Jean-Baptiste Philibert Willaumez

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Jean-Baptiste Philibert Willaumez
Portrait à l'huile de Laval, réserves du musée national de la Marine
Portrait à l'huile de Laval, réserves du musée national de la Marine

Naissance 7 août 1763
à Belle-Île-en-Mer
Décès 17 mai 1845 (à 82 ans)
à Suresnes
Origine Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Arme Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Pavillon de la Marine de la République française Marine de la République
Pavillon de la Marine du Premier Empire Marine impériale française
Grade Vice-amiral
Années de service 17771819
Conflits Guerre d'indépendance des États-Unis
Guerres de la Révolution et de l'Empire
Commandement La Régénérée
La Poursuivante
Escadre de 6 vaisseaux et 2 frégates
Faits d'armes Combat contre le vaisseau HMS Hercules
Distinctions Chevalier de Saint-Louis
Grand officier de la Légion d'honneur
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile
Autres fonctions Pair de France
Famille Oncle de l'amiral Bouët-Willaumez

Jean-Baptiste Philibert Willaumez, né le 7 août 1763 à Palais (Belle-Île) et mort le 17 mai 1845 à Suresnes, est un officier de marine français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et famille[modifier | modifier le code]

Son père était capitaine d’artillerie.

La guerre d’Amérique[modifier | modifier le code]

Il est volontaire début 1777 à bord du vaisseau le Bien Aimé sous les ordres de Bougainville, après avoir suivi l’instruction de l’école d'hydrographie d'Auray. En 1778, il embarque sur le Flamand comme matelot-timonier. Il est rapidement nommé aide-pilote sur le brick les Amis. Sur la frégate l’Amazone, il participe avec l’escadre de Grasse aux prises de Saint-Eustache, Saint-Christophe et Saint-Barthélemy en 1781. En 1782, refusant le grade d'officier auxiliaire, il est promu premier-pilote par Vaudreuil à l'issue de la bataille des Saintes à laquelle il participe toujours sur l’Amazone. Il est blessé et fait prisonnier à la bataille du cap Henry en juillet 1782.

Il navigue à la paix quelques années au commerce.

Voyage d’exploration[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Expédition d'Entrecasteaux.

Sur La Recherche, il sillonne l’océan Pacifique avec l’expédition d'Entrecasteaux à la recherche de La Pérouse de fin 1791 à début 1794. L’expédition est marquée par les dissensions politiques et les conflits personnels. Elle échouera en passant très près de Vanikoro sans s’y arrêter. La campagne explorera toutefois les côtes de Nouvelle-Calédonie, une bonne partie des côtes australiennes et de la Tasmanie. Après la mort du chef de l’expédition, Willaumez rejoint l’île de France (île Maurice) et rapporte les livres de bord et documents d’Entrecasteaux.

Officier de la marine républicaine[modifier | modifier le code]

Lieutenant de vaisseau, il est sur la frégate la Prudente lors du 1er combat de la Rivière Noire à l'île de France où la division Renaud parvient à faire lever le blocus de deux vaisseaux britanniques. Il est blessé lors de l’engagement. Il rejoint ensuite la France et est promu capitaine de vaisseau en 1795.

Il commande la Régénérée dans la division de frégates de Sercey (Pierre César Charles de Sercey) qui quitte Rochefort en mars 1796. Il participe aux différentes campagnes et combats de la division (notamment combat contre les vaisseaux HMS Arrogant et Victorious dans le détroit de Malacca).

Sercey doit renvoyer en France les frégates Régénérée et Vertu (capitaine Magon). Pour financer le voyage les deux frégates doivent escorter deux riches galions espagnols. Elles repoussent en route deux attaques : la frégate HMS Pearl sur les côtes de Guinée (avril 1798), et la frégate HMS Brillant (juillet 1798) près des côtes d’Espagne.

Un exploit à l’occasion d’une mission à Saint-Domingue[modifier | modifier le code]

Il participe sur la frégate la Poursuivante à la campagne de Saint-Domingue avec la flotte de Villaret-Joyeuse. À son retour en janvier 1804, il combat le vaisseau HMS Hercules de 74 canons qu’il réussit à sérieusement endommager et à mettre en fuite par des manœuvres habiles. Ce fait d’armes attire l’attention de Napoléon qui le nomme contre-amiral peu après la proclamation de l’Empire.

Une campagne de course qui tourne mal[modifier | modifier le code]

Après l’abandon du projet de débarquement au Royaume-Uni et la relance de la guerre de course, il commande une escadre (6 vaisseaux dont le Vétéran commandé par Jérôme Bonaparte et deux frégates) et quitte Brest en octobre 1805. Sa mission est de s’emparer des convois d’indiamen lors de leur passage à proximité de l’île de Sainte-Hélène. Il parvient à échapper à l'escadre britannique de Duckworth après une longue poursuite, mais il apprend que les Britanniques viennent de s’emparer du Cap où il comptait s’approvisionner.

