Laura Nsafou

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Laura Nsafou
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Laura Nsafou présentant son livre Comme un million de papillons noirs le 10 novembre 2018 à la librairie Les Mots passants à Aubervilliers
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Laura Nsafou est une auteure française de romans et de livres pour enfants née le , connue également pour son blog « Mrs Roots ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Métisse d'un père congolais[1] et d'une mère martiniquaise, née le [2], elle publie à l'âge de 16 ans un premier roman Callie, juste vous et moi[3]. Elle est d'abord connue sous le pseudonyme de MrsRoots, du nom de son blog où elle écrit sur la pluralité des littératures africaines et afrodescendantes et l’afroféminisme en France[4],[5]. Ayant grandi à Orléans, elle s'installe adulte à Paris[3].

En 2017, elle publie le roman À mains nues qui narre l'histoire d'une jeune Suédoise noire d'origine somalienne qui souffre d’haptophobie, qu'elle écrit lors d'un séjour en Finlande[5],[6]. Elle est surprise d'être interrogée fréquemment pour sa description d'une scène explicite sur le plaisir féminin : « J’ai tout de suite compris que j’avais touché quelque chose de tabou, apparemment réservé aux hommes puisqu’on ne demandera jamais à des auteurs masculins de justifier leurs textes sur leurs liaisons, la manière crue et sexiste de parler du corps des femmes, etc. Et effectivement, une lectrice m’a remercié des mois plus tard d’avoir exprimé le plaisir féminin en dehors d’un imaginaire sexiste »[3]. Se définissant comme auteure afropéenne, héritière à la fois de « l'histoire de l'immigration de son père » mais aussi de « son vécu d'occidentale », elle souhaite apporter un contrepoint au male gaze - le point de vue artistique des hommes - et le white gaze - le point de vue artistique des personnes blanches - et regrette que la littérature féministe africaine (portée notamment par la nigériane Chimamanda Ngozi Adichie) soit essentiellement publiée en premier lieu aux États-Unis[6]. Hormis Toni Morrison, elle apprécie particulièrement Octavia E. Butler[3]. Elle participe au film d'Amandine Gay Ouvrir la voix[6].

Très inspirée par la romancière noire américaine, prix Nobel de littérature, Toni Morrison (« Je ne me voyais pas dans les analyses littéraires. Je cherchais des romans qui parlent d’une jeune femme noire française en Europe qui ne trouve pas sa place, qui est invisible. Je me suis trouvée face à une littérature française qui ne m’inclut pas. J’ai fini par me voir dans la littérature étrangère, en lisant Tar Baby »), elle échange à propos de son blog avec Aurélie Crop, la fondatrice des éditions Bilibok, qui lui propose d’écrire un album pour enfants (qui sera Comme un million de papillons noirs) à partir d’une citation d’un des romans de Toni Morrison, Délivrances, publié en français en 2016[7] : « ses cheveux, semblables à un million de papillons noirs endormis sur sa tête »[3]. Le livre raconte l'histoire d'une jeune fille noire moquée à l'école pour ses cheveux crépus[8], une situation plus proche de la réalité des enfants que de l'univers caricaturaux dans lesquels sont souvent cantonnés les personnages noirs[9], et qui apprend à les aimer : « Je suis partie de mon expérience personnelle. Un jour comme [son héroïne] Adé, après avoir subi des moqueries, j'ai dit à ma mère que je n'aimais pas mes cheveux. J'avais envie de mettre en avant les discriminations entre enfants. Il faut aussi sortir de cette espèce d'idéal qui veut que les enfants soient tous bienveillants. Souvent, si un enfant ne s'aime pas, ce n'est pas inné, c'est une construction qui dépend de l'attitude des autres »[8]. Illustré par Barbara Brun, le livre est soutenu par un financement participatif[8] et connaît un bon démarrage, mais l'éditeur dépose le bilan. L'ouvrage est réédité l'année suivante par Cambourakis[3]. Métisse, sa pluralité d'origines se retrouve dans les personnes de son livre. Laura Nsafou préfère parler « des communautés afro » que de « la communauté afro » : « C'est pas du tout les mêmes cultures », et c'est pourquoi Adé demande aussi conseil à ses tantes « qui viennent de tous les continents » et que ses camarades d'école ont eux-mêmes différentes couleurs de peau ou types de cheveux[6].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Clément Ossinonde, « A la découverte de Laura Nsafou, jeune écrivaine franco-congolaise », sur pagesafrik.info, (consulté le 9 décembre 2018)
  2. « Nsafou, Laura », sur isni.org (consulté le 9 décembre 2018)
  3. a b c d e et f Valérie Levilain-Denise, « Laura Nsafou, auteure engagée », sur shunrize.com, (consulté le 9 décembre 2018)
  4. « Mrs Roots », sur lesdebatsdumondeafrique.com (consulté le 9 décembre 2018)
  5. a et b Pauline Le Gall, « Laura Nsafou veut ajouter sa voix à la littérature afropéenne », sur cheekmagazine.fr, (consulté le 9 décembre 2018)
  6. a b c et d Marie Zafimehy, « Mrs Roots : une dose d'afroféminisme dans la littérature française », sur rtl.fr, (consulté le 9 décembre 2018)
  7. Laélia Véron, « « Ce qu’on fait aux enfants, ça compte. Et ils ne pourront jamais l’oublier. » – Toni Morrison, Délivrances », sur contretemps.eu, (consulté le 9 décembre 2018)
  8. a b et c Maïté Koda, « "Comme un million de papillons noirs", l'album jeunesse sur la beauté du cheveu crépu », sur francetvinfo.fr, (consulté le 9 décembre 2018)
  9. Coumba Kane et Laureline Savoye, « Livres pour enfants : quand les héroïnes sont des petites filles noires », sur lemonde.fr, (consulté le 9 décembre 2018)
  10. « “Comme un million de papillons noirs” : la confiance en soi au cœur d’un succès d’édition jeunesse », Télérama,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]