Pierre César Charles de Sercey

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Pierre César Charles de Sercey
Marquis de Sercey
Image illustrative de l'article Pierre César Charles de Sercey

Naissance 26 avril 1753
au château de Jeu-Maloches
Décès 10 août 1836 (à 83 ans)
à Paris
Origine Français
Grade vice-amiral
Années de service 1766 – 1803
Conflits Guerre d'indépendance des États-Unis
Guerres de la Révolution
Commandement Escadre de l'océan Indien
Distinctions Grand-croix de la Légion d'honneur
Grand-croix de Saint-Louis
Gentilhomme honoraire de la Chambre
Ordre de Cincinnatus
Pair de France
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile

Pierre César Charles Guillaume de Sercey, marquis de Sercey, né au château du Jeu (près d'Autun) le 26 avril 1753 et mort à Paris le 10 août 1836, est un officier de marine français. Vice-amiral, il est surtout connu pour avoir commandé les forces navales françaises de l'océan Indien de 1796 à 1800.

Les années de formation[modifier | modifier le code]

De vieille noblesse mais orphelin très jeune, il s'embarque à treize ans sur La Légère à destination des Indes occidentales. Il navigue ensuite de 1767 à 1769 dans l'océan Indien et entre dans une compagnie de gardes de la Marine en 1770 à l'Isle de France.

Il sert sur la gabarre le Gros Ventre dans l'expédition de Kerguelen (1772-1774). Séparé de La Fortune du chef de l'expédition lors d'une tempête, le Gros Ventre est considéré comme perdu corps et biens. Il parvient toutefois après une difficile croisière à regagner seul la France. Kerguelen est accusé de l'avoir abandonné alors qu'il était en difficulté et de s'être désintéressé de son sort.

La Guerre d'Amérique[modifier | modifier le code]

Enseigne de vaisseau en 1777, il sert sur la frégate La Belle Poule en Manche puis sur Le Triton dans l'escadre du comte d'Orvilliers en 1779. Il commande le cotre Sans Pareil dans l'escadre du comte de Guichen et participe aux combats de la Dominique en avril et mai 1780.

Il est fait prisonnier en juin par le vaisseau HMS Phoenix et deux frégates. Il est rapidement échangé ; il commande le cutter Serpent lors de la prise de Pensacola (mai 1781) puis, lieutenant de vaisseau, il est second sur la frégate Nymphe en 1782. Il est alors de plusieurs combats, notamment la prise du vaisseau l'Argo en février 1783; le capitaine de la Nymphe ayant été tué lors de l'engagement, Sercey en assume le commandement. Il navigue ensuite aux Antilles de 1787 à 1792, commandant les frégates l'Ariel, puis la Surveillante.

La Révolution et l'océan Indien[modifier | modifier le code]

Il reçoit un brevet de capitaine de vaisseau en 1792, avant d'être promu au grade de contre-amiral (anciennement chef d'escadre) en janvier 1793, il commande une division à Saint-Domingue mais, aristocrate, soupçonné d'avoir voulu émigrer, il est arrêté pendant la Terreur pour être réintégré dans son grade par le ministre Truguet sous le Directoire.

Il est chargé alors d'une division de quatre frégates au départ de Rochefort pour apporter à l'île de France quelques renforts de troupes et de munitions ainsi que deux commissaires du Directoire, Baco et Burnel. Il effectue plusieurs prises en route et rejoint l'océan Indien où les forces déjà stationnées à l'île de France se placent sous son autorité. Il dispose ainsi d'une petite escadre de huit navires et sept frégates : La Forte (capitaine Beaulieu-Leloup), La Prudente (Charles René Magon de Médine), La Régénérée (Jean-Baptiste Philibert Willaumez), la Vertu (Jean-Marthe-Adrien Lhermitte), La Seine (Latour puis Bigot), La Cybèle (Tréhouart), La Preneuse (Guillaume Marie Marquès) et la corvette Brûle Gueule (Jean François Bruneau de la Souchais). Face à lui, la Royal Navy aligne 10 vaisseaux et autant de frégates. L'Isle de France ne dispose d'aucun moyens de réparation sérieux d'autant que toute force métropolitaine y est en butte à l'hostilité des colons, de l'assemblée coloniale et du gouverneur Malartic inquiets pour l'autonomie de fait des Mascareignes qu'ils ont proclamée afin de ne pas mettre en œuvre l'abolition de l'esclavage décidée à Paris. La colonie refuse tout support à la division Sercey. Pourtant Truguet lui reprochera de ne pas être intervenu pour soutenir les envoyés du Directoire Baco et Burnel, expulsés dès leur arrivée par les colons.

