Gerty Dambury

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Gerty Dambury
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Gerty Dambury

Naissance (60 ans)
Pointe-à-Pitre, Guadeloupe
Activité principale
Distinctions
Prix SACD de la dramaturgie en langue française (2008)
• Mention spéciale du prix Carbet pour l'ensemble de son œuvre (2011)
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Œuvres principales

  • Lettres indiennes (Théâtre, éd. Lansman, 1993)
  • Trames (Théâtre, éd. du Manguier, 2008)
  • Les Rétifs (Roman, éd. du Manguier, 2012)

Gerty Dambury, née le à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, est une dramaturge, metteuse en scène, romancière et poétesse française. Son travail a été à plusieurs reprises distingué : Prix SACD de la dramaturgie en langue française en 2008[1], Mention spéciale du Prix Carbet pour l'ensemble de son œuvre en 2011[2], Prix Une scène pour la démocratie en 1995. Prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-Monde 2015 pour son ouvrage Le rêve de William Alexander Brown.

Depuis 1981, elle occupe une place toute particulière dans le milieu littéraire des Antilles françaises, par la diversité des champs d'écriture qu'elle couvre : théâtre, nouvelles, poésie, roman.

Biographie[modifier | modifier le code]

Gerty Dambury naît dans une famille d'origine modeste. Son père, Pierre Dambury, fut d'abord tailleur d'habits, tandis que sa mère, née Chaville-Budon, a d'abord été vendeuse dans un magasin de tissus de Pointe-à-Pitre.

Le , après la naissance de sept autres enfants, arrive la petite dernière, Gerty, qui, très vite, montre des aptitudes au dire poétique et théâtral. La famille vit à Pointe-à-Pitre jusqu'aux années 1970, puis quitte la Guadeloupe pour la région parisienne.

Gerty Dambury termine donc ses études secondaires, de 1971 à 1974 au Lycée Jean-Jaurès à Montreuil et entame des études d'anglais et d'arabe à l'université Paris-VIII, à Vincennes (1974-1978).

C'est dans cette université, née des révoltes de 1968 et pensée sur le modèle des campus américains, où elle suit les cours de Pierre Dommergues, Noëlle Batt, Jean Gattégno, Dominique Jean, Paul Oren, Jo Arditti - ces derniers devenant des amis proches - qu'elle acquiert une grande indépendance d'esprit et un goût pour les recherches éclectiques. Elle étudie également l'économie politique, tout en militant dans des groupes de femmes, dans cette période où le mouvement des femmes est particulièrement actif et productif. Elle est membre de la Coordination des femmes noires.

En 1981, elle rentre en Guadeloupe pour y enseigner l'anglais. La lecture du Cahier d'un retour au pays natal, d'Aimé Césaire, y est sans doute pour quelque chose : elle commence à écrire ses premières pièces de théâtre.

En 1983 et 1984, elle met au monde deux enfants, Leila et Jalil Leclaire, dont elle quitte très vite le père.

En Guadeloupe, elle élève seule ses deux enfants, puis revient vivre à Paris en 1998. Elle réside, aujourd'hui, à Montreuil.

Le théâtre pour passion[modifier | modifier le code]

Dès son enfance, Gerty Dambury montre de grandes aptitudes pour le théâtre et le dire poétique.

Les tournées d'une compagnie connue dans les colonies françaises, la compagnie Jean Gosselin, captent toute son attention. Puis, arrivée à Montreuil, elle découvre, grâce à un enseignant de lettres, le théâtre d'Ariane Mnouchkine, avec la pièce 1789.

Rentrée en Guadeloupe, elle décide de se former au théâtre et participe à tous les stages organisés par le Centre d'action culturelle de la Guadeloupe (CACG), qui invite des metteurs en scène et acteurs de la région (José Egouy, Joby Bernabé...) ainsi que des metteurs en scène parisiens (Daniel Mesguich). Elle profite également de sa maîtrise de l'anglais pour se rendre à la Barbade, à Trinidad où elle participe également à des stages de jeu théâtral.

C'est en rentrant de la Barbade qu'elle écrit sa première pièce Carfax, qu'elle mettra en scène en 1986 au Centre des arts de la Guadeloupe, dans le cadre du Festival de théâtre de la Guadeloupe, organisé par le Centre d'action culturelle.

Puis, elle produit de nombreuses pièces dans les années qui suivent : Fyèl en 1987, Vents de Saint John Perse en 1987 dans le cadre du Colloque organisé par la ville de Pointe-à-Pitre, pour le centenaire de la naissance du Saint-John Perse, poète guadeloupéen, prix Nobel de littérature en 1962. Elle crée également un récital de poésie à partir de ses propres textes, dont une adaptation, en créole du Prophète de Khalil Gibran.

Gerty Dambury devient, à cette période, l'une des voix incontournables du théâtre guadeloupéen. Elle écrit pour le théâtre, met en scène, joue également.

