Jean Gaspard de Vence

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Jean Gaspard de Vence
Portait par Charles Guillaume Alexandre Bourgeois
Portait par Charles Guillaume Alexandre Bourgeois

Naissance 6 avril 1747
Marseille, Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Décès 12 mars 1808 (à 61 ans)
Vaulichères (Tonnerre), Drapeau de la France France
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau français Royaume de France
Drapeau français République française
Arme Corsaire
Pavillon de la marine royale française Marine royale française
La Garde nationale
La Marine national
Grade Capitaine corsaire
Contre-amiral
Années de service 17631803
Conflits Guerre de Sept Ans
Guerre d'indépendance des États-Unis
Guerres de la Révolution française
Commandement Le Tigre
La Truite
La Cérès
Heureux (1782)
Nestor
Le Duquesne
Rade de Brest
Faits d'armes Nombreuse prises corsaires
Bataille de la Dominique
Bataille de Sainte-Lucie
Prise de Sainte-Lucie
Prise de la Grenade
Bataille de la Grenade
Siège de Savannah
Bataille de Groix
Distinctions Ordre royal et militaire de Saint-Louis
Ordre de Cincinnatus
Ordre de la Couronne de fer
Hommages Boulevard de l'Amiral Vence (Toulon)
Autres fonctions Capitaine de Port de la Grenade;
Commandant des Armes à Toulon;
Commandant des Armes à Rochefort;
Préfet maritime de Toulon.
Famille Amiral Charles Joseph Dumas-Vence (petit-fils);
Paul-Michel-Frédéric Caudière, commandant-particulier du Gabon (cousin).

Jean Gaspard de Vence né à Marseille le 6 avril 1747 et mort dans son domaine de Vaulichères (Tonnerre) le 12 mars 1808 fut corsaire, amiral et préfet maritime de Toulon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Une formation alternant commerce et marine du Roi[modifier | modifier le code]

Son père Nicolas[1] (1697-1771), fortuné, fut armateur, capitaine de vaisseau marchand, intendant de la Santé à Marseille, et possédait des exploitations sucrières à Saint-Domingue, il avait également participé avec la famille Clary à la fabrication de savon à Marseille, sa mère, Marie Caudière, était issue d'une famille de la bourgeoisie de Martigues. Jean Gaspard s'embarque à 15 ans au commerce à Bayonne vers Saint-Domingue pour y rejoindre son frère ainé Jean-Baptiste et y faire une campagne corsaire. Il fit de solides études de mathématiques et de navigation. En 1766, il sert ensuite dans la Marine royale sur le vaisseau de 74 canons Le Protecteur, commandé par Broves et faisant partie de l'escadre du prince de Bauffremont (Levant). Retournant naviguer au commerce, il devient rapidement capitaine, et en 1767, il parcourt les côtes d'Afrique sur L'Auguste, mais fait naufrage entre le Cap et Saint Philippe de Benguela, et s'ensuivra une marche de quatre mois en terre aride au milieu de grandes souffrances pour rejoindre la civilisation; de nombreux membres de l'équipage périront lors de l'expédition, lui rentre à Marseille à demi-mort du scorbut.

Corsaire et officier du Roi pendant la guerre d'Amérique[modifier | modifier le code]

« Gaspard Vence, corsaire sous pavillon américain, prend à l'abordage, le 17 mai 1777, un navire de commerce anglais armé de 24 canons »

À peine remis il part pour les Antilles et se trouve à la Martinique en 1776 au début de la Guerre d'indépendance américaine. La France n'étant pas encore entrée dans la Guerre d'indépendance des États-Unis, il obtient auprès du Congrès américain une lettre de marque lui permettant ainsi de pratiquer la course sous pavillon américain. Il sert d'abord comme capitaine corsaire sur le chebec La Victoire. En mai 1777, embarqué sur Le Tigre, équipé de 14 canons de 6, n'ayant qu'un mât et une voile demi-latine, mais monté de 120 hommes, il prend possession d'un vaisseau de commerce anglais, armé de 24 canons et d'une cargaison de cinq cent mille livres. Des plus réputés, il est alors considéré comme un corsaire redoutable et effectue nombre de prises, en 18 mois aux Antilles, il effectue 211 prises et 40 combats; sa tête est alors mise à prix à deux millions par le Parlement britannique et Lord North. Vence et un autre corsaire, Louis Pringent, font tant de prise que les assurances pour le retour des navires de la Dominique, de la Grenade et de Saint-Christophe montent à Londres de vingt-trois pour cent[2].

