Silhouette (art)

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silhouette grecque

Une silhouette est une peinture, une photographie, réalisée par un trait tracé autour de l'ombre projetée du visage ou du corps du sujet.


Historique[modifier | modifier le code]

L’origine de l’art de l’ombre est très ancienne et certains le font remonter à la légende, racontée par Pline l'Ancien, de Dibutade fille du potier corinthien Boutadès, dessinant, sur le mur, pour garder son image, l’ombre de son amant qui s’en va. Le mythe fut considéré au début XVIIIe siècle comme l’origine de la peinture et donna lieu à de nombreux tableaux[1].

Le portrait à la silhouette est un portrait en général de profil, mais cela peut être aussi un ou des personnages en pied, réalisé soit en découpant du papier, soit peint à l’encre de Chine sur du papier blanc le plus souvent, parfois sur ivoire, soit enfin par peinture sur verre.

Différentes techniques ont été utilisés comme projeter le tracé de l'ombre sur une surface claire grâce à une bougie, l'utilisation d'une camera obscura, ou d'un Pantographe avec découpe mécanique, instrument et technique qui donneront naissance au Physionotrace.

Les portraits dit « à la silhouette » apparurent à la fin du XVIIe siècle et au début du XVIIIe siècle.

Cet art, appelé aussi art de l'ombre, tire son nom d’Étienne de Silhouette, nom qui se répandit dans de nombreux autres pays. Pour certains, l’origine s’explique par le fait que ses ennemis donnèrent son nom à des dessins le représentant en quelques traits, pour d’autres parce qu’Étienne de Silhouette s’amusait à dessiner les portraits de ses invités sur les murs de son château de Bry-sur-Marne.

À Genève, l’art de la Silhouette se popularise grâce à Jean Huber, qui œuvre sans dessin préalable. Ses « tableaux en découpures » l'ont rendu célèbre, de même que ses caricatures irrévérencieuses de Voltaire.

silhouette par Andersen

Cela devint aussi un passe-temps, Goethe ou Hans Christian Andersen ont réalisé de nombreuses silhouettes en papier découpé.Pour Andersen on peut parler de contre-silhouette puisqu'il les réalisait le plus souvent de face et sur papier blanc. Les familles royales, princières membres de l'aristocratie, célébrités ou grand bourgeois se firent tracer leur silhouette. Il existe ainsi des silhouettes de Voltaire, Mozart, etc.

Johann Kaspar Lavater par son livre L’Art de connaître les hommes par la physionomie qui contient de nombreux profils en silhouette contribua beaucoup au développement de cet art.

La mode connut une grande vogue dans la première moitié du XIXe siècle dans de nombreux pays : France, Allemagne, et dans les pays anglo-saxons.

En France, cet art n'y trouva jamais la réputation qu'il eut dans d'autres pays et on connait peu de noms d'artistes. François Gonord, un des premiers silhouettistes français ou August Edouart qui fit l'essentiel de sa carrière en Angleterre et aux États-Unis, sont plus connus à l'étranger qu'en France.

En Grande-Bretagne,les artistes silhouettistes connurent une grande notoriété comme Edward Foster (1762-1864),Hinton Gibbs (entre 1790 et 1822) mais surtout John Miers (1758-1821) et John Field (1772-1848). Ils ouvrirent souvent des studios où se rendaient les clients. Les silhouettes profils ou personnages en pied pouvaient être coloriés ou soulignés d'or. Les scènes familiales sont aussi nombreuses parfois avec un fond aquarellé représentant un décor. Des scènes de conversation comme celle de Francis Torond, d'origine française sont réputés.

Aux États-Unis William Bache (1771-1845),William Henry Brown(1808-1883),William Chamberlain (entre 1790 et 1820) sont des artistes connus.

Leurs œuvres sont recherchées et passent régulièrement en salle des ventes.

Au Japon, Ochwai Yoshiku (1833–1904) réalisa des estampes avec les silhouettes d'acteurs de Kabuki.

Par la suite la technique sera utilisé par d'autres formes d’art comme le théâtre d’ombres, la photographie[2] ou l'illustration, des dessinateurs comme Paul Gavarni et Honoré Daumier faisant migrer le sens premier de silhouette, le profil noir-blanc, aux différences plus générales entre les corps, notamment à travers les caricatures[3]. Cette forme de représentation est très expressive.

Anecdote[modifier | modifier le code]

silhouette

.

Sur un portrait à la Silhouette qui n’était pas ressemblant.

« Si de vous j’ai mal rendu les traits, pourquoi gronder ?
Pourquoi cette humeur sombre ?
Peut-on faire d’heureux portraits,
Quand la beauté ne prête que son ombre ? »
Charles-Pierre Colardeau

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Emma Rutherford : Silhouettes ou L’art de l’ombre Citadelles-Mazenod, 2009 256 p ISBN 9782850882944

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Robert Tournières  : Dibutade dessinant à la lueur d’une lampe le portrait de son amant, ou l’Invention du dessin, Paris ; École Nationale Supérieure des Beaux )
  2. il s'agit souvent de sujets en ombre, à contre-jour)
  3. Georges Vigarello, La Silhouette du XVIIIe siècle à nos jours. Naissance d'un défi, Seuil,‎ 2012, 157 p. (ISBN 2021061507)

Types de silhouette[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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