoria, puis auprès de la famille juive, les Lisopravski ; mais elle ne parvient pas à les convaincre tous de la suivre d'urgence, seuls les deux enfants, Daniel et Simone, partent avec elle[4].

Elle emmène les enfants dans une cachette où logent de nombreux membres de la Résistance. Mais la Gestapo investit peu après le repaire, vraisemblablement sur dénonciation, et arrête tous les résistants sauf le chef qui parvient à s'enfuir par les toits, avec les deux enfants. Anne Beaumanoir n'était pas à Paris à ce moment-là ; lorsqu'elle revient, elle retire les deux enfants de la cachette temporaire où ils ont été placés, ne la jugeant pas sûre, et elle les emmène chez ses parents en Bretagne, dans leur maison de Dinan[4].

À Dinan, son père Jean Beaumanoir est interrogé par la police qui soupçonne sa participation à la Résistance, mais le relâche faute de preuve. Sa mère Marthe Beaumanoir cache les enfants à deux endroits différents pendant deux semaines, puis avec son mari les accueille chez eux pendant presque un an[4]. Après la Libération, les deux enfants sauvés gardent contact avec Anne Beaumanoir et ses parents[5].

Après-guerre : médecin, militante[modifier | modifier le code]

Anne Beaumanoir reprend ses études de médecine, à Marseille, et devient neurologue[1], professeur de neurologie[5]. Elle épouse un médecin. N'étant plus d'accord avec le parti communiste, elle quitte le parti en 1955. À Marseille, elle fait la connaissance des prêtres ouvriers, et de leur travail social auprès des Algériens[1].

À Paris, elle fait de la recherche médicale. Elle prend parti pour le FLN algérien et lui apporte son aide, ce qui lui vaut d'être arrêtée, et condamnée en 1959 à dix ans de prison[1]. À la prison des Baumettes elle est d'abord mise au secret, puis chargée d'alphabétiser les détenues, et écrit leurs lettres[6]. Étant enceinte, elle est libérée provisoirement pour accoucher. Après la naissance de son enfant, elle s'évade et part en Tunisie. Rejoignant l'armée algérienne, elle en est la neuropsychiatre, prenant la suite de Frantz Fanon[1].

Après les accords d'Évian et la fin de la guerre d'Algérie, Anne Beaumanoir devient membre du cabinet du ministre de la Santé du gouvernement de Ben Bella. Lorsque ce dernier est renversé, elle est exfiltrée vers la Suisse, où elle prend à Genève la direction du service de neurophysiologie à l'hôpital universitaire[1].

Retraitée, elle vit tantôt à Saint-Cast-le-Guildo en Bretagne, son village natal, tantôt à Dieulefit dans la Drôme. Elle appelle à l'accueil des réfugiés syriens[1].

En 2020, elle fait partie, en tant que co-présidente d'honneur, du Conseil national de la Nouvelle Résistance (CNNR)[7],[8]. Elle participe à la rédaction de l'ouvrage collectif Résistons ensemble, pour que renaissent les jours heureux, qui parait le 27 mai 2020, date de la journée nationale de la Résistance.

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Anne Beaumanoir est reconnue « Juste parmi les nations » le par l'institut Yad Vashem, en même temps que ses parents Jean et Marthe Beaumanoir[3],[9].

Denis Robert, journaliste d'investigation et documentariste, réalise en 2016 un documentaire sur la vie d'Anne Beaumanoir[1]. Le documentaire est co-réalisé par Nina Robert, et s'appelle Une vie d'Annette[10].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Documentaires audiovisuels[modifier | modifier le code]

Radio[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h et i Pierre Cochez, « Anne Beaumanoir, une vie d’actions », sur la-croix.com, La Croix, (consulté le 21 juin 2017)
  2. Thomas Piguel, « Anne Beaumanoir. Les souvenirs de guerre d'une Juste », sur letelegramme.fr, Le Télégramme, (consulté le 3 juillet 2017).
  3. a et b « Beaumanoir Anne, Beaumanoir Jean, Beaumanoir Marthe », sur yadvashem-france.org, Comité français pour Yad Vashem (consulté le 9 juin 2017).
  4. a b c et d Gutman et Lazare 2003, p. 77.
  5. a et b Gutman et Lazare 2003, p. 78.
  6. Camille Laffont, « Prison: il était une fois les Baumettes », sur lexpress.fr, l'Express, (consulté le 3 juillet 2017)
  7. « Des personnalités créent un... « Conseil national de la Nouvelle Résistance » », sur nouvelobs.com, Le Nouvel Obs, (consulté le 20 juin 2020).
  8. « Naissance du « Conseil national de la Nouvelle Résistance » », sur reporterre.net, (consulté le 20 juin 2020).
  9. (en) « The Righteous Among The Nations - Beaumanoir Anne », sur db.yadvashem.org, Yad Vashem (consulté le 9 juin 2017)
  10. a et b « Une vie d'Annette », sur citizen-films.fr, (consulté le 20 juin 2020)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]