Aristide Aubert du Petit-Thouars

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Aristide Aubert du Petit-Thouars
Aristide Aubert du Petit-ThouarsLithographie d'Antoine Maurin 1836
Aristide Aubert du Petit-Thouars
Lithographie d'Antoine Maurin 1836

Surnom Dupetit-Thouars
Naissance 31 août 1760
au château de Boumois
Décès 2 août 1798 (à 37 ans)
à la bataille d'Aboukir
Mort au combat
Origine Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Monarchie constitutionnelle française
Drapeau français République française
Arme Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Pavillon de la Marine de la République française Marine de la République
Grade Capitaine de vaisseau
Années de service 17781798
Conflits Guerre d'indépendance des États-Unis
Guerres de la Révolution
Faits d'armes Bataille d'Aboukir
Hommages Six bâtiments de guerre
Rues à Paris, Angers et Lille
Statue et place à Saumur
Statue à Saint-Martin-de-la-Place
G.M.R. (Groupes Mobiles de Réserve - ancêtres des CRS) basés à Tours puis à Nantes
Famille Aubert du Petit-Thouars

Aristide Aubert du Petit-Thouars dit Dupetit-Thouars, né le 31 août 1760, au château de Boumois, près de Saumur et tué le 2 août 1798, à la bataille d'Aboukir, est un officier de marine français du XVIIIe siècle. Capitaine de vaisseau, il se distingue à la bataille d'Aboukir au cours de laquelle il trouve la mort.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et famille[modifier | modifier le code]

Aristide Aubert du Petit-Thouars descend d'une famille de la noblesse poitevine. Il est le quatrième fils de Gilles-Louis-Antoine Aubert du Petit Thouars (9 août 1727-), dit le « Chevalier du Petit Thouars », gouverneur du château de Saumur, et de sa femme Marie Gohin, dame de Boumois. Son frère ainé Louis-Marie Aubert du Petit-Thouars, se distingue comme botaniste.

Carrière dans la Marine[modifier | modifier le code]

Jeunesse et débuts[modifier | modifier le code]

À l'âge de neuf ans, il est envoyé au collège militaire de La Flèche où il rencontre Louis-François-Bertrand du Pont d'Aubevoye de Lauberdière, élève comme lui, futur aide de camp du Général de Rochambeau, et qui deviendra son ami.

La lecture de Robinson Crusoé - paru en 1719 - éveille en lui le goût des courses maritimes. Il compose un roman, dont il est le héros, et, pour le réaliser, s'échappe avec un de ses camarades, afin de s'embarquer à Nantes comme mousse. Repris tous les deux et menacés d'une peine sévère, Dolomieu, en garnison à La Flèche, séduit par le caractère d'Aristide, obtient sa grâce.

Aristide Aubert du Petit-Thouars a quatorze ans quand il fait la connaissance du navigateur Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec, que son père est chargé de garder prisonnier au château de Saumur, suite à sa disgrâce.

Il passe ensuite à l'École militaire de Paris. Il y fait alors des études sérieuses et est un temps destiné à l'infanterie, mais il refuse de suivre cette voie. En 1776, à la suite des réformes des écoles militaires par le comte de Saint-Germain, aucune nomination ne se faisant dans la Marine, il entre dans le régiment de Poitou.

À la nouvelle du troisième voyage de Cook, il s’offre pour l’accompagner comme volontaire. Il n'est pas retenu.

La guerre d'indépendance des États-Unis[modifier | modifier le code]

La guerre avec l’Angleterre lui fournit en 1778 la possibilité d'obtenir du Ministère la permission d’aller à Rochefort où, à la suite d’un examen qu’il réussit avec distinction, il est reçu garde de la Marine en février de la même année. Il se trouve dès le 27 juillet sur Le Fendant, vaisseau de 74 canons, au combat d'Ouessant. L'année suivante, il prend part à la prise de Fort Louis du Sénégal, au combat de la Grenade et à d’autres affaires toujours sur le vaisseau Le Fendant, commandé par le marquis de Vaudreuil. De 1780 à 1782, il sert sous les ordres du comte de Guichen aux Antilles où il participe aux combats contre les escadres britanniques de George Brydges Rodney. Il participa, en 1780, aux trois combats de Guichen contre Rodney et, en 1782, sur le vaisseau de 80 canons, La Couronne, à la bataille des Saintes. Une fois la paix signée, le commandement du Tarleton.

