Léonora Miano

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Léonora Miano
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Leonora Miano en 2010 au Salon du livre de Paris.
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Léonora Miano, née le à Douala (Cameroun), est une femme de lettres franco-camerounaise[1] d'expression française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Léonora Miano est née en 1973 à Douala au Cameroun. Elle s'installe en France en 1991, d'abord à Valenciennes puis à Nanterre, pour étudier la littérature américaine. La première œuvre de Léonora Miano, L'intérieur de la nuit, reçoit un bon accueil de la critique francophone. Elle reçoit six prix : Les lauriers verts de la forêt des livres, Révélation (2005), le prix Louis-Guilloux (2006)[2], le prix du premier roman de femme (2006)[3], le Prix René-Fallet[4] (2006), le prix Bernard-Palissy (2006)[3], et le Prix de l'excellence camerounaise (2007). Le magazine Lire le qualifie de meilleur premier roman français de l'année 2005.

Son deuxième roman, Contours du jour qui vient, reçoit en le prix Goncourt des lycéens décerné par un jury de jeunes lycéens de 15 à 18 ans[2].

Au printemps 2008, Léonora Miano publie cinq romans dans la collection « Étonnants classiques » du Groupe Flammarion. Ils sont regroupés sous le titre Afropean et autres nouvelles.

Son œuvre a la particularité, selon Daniel S. Larangé, de créer à proprement parler une littérature afropéenne, consciente des transformations du monde et de l'humanité. Elle défend l'identité afropéenne à l'heure de la mondialisation, qui pourrait régénérer la culture française par le biais de la littérature francophone. Toujours selon Daniel S. Larangé, l'écriture-jazzy est fondée sur une culture populaire et musicale, intégrant les rythmes impromptus et les rhapsodies propres au jazz[5].

En , Léonora Miano remporte le Prix Femina pour La Saison de l'ombre qui raconte, dans la lignée du Devoir de violence de Yambo Ouologuem, le début de la traite des Noirs. Le roman, riche en émotions, serait une parabole de la mondialisation qui conduit à exploiter l'humanité comme un produit de consommation. En janvier 2014, la ministre française de la Culture et de la Communication Aurélie Filippetti la nomme au grade de chevalière de l'ordre des Arts et des Lettres[6].

Puis l'écrivaine dirige en 2015 l'ouvrage collectif Volcaniques : une anthologie du plaisir, dans lequel douze autrices du monde noir, Hemley Boum, Nafissatou Dia Diouf, Marie Dô, Nathalie Etoké, Gilda Gonfier, Axelle Jah Njiké, Fabienne Kanor, Gaël Octavia, Gisèle Pineau, Marie-Laure Endale, Elizabeth Tchoungui et Léonora Miano elle-même ont rédigé des nouvelles autour de ce thème[7].

En 2018, Satoshi Miyagi met en scène Révélation, premier volet de la trilogie sur l'histoire de l'esclavagisme Red in Blue publié en 2011. Léonora Miano, spécialiste du fait colonial, fait le choix d'un metteur en scène dont la culture (japonaise) est éloignée de l'histoire de l'esclavagisme transatlantique. C'est une volonté de l'écrivaine pour éviter l'« appropriation culturelle » par un occidental. Le contraste entre l'histoire familière pour un spectateur occidental et la distance esthétique (dissociation de la voix et du corps héritée du théâtre japonais) crée la surprise et, selon Libération, dépasse la confrontation entre l'Afrique et l'Europe[8].

Dans Afropea - Utopie post-occidentale et post-raciste (2020), Léonora Miano rejette la notion d'identité et d'essence « noire » ainsi que celle de « Négritude » et même le terme « Africains ». Elle revendique plutôt les termes Subsahariens, Afrodescendants ou Afropéens, ce dernier terme étant pour elle un outil fécond pour « parvenir à la création de sociétés plus inclusives, post-occidentales »[9]. Dans L'autre langue des femmes, paru en 2021, elle s'intéresse à plusieurs personnalités féminines historiques ou légendaires subsahariennes, et la signification que peuvent avoir aujourd'hui leur légende[10],[11], telles Tassin Hangbè, Moremi Ajasoro, Abla Pokou, Njinga du Ndongo et du Matamba, Amina de Zaria, Caroweelo, Yennenga, Sarraounia, etc..

En 2021, elle écrit la préface à la publication francophone de Carnet de mémoires coloniales de l'écrivaine portugaise Isabela Figueiredo[12].

Œuvres[modifier | modifier le code]

prix Femina 2013

Décorations[modifier | modifier le code]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cécile Daumas, « Leonora Miano, lettre indomptable », sur Libération (consulté le )
  2. a b et c « Le Goncourt des lycéens récompense la Camerounaise Léonora Miano », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  3. a b c d e et f Trésor Simon Yoassi, « Entretien avec Léonora Miano », Nouvelles études francophones, vol. 25, no 2,‎
  4. a et b Lauréats du prix René-Fallet, site officiel
  5. Daniel S. Larangé, De l'écriture africaine à la présence afropéenne : pour une exploration de nouvelles terres littéraires, Paris, L'Harmattan, , 305 p. (ISBN 978-2-343-02737-1), p. 171-206
  6. Ministère de la Culture, « Nomination dans l'ordre des Arts et des Lettres janvier 2014 », sur culture.gouv.fr, (consulté le )
  7. Clarisse Juompan-Yakam, « Sexualité : « Volcaniques. Une anthologie du plaisir », ou l’orgasme selon elles… », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne)
  8. Eve Beauvallet, « «Révélation», chaînes de vies », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le )
  9. Joseph Confavreux, « Léonora Miano imagine une utopie afropéenne », Mediapart,‎ (lire en ligne)
  10. Jean-Louis Jeannelle, « " L’Autre Langue des femmes " : Léonora Miano célèbre les Africaines », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  11. Clémence Mary, « Entretien. Léonora Miano : "C’est aux Africaines de définir leur propre émancipation" », Libération,‎ (lire en ligne)
  12. « « Carnet de mémoires coloniales », d’Isabela Figueiredo : mon père, ce colon », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  13. a et b Séverine Kodjo-Grandvau, « Dix femmes qui pensent l’Afrique et le monde », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  14. Grand prix littéraire de l'Afrique noire. Liste des lauréats, [lire en ligne], consulté le 14 avril 2016
  15. Léonora Miano reçoit le grand Prix du roman métis, article sur le site de 20 minutes, mis en ligne le 28/10/2013
  16. « La Camerounaise Léonora Miano reçoit le prix Femina pour "La saison de l'ombre" », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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