Claude Louis Berthollet

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Claude Louis Berthollet

Description de l'image  Berthollet_Claude_Louis.jpg.
Naissance 9 décembre 1748
Talloires (Duché de Savoie, Royaume de Sardaigne)
Décès 6 novembre 1822 (à 73 ans)
Arcueil (France)
Nationalité Drapeau : France français (Savoisien de naissance)
Champs Chimie
Institutions École polytechnique
Diplôme Faculté de médecine de l'Université de Turin, Faculté de médecine de l'Université de Paris
« Demeure Gainville », la plus vieille maison d'Aulnay-sous-Bois dans laquelle Claude Louis Berthollet a vécu.
Plaque sur la « Demeure Gainville » dans laquelle il a vécu.

Claude Louis Berthollet (né à Talloires, en duché de Savoie, alors État du royaume de Sardaigne, le 9 décembre 1748 et mort à Arcueil le 6 novembre 1822) est un chimiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Claude Louis Berthollet est savoyard né à Talloires près d'Annecy dans le duché de Savoie qui fait à l'époque partie du royaume de Sardaigne. Il est issu d'une famille bourgeoise de Savoie, son père est notaire, profession qu'exerçaient déjà ses propres père et grand-père. Claude Louis est le sixième de neuf enfants dont seul lui et sa sœur cadette atteindront l'âge adulte. Il fait des études secondaires au Collège Chappuisien d'Annecy, puis des études de médecine durant quatre années à l'université de Turin, avec une bourse royale, où il est reçu docteur en 1768.

Après quatre années de résidence dans le Piémont, il part à Paris. Il se présente au premier médecin du duc d'Orléans qui le fait nommer médecin de la maîtresse du duc Madame de Montesson et le prend en affection. Il suit des cours de chimie auprès de Pierre Joseph Macquer au Jardin des plantes, et de Jean-Baptiste-Michel Bucquet à la faculté de médecine de l'université de Paris. Berthollet obtient un petit laboratoire au sein du palais où il répète les expériences récentes de Joseph Priestley, Carl Wilhelm Scheele et Antoine Lavoisier. Il se fait connaître à partir de 1776 par la publication de nombreux mémoires et il est élu membre de l'Académie des sciences[1], à la place laissée vacante par la mort de Bucquet, en 1780. Il devient en 1779 docteur-régent de la faculté de médecine de l'université de Paris. Il est ensuite nommé directeur des teintures à la manufacture royale des Gobelins en 1784, en remplacement de Macquer, membre de la Royal Society le 30 avril 1789, membre de la commission des monnaies en 1792, membre de la commission d'agriculture en 1794, professeur de chimie à l'École normale de l'an III de janvier à mai 1795, et à l'École polytechnique à partir de décembre 1794. Il est nommé membre de l'Institut de France à sa création en 1795. Il concourt également avec Chaptal, Laplace et Monge à la création de l'École d'arts et métiers.

Berthollet est influencé par Antoine Lavoisier et travaille avec Gaspard Monge. Louis Joseph Gay-Lussac est un de ses protégés. Il accompagne Napoléon Bonaparte lors de la campagne d’Italie. Il est avec Monge l'un des "commissaires du gouvernement à la recherche des objets de science et d'art dans les pays conquis par les armées de la République"[2].

Puis il part en Égypte au sein de la commission des sciences et des arts, où il entre à l'Institut d'Égypte dans la section de physique et est élu vice-président. Il en sera élu président l'année suivante. Il fait d'importantes recherches sur le natron qui lui permettront d'élaborer sa théorie sur les affinités.

Il quitte l'Égypte avec Bonaparte le 23 août 1799.

Membre de la société philomathique de Paris, il est en 1801 l’un des fondateurs et des administrateurs de la société d’encouragement pour l’industrie nationale.

Il est nommé en 1802 président de la commission chargée de préparer la Description de l'Égypte.

Il est nommé membre du Sénat conservateur le (3 nivôse an VIII : 24 décembre 1799) et reçoit sous l'Empire le titre de comte. Il devient pair de France sous la Restauration. Fidèle à son pays natal, il est membre fondateur de l'Académie de Savoie à Chambéry en 1820 . Il passe ses dernières années dans sa maison d'Arcueil, où il avait formé avec Laplace une société savante, la Société d'Arcueil, réunissant des scientifiques tels que Gay-Lussac, Louis Étienne Malus, Jean-Baptiste Biot ou Hippolyte-Victor Collet-Descotils. Frédéric Cuvier et Étienne Pariset ont prononcé son Éloge.

Publications[modifier | modifier le code]

Outre de nombreux mémoires, il publie, en 1791 et 1804, Éléments de l'art de la teinture[3],[4], à la suite de ses recherches dans le cadre de la Manufacture des Gobelins. Il publie Recherche sur les lois des affinités chimiques en 1801 et Essai de statique chimique en 1803[5]. Dans cet ouvrage majeur, il définit pour la première fois la notion d’équilibre chimique et pose les lois des doubles décompositions connues depuis sous le nom de lois de Berthollet.