Il compense la limite de ses moyens en maintenant ses bâtiments constamment à la mer et en opérant un peu comme un armateur corsaire finançant ses approvisionnements par la vente des nombreuses prises, notamment plusieurs indiamen.

La crainte de ne pouvoir faire réparer ses frégates et ses ordres exprès d'éviter les combats le conduisent à un comportement parfois timoré qui lui est reproché par la suite. Il renonce par exemple à concrétiser par des prises le combat mené par ses frégates qui parviennent à malmener et à mettre en fuite deux vaisseaux de 74 canons, l'Arrogant et le Victorious, le 8 septembre 1796 lors du combat du détroit de Malacca.

Il manque aussi par prudence dans le détroit de Bali un « convoi de Chine » composé de lourds bâtiments de la Compagnie anglaise des Indes orientales qui, se comportant comme des vaisseaux de guerre, se mettent en ligne de bataille (28 janvier 1797) ; il est trompé à distance par ce coup de bluff et prend le large : cet événement fera la célébrité du commodore Charles Lennox et la joie des gazettes britanniques.

La fin de la division Sercey[modifier | modifier le code]

Toutefois, en 1798, bien qu'aucun de ses bâtiments n'ait encore été pris, ses forces s'effritent : il doit renvoyer peu à peu en France ses frégates pour réparation : La Vertu, La Régénérée, La Seine. De plus, profitant de son absence, le gouverneur Malartic a réquisitionné et fait armer en corsaire La Forte et La Prudente, qui sont toutes deux prises au début 1799. Aussi, il ne dispose plus que de deux bâtiments : la frégate La Preneuse (capitaine Lhermitte) et la corvette Brûle Gueule.

Il cherche alors le soutien des forces importantes dont dispose la marine espagnole dans la région. Il installe son commandement à Surabaya pour se rapprocher de la base espagnole de Manille. Toutefois il ne parviendra pas à établir une vraie alliance offensive, les capitaines espagnols se sentant plus proches de leur ennemi officiel, la Grande-Bretagne, que de la France républicaine et anti-religieuse. Les quelques tentatives d'opérations communes seront des échecs.

De retour à l'île de France avec ses deux derniers bâtiments, Sercey réussit par embossage à repousser pendant trois semaines les attaques de deux vaisseaux et deux frégates qui bloquent l'accès de l'île (second combat de la Rivière Noire)

La Preneuse est finalement détruite par les forces de blocus britanniques dans la baie du Tombeau à l'Isle de France en décembre 1799.

La disgrâce et la retraite[modifier | modifier le code]

Il ne revient en France qu'en 1802 où il se heurte à l'hostilité du ministre Denis Decrès qui le tient pour responsable de l'issue fatale de la division de l'océan Indien. Dégoûté par l'attitude du ministre, Sercey retourne à l'île de France où il se marie et s'installe comme planteur. Il jouera un rôle important dans la défense de l'île lors de sa prise définitive par les forces britanniques en 1810.

Les dernières années[modifier | modifier le code]

Il regagne alors la France ; est nommé vice-amiral en 1814 et pair de France en 1832 avant de mourir en 1836. Son nom est sur l'Arc de triomphe de l'Étoile.

Titres et décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Ambroise Garneray, Aventures et Combat tome 1 : Corsaire de la République, nombreuses rééditions, notamment Éditions Phébus, Paris 1985
  • (en) W. M. James, The Naval History of Great Britain during the French Revolutionary and Napoleon's wars (volumes 1 et 2), Londres 1837, réédition récente par Conway Maritime Press, Londres 2003.
  • H. E. Jenkins, Histoire de la Marine française, Mac Donald and Jane's, Londres, 1973 ; Albin Michel, Paris, 1977 pour la traduction française
  • Onésime Troude, Les Batailles navales de la France, Paris 1867
  • Georges Six, Dictionnaire biographique des généraux et amiraux de la Révolution et de l'Empire, Librairie historique et nobiliaire, Georges Saffroy éditeur, Paris 1934

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]