Pendant la paix, Aristide du Petit Thouars est employé à des croisières durant lesquelles il ne néglige aucune occasion de perfectionner ses connaissances. Dans ce dessein, il fait deux voyages en Angleterre. Il effectue des travaux hydrographiques dans l’archipel grec et en mer de Marmara. Il étudie en autodidacte les mathématiques et, le 1er janvier 1792, il est promu lieutenant de vaisseau.

Expédition à la recherche de La Pérouse[modifier | modifier le code]

Sitôt connue la disparition de La Pérouse, dont on est alors sans nouvelles depuis quatre ans, Du Petit-Thouars se met en tête d'organiser une expédition de recherche et lance une souscription. Il publie un prospectus pour cette expédition, qui devait se terminer par la traite des pelleteries de la côte nord-ouest de l’Amérique septentrionale. Son frère Louis-Marie se joint à lui. En décembre 1791, l’Assemblée nationale lui octroie la somme de 10 000 francs tout en déclarant l’entreprise nationale. Louis XVI souscrit pour la même somme et le fait chevalier de Saint-Louis (le port de la croix de Saint-Louis est alors prohibé en France). La souscription n’ayant pas apporté les fonds suffisants, Dupetit-Thouars vend ses biens et ceux de sa famille. Le 2 août ou le 6 septembre 1792[réf. nécessaire], il appareille sur le Diligent, un chasse-marée (ou brick) de 52 tonneaux, avec 32 hommes et armé de 12 canons. Il part sans son frère, arrêté par les révolutionnaires à Brest.

Il sauve de la faim quarante Portugais qu'il trouve dans l'île de Sel, une des îles du Cap-Vert mais perd le tiers de son équipage pour cause de maladie.

Au cours d'une escale au Brésil, il est arrêté par les Portugais et subit une longue détention à Lisbonne. Libéré en 1793, il vit trois ans aux États-Unis (Nouvelle-Angleterre), où il rencontre, parmi de nombreux émigrants, le duc de Liancourt, Talleyrand et d'autres. Avec l'argent du premier et les terres qu'on lui concède, il entreprend, lui-même de fonder une ville qu'il nomme Asile.

Mais le 9 thermidor met fin au projet et il rentre en France en 1795, où il avait été destitué comme aristocrate, il obtient sa réintégration, est promu capitaine de vaisseau et prend le commandement du vaisseau de 80 canons, Le Tonnant.

L'expédition d’Égypte et la bataille d'Aboukir[modifier | modifier le code]

Il fait partie de l'expédition d'Égypte, lors de la bataille d'Aboukir, en qualité de commandant du Tonnant. Il force le HMS Bellerophon à amener son pavillon, et se dégage du HMS Majestic.

Ces combats, d'une violence extrême, lui emportent successivement un bras, puis les deux jambes. Refusant d'abandonner son commandement, il se fait placer dans un baquet de son qui se trouvait sur le pont, et assume son commandement jusqu'à ce que les hémorragies aient raison de lui. Son dernier ordre est, dira-t-on, de clouer au mât le pavillon tricolore pour qu'il ne puisse être amené. Charles Mullié affirme que, tant que ses forces le lui permirent, il continua de donner des ordres, et il cria en expirant : « Équipage du Tonnant, n'amenez jamais votre pavillon ! ».

Hommages[modifier | modifier le code]

Le croiseur cuirassé Dupetit-Thouars
Statue d'Aristide Aubert Du Petit-Thouars à Saumur

bâtiments de la Marine nationale française ont porté le nom de « Dupetit-Thouars »  :

Le quatrième sous-marin nucléaire d'attaque de la classe Suffren, dont la mise en service est prévue en 2023, portera à nouveau ce nom.

Un monument illustrant la tragédie du Tonnant, dû au sculpteur Alfred Benon, a été inauguré à Saint-Martin-de-la-Place, son village natal, le 13 septembre 1931.

