Bataille de Toulouse (1814)

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Bataille de Toulouse (1814)
Plan des positions le 10 avril 1814
Plan des positions le 10 avril 1814
Informations générales
Date 10 avril 1814
Lieu Toulouse
Issue Victoire française
Belligérants
Drapeau de l'Empire français Empire français Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande
Drapeau de l'Espagne Espagne
Drapeau du Royaume du Portugal Royaume de Portugal
Commandants
Nicolas Jean-de-Dieu Soult Arthur Wellesley de Wellington
Forces en présence
42 430[1] 49 446[2]
Pertes
3 236 morts ou blessés[3] 4 600 morts ou blessés[3]
Sixième Coalition
Batailles
Campagne de Vitoria et des Pyrénées (1813-1814)

Vitoria · Saint-Sébastien (1er) · Pyrénées · Sorauren · Buenza · Saint-Sébastien (2e) · San Marcial · Bidassoa · Pampelune · Nivelle · Nive

Traité de Valençay

Garris · Orthez · Bayonne · Toulouse

La bataille de Toulouse s'est déroulée le 10 avril 1814, de 6 heures à 21 heures, et opposa les troupes de l'armée impériale commandée par le maréchal Soult aux troupes de la coalition anglo-hispano-portugaise, se soldant par une victoire défensive française, malgré la perte de la ville. La bataille a été livrée sur le seul territoire de la commune de Toulouse. Un odonyme local (rue du 10-Avril) rappelle cet évènement.

Contexte[modifier | modifier le code]

Après la défaite de la dure guerre d’Espagne (1808-1813) menée par Napoléon Ier, l’armée française dut se replier de l’autre côté des Pyrénées ce qui constitua un terrain favorable aux Anglais. Cette bataille devait permettre à Soult d'attendre des renforts venus d'Italie pour défendre le sud de la France; elle était en fait inutile (Napoléon ayant déjà perdu, même si la nouvelle n'était pas encore parvenue à Soult qui ne la reçut que pendant la bataille).

Bataille[modifier | modifier le code]

Le 24 mars 1814, le maréchal Soult, duc de Dalmatie, arrive à Toulouse après avoir été chassé d’Espagne par l’armée anglo-hispano-portugaise commandée par le maréchal duc de Wellington. Soult décide de mettre la ville en état de défense. Mais les paysans, anti-bonapartistes et effrayés, refusent de donner de la nourriture aux soldats et de fortifier la ville. Wellington essaie de contourner la ville pour interdire aux troupes de Soult une retraite vers Narbonne. Wellington laisse un corps d’armée à Saint-Cyprien et le reste de ses troupes vers Merville où, elles franchissent la Garonne. Le dimanche 10 avril 1814 jour de Pâques la bataille s’engage. Les Anglais attaquent Saint-Cyprien, mais sont arrêtés aux actuelles allées Charles-de-Fitte. Les Écossais attaquent les Ponts-Jumeaux qui sont défendus par 300 soldats et 5 canons : c’est un nouvel échec. De plus les Espagnols échouent eux aussi au pont Matabiau et à Jolimont. L’armée anglaise arrive toutefois à rejoindre la route de Castres malgré l’inondation de l’Hers et attaque en donnant l’assaut à la redoute de la Cépière. Soult envoie des renforts dont le général Taupin qui est tué à Jolimont, ce qui permet à Wellington d’occuper Jolimont.

Bilan des forces[modifier | modifier le code]

Forces Tués Blessés
Françaises 321 2 369
Britanniques 593 4 054

Épilogue[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 11 au 12 avril 1814, selon un plan magistral, Soult évacue la « ville rose ». Le 12, Wellington entre triomphalement dans Toulouse, acclamé par les royalistes comme un libérateur. L’année suivante, Napoléon Ier revient. À Toulouse, cela ne provoque aucun trouble, mais après la défaite de Waterloo (18 juin 1815), les « Verdets » (ultraroyalistes, habillés de vert) exercent une « terreur blanche » contre les bonapartistes. Le général Ramel à qui ils ne pardonnent pas d’avoir accepté un commandement de Napoléon lors de son retour est sauvagement assassiné le 15 août 1815.

Remarques[modifier | modifier le code]

La bataille de Toulouse a été considérée de différentes façons : les Britanniques la considèrent comme une victoire, parce que Soult a évacué la ville et qu'ils y entrent le 12 avril, acclamés par les royalistes. Cependant d'autres arguments plaident en faveur sinon d'une victoire française, du moins d'un épisode favorable à Soult : la ville n'a pas été prise d'assaut le 10 avril 1814, ni l'armée de Soult amenée à capituler, ce qui était sans doute le but initial des troupes coalisées; de plus, les pertes coalisées sont plus élevées que les pertes françaises ; enfin les deux armées sont restées sur leurs positions pendant la journée du 11 avril qui a suivi le combat, et ce n'est que dans la nuit du 11 au 12 avril que Soult choisit d'évacuer Toulouse, avec une armée presque intacte. Il a toute liberté d'emmener ses blessés et son matériel. Il est donc possible de privilégier ce point de vue français (en rappelant que Wellington a parfois su transformer ses échecs en succès, comme en témoigne le mot célèbre au général Beresford après la bataille d'Albuera : "Cela ne va pas, faites-en une victoire").

L'obélisque commémorative de la bataille de Toulouse par Urbain Vitry en 1835

Sources[modifier | modifier le code]

  • Toulouse Impériale (1804-1814) - Édité par les archives municipales de Toulouse
  • (en) David Gates. The Spanish Ulcer: A History of the Peninsular War. Da Capo Press 2001. ISBN 0-306-81083-2
  • Jean-Paul Escalettes, 10 avril : la bataille de Toulouse, Loubatieres, (ISBN 978-2-86266-309-8)
  • Pierre Migliorini, Jean Quatre Vieux Les batailles de Napoléon dans le Sud-Ouest, Éditions Atlantica. (ISBN 284-3-945313)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gates, p.530
  2. Gates, p.529
  3. a et b Gates, p.320