Marcel Pilet-Golaz

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Conseiller fédéral suisse
Marcel Pilet-Golaz
Marcel Pilet-Golaz
Fonctions
51e conseiller fédéral
Élection
Prédécesseur Ernest Chuard
Successeur Max Petitpierre
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Cossonay (canton de Vaud)
Date de décès (à 68 ans)
Lieu de décès Paris
Parti politique PRD

Marcel Pilet-Golaz
Liste des conseillers fédéraux de Suisse

Marcel Pilet-Golaz, né le à Cossonay et mort le à Paris, est une personnalité politique suisse membre du parti radical-démocratique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Bourgeois de Château-d'Œx, il obtient son doctorat en droit de l'Université de Lausanne en 1912, puis son brevet d'avocat. Il est ensuite major à l'armée dans un bataillon de fusiliers. Membre du parti radical, il est député au Grand Conseil du canton de Vaud entre 1921 et 1928, puis conseiller national entre 1925 et 1928 où il s'oppose notamment au droit de grève des fonctionnaires en 1926.

Il est élu au Conseil fédéral le 13 décembre 1928, à la tête du département de l'intérieur jusqu'en 1930 où il prend la tête du département des postes et des chemins de fer. En 1940, à la suite du décès de Giuseppe Motta, il devient directeur du département politique (département des affaires étrangères) qu'il garde, à l'exception d'un rapide retour au Département des postes et des chemins de fer à la fin de 1940, jusqu'à son départ en 1944. Il fut président de la Confédération en 1934 et en 1940.

En tant que président de la Confédération, il donne un discours à la nation, alors en pleine crise de confiance à la suite de la capitulation française, le , afin de rassurer la population[1]. Ce discours, approuvé par l'ensemble du Conseil fédéral, est ambigu car il parle d'une réforme autoritaire de la démocratie et est très mal perçu par la population. Outre l'admission tacite que la guerre est alors terminée, ce discours ne parle pas du rôle de l'armée et ne contient pas les termes de démocratie ou de neutralité[2]. L'ambiguïté augmente encore lorsqu'en septembre il reçoit des membres du Mouvement national suisse (pro-hitlérien).

Néanmoins, il applique la politique officielle de neutralité et d'indépendance. En tant que chef de la politique extérieure, Pilet-Golaz doit trouver un équilibre entre les exigences allemandes, les demandes des Alliés et la volonté de rester indépendante de la Suisse. La voie qu’il choisit alors, établissant un relativement bon rapport avec le Troisième Reich, fut très contestée, aussi bien pendant qu’après la guerre. Il crée alors le concept de « neutralité active » qui sera repris dans d'autres circonstances aux débuts du XXIe siècle[3].

Sa tentative d’entrer en contact secret avec l’Union soviétique que le gouvernement n'a jamais officiellement reconnue[4] en 1944 est sèchement refusée par celle-ci qui accuse publiquement le gouvernement suisse de mener une « politique pro-fasciste »[5]. La presse et l'opinion publique rendent Pilet-Golaz responsable de cette politique et le poussent à la démission, ce qu'il fait le 7 novembre 1944[3]. Il se retire alors dans son domaine d'Essertines-sur-Rolle, sans jamais s'expliquer sur son action politique.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. http://dodis.ch/47075, voir aussi Fabienne Regard, Laurent Neury, « Extrait du discours tiré de Mémoire d'une Suisse en guerre » (consulté le 2 janvier 2008)
  2. Jean-Jacques Bouquet, « Entre les deux camps » (consulté le 2 janvier 2008)
  3. a et b Ron Hochuli, « Marcel Pilet-Golaz, la souveraineté à tout prix » (consulté le 2 janvier 2008)
  4. Géraldine Savary, « Note de lecture: En 1943, la Suisse et l'URSS » (consulté le 2 janvier 2008)
  5. Documents Diplomatiques Suisses, « L'Ambassadeur d'Union Soviétique à Londres à la Légation de Suisse à Londres » (consulté le 29 février 2016)

Sources[modifier | modifier le code]