Pierre Dumanoir Le Pelley

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Pierre Dumanoir le Pelley
Comte Dumanoir
Portrait du comte Dumanoir
Portrait du comte Dumanoir

Naissance 2 août 1770
à Granville (Manche)
Décès dans la nuit au 6 au 7 juillet 1829 (à 58 ans)
à Paris
Origine Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Royaume de France
Drapeau français République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Arme Marine royale, républicaine et impériale
Grade Vice-amiral (1819)
Années de service 17871815
Conflits Guerres de la Révolution et de l'Empire
Distinctions Grand officier de l'Ordre de la Légion d'honneur (1817)
Commandeur de l'Ordre de Saint-Louis
Autres fonctions Député de la Manche (1815-1822)
Famille Georges-René Pléville Le Pelley
(cousin germain)

Pierre Dumanoir Le Pelley, comte Dumanoir, né à Granville (Manche) le 2 août 1770 et mort à Paris dans la nuit au 6 au 7 juillet 1829 est un vice-amiral français des XVIIIe et XIXe siècles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et débuts[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Famille Le Pelley.

Pierre Dumanoir Le Pelley entre dans la marine en 1787 comme élève de port et sert en Amérique jusqu'en 1790. Nommé sous-lieutenant de port, il monte les frégates La Pomone et La Néréide, fait une campagne à la côte d'Afrique, passe sur la flûte Le Dromadaire en qualité d'enseigne et part pour Cayenne. Lieutenant en 1790 et adjoint à l'état-major de l'amiral Martin, il prend part sur Le Sans-Culotte au combat que cet amiral livre aux Anglais sur l'océan. En l'an III, il obtient le grade de capitaine de vaisseau et le commandement du Berwick, fait partie de la division du contre-amiral Richery qui s'empare d'un grand convoi sur la Méditerranée et est chargé ensuite d'aller détruire les établissements de pêche anglais à Terre-Neuve.

L'avancement rapide de Dumanoir s'explique peut-être par le fait que Georges-René Pléville Le Pelley, alors ministre français de la marine et des colonies, était un cousin germain de son père.

Sous l'Empire[modifier | modifier le code]

Lors de l'expédition d'Irlande (1796), Pierre Dumanoir Le Pelley est chef de division et commande sous les ordres du contre-amiral Bouvet, le vaisseau La Révolution. Au moment où la frégate amirale, montée par Morard de Galles et le général Hoche, rencontre La Révolution qui manœuvre pour le retour, Le Scévola coule bas d'eau ; Dumanoir recueille une partie de l'équipage.

En l'an VI, il concourt aux préparatifs du départ de la flotte pour l'Égypte, monte le vaisseau Le Dubois et est chargé de la direction du convoi attaché à l'armée. Arrivé à Alexandrie, le général en chef le nomme commandant du port.

Article détaillé : Campagne d'Égypte.

Le 18 thermidor de l'année suivante, le général en chef lui ordonne, ainsi qu'au contre-amiral Gantheaume mais sans les mettre dans sa confidence, d'accélérer les approvisionnements des deux anciennes frégates vénitiennes, La Muiron et La Carrère, déjà armées et équipées, et de lui donner avis des mouvements de la croisière anglaise. Le 4 fructidor, le général en chef arrive à Alexandrie. Le 5, il monte à bord de La Muiron. Le 6, on met à la voile ; La Muiron porte le général Napoléon Bonaparte, le contre-amiral Gantheaume, Berthier, Andréossi, Monge, Berthollet, Denon, Lavalette et Bourienne ; la Carrère, qui accompagne, a à bord le chef de division Dumanoir, Lannes, Murat, Marmont et Parceval-Grandmaison. Le 17 vendémiaire de l'an VIII, on débarque à Fréjus.

Élevé au grade de contre-amiral quelques mois plus tard, il commande de l'an IX à l'an XI plusieurs divisions à Brest, à Cadix et à Saint-Domingue. À l'époque du combat d'Algésiras (messidor an IX), il est chargé à Cadix des détails aux armements : on lui reproche alors de ne pas avoir, par son manque d'énergie et d'activité, fait secourir à temps le contre-amiral Linois à la suite de la bataille d'Algésiras.

