Centrale nucléaire de Nogent

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Centrale nucléaire de Nogent
Image illustrative de l'article Centrale nucléaire de Nogent
Vue des aéroréfrigérants de la centrale de Nogent et d'une ligne à 400 kV.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Champagne-Ardenne
Département Aube
Commune Nogent-sur-Seine
Coordonnées 48° 30′ 55″ N 3° 31′ 04″ E / 48.51528, 3.5177848° 30′ 55″ Nord 3° 31′ 04″ Est / 48.51528, 3.51778  
Opérateur EDF
Année de construction 1981
Date de mise en service 1988 et 1989
Direction Hervé Maillart
Réacteurs
Fournisseurs Areva NP, Alstom
Type REP
Réacteurs actifs 2 x 1 300 MW
Puissance nominale 2 600 MW
Production d’électricité
Production annuelle d'électricité 19,331 TWh (année 2006)
Production moyenne 17,930 TWh (5 dernières années)
Production totale 305 TWh
Divers
Source froide Seine
Site web EDF : Nogent-sur-Seine

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Centrale nucléaire de Nogent

La centrale nucléaire de Nogent est située dans la commune de Nogent-sur-Seine, sur la rive droite de la Seine, à l'ouest du département de l'Aube (région Champagne-Ardenne). Elle se situe à 50 km à l'ouest de Troyes et à 110 km au sud-est de Paris[1].

La centrale finance les collectivités locales à hauteur de 15 millions d'euros par an, dont 8 millions pour la taxe foncière.

Présentation[modifier | modifier le code]

Vue d'avion de la centrale.
Autre vue d'avion.

Les deux réacteurs nucléaires développent une puissance unitaire de 1 300 MW. Chaque réacteur dispose de sa tour de refroidissement de 165 m de haut, soit les plus hautes après celles de Civaux, Golfech, Cruas, Belleville et Dampierre. Le terrain, d'une superficie de 212 ha et situé à une altitude de 63 m[2], était prévu, à l'origine du projet, pour pouvoir supporter quatre tranches similaires.

Mises en service en 1988 et 1989[3], les 2 tranches produisent en moyenne 18 milliards de kWh (18 TWh) par an, soit un tiers de la consommation annuelle d'électricité de la région Île-de-France. La centrale nucléaire de Nogent emploie près de 700 personnes.

Les prises d'eau en Seine pour le refroidissement sont de la plus haute importance pour la sûreté de l'installation. Le contrôle de l'activité de l'air environnant est effectué par l'exploitant. La surveillance de l'eau aval fait l'objet d'un double contrôle par le laboratoire CRECEP (Eau de Paris).

Caractéristiques des réacteurs[modifier | modifier le code]

Les caractéristiques des réacteurs en service sont les suivantes[4] :

Nom du réacteur Modèle Capacité [MW] Exploitant Constructeur Début de construction Raccordement au réseau Mise en service commerciale
Thermique (MWt) Brute (MWe) Nette (MWe)
Nogent-1[5] P'4 REP 1300 3 817 1 363 1 310   EDF Framatome mai 1981 octobre 1987 février 1988
Nogent-2[6] P'4 REP 1300 3 817 1 363 1 310   EDF Framatome janvier 1982 décembre 1988 mai 1989

Risque incendie[modifier | modifier le code]

Le site compte 4 800 détecteurs incendie[2].
Au cours de l'exercice réalisé à la centrale nucléaire de Nogent par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) le 2 octobre 2001, il a été constaté[7] que plus de 50 minutes se sont écoulées entre le moment du déclenchement de l'alerte incendie et l'arrivée sur place de l'équipe de deuxième intervention. Quatre mois après cet exercice, une nouvelle inspection permet de constater que plus de 45 minutes sont encore nécessaires, les mesures prises entre-temps par EDF s'étant avérées insuffisantes. L'ASN a donc prononcé en avril 2002 une « mise en demeure »[8] au site de Nogent pour qu'il améliore les conditions de lutte contre un incendie.

Maintenance[modifier | modifier le code]

Les dernières visites décennales de la centrale de Nogent se sont déroulées en 2009 pour le réacteur no 1[9] et en 2010 pour le réacteur no 2[10].

