Art du Moyen Empire égyptien

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L'art du Moyen empire est la production artistique datant de la période de l'histoire de l'Égypte antique qui dure entre -2033 et -1710, ce qui correspond aux règnes situés entre celui de Nebhepetrê Montouhotep II (XIe dynastie) et celui de Sekhemrê Khoutaoui (XIIIe dynastie).

Architecture[modifier | modifier le code]

Temples divins[modifier | modifier le code]

On connaît plusieurs exemples de temples divins, construits à la XIIe dynastie.

Le temple de Tôd, où fut découvert un important trésor d'argenterie aujourd'hui conservé au Louvre, fut établi par Sésostris Ier en l'honneur du dieu Montou. Il n'en reste actuellement que le plan au sol, qui est constitué de deux grandes salles : la première est une sorte de vestibule à quatre piliers, la seconde contient un naos au centre, entouré d'un couloir sur lequel ouvrent des pièces annexes. Le trésor, composé de lingots et de vaisselle d'argent, ainsi que de lapis-lazuli, se trouvait dans une de ces salles, qui devaient donc servir à des dépôts d'offrandes ou à la conservation de tributs.

C'est encore pour Sésostris Ier, à l'occasion de sa première fête-Sed que fut élevée la chapelle blanche, retrouvée entièrement démontée dans les fondations d'un pylône du temple d'Amon à Karnak, et actuellement remontée dans le musée en plein air à côté du temple. Cette chapelle est en fait un bâtiment cubique auquel on accède par deux rampes opposées. Elle présente des éléments tout à fait caractéristiques de l'architecture égyptienne, comme le tore et la corniche à gorge, mais également le premier exemple de mur-bahut. Seize piliers extérieurs et quatre intérieurs soutiennent le toit plat. On peut comparer cette architecture à celle des chapelles situées à côté des temples pour recevoir la barque du dieu, et dont on a retrouvé un exemple aussi dans les fondations d'un pilier du temple d'Amon à Karnak.

Le décor de la chapelle blanche est en bas relief très marqué, une caractéristique du style thébain. Il marque la liaison entre le dieu Amon, représenté sous la forme ithyphallique d'Amon-Min et le pharaon. La fonction d'un tel bâtiment est discutée : non seulement, il servait dans les fêtes sed, mais aussi dans des processions, accueillant la statue du dieu Amon de Karnak.

À Médamoud, Sésostris III édifia un temple consacré à Montou. Les vestiges de ce temple remanié plusieurs fois aux périodes qui suivirent le Moyen Empire, ont été dispersés dans différents musées du monde, dont notamment le Louvre et le musée du Caire. Stylistiquement proche de la chapelle blanche de Sésostris Ier, on y a également retrouvé de nombreuses statues du roi sous différents aspects.

Sésostris III édifia également en Abydos un temple cénotaphe consacré à Osiris, dont le plan et la structure annonce déjà ceux des temples divins du Nouvel Empire.

Le Fayoum fut une région particulièrement favorisée par les pharaons de la XIIe dynastie qui outre les complexes funéraires édifiés à proximité de la nouvelle résidence fondée à Itj-Taouy (Licht), fondèrent plusieurs temples autour du lac Karoun qui occupe le centre de la dépression du Fayoum.

Celui de Qasr el-Sagah est de loin le plus énigmatique de par son architecture qui rappelle ceux de la IVe dynastie et son aspect inachevé. Il reste cependant rattaché à la XIIe dynastie au vu des découvertes épigraphiques qui y ont été faites.

Celui de Médinet Mâdi, actuellement englobé dans des bâtiments d'époque ptolémaïque, était dédié au dieu Sobek ainsi qu'à sa parèdre Renenoutet, et fut réalisé par Amenemhat III et Amenemhat IV. Il contient lui aussi toutes les caractéristiques de l'architecture égyptienne (murs droits, corniche à gorge, tore, etc.), et un exemple intéressant de colonnes papyriformes fasciculées.

C'est encore Amenemhat III qui fit ériger deux colosses à son image au bord du lac sur le site actuel de Bihamou. Ces deux statues représentant le roi assis sur son trône, auxquelles on rendait un culte en tant que manifestation du Nil, faisaient face au lac. Seuls les vestiges des deux socles massifs qui les supportaient restent aujourd'hui encore visibles.

Architecture funéraire royale[modifier | modifier le code]

Les premiers pharaons du Moyen Empire étaient enterrés dans la région de Thèbes, dans des hypogées creusées à même la roche. Le pharaon Nebhepetrê Montouhotep II fit construire la sienne à Deir el-Bahari, à côté du futur temple d'Hatchepsout (XVIIIe dynastie).