Le 17 frimaire de l'an XII, il est fait membre de la Légion d'honneur, puis commandant de l'Ordre le 25 prairial suivant, et électeur du département du Finistère. À la mort de l'amiral Latouche-Tréville le 2 fructidor an XII, Dumanoir commande provisoirement l'escadre de Toulon et il espère conserver ce commandement. Mais l'Empereur y appelle l'amiral Villeneuve. On ne sait alors à quoi attribuer cette mesure ; la lettre suivante en indique le motif :

« Saint-Cloud, 10 fructidor an XII.
Monsieur Decrès, ministre de la marine,
Il me semble qu'il n'y a pas un moment à perdre pour envoyer un amiral commander l'escadre de Toulon. Elle ne peut être plus mal qu'elle n'est aujourd'hui entre les mains de Dumanoir, qui n'est ni capable de maintenir la discipline dans une aussi grande escadre, ni de la faire agir. Il me paraît que, pour commander cette escadre, il n'y a que trois hommes : Bruix, Villeneuve et Rosily »

— NAPOLEON

Dumanoir à bord du Formidable, fait donc toute la campagne de 1805, de Toulon au Cap Trafalgar, en passant par Gibraltar, Cadix, la Martinique, l'Atlantique, le cap Finisterre. Le 22 juillet, il se trouve placé derrière le navire amiral, au combat livré par Villeneuve à l'amiral Calder, sous la latitude du cap Finisterre, à cinquante lieues en mer, le 3 thermidor an XIII, au retour des Antilles. Son vaisseau n'est pas engagé dans la canonnade.

Lors de la bataille de Trafalgar, le 29 vendémiaire an XIV, il est à bord du vaisseau Le Formidable d'où il commande une division d'abord placée à l'arrière garde par l'amiral Villeneuve. Mais suite à un virement lof pour lof, sa division se retrouve à l'avant de la flotte franco-espagnole et est épargnée par l'attaque de Nelson qui coupe le centre et l'arrière garde. Pendant deux heures il semble ignorer les signaux de Villeneuve pour soutenir le centre de la flotte submergée par l'escadre de Nelson et reste spectateur immobile de l'action quoiqu'il ait sous ses ordres six vaisseaux dont le Formidable, le Duguay-Trouin, le Mont-blanc et le Scipion. Seuls l'Intrépide du capitaine Infernet et le Neptuno du capitan Valdés lui désobéiront et se jetteront au cœur de la bataille, à leur perte. Les 4 autres vaisseaux croiseront à petit distance et s'éloigneront sans avoir beaucoup combattu. Le 13 frimaire, étant arrivé en vue du cap Ortegal, il soutient, contre le commodore Strachan, un combat qu'il a cherché à éviter, perd ses quatre vaisseaux et, blessé à la tête, tombe au pouvoir des Anglais. Il reste quelque temps prisonnier sur parole et revient en France où se conduite lors de la campagne de Trafalgar est vivement condamnée, en particulier par certains des capitaines rescapés (Lucas, Infernet, et Villeneuve lui-même...).

La disgrâce et l'exil[modifier | modifier le code]

Renvoyé devant un conseil d'enquête puis devant un conseil de guerre maritime en mars 1810, il est acquitté.

L'Empereur refuse de l'employer tant il éprouve, comme l'opinion publique, de prévention contre lui. Mais en 1811, il le nomme commandant de la marine à Dantzig et le charge de la direction des convois sur la Vistule. Pendant le blocus de Dantzig, il rend des services. Après un an de siège, la place capitule et Dumanoir, qu'un éclat de bombe a blessé à la tête, est emmené prisonnier à Kiev. C'est de là qu'il envoie son adhésion aux actes du sénat qui prononcent la déchéance de l'Empereur et le rappel des Bourbons.

Le retour en France[modifier | modifier le code]

Rentré en France au mois de juillet 1814, le roi le fait chevalier de Saint-Louis en 1815. Créé comte le 6 septembre, il commande la division navale qui conduit le marquis de Rivière, ambassadeur de Louis XVIII à Constantinople. Une ordonnance du 22 août 1816 avait réduit le nombre des contre-amiraux de 21 à 12. En 1817, conformément à cette ordonnance, la liste des officiers généraux qui doivent être conservés est dressée : Dumanoir y figure le premier.

Le 24 avril de la même année, il est élevé à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur. Louis XVIII le nomme vice-amiral en 1819 et, le 23 août 1820, commandeur de Saint-Louis.

Dumanoir est élu par le département de la Manche en 1815 et siège au centre. Réélu en 1816, il conserve son mandat jusqu'en 1822.

Il meurt subitement à Paris dans la nuit du 6 au 7 juillet 1829.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Source et bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]