Sa statue en pied, due au sculpteur Albert Jouanneault et située place du Petit-Thouars à Saumur a été inaugurée par le ministre Georges Leygues le 2 juillet 1933.

Il existe une rue Dupetit-Thouars dans le IIIe arrondissement de Paris, une à Lille et une autre à Angers.

Publications[modifier | modifier le code]

  • La Biographie maritime[1], dit: «Dupetit-Thouars a laissé plusieurs manuscrits, que sa sœur, Mlle Félicité Du Petit-Thouars[2], a réunis en 3 volumes in-8°, sous le titre de Lettres, Mémoires et opuscules d'Aristide du Petit-Thouars, capitaine de vaisseau, enseveli sous les débris du Tonnant, au combat d'Aboukir.». Guérard[3] dit qu'un seul volume fut publié par le frère et la sœur[4]. «Il contient, dit-il, une longue lettre sur la guerre de 1778-83 adressée au commandant Du Lomieu en 1785, où l'on reconnaît le capitaine instruit et avide d'enrichir la science de faits nouveaux.»
  • Mémoires de Georges-Aristide-Aubert Dupetit-Thouars, capitaine de vaisseau. Manuscrit[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il porte comme sous-titre: Notices historiques sur la vie et les campagnes des marins célèbres, par Hennequin, chef de bureau au ministère de la marine, 3 vol. in-8. Paris, Regnault, 1837.
  2. Relation d'une visite de Wilhelm von Humboldt Le mardi 22 mai 1798 (3 prairial) Visite chez Mlle Dupetit-Thouars…Elle parait fort religieuse, ce qui la rend particulièrement sentimentale. Elle me parla presque exclusivement de son frère. Depuis l'âge de onze ans il éprouvait un penchant irrésistible pour les voyages au long cours. À l'École Militaire on le destinait à l'Infanterie, mais il ne voulut point suivre cette voie. Il étudia les mathématiques, en autodidacte, et l'idée lui vint, après l'entreprise infructueuse de d'Entrecasteaux, de partir à la recherche de La Pérouse… / … Félicité habite le département de Maine-et-Loire, sur une Île de la Loire, au milieu d'une belle nature, selon ses propres termes. … / … Sa trop grande sentimentalité ne m'a jusqu'à présent permis de découvrir chez elle qu'une assez plate moralité. in Wilhem von Humboldt - Journal Parisien (1797-1799)
  3. La France littéraire ou la littérature contemporaine. Paris, 1842
  4. Chez Dentu et Arthur Béchard. Paris, 1822, in-8.
  5. Ces mémoires sont relatifs à la guerre d'Amérique de 1779 à 1783, et leur auteur les destinait à l'impression. Ils ne contiennent pour Thomas Balch que de faibles lacunes. Il indique que ce manuscrit acquis par lui le 7 décembre 1869 renferme des lettres et des renseignements qui lui donnent tout lieu de croire qu'il n'a jamais été publié et qu'il n'est pas de la main du capitaine Dupetit-Thouars lui-même, malgré l'affirmation de l'expert, M. Chavaray, consignée dans son catalogue et répétée dans la pièce qui constate l'authenticité de ce manuscrit. Il pense qu'il a été dressé sur les notes du capitaine, par son frère le botaniste.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges-Laurent Aubert Du Petit-Thouars, Notices biographiques sur plusieurs membres de la famille Aubert de Saint-Georges Du Petit-Thouars, H. Fournier, Paris, 1834 p. 28 [lire en ligne],
  • Thomas Balch,Les français en Amérique pendant la guerre de l'Indépendance des Etats-Unis : 1777-1783, A. Sauton, Paris, 1872 Lire en Ligne
  • Jacques de La Faye, Une Famille de marins. Les Du Petit-Thouars, Bloud et Barral, Paris, 1893, [lire en ligne]
  • Amiral Bergasse, Aristide Aubert Du Petit Thouars, héros d'Aboukir, Plon, Paris, 1937
  • Jean Sibenaler, Du Petit-Thouars, marin de la Royale, Herault-éditions, 1989 (ISBN 2903851859)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]