Charles René Magon de Médine

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Charles René Magon de Médine
Charles René Magon (1763-1805), contre-amiral, Olivier Pichat, 1846, huile sur toile commandée par Louis-Philippe Ier pour le musée historique de Versailles
Charles René Magon (1763-1805), contre-amiral, Olivier Pichat, 1846, huile sur toile commandée par Louis-Philippe Ier pour le musée historique de Versailles

Naissance 12 novembre 1763
à Paris
Décès 21 octobre 1805 (à 42 ans)
à bord de L’Algésiras
à la bataille de Trafalgar
Mort au combat
Origine Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Arme Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Pavillon de la Marine de la République française Marine de la République
Marine impériale française
Grade Contre-amiral
Années de service 17771805
Conflits Guerre d'indépendance des États-Unis
Guerres de la Révolution et de l'Empire
Commandement Frégates:
La Prudente
La Vertu
Vaisseau:
L'Algésiras
Faits d'armes Campagne du Bailli de Suffren
Combat de la Rivière Noire
Campagne Sercey
Bataille de Trafalgar
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile
Famille Famille Magon

Charles René Magon de Médine, né le 12 novembre 1763 à Paris et tué le 21 octobre 1805 durant la bataille de Trafalgar sur le vaisseau Algésiras, est un officier de marine français. Il a le grade de contre-amiral au moment de sa mort.

Sous l'Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Issu d'une grande famille de Saint-Malo, Magon est en 1777 aspirant garde marine. Son père, gouverneur des Mascareignes, meurt en 1778 et lui lègue sa propriété de Médine, à l’Ile de France (île Maurice), ce qui le conduit à compléter son nom.

Il participe à la bataille d'Ouessant (1778) sur le vaisseau Bretagne. Il fait ensuite campagne dans la Manche sur le Saint-Esprit. Enseigne de vaisseau en 1780, il sert aux Antilles, sur le Solitaire, dans l'escadre du comte de Guichen. Il participe aux trois combats livrés à l'escadre britannique de l'amiral Rodney au large de La Dominique. Ensuite sur le Caton dans l'escadre du comte de Grasse, il combat à Chesapeake, à la bataille de Saint-Christophe et aux combat des Saintes. Prisonnier il est libéré à la fin 1782.

En avril 1783, il part sur la frégate La Surveillantepour l'océan Indien où il passe les quinze années suivantes.

Il est nommé lieutenant de vaisseau le 1er mai 1786, et chargé au mois de novembre suivant du commandement de la frégate l'Amphitrite, et alla reprendre aux Britanniques l'île de Diego Garcia. À son retour, il passa successivement comme second sur les frégates la Driade et le Pandour, avec lesquelles il navigua encore dix-huit mois dans les mers de l'Inde et de la Chine.

La Révolution[modifier | modifier le code]

En avril 1788, il embarque comme second sur la Dryade, avant de prendre le commandement de la Minerve (juin 1791), puis de la Cybèle (novembre 1792). Il est arrêté comme suspect à Port Louis en tant qu'aristocrate : mais, rapidement libéré, il devient aide de camp de Malartic, gouverneur général des Mascareignes.

En 1793, il commande la Prudente au sein de la division de frégates Renaud, (avec la Cybèle et le Coureur) et participe au combat victorieux de la Rivière Noire contre les vaisseaux britanniques le Centurion et le Diomède (octobre 1794). Promu capitaine de vaisseau peu après, il commande par intérim les forces navales françaises en Océan Indien : 3 frégates et 1 corvette et ceci jusqu'à l'arrivée de la division de frégates du contre-amiral Sercey. Sur la Prudente, il fait différentes campagnes parfois avec le reste de la division, parfois seul. Il participe notamment à la bataille entre les six frégates de la division et les deux vaisseaux britanniques Arrogant et Victorious, dont l'amiral renoncera à conclure malgré l'ascendant pris par ses frégates.

En janvier 1798, il commande la Vertu, pour escorter en compagnie de la Régénérée, un convoi de deux vaisseaux espagnols qui rentrent en Europe. Il repoussera deux attaques: la frégate Pearl en Guinée (avril 1798), et la frégate Brillant (juillet). Arrivé en Europe, il sera récompensé par les Espagnols, notamment une magnifique armure, en reconnaissance des services qu'il avait rendus. Il conduira ses frégates à Rochefort.