Consacré en partie à Amon, ce complexe funéraire se compose d'un temple d'accueil, d'une grande cour avec en son centre une plateforme sur colonnes de 22 m de côté, sur laquelle se trouvait un mastaba. Deux tombeaux furent creusés pour le roi, dans la falaise à partir d'un temple qui comportait également une cour à portiques et une salle hypostyle. Des statues royales longeaient les rampes d'accès à ce complexe remarquable par son immensité et le fait qu'il fut à moitié construit et moitié creusé dans la falaise. Des bas reliefs très marqués et anguleux sont à rapprocher de ceux de la première période intermédiaire.

La construction d'un ensemble aussi impressionnant rappelle que Montouhotep II fut l'homme qui ramena l'unité et le calme en Égypte, et par là-même la possibilité d'utiliser les finances à de tels travaux.

La pyramide revient à la mode sous Sésostris Ier, qui fait édifier la sienne à Licht. Haute de 61 m, elle mesure 106 m de côté, et marque l'apparition des textes des sarcophages en remplacement des textes des pyramides. Le complexe est entouré d'une première grande enceinte, derrière laquelle se trouve la cour du temple funéraire. Une seconde enceinte enserre la partie privée, où des barques en bois et dix statues du roi ont été retrouvées.

La pyramide de Sésostris II se trouve à el-Lahoun : on peut encore y voir un beau sarcophage de granit rouge. À Daschour est élevée celle de Sésostris III (105 m de côté, 78 m de haut), et à Hawara (dans l'oasis du Fayoum), celle d'Amenemhat III. Ce dernier édifice, large de 100 m, se compose d'un dédale de couloir, et contient une cuve monolithique en granit. Son temple funéraire, situé sur sa face sud, était gigantesque (200 x 300 m de côté) ; englobé dans une muraille, il se composait de douze cours parfois à colonnade, sur deux étages.

Architecture funéraire des particuliers[modifier | modifier le code]

Les riches particuliers au Moyen Empire étaient inhumés principalement dans les nécropoles de Beni Hassan et d'Assouan. Dans la première se trouvent ainsi creusées dans la falaise près de trente tombes datant de la XIe et surtout de la XIIe dynastie. Sous la XIIe dynastie, les tombes se décomposaient de cette manière : une cour, menant à une chapelle creusée dans le massif rocheux d'où partent un ou plusieurs puits funéraires vers les caveaux. Les stèles étaient placées vers l'entrée, et non plus dans la chambre funéraire, tandis que la chapelle enfermait une niche avec une statue. Les décors de peinture et de bas-reliefs sont souvent somptueux, avec des scènes de pêche, de chasse ou d'agriculture et un grand sens du réalisme.

De nouveaux thèmes apparaissent, comme les scènes de lutte, les guerriers, les fabrications d'armes et les thèmes exotiques. Chez Khnoumhotep II, à Beni Hassan, on observe ainsi une caravane d'Asiatiques, une récolte de figues et une chasse aux canards. À Assouan, dans la tombe d'Amenemhat II, on peut voir des scènes de lutte où le mouvement est minutieusement décomposé.

Mobilier funéraire[modifier | modifier le code]

Sarcophages[modifier | modifier le code]

Au Moyen Empire se développe un type de sarcophage rectangulaire et emboitable, le plus souvent en bois stuqué et peint, mais parfois en pierre. Le sarcophage de Sopi, conservé au Louvre, comporte à l'extérieur une fausse porte surmontée d'yeux Oudjat, et à l'intérieur, la frise des sarcophages, représentant les objets dont le défunt aura besoin dans l'au-delà, les textes des sarcophages, un recueil magico-religieux, et le texte des deux chemins, une sorte de carte du monde souterrain. Sur celui du chancelier Nakhti, également conservé au Louvre, on aperçoit aussi les yeux Oudjat surmontant la fausse porte, au niveau de la tête.

Stèles[modifier | modifier le code]

Les stèles sont tout d'abord de forme rectangulaire, puis cintrées, représentant comme auparavant les défunts, le plus souvent devant leur table d'offrandes. Elles sont à la fois sculptées, en bas relief ou en relief en creux, et peintes.

