Sojourner Truth

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Sojourner Truth
Sojourner Truth, 1870 (cropped, restored).jpg
Sojourner Truth vers 1870.
Biographie
Naissance
Vers Voir et modifier les données sur Wikidata
Hurley (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Sépulture
Cimetière de Oak Hill (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Isabella BaumfreeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domicile
Activités
Statut
Esclave (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Domaine
Religion
Site web
Distinctions
National Women's Hall of Fame ()
Panthéon des femmes du Michigan (en) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Sojourner Truth, (née probablement en 1797 dans la ville d'Hurley (comté d'Ulster), dans l'État de New York et morte le 26 novembre 1883 à Battle Creek dans l'État du Michigan) est le nom que s'est donné en 1843 une abolitionniste afro-américaine et une militante pour le droit de vote des femmes, née de parents esclaves. Son nom de naissance était Isabella Baumfree, bien que certaines sources la nomment Isabella Van Wagener.

Biographie[modifier | modifier le code]

Isabella est l'une des treize enfants d'un couple d'esclaves appartenant à James et Elizabeth Baumfree. Née dans l'ancienne colonie hollandaise du comté d'Ulster , Sojourner Truth ne parlait que le néerlandais lorsqu'elle fut vendue à l'âge de 11 ans[1],[2].

De par sa condition d'esclave, elle fut unie contre son gré à Thomas Jeffery Harvey, un esclave plus âgé. De cette union non souhaitée naquirent 5 enfants.

En 1827, elle s'enfuit de la ferme de John Dumont, son troisième maître, pour trouver refuge au Canada avec Sophie, la plus jeune de ses filles, alors enfant en bas âge, car son maître refusa de la libérer après l'abolition de l'esclavage dans l'État de New York (1827). Elle retourna dans cet État en 1829 pour y travailler une décennie en tant que servante au sein de multiples communautés religieuses. L'une d'entre elles, connue sous le nom de « Royaume de Matthias », fut impliquée dans un scandale de meurtre et d'adultère[3]. Isabella rejoignit alors Elijah Pierson, le leader de ce groupuscule religieux dans des prêches évangéliques.

En 1841, elle s'installa à Northampton, dans le Massachusetts. En 1843, Isabella fut inspirée par une révélation spirituelle qui changea le cours de son existence. Elle changea son nom et devint Sojourner Truth. Dès lors, elle fit des prêches à Long Island et dans le Connecticut, en annonçant la « vérité divine du salut de l'âme ». La même année, elle rejoignit une petite communauté vivant selon des principes utopiques, l'Association de Northampton pour l'éducation et l'industrie. Lorsque cette association fut dissoute en 1846, elle resta à Florence, dans le Massachusetts, où elle écrivit sa biographie avec l'aide d'Olive Gilbert, un de ses voisins. Ses mémoires furent publiés en 1850 sous le titre : Narrative of Sojourner Truth: A Northern Slave[4] (que l'on pourrait traduire par Histoire de Sojourner Truth, une esclave du Nord[4]).

Dès lors, elle devint une fervente défenseure de la cause abolitionniste et du mouvement des droits des femmes. Le fameux discours de Truth, Ain't I a Woman?[5],[6], prononcé en 1851 à Akron dans l'Ohio lors de la convention des droits de la femme, présidé par Frances Gage, résumait bien les revendications de la cause féministe.

Abraham Lincoln et Sojourner Truth devant une Bible, dessin, 1864.

En 1857, Sojourner Truth se déplaça dans le Michigan, où elle continua à défendre sa cause. Durant la Guerre de Sécession, elle organisa des collectes de vivres pour les régiments noirs combattant pour l'Union, puis s'installa à Washington, D.C. après la promulgation de la Proclamation d'émancipation, afin de travailler avec d'anciens esclaves. Elle rencontra le président Abraham Lincoln en 1864.

Après la guerre civile, Sojourner Truth s'attacha à faciliter la recherche d'emplois des réfugiés noirs. Elle fit aussi de nombreuses apparitions publiques où elle s'adressait en majorité à un public blanc. Dans ses discours, teintés de religion et de féminisme, elle défendait l'idée de la création d'un État noir dans l'ouest des États-Unis.

Elle retourna dans le Michigan en 1867 et mourut à son domicile de Battle Creek (Michigan), le . Elle fut enterrée dans le cimetière de Oak Hill dans la localité de Battle Creek.

Hommages[modifier | modifier le code]

Buste en bronze de Sojourner Truth par Artis Lane en 2009, trônant au Capitole à Washington
  • Elle est inscrite au National Women's Hall of Fame.
  • En 1983, elle fut intégrée au tableau d'honneur des femmes les plus importantes du Michigan.
  • En 1997, le robot de la sonde spatiale Mars Pathfinder — une mission d'exploration de la planète Mars développée par la NASA  — fut baptisé « Sojourner », en la mémoire de l'abolitionniste Sojourner Truth[7].
  • (249521) Truth, astéroïde.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Sojourner Truth | Biography, Accomplishments, & Facts », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 23 juillet 2020)
  2. (en-US) « Sojourner Truth | Encyclopedia.com », sur www.encyclopedia.com (consulté le 23 juillet 2020)
  3. (en) Paul E. Johnson et Sean Wilentz, The Kingdom of Matthias, a Story of Sex and Salvation in 19th-Century America, Oxford University Press, , 240 p. (ISBN 978-0-19-509835-8 et 0-19-509835-8).
  4. a et b (en) « Narrative of Sojourner Truth », sur digital.library.upenn.edu, (consulté le 18 avril 2019).
  5. (en) « Sojourner Truth Quotes About Abolition and Women's Rights », sur womenshistory.about.com (consulté le 18 avril 2019).
  6. (en-US) Mundelein College B. A. et Meadville/Lombard Theological School M. Div., « What Are Some of Sojourner Truth's Best Quotes? », sur ThoughtCo (consulté le 23 juillet 2020)
  7. Sarah Loff, « Mars Pathfinder and Sojourner Rover », sur NASA, (consulté le 8 juin 2020)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie (en anglais)[modifier | modifier le code]

  • Jacqueline Bernard, Journey Toward Freedom: The Story of Sojourner Truth, W. W. Norton & Co., New York, 1990.
  • Victoria Ortiz, Sojourner Truth: A Self-Made Woman, Lippincott, New York, 1974.
  • Carleton Mabee et Susan Mabee Newhouse, Sojourner Truth: Slave, Prophet, Legend (New York et Londres : New York University Press, 1993) (ISBN 0-8147-5525-9)
  • Nell Irvin Painter, Sojourner Truth: A Life, A Symbol (New York et Londres : W. W. Norton & Co., 1996) (ISBN 0-393-31708-0)
  • Erlene Stetson et Linda David, Glorying in Tribulation: The Lifework of Sojourner Truth (East Lansing : Michigan State University Press, 1994) (ISBN 0-87013-337-3)

Liens externes[modifier | modifier le code]