Dès que Louis XVI déclare la guerre à la Grande-Bretagne, Vence se hâte de reprendre le Pavillon de son Roi. Sa notoriété aux Antilles incite le Marquis de Bouillé, gouverneur des îles du Vent françaises, à solliciter ses services pour la prise de La Dominique et, à la tête de 400 flibustiers équipés à ses frais, Vence prend le fort de Cachacrou qui détermine la prise de l'Île. Le lendemain, il remporte une victoire non moins belle sur ses hommes en les empêchant « de piller et égorger les habitants de l'île qu'il viennent de conquérir au nom du Roi », pour cela Vence donne cent vingt portugaises (5 280 livres) de sa propre bourse à ses quatre cents flibustiers.

Il rentre à la Martinique avec un brevet de lieutenant de frégate en récompense de fait d'armes exceptionnel et est nommé commandant de la Truite le 20 septembre 1778. L'Amiral d'Estaing sollicitera son aide lors de la Bataille de Sainte-Lucie quelques mois plus tard. Il prend le commandement de La Cérès le 1er janvier 1779.

« La valeur récompensée, à la prise de la Grenade, le 4 juillet 1779 »

Le comte d'Estaing fait officier le brave Hourador qui vient de sauver la vie de M. de Vence alors qu'il abaissait le pavillon anglais.

Il passe ensuite comme lieutenant de vaisseau sur Le Languedoc de l'Amiral d'Estaing, qui avait entendu parler de ses exploits et avec lequel il se liera d'une solide amitié. Il participe de manière décisive à la prise de la Grenade aux mains de Lord Macartney, gouverneur de l'île. Il joue un rôle déterminant dans la prise du Morne de l'Hôpital qui commande la position de l'île. À la tête de quatre-vingts grenadiers, Vence parvient en haut du morne, force les barricades, et s'empare des batteries du côté de l'est. À son approche, les milices lâchent pied, ; leur désertion répand l'alarme parmi les soldats. Il les poursuit sans leur donner le temps de revenir à eux-mêmes, et s'élançant vers le pavillon anglais qui flottait sur la batterie principale, il en coupe la drisse d'un coup de sabre, l'amène, le met sous son bras, et arbore à la place la pavillon français. Lorsque les grenadiers anglais, revenant de leur terreur, s'aperçoivent qu'il n'avait sous ses ordres qu'environ quatre-vingts hommes et que la colonne qu'il précédait, qui était commandée par le Comte d'Estaing en personne, était encore éloignée, ils reviennent à la charge. Vence, adossé au mât de pavillon et ayant entouré son bras gauche avec le pavillon anglais dont il se fait un bouclier, se défend seul pendant plusieurs minutes, sans autre arme que son sabre, contre une troupe de grenadiers qui l'attaquaient confusément avec sabre et baïonnette. Il aurait à la fin succombé si Houradoux, sergent de son détachement, ne se fût avancé pour le secourir et lui sauver la vie. À l'instant, le comte d'Estaing lui-même arrive à la tête de sa colonne, et tout reprend la fuite. Vence lui présentant le pavillon anglais qu'il venait d'enlever, lui présente aussi le sergent Houradoux qui est alors fait officier. L'Amiral d'Estaing ayant fait diriger sur la ville les canons du Morne, Lord Macartney se rend à discrétion.

À l'attaque du morne, la cassette du Lord Macartney tombe dans les mains de Vence; elle renferme entre autres des bijoux et la plaque en diamant de son Ordre du Bain (objet de près de cinquante milles livres). Vence rapporte à Lord Macartney la cassette dont les lois de la guerre l'avait rendu maître. Vence ayant fait preuve d'une grande valeur lors de la prise de l'île; lui sont promises la Croix de Saint-Louis et la confirmation de son grade. Vence est nommé capitaine du port qu'il a si glorieusement soumis à la domination française.