Modèles[modifier | modifier le code]

Hérités de l'Ancien Empire, les modèles deviennent plus sophistiqués et plus nombreux. Ils sont généralement en bois stuqués et peint, et remplacent parfois les bas-reliefs. Leur taille est souvent également plus importante, comme chez certaines porteuses d'offrandes. D'autres combinent de nombreux personnages, comme les modèles de greniers ou de bateaux.

La faïence égyptienne[modifier | modifier le code]

L'utilisation de ce matériau siliceux de couleur bleu turquoise, typique de l'Égypte antique, se développe notamment au Moyen Empire, et ce sous deux formes : les hippopotames et les « concubines ».

Animal du fleuve, l'hippopotame représentait un grand danger pour les pêcheurs et les chasseurs, dont il risquait de faire chavirer les embarcations : pour cette raison, il était associé au mal. On peignait donc sur les statuettes de faïence des plantes des marais pour qu'il reste dans son élément.

Les concubines, quant à elles, sont des statuettes féminines, souvent couvertes de points et de traits noirs qui pourraient symboliser des vêtements, des bijoux ou des tatouages. En général, elles ne possèdent pas de jambes mais ont des caractères sexuels bien marqués. Leur symbolique et leur utilisation restent cependant assez mystérieuses.

Statuaire[modifier | modifier le code]

Plusieurs styles se succèdent dans la statuaire : l'un, un peu rude, se caractérise par des visages ronds, de grands yeux ouverts et une position assez raide. Il est principalement employé à la XIe dynastie, et se retrouve notamment dans une statue de Montouhotep II conservée au musée égyptien du Caire. En grès peint, cette effigie plus grande que nature (1,83 m de haut) représente le roi assis, portant la couronne rouge, sur un trône cubique et sans dossier. Il porte la barbe postiche et le manteau de fête-Sed, mais ce qui frappe le plus, ce sont les chairs noires du personnage. Elles ne correspondent nullement à une réalité physique, mais seraient plutôt à mettre en relation avec le dieu Osiris, parfois représenté de la même manière.

Le style classique, présent principalement à la XIIe dynastie, montre plus d'élégance, avec des visages plus personnalisés, moins stéréotypés, et un modelé du corps plus souple, comme dans le sphinx d'Amenemhat II du musée du Louvre, ou encore les statues de Sésostris Ier.

Il faut évoquer, pour les statues royales, le cas de celles de Sésostris III, qui montrent le roi à différentes âges de la vie, tantôt jeune et vigoureux, tantôt plus vieux, le visage émacié et les traits affaissés. La signification de ces différences est assez mystérieuse : il semblerait que ce ne soit pas des représentations de la réalité (les deux types ont pu être réalisés au même moment), mais plutôt le résultat de la volonté de montrer le roi humanisé, ou sous ses facettes diurne et nocturne, ou encore siège de la force (jeunesse) et de la sagesse (vieillesse).

Dans le domaine privé, des changements aussi ont lieu dans les perruques, les vêtements et les attitudes : on note en particulier l'apparition de la statue cube. Le bois est également de plus en plus utilisé. La statuette de la femme aux pouces coupés est représentative du premier style, ave sa raideur, ses yeux grand ouverts et ses longs doigts. Il faut imaginer qu'elle ne se présentait pas ainsi, nue, mais était parée de vêtements.

Le groupe de Senpou, en calcaire mais avec une table d'offrande en albâtre, est l'un des nombreux ex-voto retrouvés à Abydos. Cette mode semble avoir été particulièrement importante à la fin de la XIIe dynastie et au début de la XIIIe dynastie. Le défunt, entouré de ses parents est adossé à un fond cintré tandis que devant lui s'étale une table d'offrande avec le signe hetep, qui signifie offrande, des vases et une gouttière pour les libations.

Bijoux[modifier | modifier le code]

Joaillerie et orfèvrerie sont des arts particulièrement importants au Moyen Empire, et assez bien connus grâce à la découverte au XIXe siècle de tombes de princesses inviolées à Daschour.

Le lapis-lazuli, la cornaline, et la faïence sont incrustés sur l'or par la technique du cloisonné, pour créer diadèmes et pectoraux. Celui de la princesse Mereret (conservé au musée égyptien du Caire), la fille de Sésostris III, est particulièrement remarquable : il se compose de manière symétrique, autour du cartouche du pharaon que tient dans ses serres un vautour. Deux sphinx lèvent la patte en direction du cartouche et dominent les neuf arcs, les ennemis traditionnels de l'Égypte. Si la scène est incrustée de pierres précieuses au recto, elle est également gravée dans l'or au verso. Ce type de bijoux avait évidemment une valeur protectrice.


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