Afroféminisme

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L’afroféminisme est un mouvement apparu pendant la période d’émancipation féministe des années 1970, dans la mouvance du Black Feminism (féminisme noir). L’afro-féminisme prend cependant en compte les enjeux spécifiques liés à l’histoire de la diaspora afropéenne (colonisation et post-colonisation), et aux discriminations particulières auxquelles font face les femmes racisées.

L’afro-féminisme incarné par les afro-descendantes (d’Afrique, d’Europe et des diasporas) est étroitement lié à l’intersectionnalité. Elles luttent en effet contre les discriminations de genre, race, classe, sexualité, religion, etc. à travers leurs théories, marches, tables rondes, etc.

L’afro-féminisme se manifeste particulièrement en France via les réseaux sociaux, blogs et cyber-mouvements. Le collectif Mwasi se veut représentatif d’une nouvelle génération d’afro-féministes françaises qui comble une absence de près d’une vingtaine d’années.

Black feminism[modifier | modifier le code]

L’afro-féminisme puise ses sources du mouvement africain-américain du Black Feminism qui émerge dans les années 1970. En 1977, le collectif radical Combahee River Collective synthétise les principaux enjeux du mouvement comme « la lutte contre l’oppression raciste, sexuelle, hétérosexuelle et de classe » et affiche un but de « combattre les oppressions multiples et simultanées qu’affronte l’ensemble des femmes de couleur[1] ».

La spécificité de l’afro-féminisme[modifier | modifier le code]

Cependant, l’afroféminisme (afro-européen) se distingue du Black feminism (afro-américain).

Blackness / Négritude[modifier | modifier le code]

L’histoire de la négritude américaine n’est en effet pas celle de l’Europe. D’un côté, majoritairement, se trouvent des descendant.e.s d’esclaves, de l’autre, des afro-descendant.e.s issu.e.s du colonialisme. Un grand nombre de noirs-américain.e.s n’ont que peu, si ce n’est aucun attachement familial, voire culturel, avec l’Afrique, tandis que nombre de noir.e.s d’Europe sont issu.e.s d’une émigration relativement récente. Au-delà d’une donnée commune - leur couleur de peau - les enjeux de leurs revendications sont dès lors sensiblement différents.

Afropéanisme[modifier | modifier le code]

L’afropéanisme est un mot-valise désignant la condition particulière des Noir.e.s européen.e.s. Se jouant des frontières nationales – tout comme le font les diasporas –, il insiste donc sur l’idée d’une pluralité culturelle. Selon l’écrivaine Léonora Miano :

« Le terme "afropéen" cherche à décrire ces personnes d’ascendance subsaharienne ou caribéenne et de culture européenne : des individus qui mangent certes des plantains frits mais dont les particularismes ne sont pas tellement différents de ceux qu’on peut trouver dans les régions de France. » Le Magazine littéraire, 2010[2].

Toutefois l’afropéanisme n’est en aucun cas un déni d’appartenance, il s’agit au contraire d’assumer une singularité mais d’en dénoncer tout usage discriminant.

Les années 2010[modifier | modifier le code]

L’afro-féminisme en France est représenté, entre autres, par différents collectifs tel que Mwasi, Afro-Fem, Parlons des Femmes noires. On retrouve également la réalisatrice Amandine Gay, qui est l’une des voix de l’afro-féminisme en France. Depuis 2014, elle travaille sur un projet de film sur l’afro-féminisme, Ouvrir la voix[3], et témoigne des obstacles rencontrés dans sa carrière de comédienne du fait de sa couleur de peau. La journaliste et chroniqueuse Rokhaya Diallo inclut également dans son combat féministe les luttes contre le racisme, l'homophobie, ou encore le handicap[4]. Ces femmes et collectifs de femmes sont également très actifs sur Internet[5], à la radio ou encore lors des conférences et débats publics[6],[7].

En Allemagne, le mouvement est initié par Audre Lorde, poétesse américaine qui séjourna régulièrement à Berlin dans les années 1980 et qui permit l'émergence de groupes afro-allemands féministes tels que le groupe lesbien ADEFRA (dialecte ahmarique éthiopien signifiant « la femme qui montre du courage ») et l’ISD ou Initiative Schwarze Menschen in Deutschen (signifiant « l’initiative des Noirs allemands »), permettant aux afro-allemandes d’acquérir plus de visibilité[8]. Le terme « afro-allemande » est également le résultat de discussions entre Audre Lorde et ces associations féministes[9].

En Grande-Bretagne, le travail de la vidéaste jamaïco-britannique Cecile Emeke vise à mettre en avant les problématiques des femmes afro-européennes contemporaines[10]. Selon elle, il y aurait une surreprésentation des femmes noires américaines dans les médias et une sous-représentation des femmes noires européennes, fossé qu'elle tente de combler en réalisant des portraits et documentaires de ces dernières.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jules Falquet, « Déclaration du Combahee River Collective », Les cahiers du CEDREF. Centre d'enseignement, d'études et de recherches pour les études féministes,‎ , p. 53–67 (ISSN 1146-6472, lire en ligne)
  2. « Léonora Miano : « Il faut formuler le concept d'afropéanisme » | Le Magazine Littéraire », sur www.magazine-litteraire.com (consulté le 6 mars 2016)
  3. « Ouvrir La Voix », sur www.facebook.com (consulté le 6 mars 2016)
  4. Psychologies.com, « Rokhaya Diallo, le rire noir : Féministe avant tout », sur www.psychologies.com (consulté le 6 mars 2016)
  5. « Amandine Gay », sur Slate.fr (consulté le 6 mars 2016)
  6. « L’afro- féminisme à l’honneur à la Sorbonne », sur www.afriqueconnection.com, (consulté le 6 mars 2016)
  7. camaradobono, « AFRO-FEMINISMES », sur camaradobono (consulté le 6 mars 2016)
  8. « CASES REBELLES | PanAfroRévolutionnaires », sur www.cases-rebelles.org (consulté le 6 mars 2016)
  9. Cornelia Möser, Féminismes en traductions, Archives contemporaines, (ISBN 9782813000804, lire en ligne)
  10. « Ne sois pas une Fatou » : des jeunes Françaises racontent leurs blessures, sur Madame Figaro (consulté le 6 mars 2016)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Mwasi est un collectif afro-féministe créé en 2014 à Paris afin de militer pour l’afro-féminisme.
  • Amandine Gay est une réalisatrice française afro-descendante et afro-féministe.
  • Cecile Emeke est une vidéaste jamaïco-britannique afro-féministe.