En 1988, elle crée Bâton Maréchal, une chronique de la vie quotidienne en Guadeloupe sous l'occupation. Ce texte, qui fut d'abord composé de trois tableaux, commandés par la librairie Jasor, afin de présenter le roman de Raphaël Confiant, Le nègre et l'amiral - dont le thème est l'occupation à la Martinique sous la baguette de l'amiral Robert - connut un tel succès, que Gerty Dambury dut y ajouter de nouveaux personnages. Cette pièce, dans laquelle on trouve les comédiennes Roselaine Bicep, Hervée Lara et Ketty Céleste, en compagnie de Gerty Dambury, fut jouée et rejouée et une captation audiovisuelle par Télé Éclair, une télévision libre de la Basse-Terre, n'a cessé d'être rejouée des années durant.

En 1989, Daniel Maximin introduit Gerty Dambury au festival d'Avignon. C'est Rabordaille, long poème dramatique en hommage au Cahier d'un retour au pays natal d'Aimé Césaire, commande de Marie Jouannic pour La poésie dans un jardin, qui est joué au Cloître des Célestins, avec Martine Maximin, Charlie Chomereau-Lamotte, percussionniste de la Guadeloupe et Antoine Bory à la clarinette basse. Rabordaille connaîtra une belle tournée également, et jouée à Fort-de-France, les comédiens auront l'honneur d'être salués par Aimé Césaire.

Cependant, la passion de Gerty Dambury pour l'écriture la poursuit également.

L'écriture prend le pas[modifier | modifier le code]

En 1992, l'écriture de Gerty Dambury est remarquée, en particulier grâce à Claire-Nita Lafleur, future première directrice de L'Artchipel, scène nationale conventionnée de la Guadeloupe.

Gerty Dambury est invitée au Festival des Francophonies en Limousin et bénéficie d'une bourse d'écriture du CNL - Centre national des lettres. À Limoges, elle rencontre des auteurs qui resteront des compagnons jusqu'à ce jour : Koffi Kwahulé, Abla Farhoud, Kossi Efoui, Emmanuel Dongala. Grâce à Monique Blin, directrice du festival, sa pièce Lettres Indiennes est publiée par les éditions Lansman. Ce texte, qui traite de la mort d'une usine de canne à sucre sur une île (Guadeloupe ? La Réunion ?) fut créée dans le festival in d'Avignon, par Alain Timar, en 1996, au Théâtre des Halles, avec Firmine Richard, Marianne Matthéus, Philippe Calodat, Raymonde Palcy, Gilbert Laumord. La même année, Gerty Dambury est lauréate du prix "Une scène pour la démocratie", avec le texte Survols, publié aux éditions Lansman.

En 1998, la pièce Carêmes, est montée à la scène nationale de la Guadeloupe et Gerty Dambury assiste Philippe Adrien, pour un stage de formation des comédiens. En 1999, son premier recueil de nouvelles, Mélancolie, est publié aux éditions La Fkèche du Temps. En 2000, son premier recueil de poèmes, Fureur enclose, est lui aussi publié aux éditions La Flèche du Temps.

Elle est invitée en résidence d'écriture à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, par Françoise Villaume et Daniel Girard et, grâce à ce dernier, obtient une bourse d'encouragement du CNL. Elle y écrit Enfouissement. À la Chartreuse, elle dirige le no 12 de la revue Les Cahiers de Prospero et coordonne une résidence d'écrivains de La Réunion, Nouvelle-Calédonie, Cuba, Guadeloupe, Haïti. Ce sont ces écrivains, Christian Jalma, Pierre Gope, Nicolas Kurtovitch, Jean-René Lemoine, Michèle Montantin, Yoshvani Médina - entre autres - qui s'exprimeront dans Les cahiers de Propero, sur le thème L'espace qui nous habite.

En 2007, elle crée sa compagnie «La Fabrique Insomniaque» et le directeur des éditions du Manguier lui propose d'éditer ses pièces. C'est le début d'une longue série de publications, principalement pour le théâtre, mais aussi de poèmes, dans de nombreuses revues.

En 2008, sa pièce Trames est consacrée par le prix SACD de la dramaturgie en langue française et lue à Avignon par Andréa Ferréol, Nicole Dogué et Axel Kiener. La pièce est créée en novembre 2008, grâce au soutien de la Fondation Olfert Dapper, avec Firmine Richard, Jalil Leclaire et Martine Maximin,

En 2011, le Théâtre national de Bretagne (TNB) lui commande un texte : elle écrit Les Atlantiques amers.

L'œuvre de Gerty Dambury commence à être étudiée, aux États-Unis, au Canada, au Japon, en Grande-Bretagne, au Brésil et en France.

En 2012, elle publie son premier roman, Les rétifs, aux éditions du Manguier.