Au mois de septembre, pour soutenir les Insurgents, en difficultés en Géorgie, le Comte d'Estaing attaque Savannah. Vence commande encore l'avant-garde durant l'expédition de Savannah, à la tête de quatre-vingts grenadiers volontaires, chargé d'attaquer la principale redoute de Spring-Hill. Cinq cents hommes grenadiers destinés à le soutenir, et commandés par deux colonels le suivent, le comte d'Estaing commande en personne une troupe d'élite; et Benjamin Lincoln, avec ses Américains, fait une fausse attaque du côté opposé. Vence fait brèche à l'abatis, franchit les retranchements au milieu du feu le plus violent, et entre dans la redoute, l'épée à la main. Le détachement de grenadiers qui devait le soutenir arrivant à la brèche de l'abatis, le feu parut si terrible en cet endroit que ceux qui commandaient ce détachements préfèrent contourner le long de l'abatis, mais se retrouvent piégés dans un marais sous les tirs des Anglais avant de pouvoir se retirer. Il y avait près d'une heure que Vence se maintenait dans l'attaque de la redoute, mais n'étant point secouru, voyant l'armée défiler, et restant presque seul au milieu d'un "monceau de cadavres", il fut contraint de faire retraite et de repasser le fossé, lui treizième et dernier, sans avoir reçu la moindre blessure. Le comte d'Estaing, moins heureux, est emporté par le capitaine de Vence et ses quelques grenadiers. Il fut un des rares à sortir avec gloire de cette défaite française, ses contemporains louèrent cette action et l'Amiral, dans un courrier au Ministre de la Marine, crut pouvoir affirmer que si Vence avait été suivi, « la place aurait été emportée ».

C'est à cette époque que Le chevalier de Borda lui forgea la devise : « Vence toujours devance ».

Mais à 32 ans, sa brillante réussite : il est fait chevalier de Saint-Louis le 24 janvier 1780 et capitaine de Port; sa fortune, et surtout l'amitié active de l'Amiral d'Estaing suscitèrent des jalousies aiguës. Le marquis de Bouillé, à l'origine pourtant très favorable à Vence, se joignit à ses ennemis qui étaient ceux de l'amiral d'Estaing[3]. Dès sa prise de fonction, comme capitaine de Port de la Grenade, certains sous-ordres, ultérieurement condamnés pour prévarication et faux témoignages, qui convoitaient la place l'accusent d'avoir succombé à la tentation de prélever sur la vente de matériels de marine au rebut un millier de livres. En réalité, il avait seulement utilisé des mâts de bateau pour créer des pontons dans le port. Ces accusations ridicules, sa fortune excédait 500 000 livres, prirent tant d'ampleur que Vence dut démissionner. En 1783, le ministre de Castries lui fait parvenir l'ordre d'aller servir aux Indes sous Bussy.

Le navire le ramenant en France pour se défendre est coulé avec son immense fortune, amassée du temps où il été corsaire, près des côtes espagnols par le Capitaine anglais Henry Trollope, Vence est recueilli avec les naufragés par le capitaine anglais qui, ne l'ayant pas reconnu, le mit à terre à Lisbonne. Informé par l'ambassadeur du Roi de la présence de d'Estaing à Cadix pour y prendre le commandement de la flotte combinée franco-espagnol; Vence l'y rejoint et après lui avoir conté son récit, participe à la campagne à ses côtés sur Le Terrible.

Décidé néanmoins à obtenir justice, il engage des démarches qui, malgré le soutien sans faille de l'Amiral d'Estaing et de nombreux officiers de la Marine, ne furent pas couronnées de succès. Plusieurs années de tribulations n'avaient pas altéré sa détermination à obtenir réparation et en 1789, la presse[4] s'intéresse à lui et pousse le Ministre de la Marine à une position moins injuste.

Il fut admis en tant que membre d'origine de la Société des Cincinnati en 1783.

Contre-amiral sous la Révolution[modifier | modifier le code]

Gaspard Vence avec le vaisseau Le Duquesne amène à Toulon un convoi de vivres et met en fuite trois vaisseaux anglais, 2 avril 1794.

La Révolution intervient alors. Vence est enrôlé comme officier de la Garde nationale parisienne, sous les ordres du Marquis de La Fayette tandis que d'Estaing prend le commandement de celle de Versailles. En 1792, il est réintégré dans la Marine, comme capitaine de vaisseau, finalement lavé de toutes les accusations anciennes portées contre lui à la Grenade, indemnisé de ses débours et traitements des anciennes campagnes. Vence put alors à croire en son avenir, même si très vite il perdit toute sympathie pour le nouveau Régime.

Sur Le Duquesne et avec une petite division, il se rend au Levant puis à Tunis pour prendre livraison d'une importante commande de blé alors que la France est en pleine famine. Son retour tarde et il est accusé de trahison ; en fait, il connaît des difficultés dues à des escadres anglaises et espagnols guettant sa sortie pour s'emparer du convoi et plusieurs de ses officiers ont fui leur poste. Pléville Le Pelley est envoyé à Tunis pour le destituer et le remplacer; mais, après enquête, constatant la droiture et les efforts de Vence pour rapatrier le convoi, il le confirme dans son commandement et revient à Paris plaider sa cause[5],[6].

