Lucian Freud

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Lucian Freud

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Lucian Freud en 2005.

Nom de naissance Lucian Michael Freud
Naissance 8 décembre 1922
Berlin, Allemagne
Décès 20 juillet 2011 (à 88 ans)
Londres, Royaume-Uni
Nationalité Britannique
Activités Peintre
Mouvement artistique Réalisme, expressionnisme

Lucian Freud[1], né le 8 décembre 1922 à Berlin (Allemagne) et mort le 20 juillet 2011 à Londres (Royaume-Uni)[2], est un peintre figuratif britannique.

Par son style à la fois réaliste, acéré et presque caricatural, il est considéré comme un des peintres figuratifs les plus importants, et un des plus exemplaires.

Il est notamment célèbre pour avoir peint, en 2001, le portrait de la reine Élisabeth II à l'occasion de son jubilé d'or, tableau qui a soulevé une polémique en Grande-Bretagne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Petit-fils du médecin et fondateur de la psychanalyse, Sigmund Freud, Lucian naît à Berlin. Son père, l'architecte Ernst Freud (1892-1970), est le plus jeune fils de Sigmund Freud. En 1934, pour échapper à l'antisémitisme nazi, Ernst Freud emmène sa famille à Londres. Lucian a deux frères, Stephen Freud (né en 1921) et sir Clement Freud (1924-2009). En 1938, à la suite de l'Anschluss, leur grand-père[3] les y rejoint.

Après ses études secondaires, Lucian entre en 1938–1939 à la Central School of Arts and Crafts de Londres. De 1939 à 1941, il suit les cours de Cedric Morris à l'East Anglian School of Painting and Drawing à Dedham. Il est alors mobilisé dans la marine marchande puis démobilisé après trois mois de mer.

De 1942 à 1943 il étudie à temps partiel au Goldsmith's College à Londres. En 1943, il illustre les poèmes de Nicholas Moore. Il expose, pour la première fois, à la galerie Lefèvre à Londres en 1944. Sa peinture est alors influencée par le surréalisme : en témoigne le tableau énigmatique The Painter's Room. Déjà, « l'univers personnel de Freud y est représenté : la fenêtre, la plante, l'animal, tous les éléments de son œuvre sont en place »[4].

En 1946, Freud visite Paris et la Grèce. Il reviendra très régulièrement à Paris pour rendre visite à Picasso et à Giacometti.

En 1948, il épouse la fille du sculpteur Jacob Epstein, Kitty Garman. C'est son premier mariage. Il divorce puis se remarie et divorce pour la deuxième fois. Lucian Freud a eu de nombreux enfants légitimes ou naturels, une quinzaine[5], dont la styliste Bella Freud (née en 1961), l'écrivain Esther Freud, l'artiste Jane Mc Adam Freud (née en 1958) ou encore Noah Woodman, entre autres.

À partir des années 1960, son style à la fois brutal et réaliste se forge avec comme thèmes privilégiés les portraits de ses amis, mais aussi des commandes, des grands nus vus comme écrasés par la vision de l'artiste, des portraits de chevaux et de chiens. Il est alors proche de Francis Bacon, Frank Auerbach, Kossoff, Andrews, etc., amis avec qui il forme ce que l'on appellera l'« École de Londres » – groupe auquel sera consacrée une exposition, en 1998–1999, au musée Maillol[6].

Il décède dans la nuit du 20 au 21 juillet 2011, dans sa résidence de Londres.

La reconnaissance[modifier | modifier le code]

Le talent de Freud est reconnu à partir des années 1970–1980 avec, en 1974, l'exposition rétrospective de ses œuvres à la Hayward Gallery de Londres, puis, en 1982, avec la publication de la première monographie consacrée à son œuvre par Lawrence Gowing.

La première grande exposition itinérante de son œuvre a lieu en 1987-1988 (Washington, Paris, Londres, Berlin). Après l'exposition de l'École de Londres suivent, en 2002, l'exposition de la Tate Britain, celle de la fondation La Caixa Barcelona, celle du Musée d'art contemporain de Los Angeles.

En 2005 a lieu une importante rétrospective de son œuvre à Venise.

En 2010 – Lucian Freud a 88 ans – est présentée à Paris l'exposition « Lucian Freud - L'Atelier », au Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou, plus de vingt ans après la première rétrospective que lui avait consacrée le Centre, en 1987[7].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Présentation de l'œuvre[modifier | modifier le code]

L'œuvre de Lucian Freud est divisé en plusieurs périodes : une première période aux compositions surréalistes ; puis une période réaliste dite « néo-romantique », où apparaissent les portraits dans une texture légère ; enfin la période de maturité, qui a fait la réputation de l'artiste.

Peints dans une texture épaisse, dans des tons bruns, gris et blancs, les portraits apparaissent souvent comme vus avec une acuité particulière qui ne veut cacher aucun détail, en particulier du visage, du modèle scruté. Peints sur le vif, ils sont repris de nombreuses fois[8].

Les modèles nus sont vus dans des ateliers désolés – en fait l'appartement vide où travaille le peintre –, sur des lits ou des sofas défoncés dans des poses inhabituelles et avec des attitudes crues. Aucun détail n'est caché. L'éclairage de la scène est souvent électrique, et on remarque des « coups de blanc » sur les chairs des modèles peints qui renforcent la sensation d'éclairage artificiel. Freud parle d'une « déformation particulière » qu'il obtient par sa façon de travailler et d'observer[9].

