Portrait de Baldassare Castiglione

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Portrait de Baldassare Castiglione
Image illustrative de l'article Portrait de Baldassare Castiglione
Artiste Raphaël
Date 1514-1515
Type huile sur toile
Dimensions (H × L) 82 × 67 cm
Localisation Musée du Louvre
Numéro d'inventaire INV 611

Le Portrait de Baldassare Castiglione est une peinture à l'huile sur toile de 82 cm × 67 cm du peintre Raphaël.

Histoire[modifier | modifier le code]

Entre 1513 et 1516, Baldassare Castiglione se lia avec Raphaël, qui fit son portrait avec un soin très amical. Raphaël aurait peint deux portraits de son ami, en 1516 et en 1519 et c'est probablement ce dernier qui constitue celui du musée du Louvre[1]. Ce portrait séjourna dans la collection du duc d'Urbino (1631) avant de rejoindre celle du cardinal de Mazarin et passa ensuite dans la collection de Louis XIV.

Le sujet du portrait[modifier | modifier le code]

Né en 1478 d’une très ancienne et très noble famille lombarde alliée aux Gonzague de Mantoue, après avoir vécu à Rome dans un milieu très cultivé, Baldassare Castiglione s’établit à la cour d'Urbino, qui était alors, au début du XVIe siècle, la plus raffinée d'Italie. C’est là que le grand seigneur rencontra le peintre, dont il parle dans son Homme de cour, un des livres les plus célèbres de la Renaissance italienne. Castiglione avait commencé sa carrière diplomatique par une mission en Angleterre, en 1506, mais c’est surtout comme représentant du duc d'Urbino auprès des papes Jules II, puis Léon X qu'il s'illustra.

Vers la fin de sa vie, il fut envoyé par Clément VII auprès de Charles Quint, qui le tenait en haute estime, et il mourut en Espagne. Ami de Raphaël, auteur du Livre du courtisan publié en 1528, le modèle est l'incarnation du gentilhomme accompli et parfait homme de cour décrit dans ce dernier ouvrage.

Harmonie du modèle, un des hommes les plus distingués physiquement, intellectuellement et moralement de son époque, harmonie de la couleur raffinée et du dessin élégant qui n’excluent pas la majesté de la silhouette et la puissance des noirs, ce portrait est peut-être, en même temps qu’un des plus beaux de Raphaël, l'effigie même de l'homme de la Renaissance, aboutissement d’une civilisation aristocratique qui a atteint sa perfection, aboutissement d’un art si accompli qu’il est devenu son propre idéal.

Description[modifier | modifier le code]

Le personnage est représenté en buste, assis, et en grandeur réelle, vu de trois-quarts tourné vers la gauche[2]. Il regarde le spectateur, les mains jointes, coiffé d'un turban et d'un béret équipé d'une médaille. Le visage à la carnation discrète, accompagné des yeux bleus du modèle, est entouré du camaïeu de gris du pourpoint de velours noir avec ses manches de fourrure de petit gris, de la la coiffe du béret et de la résille, la tache blanche de la chemise, le tout dégagé sur un fond très neutre au dégradé léger, ombré à droite par le personnage[2].

Une légère bande noire termine les bords du tableau, entamant les mains entrecroisées.

Analyse[modifier | modifier le code]

La tenue, qu'on peut considérer comme hivernale, laisse supposer que le portrait a été peint pendant l'hiver 1514-1515 lorsque Castiglione se trouvait à Rome, chargé par le duc d'Urbin d'une ambassade auprès du pape Léon X.

On peut aisément voir dans la composition (pose des mains, posture, regard) une référence directe à La Joconde de Léonard de Vinci.

Déplacement[modifier | modifier le code]

L'œuvre exposée au Louvre-Lens.

En décembre 1911, l'œuvre est déplacée pour remplir le « trou » et les quatre pitons laissés par le vol de La Joconde, l’absence de cette dernière semblant devoir durer alors que la presse et les badauds venant voir cet « exploit » se déchaînent : « Veni, Vidi, plus de Vinci », « comment trouvez-vous la surveillance du Louvre ? Homolle (Ôh molle) », rappelant la démission du directeur du Louvre Théophile Homolle responsable du défaut de surveillance[3].

L'œuvre a été présentée dans l'exposition La Galerie du temps au Louvre-Lens du 4 décembre 2012 au 4 décembre 2013, où elle constituait la pièce no 132[4],[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Beuzelin C, Portrait de Baldassare Castiglione, Dossier de l'art n° 200, octobre 2012, p 22-23
  2. a et b Notice du Louvre
  3. Franck Ferrand, « Le Louvre, palais du pouvoir », émission L'Ombre d'un doute sur France 3, 25 mars 2013
  4. Louvre-Lens, le guide 2013, p. 204
  5. Louvre-Lens, le guide 2013, p. 205

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Palettes : Portrait de l'ami en homme de cour. Portrait de Balthazar Castiglione vidéo de 30 min, des 30 octobre 1994, 9 avril 1999 (Arte) et 28 août 2000 (Histoire) (édité en 1995)
  • Lucie Streiff-Rivail (coordination et suivi éditorial), Isabelle Pelletier (coordination et suivi éditorial (assistante)), Charles-Hilaire Valentin (iconographie), Nicolas Neumann (directeur éditorial), Lydia Labadi (coordination et suivi éditorial), Astrid Bargeton (coordination et suivi éditorial (assistante)), Loïc Levêque (conception graphique et réalisation), Sarah Zhiri (contribution éditoriale), Michel Brousset (fabrication), Béatrice Bourgerie (fabrication), Mélanie Le Gros (fabrication), Jean-Luc Martinez (auteur), Vincent Pomarède (auteur) et al. (préf. Daniel Percheron), Louvre-Lens, le guide 2013, Lens & Paris, Musée du Louvre-Lens & Somogy éditions d'art,‎ novembre 2012, 16,2 cm × 23 cm, 296 p. (ISBN 978-2-36838-002-4 et 978-2-7572-0605-8), p. 204-205 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article