Finalement, Vence rejoint Marseille avec un convoi de 80 voiles après être passé au travers de sept bâtiments ennemis qui le bloquent à Tunis, enlevé deux navires espagnols au large de la Corse, et part de suite escorter jusqu'à Toulon un riche convoi de vingt navires. Toulon souffrait alors de disette. À l'approche de Toulon, Vence force le blocus de trois vaisseaux anglais avec le seul Le Duquesne et la corvette la Fauvette, à la grande admiration des Toulonnais qui l'accueillent en héros. Il rentra également à Toulon avec des prises espagnoles chargées de sommes considérables en or, en argent, de lingots et d'espèces monnayées[7].

Il commande le vaisseau L'Heureux à Toulon. Il est nommé contre-amiral à compter du 16 novembre 1793, par décret du 2 septembre 1794. Il sera destitué en 1794 avant d'être réintégré la même année. Il est alors envoyé en service à Brest.

Vence, qui avait suivi avec tristesse les phases du procès du Comte d'Estaing condamné à la guillotine, fit un détour par Paris pour lui faire ses derniers adieux[8]. Durant cette période troublée, Vence perdit également son frère et son neveu qui furent guillotinés comme royalistes[9].

Quelque temps plus tard, il escorte un convoi au départ de Bordeaux le long des côtes atlantiques à destination de Lorient mais, attaqué par l'escadre de l'amiral Cornwallis, il doit chercher refuge sous Belle Île. Vence attend la combinaison de l'heure de la marée et part alors au moment opportun pour rejoindre Lorient. Contre l'avis de Kerguelen[10] qui partageait l'idée de Vence, les commissaires de la Convention à Brest et Villaret-Joyeuse envoient une escadre de Brest dans le but de lui porter secours qui joint Vence à hauteur de Groix[11] : cette sortie sera un désastre connu sous le nom de Bataille de Groix, lors duquel nombre de vaisseaux français désobéirent au vice-amiral Villaret de Joyeuse.

Attaché au port de Lorient du 24 juin au 8 décembre 1795, il y commande une division navale. Il prend le commandement de la Rade de Brest en 1795 et commande en second à Brest aux côtés de Villaret de Joyeuse en 1796. Destiné à commander le seconde escadre de l'expédition d'Irlande, il s'oppose avec Villaret de Joyeuse, au projet d'expédition de Hoche compte tenu de l'état lamentable des vaisseaux de l'escadre, du manque dramatique d'équipages aguerris et de la quasi absence de réserves de vivres. Lorsque Villaret de Joyeuse est remplacé par Morard de Galles, Bouvet de Précourt succède à Vence. Deux mois plus tard, l'expédition sera une pantalonnade lamentable.

Fonctions à Toulon[modifier | modifier le code]

Portrait de Jean Gaspard de Vence.

Après le coup d'État du 18 fructidor an V, Vence est nommé commandant des armes à Toulon; en cette capacité, il a à charge la préparation de la grande Flotte et de l'escadre de Brueys qui conduit la Campagne d’Égypte, en concert avec Najac, ordonnateur de la Marine de Toulon, et au côté de Bonaparte[12]. Durant son séjour à Toulon pour les préparatifs, Vence reçoit chaque jour la visite de Bonaparte dans son cabinet de travail et l'ardeur des discussions est parfois tempérée par la présence de la jeune fille de Vence à laquelle Bonaparte témoigne beaucoup de tendresse. Après le départ de l'escadre, il assure la base logistique pour l'Italie, Malte et l'Égypte, et la préparation d'une deuxième escadre de trente-huit bâtiments destinés à renforcer Bonaparte en Égypte. Il lui arrive à plusieurs reprises de financer de sa propre bourse l'équipement des navires et les hommes des escadres du fait du manque de moyens qui lui sont conférés.

Il se met en difficulté avec la municipalité de Toulon après avoir fait relaxer un officier de la Marine incarcéré pour avoir été dénoncé comme émigré et après un conflit avec Bruix, il est envoyé en commandement à Rochefort le 25 mai 1799, avant que le Directoire rapporte l'arrêté et enjoigne à Vence de reprendre le commandement des armes à Toulon le 3 septembre 1799.