Il faut reconnaître aussi que, pour ses détracteurs, le style particulier de Freud choque par l'aspect caricatural, presque morbide de certaines de ses œuvres.

Peintre, Freud est également graveur. On lui doit une œuvre gravée sur cuivre abondante, en noir et blanc, et qui reprend et réinterprète les thèmes de sa peinture.

Le point de vue d'Hector Obalk[modifier | modifier le code]

Le critique d'art Hector Obalk a consacré à Lucian Freud un épisode de son émission Grand'Art, diffusée sur Arte en mars 2009[10]. Il nous fait voyager dans l'univers de l'artiste depuis ses débuts jusqu'à son œuvre récente, notamment au travers d'une série d'autoportraits allant de ses toiles des années 1940 à celui de 2005. Hector Obalk y voit un bon moyen pour décrire l'évolution de la technique de Freud. Il y voit également, tour à tour, la représentation d'un peintre présomptueux, sûr de lui, faussement inquiet, enfin assumant sa nudité et les marques de la vieillesse. Son dernier autoportrait le représente en effet nu, les pieds dans des godillots ouverts, tenant de la main gauche sa palette et de la droite son couteau de peinture, dans le vide de son atelier, « qu'il n'a jamais voulu aménager » nous dit le critique.

Ses portraits traitent de personnes « ordinaires », des proches du peintre. Ils constituent parfois des séries, comme ceux de l'industriel irlandais, son chien et son fils, ceux de sa fille ou de son assistant David Dawson. En rendant aussi fidèlement que possible certains éléments de lumière, en exagérant d'autres traits, Lucian Freud a été capable de faire sentir le caractère de ses personnages.

Ses sujets non animés ont plutôt tendance à s'intégrer comme éléments du portrait, qu'ils soient détails (remontoir de montre ou ceinture pour l'industriel, cravate du fils de l'industriel au rendu rendant les reflets de la pièce) ou plus conséquents (fouillis d'objets sur la chaise à côté de son assistant). Toutefois, quelques œuvres portent exclusivement sur des éléments de décor, comme deux représentations du lavabo de son atelier.

D'un point de vue technique, Hector Obalk remarque au début de son travail un attachement aux reflets dans les yeux, certaines exagérations touchant presque à la caricature et, toujours, une recherche obsessionnelle du rendu de la lumière. Sur le tard, Freud ne dessine pour ainsi dire plus, il pose les touches de teintes des carnations, dessinant ainsi des visages, parfois englués sous une épaisse couche de peinture. Pour Obalk, toutefois, cela n'a pas toujours été une réussite…

Ce dernier relève trois changements dans la technique picturale de Freud. D'abord, un changement d'outil, une brosse plus dure. Ensuite, le passage à un blanc contenant plus d'oxyde de plomb, ce qui lui permet de rendre encore mieux les contrastes de lumière. Enfin, après être passé maître de sa technique, une remise en question totale qui lui fait abandonner en 1988, comme évoqué ci-dessus, le dessin des formes, pour l'application de touches de couleur, remise en question que seul un Titien avait été auparavant en mesure de faire, risque rendu possible du fait de la grande maîtrise technique, mais aussi de l'âge vénérable atteint par les deux peintres.

La cote de l'œuvre[modifier | modifier le code]

  • Naked Woman on a Sofa (1984-1985) est vendu aux enchères, en 2005, pour 4,353 millions d'euros.
  • Le 13 mai 2008, un nu intitulé Benefits Supervisor Sleeping, daté de 1995, est vendu par Christie's à Londres. Le montant final des enchères, près de 34 millions d'euros, fait de cette œuvre la plus chère pour un artiste encore vivant[11].
  • Le 13 octobre 2011, le petit portrait de Charlie Lumley, Boy's Head (tête de garçon), daté de 1952, est vendu par Sotheby's à Londres pour 3,2 millions de livres (5 millions de dollars)[12]. Cette vente a attiré beaucoup d'attention médiatique.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lucian Freud, works on paper, Thames and Hudson, Londres, 1988
  • Lucian Freud, Recent drawings and etchings, Matthew Marks Gallery, New York, 1993
  • Lucian Freud, Paints and etchings, Abbot Hall Art Gallery, Kendal-Cumbria, 1996
  • Lucian Freud, Le corps et l'horizon, Éditions Ides et Calendes, Neuchâtel, Suisse, 2010

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Né Lucian Michael Freud.
  2. (en) William Grimes, « Lucian Freud, Figurative Painter Who Redefined Portraiture, Is Dead at 88 », sur nytimes.com,‎ 21 juillet 2011
  3. Ses quatre sœurs – octogénaires – resteront à Vienne et mourront en camp de concentration.
  4. « Lucian Freud. L'atelier », exposition du Centre Pompidou, 10 mars–19 juillet 2010, from livret de l'exposition.
  5. voir article nécrologique du Figaro - Édition du 23 juillet 2011.
  6. Musée Maillol.com
  7. Présentation de l'exposition de Lucian Freud au Centre Pompidou
  8. in Bacon- Freud Expressions, Fondation Maegh, 1995
  9. in Lucian Freud, Scènes d'Atelier, Thames and Hudson, 2007
  10. Présentation de l'émission sur le site web d'Arte.
  11. « Record de vente pour l'œuvre d'un artiste vivant ». Montpellierplus, 15 mai 2008, no 497, p. 10.
  12. « Une toile de Freud vendue aux enchères pour 3,2 millions de livres » sur le site du Nouvel Obs, 14 octobre 2011.