Publications[modifier | modifier le code]

Théatre[modifier | modifier le code]

  • Carfax, Création au Centre des Arts de Pointe-à-Pitre, [3]
  • Fyel (Mise en scène : José Exelis), Création au CGOS de Guadeloupe, [3]
  • Bâton Maréchal ou An Tan Sorin, Création au Centre des Arts de Pointe-à-Pitre, [3]
  • Rabordaille, éditions Théâtre ouverture, (OCLC 29194520)
  • Lettres indiennes, Editions Lansman (réimpr. 2009 (Les éditions du Manguier)) (1re éd. 1993) (OCLC 32045209)
  • Madjaka ou la fin du bal (Mise en scène : Evelyne Guillaume), Création à Basse-Terre, [3]
  • Survols. In: Démocratie mosaïque 1, Carnières, Belgique : Lansman, (OCLC 757446689)
  • Camille et Justine, CRELIQ et Société québécoise d'études théâtrales = (réimpr. 2006 (RivartiCollections, New-York)) (1re éd. 2000) (OCLC 751631171)
  • Confusion d'instants (Pièce créée dans le cadre du Festival des Abymes en 2003), Les éditions du Manguier, (OCLC 835191642)
  • Carêmes : suivi de Lui, Hutu, elle Tutsie ; et de Des mots qui chatouillent, Les éditions du Manguier, (OCLC 713650708)
  • Enfouissements, Les éditions du Manguier, (OCLC 713649206)
  • Trames, Les éditions du Manguier, (OCLC 800553146)

Romans[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Rassemblement, in L'humeur du monde, éditions Revue Noire, Paris, 1993[3]
  • Fureur enclose, Coulonges-les-Sablons : la Flèche du temps, (OCLC 467959609)
  • Effervescences, Les éditions du Manguier, (OCLC 815520678)

Nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Maryse Condé, Lise Gauvin, Nouvelles d'Amérique : nouvelles, Montréal (Québec) : L'Hexagone, (OCLC 40300814), « Ruptures de Gerty Dambury »
  • Mélancolie, Coulonges-les-Sablons : la Flèche du temps (réimpr. 2009 (Les éditions du Manguier)) (1re éd. 1999) (OCLC 468217538)

Livres de tourisme[modifier | modifier le code]

  • Claude Bernabé ; Margareth Cartier ; Gerty Dambury (préf. Gerty Dambury : Aimé Césaire), Antilles, Larousse, (OCLC 45755761)

Essais[modifier | modifier le code]

  • Gerty Dambury ; Robert Radford (préf. Gerty Dambury), Radford, Fragments, coll. « Passions d'ailleurs », (OCLC 51770082)
  • Le rêve de William Alexander Brown, Les éditions du Manguier, (OCLC 978-2-918565-17-8)


Divers[modifier | modifier le code]

  • « Les littératures africaines d'expression française », in Clartés, fascicule no 5, 1999, p. 1-10
  • Terre-plein, in La Traductière, no 24, Paris, 2006
  • Cris, Voyages, in Osiris no 62, Old Deerfiels, Massachusetts, 2006
  • Retrait, in La Traductière, no 25, Paris, 2007
  • Surprise, Sans desseins, Ô les cyprès, L'homme qui attend, in Osiris, no 67, Old Deerfield, Massachusetts, 2008

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sylvie Chalaye, Et si c'était ce dont nous parlons tout le temps ? Entretien avec Gerty Dambury et Boubacar Boris Diop, Africultures, Limoges, 1999
  • Christiane Makward, Pressentir l’autre : Gerty Dambury, dramaturge poétique guadeloupéenne, L'annuaire théâtral no 28 Laval, Québec, (OCLC 4894473351), p. 73-87
  • Sylvie Chalaye, Classifier, c'est éviter de s'interroger, entretien avec Gerty Dambury, Africultures, Avignon, 2001
  • Stéphanie Bérard, Percussion et répercussion des voix dans le théâtre de Gerty Dambury, L'esprit créateur, vol. 48, no 3, Johns Hopkins University, Baltimore, 2008 - p. 76-87
  • Sylvie Chalaye, De tram en Trames, entretien avec Gerty Dambury, Africultures, Paris 2008
  • Sylvie Chalaye, Le théâtre de Gerty Dambury : un marronnage au féminin, Africultures no 80/81 : Emergences Caraïbes, une création théâtrale archipélagique, 2010, Paris, p. 231 - 237
  • Stéphanie Bérard (entretien avec Gerty Dambury (Numéro spécial de "Les cahiers de Prospero" n° 12)), L'espace qui nous habite, La Chartreuse, (OCLC 493593038), p. 176-183
  • Stéphanie Bérard (L'Esprit créateur. 48, no. 3), Percussion et repercussion des voix dans le theatre de Gerty Dambury, Lexington, KY : University of Kentucky, Office of Publication, (OCLC 261098677)
  • Pénélope Dechaufour, Sur les trames palimpsestiques de la mémoire, Trames de Gerty Dambury, Africultures, Paris, février 2012, texte en ligne (voir liens externes)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]