Le Consulat le nomme préfet maritime le 20 juillet 1800, toujours à Toulon, dès la création de cette institution. Il continue à maintenir la correspondance avec les troupes d'Égypte. Il veille à la formation de l'escadre de secours que constituait Ganteaume à destination initiale des Côte des Barbaresques ainsi que celle de l'Amiral Linois et de l'Adjudant général Pierre Devaux pour la Bataille d'Algésiras, ou, le 6 juillet 1801, la marine française prendra sur ces vainqueurs d'Aboukir une si fière revanche. Durant ses fonctions à Toulon, il participe à l'affaiblissement de la course barbaresque en Méditerranée.

En 1802, il est appelé au commandement d'une escadre à Brest. Vence se rend ensuite en tant que chef d'escadre à BoulogneBonaparte réunit une armée dans le but d'une invasion en Angleterre. Il critiquera les bateaux plats avec lesquels était projetée la descente en Angleterre, expliquant qu'il s'agissait de "véritables coquilles de noix" et qu'ils n'étaient guère adaptés à la traversée de la Manche, et manifeste ainsi son scepticisme sur la valeur de la flottille du Camp de Boulogne. À la suite de ça, il fut admis à la retraite en 1803.

Vence se retire dans son domaine de Vaulichères, près de Tonnerre. Il y mourut le 12 mars 1808.

Bilan[modifier | modifier le code]

Malgré les conflits qu'il eut avec fonctionnaires et politiques, Vence fut respecté par ses pairs et supérieurs comme en témoigne le soutien sans faille qu'il reçut de l'amiral d'Estaing, de Pléville Le Pelley ou bien de Jean-Charles de Borda. Ceci, tant pour ses solides compétences de marin et son zèle, que pour sa droiture et sa loyauté. Acquis à la Révolution mais ayant été formé sous l'Ancien Régime, Vence fut beaucoup plus "marin" que "politique", ce qui n'était pas toujours une garantie de promotion et d'honneurs en ces temps troubles. Promis aux plus hautes fonctions, ses conflits avec certains officiers et politiques l'amèneront à une retraite anticipée. Sa nomination au grade de Vice-amiral était en cours.

Jean Gaspard Vence était franc-maçon, noté comme Second Expert et comme chevalier Rose-Croix dans les états de la Loge La Douce Union à la Grenade en 1785; il fut aussi membre de la Loge Les Amis Réunis d'Auxerre à partir de 1804. La Loge maritime Contre-amiral Vence n°2 fut nommé en son honneur.

Famille[modifier | modifier le code]

Jean Gaspard épouse une Wurtembourgeoise originaire de Besigheim du nom de Marie-Marguerite von Wettener de Brondout en 1784, elle était la fille du chevalier Jean-Henry von Wettener et de Pierrette Girardin de Brondout. Il aura de cette union deux enfants :