Découvertes[modifier | modifier le code]

On lui doit la découverte des propriétés décolorantes du chlore d'où il tire un procédé de blanchiment des toiles utilisant une solution d'hypochlorite de sodium : il vient d'inventer l'eau de Javel. On lui doit aussi l'emploi du charbon pour purifier l'eau et la fabrication de plusieurs poudres fulminantes. Il fut, avec Antoine Lavoisier et Louis-Bernard Guyton-Morveau, un de ceux qui contribuèrent le plus à opérer une révolution en chimie. Il fut aussi avec Gaspard Monge l'un de ceux qui furent chargés pendant les guerres de la Révolution française de diriger la fabrication de la poudre et de multiplier les moyens de défense.

Hommages[modifier | modifier le code]

Son nom a été donné à une rue de Paris, la rue Berthollet, où se trouvait sa propriété à Arcueil. Son village natal de Talloires étant situé sur les rives du lac d'Annecy, la ville d'Annecy rend hommage à cette figure locale. On trouve ainsi une Avenue Berthollet à proximité de la gare, ainsi qu'une statue en pieds située dans les Jardins de l'Europe, sur les berges du lac [6]. En outre, l'un des trois lycées publics de l'agglomération annécienne porte son nom. Le Lycée Berthollet est ainsi plutôt orienté vers la filière scientifique, avec une prédominance de classes de section S, et des classes préparatoires scientifiques. La ville de Chambéry a donné à l'une de ses rues principales le nom de Berthollet, en souvenir de celui qui fut l'un des membres fondateurs de l'Académie de Savoie en 1820. Il y a à Aix-les-Bains (73100) le Boulevard Berthollet.

Titres[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
Orn ext comte sénateur de l'Empire GOLH.svg
Blason Claude Louis Berthollet (1748-1822).svg
Armes du comte Berthollet et de l'Empire

Franc quartier du Sénat, au second de gueules à l'ibis d'or, au troisième de gueules au chien triomphant, d'or accollé de même, au quatrième d'azur, à l'appareil de chymie d'argent.[7],[10]

Orn ext comte et pair GOLH.svg
Blason fam fr Berthollet.svg
Armes du comte Berthollet, pair de France

Coupé: au 1, parti: a. d'azur à un appareil chimique d'argent; b. de gueules à un ibis d'or; au 2, de gueules, au lévrier rampant d'or.[10],[8],[11]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il sera aussi membre fondateur de l'Académie des Sciences de Turin créée par le roi Victor-Amédée III de Sardaigne en 1783.
  2. Robert Solé, Les savants de Bonaparte en Égypte, Paris, Éditions du Seuil, 1998, p. 213-214
  3. Claude-Louis Berthollet, Éléments de l'art de la teinture, Firmin Didot,‎ 1791 (lire en ligne)
  4. Amédée B. Berthollet, Éléments de l'art de la teinture, avec une description du blanchiment par l'acide muriatique oxygéné, Volume 1, Firmin-Didot,‎ 1804, 2e éd. (lire en ligne)
  5. Claude-Louis Berthollet, Essai de statique chimique, vol. 1, Firmin Didot,‎ 1803, 555 p. (lire en ligne)
  6. Le monument supportant une statue en bronze, dédié à Claude-Louis Berthollet, situé à Annecy, a été réalisé par le sculpteur Charles Marochetti et érigé en 1843. Une plaque mentionne: A Claude-Louis Berthollet, ses concitoyens et ses admirateurs- MDCCCXLIII. Quatre bas-reliefs représentent des phases historiques: * Berthollet se présentant à Tronchin à Paris- * Berthollet recevant le duc d'Orléans dans son laboratoire- * Berthollet avec Bonaparte devant le pyramides d'Égypte- * Berthollet au chevet de Monge, malade à Saint-Jean d'Acre
  7. a, b et c « BB/29/974 page 35. », Titre de comte accordé à Claude, Louis Berthollet. Bayonne (26 avril 1808)., sur chan.archivesnationales.culture.gouv.fr, Centre historique des Archives nationales (France) (consulté le 4 juin 2011)
  8. a et b François Velde, « Armory of the French Hereditary Peerage (1814-30) », Lay Peers, sur www.heraldica.org,‎ 27 septembre 2005 (consulté le 18 juin 2011)
  9. « Notice no LH/212/28 », base Léonore, ministère français de la Culture
  10. a et b « Tout sur l'héraldique : dessin de blasons et d'armoiries », Noblesse impériale, sur toutsurlheraldique.blogspot.com (consulté le 24 juin 2011)
  11. Jean-Baptiste Rietstap, Armorial général, t. (tome 1 et 2), Gouda, G.B. van Goor zonen,‎ 1884-1887

Liens externes[modifier | modifier le code]

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