Combahee River Collective

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Le Combahee River Collective était une organisation féministe lesbienne radicale, active de 1974 à 1980 à Boston[1],[2]. Elle est notamment connue pour sa « Déclaration du Combahee River Collective » (1977), un des textes clés du Black Feminism.

Débuts[modifier | modifier le code]

C'est lors d'une réunion régionale de la National Black Feminist Organization (en) (NBFO) à New York que Barbara Smith et d'autres membres décident de créer ce collectif à Boston. Ce nouveau collectif se montrait plus radical que la NBFO, et s'intéressait davantage à la condition des Noires lesbiennes.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Barbara Smith voulait par ce nom commémorer une action de libération menée par Harriet Tubman en 1863 à Combahee River en Caroline du Sud. Cette opération avait permis de libérer sept-cent-cinquante esclaves. D'après Barbara Smith, « C'était une manière de parler de nous-mêmes en étant en continuité avec la lutte des Noirs, la lutte des femmes noires »[3].

Déclaration[modifier | modifier le code]

Le groupe ressent le besoin de rédiger une déclaration au sujet de leur prise de conscience. Les membres se réunissent toutes les semaines au Centre des femmes de Cambridge (Massachusetts). À partir de 1977, des retraites ont lieu dans d'autres villes pour réfléchir à l'état du mouvement. Les participantes sont encouragées à écrire des articles qui paraissent dans la presse féministe (Heresies, Conditions) ou dans les publications comme The Black Scholar.

La déclaration manifeste la volonté de lutter contre les différentes formes d'oppression : raciale, sexuelle, hétérosexuelle, et de classe. « La synthèse de ces oppressions crée les conditions de nos vies ». Elle rappelle l'importance du Black Feminism et rend hommage à des figures passées comme Sojourner Truth, Harriet Tubman, Frances E. W. Harper, Ida B. Wells Barnett et Mary Church Terrell. Elle a pour but la destruction des systèmes politiques et économiques du capitalisme, de l'impérialisme et du patriarcat. Elle exige enfin la disparition du racisme du sein du mouvement féministe blanc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Elsa Dorlin (dir.), Black Feminism. Anthologie du féminisme afro-américain, 1975-2000, L'Harmattan, 2008, p. 58.
  2. Manning Marable, Leith Mullings, eds. Let Nobody Turn Us Around : Voices of Resistance, Reform, and Renewal, Combahee River Collective Statement, Rowman and Littlefield, 2000, ISBN 084768346X, p. 524.
  3. Entretien avec Barbara Smith

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Texte de la Déclaration du ComBahee River Collective
    • Première publication : Zillah Eisenstein (dir.), Capitalist Patriarchy and the Case for Socialist Feminism, New York, Monthly Review Press, 1979
    • Traduction en français : Déclaration du Combahee River Collective, trad. Jules Falquet, Les Cahiers du CEDREF, 14, 2006 [lire en ligne]
  • Duchess Harris, « “All of Who I am in the Same Place” : The Combahee River Collective  », Womanist Theory and Research, vol. 3, n°1, 1999
  • Jules Falquet, « Le Combahee River Collective, pionnier du féminisme Noir », Les Cahiers du CEDREF, 14, 2006 [lire en ligne]