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. René Borricand, Nobiliaire de Provence, Éditions Borricand 1976.
  2. Michel René Hilliard d'Auberteuil, Histoire de l'administration de Lord North, Couturier imprimeur, Londres et Paris, 1784.
  3. Le comte d'Estaing était considéré comme un intrus dans la Marine : il provenait de l'infanterie et, s'il ne manquait pas de bravoure, il n'avait pas apporté la preuve des compétences navales justifiant une telle élévation.
  4. Journal de Bachaumont, Mémoires secrets pour servir à l'histoire de la République des Lettres en France depuis 1762 jusqu'à nos jours (1789) et Publication de Mémoire et Consultation pour J.G. VENCE (1787).
  5. Georges Fleury, Le Corsaire Pléville le Pelley, Flammarion 2000.
  6. Pierre Grandchamp, La mission de Pléville-le-Pelley à Tunis (1793-1794), 1921.
  7. Charles Rouvier, Histoire des marins français sous la République, de 1789 à 1803, 1868.
  8. Jacques Michel, La vie aventureuse et mouvementée de Charles-Henri comte d'Estaing, Edition Jacques Michel, 1976.
  9. Son frère ainé Jean Baptiste (1729-1793), Capitaine de vaisseau marchand, corsaire et négociant à Saint-Domingue et Marseille, qui avait reçu de Louis XV une épée pour sa bravoure, fut guillotiné comme Royaliste; le fils de se frère, Nicolas-Jean-Baptiste (1771-1793), administrateur des Bouches-du-Rhône, député à la Convention de Bourges, fut également guillotiné comme contre-révolutionnaire, le 13 septembre 1793, ainsi qu'un de ses cousins du côté de sa mère, Michel-François Caudière (1735-1794), avocat et Président du Comité général des sections, le 17 germinal An II.
  10. Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec, Relation des combats et des évènements de la guerre maritime de 1778 entre la France et l'Angleterre, 1796.
  11. Léon Guérin, Histoire maritime de France, 1858.
  12. Clément de La Jonquière, L'expédition d'Égypte 1798-1801./Michèle Battesti, La bataille d'Aboukir, 1798: Nelson contrarie la stratégie de Bonaparte, 1998
  13. Alexandre Moreau de Jonnès, Aventures de guerre au temps de la République et du Consulat, T. 2, 1858.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Maurice Loir, Jean Gaspard Vence, corsaire et amiral 1747-1808, L. Baudoin - 1894.
  • Jean-Marc Van Hille, Les vicissitudes d'un marin provençal, le contre-amiral Jean Gaspard Vence, Éditions du Service Historique de la Marine, Paris 1998.
  • Jean-Gaspard Vence, Mémoire et consultation, pour Jean-Gaspard Vence, N.H. Nyon, imprimeur du Parlement, Paris 1787 (avec Target, Bonhomme de Comeyras, d'Outremont et Rouhette).
  • Ferrière, Les extraordinaires aventures de J-G Vence, Amiral et corsaire., Revue Maritime, 1948
  • Étienne Taillemite, Dictionnaire des marins français, éditions Tallandier,‎ 2002, 573 p. (ISBN 2-84734-008-4)
  • Christian de La Jonquière, Officiers de Marine Aux Cincinnati : Annuaire, Ferrières, Brassac, éd. de Poliphile,‎ 1988, 285 p. (ISBN 2868880207)
  • Christian de La Jonquière, Les Marins français sous Louis XVI : guerre d'indépendance américaine, 1996
  • André Lasseray, Les Français sous les treize étoiles, Mâcon, Imprimerie Protat frères,‎ 1935, 684 p. (OCLC 2114163)
  • Michel René Hilliard d'Auberteuil, Histoire de l'Administration de Lord North, Couturier imprimeur, Londres et Paris 1784.
  • Maurice Loir, Gloires et Souvenirs maritimes, Librairie Hachette et Cie, Paris 1895.
  • Jules Fontan, La Marine Provençale dans la guerre d'Indépendance des États-Unis, Marseille, Institut historique de Provence,‎ 1930, In-8°, 226 p.
  • Le Maistre, Notice sur l'Amiral de Vence
  • Yonne, Annuaire historique du departement de l'Yonne, Perriquet imprimeur-libraire éditeur, Auxerre 1852.
  • Abbé Arsène Bureau, L'Amiral de Vence, dans "Notice sur la paroisse de Vaulichères", 1885
  • Georges Six, Dictionnaire biographique des généraux et amiraux de la Révolution et de l'Empire, Georges Saffroy éditeurs, Paris 1934.
  • Frédéric d'Agay, La Provence au service du roi (1637-1831) : Officiers des vaisseaux et des galères., 2011
  • Auguste Thomazi, Les Marins de Napoléon, 1978
  • Ulane Bonnel (en), Jean-Gaspard de Vence, premier Préfet Maritime de Toulon, Revue de l'Institut Napoléon, 1964
  • Ulane Bonnel, Le Contre-Amiral Vence, Commandant d'Armes à Toulon, Revue Neptunia, 1964
  • Marie-Odile Woytt, De l'ordonnateur au préfet maritime ou l'administrateur du port de Toulon de 1789 à 1800, Provence historique, 1971
  • Babié de Bercenay et Beaumont, Galerie militaire, ou Notices historiques des généraux en chef, etc., qui ont commandé les armées françaises dans la guerre de la Révolution, 1805
  • Georges Conan-Delbos, Jean Gaspard de Vence, corsaire et amiral, L'Ère Nouvelle, 1985
  • Edmond Regnault de Beaucaron, Souvenirs anecdotiques et historiques d'anciennes familles champenoises et bourguignonnes, 1912
  • Association ponantaise d'histoire maritime, Dictionnaire des marins francs-maçons, gens de mer et professions connexes aux XVIIIe, XIXe et XXe siècles: travaux de la loge maritime de recherche La Pérouse, 2011
  • Georges Lacour-Gayet, La marine militaire de la France sous le règne de Louis XVI, 1905
  • Les Bouches-du-Rhône : encyclopédie départementale, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 1913
  • Fernand Mory, Vence : Le corsaire qui devint préfet maritime de Toulon, dans Destins varois, de Peiresc à Clemenceau, 1972
  • Paul Guérin, Dictionnaire des dictionnaires. Lettres, sciences, arts, encyclopédie universelle, tome 7

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]