L'épuisement des vivres le pousse alors à se diriger vers Bahia. Il atteint ensuite Fort-de-France en juin 1806 mais cette base ne dispose plus d’aucun moyen de réparation alors que ses navires sont épuisés. Il ne peut sérieusement envisager de combattre l’escadre de l’amiral Thomas Cochrane, pourtant inférieure en puissance, qui escorte un important convoi. Jérôme Bonaparte, abusant de son statut de « frère de… » décide, lui, de rentrer en France et plante là l’escadre. Le reste de l’escadre est dispersé par un cyclone dans la nuit du 18 au 19 août 1806.

Les bâtiments français, certains très endommagés et isolés les uns des autres sont pourchassés ; deux vaisseaux et une frégate sont perdus : l’Impétueux, est incendié par une frégate britannique en territoire américain pendant que l’Éole et la frégate la Valeureuse parviennent à atteindre Annapolis et Philadelphie ; cependant, ils doivent être abandonnés car trop endommagés pour pouvoir être réparés. Le Patriote (capitaine Joseph Krohm) gagne la baie de la Chesapeake où il peut se réparer sommairement. Il essaie de rejoindre la France mais va devoir se réfugier successivement dans plusieurs ports de Virginie où il est bloqué par les divisions britanniques. Il ne regagnera finalement Rochefort qu’en décembre 1807. Willaumez n’a plus que deux vaisseaux sous ses ordres : le Cassard qui atteint Brest en octobre, et le Foudroyant, avec Willaumez lui-même, en février 1807 seulement. Le bilan de la campagne est désastreux : 23 navires marchands, 2 corsaires et 1 aviso ont été pris mais c’est bien peu comparé à la perte de deux vaisseaux de ligne et de deux frégates. Le ministre Denis Decrès ne lui en tiendra toutefois pas rigueur : Willaumez a été avant tout victime des éléments ; d’ailleurs la division Lhermitte croisant dans les mêmes parages au même moment fut elle aussi dispersée par le même ouragan et dut mettre un terme à sa campagne dans les mêmes conditions.

De Brest à l’île d’Aix : vers la disgrâce[modifier | modifier le code]

Les vaisseaux français aux prises avec les brûlots ennemis, 11 avril 1809 au soir. Peinture de Louis-Philippe Crépin.

Début 1809, Willaumez est chargé de conduire une partie de la flotte de Brest jusqu’à la rade de l’île d'Aix, d’y rallier l’escadre de Lorient et celle de Rochefort pour acheminer des renforts aux Antilles. Ces deux dernières escadres bloquées par des divisions britanniques et avec des équipages ravagés par les épidémies ne sont pas en état de prendre la mer ; de plus il perd lui-même un vaisseau, le Jean Bart qui s'échoue en approchant de l’île d’Aix. Arrivé à Rochefort, il entre en conflit avec le capitaine Jacques Bergeret qui y commande et les deux hommes sont révoqués par le ministre. Notons que ce projet avorté de campagne se terminera, sous le commandement du Vice Amiral Zacharie Allemand, par le désastre des brûlots de l’île d’Aix les 11 et 12 avril 1809. En disgrâce également, Willaumez reste sans affectation pendant tout le reste de l’Empire.

Il est nommé vice-amiral en 1819 au moment de la retraite. Sous la Monarchie de Juillet, il rédige un dictionnaire de marine et est chargé de l’instruction du prince de Joinville. Il devient pair de France en 1837.

Son nom est inscrit sur l’Arc de Triomphe (22e colonne).

Bilan[modifier | modifier le code]

Willaumez est un excellent navigateur formé à l'école du pilotage. Il est un commandant de frégate audacieux et de talent comme en témoigne son combat contre le vaisseau HMS Hercules. Il est toutefois typique de nombre de marins de la Révolution et de l’Empire : excellents capitaines, mais allant d’échec en échec une fois promus amiraux.

Son frère cadet, Philippe Willaumez, suit aussi une formation de pilote dans sa jeunesse (les deux frères naviguent quelques années ensemble) et atteint le grade de capitaine de vaisseau sous l’Empire. Certaines notices biographiques sommaires confondent parfois les parcours des deux personnages. [réf. nécessaire]

Titres et décorations[modifier | modifier le code]

Publication[modifier | modifier le code]

Dictionnaire de la marine, Paris, Bachelier,‎ 1825, 590 p. (lire en ligne)

Sources[modifier | modifier le code]

  • Amiral Maurice Dupont, L’Amiral Willaumez, Tallandier, Paris 1987.
  • Onésime-Joachim Troude, Les Batailles navales de la France, Paris 1867
  • Georges Six, Dictionnaire biographique des Généraux et Amiraux de la Révolution et de l’Empire, Librairie historique et nobiliaire, Georges Saffroy éditeur, Paris 1934
  • (en) W. M. James, The Naval History of Great Britain during the French Revolutionary and Napoleon’s wars, Londres 1837, réédition récente par Conway Maritime Press, Londres 2003.
  • (en) H.E. Jenkins, Histoire de la Marine française, Mac Donald and Jane’s, Londres, 1973 ; Albin Michel, Paris, 1977 pour la traduction française