À son arrivée à Paris, il fut cependant destitué sur l'accusation de ne pas s'être opposé au renvoi des agents du Directoire Baco et Burnel, venus faire appliquer le décret d'abolition de l'esclavage. L'assemblée coloniale de l'Île-de-France avec la complicité du gouverneur Malartic les a fait rembarquer de vive force. L'amiral Bruix obtint sa réintégration, et quelques mois après, il fut élevé au grade de chef de division.

Employé d'abord à Paris à la réorganisation de la marine, puis à l'inspection des ports, il fut rendu, en l'an IX, au service actif, premièrement à bord du vaisseau l'Océan, ensuite à bord du Mont-Blanc, qui faisait partie de l'armée navale destinée, sous les ordres de l'amiral Villaret, à l'expédition de Saint-Domingue.

Chargé, avec quatre vaisseaux et deux frégates, de réduire le fort Dauphin, Magon s'en empara avec tant de rapidité et de succès, que le général en chef Leclerc lui conféra immédiatement le grade de contre-amiral. « Cette nomination, disait l'amiral Villaret dans son rapport, lui a été décernée par le vœu unanime de l'armée, et je ne doute pas que le gouvernement ne la confirme : » elle le fut, en effet, au mois de ventôse an X.

Le Marin d'Empire[modifier | modifier le code]

Charles René Magon de Médine, lithographie par Maurin en 1835.

En l'an XII, l'amiral Bruix appela Magon à Boulogne, et lui confia le commandement de l'aile droite de la flottille. Les 19 frimaire et 25 prairial de la même année, il avait été nommé membre et commandeur de la Légion-d'Honneur. Suite au refus de Bruix de ce livrer à un exercice qu'il considérait comme dangereux compte tenu du mauvais temps, Magon dut commander une revue en pleine mer de la flottille inspectée par l'empereur. Ce fut un désastre: la tempête annoncée détruisit 30 navires légers.

Dans les mois qui suivirent, il repoussa plusieurs tentatives britanniques contre la flottille.

En mars 1805, Magon commandait une division à Rochefort avec les vaisseaux Algésiras et Achille. Il rejoint Villeneuve aux Antilles et commande l’arrière garde lors du combat des Quinze-Vingt aussi nommé bataille du cap Finisterre (juillet 1805) contre l’escadre de l'amiral Calder.

À Trafalgar (octobre 1805), toujours sur l’Algésiras, il est dans l’escadre légère sous les ordres de l’espagnol Gravina qui est attaquée par l'escadre de Collingwood. L’équipage de l’Algésiras est sur le point de se lancer à l’abordage du Tonnant quand le Colossus et le Bellerophon viennent au secours de leur navire amiral ; Magon est deux fois blessé par la mitraille. Il reste toutefois à son poste et dirige le combat pendant cinq heures avant d’être tué d’une balle peu avant que son vaisseau ne soit lui-même pris à l’abordage. C'était son douzième combat : il était âgé de 42 ans.

Magon fut un excellent marin, élégant, raffiné et d’une bravoure respectée. Ses états de service comportent un nombre impressionnant de batailles majeures. Sa conduite à Trafalgar fut l’un des faits d’armes qui sauvèrent l’honneur en ce jour funeste pour les voiles françaises. Son nom est sur l’Arc de Triomphe.

Magon de Médine est aussi l'un des hauts dignitaires de la franc-maçonnerie impériale (Grand officier du Grand Orient de France).

Iconographie[modifier | modifier le code]

  • Geoffroy Dauvergne (1922-1977) « Portrait de l'Amiral Magon » (1960) commande de la mairie de Saint Servan(Saint-Malo) existe en trois exemplaires dont un à la mairie de Saint Servan, un second au musée de Saint Malo et le troisième dans une collection privée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Source et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Six, Dictionnaire biographique des Généraux et Amiraux de la Révolution et de l’Empire, Librairie Historique et Nobiliaire, Georges Saffroy éditeur, Paris 1934
  • Auguste Thomazi, Les Marins de Napoléon, Tallandier, Paris 1978.
  • Jean Tulard (sous la direction de), Dictionnaire Napoléon, Librairie Arthème Fayard, Paris 1999
  • Rémi Monaque, Trafalgar 21 octobre 1805, Tallandier, Paris 2005
  • Jean Marc Van Hille (sous la direction de), Dictionnaire des marins francs-maçons, Éditions le Phare de Misaine, Nantes, 2008

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]