En juin 2012, le réacteur no 1 a été mis à l'arrêt pour procéder au renouvellement du tiers de son combustible et réaliser la maintenance des matériels pendant environ 45 jours. En septembre 2012, le réacteur no 2 est entré en visite partielle. Les 700 salariés EDF du site ont participé à cette opération avec environ 2 000 salariés d'entreprises prestataires[11].

Incidents[modifier | modifier le code]

Décembre 1990 : décès d'un plongeur[modifier | modifier le code]

Le 13 décembre 1990, un plongeur effectuant une opération de détartrage des tuyauteries a été tué suite au redémarrage d'une pompe dans le circuit où il intervenait[12].

Août 1999 : assemblage bloqué[modifier | modifier le code]

Le 19 août 1999, l'un des 193 assemblages[13] est resté accroché aux internes supérieurs[14] lors des opérations de déchargement du combustible nucléaire du cœur du réacteur no 1. Le bâtiment réacteur a été évacué et interdit d'accès pendant un mois, durée qui s'est avérée nécessaire pour étudier et construire un mécanisme permettant de décrocher l'assemblage. L'incident a été reclassé au niveau 1 de l'échelle INES par l'Autorité de sûreté nucléaire[15].

Février 2006 : inondation des salles des machines[modifier | modifier le code]

Le 18 février 2006, un incident classé niveau 1 ayant conduit à l'arrêt des réacteurs no 1 et 2 et le déclenchement du plan d'urgence interne (PUI) s'est produit. La rupture d'une canalisation de retour d'eau de la tour d'aéroréfrigération, d'un diamètre de 3,2 m et située sous l'usine électrique, a occasionné un écoulement d'eau dans le sol inondant le niveau -4 m, en zone non nucléaire, puis le niveau -6 m, noyant les câbles électriques d'alimentation de la voie A, menaçant d'entraîner une perte du refroidissement à l'arrêt alors que le refroidissement principal était déjà hors-service. Cet incident aurait pu conduire à une perte totale du système de refroidissement[16],[17].

Décembre 2011 : intrusion de neuf antinucléaires[modifier | modifier le code]

Le 5 décembre 2011, neuf militants de l'organisation non gouvernementale Greenpeace se sont introduits dans la centrale nucléaire de Nogent et deux d'entre eux ont pu atteindre le sommet du dôme d'un réacteur nucléaire[18]. En juillet 2012, le général Jacques Mignaux annonce que la gendarmerie nationale a mis l'accent sur le renseignement suite aux intrusions de Greenpeace[19].

Février 2014 : mise hors service erronée d'une alarme[modifier | modifier le code]

Le 1er février 2014, lors de l'arrêt du réacteur no 2 pour un contrôle périodique, une alarme du système de surveillance du flux neutronique[20] a été, à plusieurs reprises pendant six heures, mise hors service de façon inappropriée ; cet incident a été classé au niveau 1 de l'échelle INES[21].

Mars 2014 : réglage défectueux d'une alarme[modifier | modifier le code]

Le 15 mars 2014, lors de l'arrêt du réacteur no 2 pour effectuer le renouvellement partiel du combustible, un écart au niveau d'une alarme du système de surveillance du flux neutronique a été constaté ; cet incident a été classé au niveau 1 de l'échelle INES[22].

Crues de la Seine[modifier | modifier le code]

Lors de la crue de la Seine en mai 2013, la centrale de Nogent a fonctionné normalement[23], seuls quelques branchages ont légèrement obstrué des entrées de puisage de pompes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. EDF, « Nogent-sur-Seine », sur energies.edf.com (consulté le 21 mai 2009)
  2. a et b D'après documentation EDF.
  3. ASN, « Centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine », sur asn.fr (consulté le 23 décembre 2009)
  4. (en) (en) « Reactors in operations, 31 dec 2009 », sur pub.iaea.org (consulté le 28 avril 2011)
  5. (en) « Nuclear Power Reactor Details - NOGENT-1 », sur iaea.org (consulté le 28 avril 2011)
  6. (en) (en) « Nuclear Power Reactor Details - NOGENT-2 », sur iaea.org (consulté le 28 avril 2011)
  7. inaccessible le 11 avril 2013, sur asn.gouv.fr
  8. [PDF] inaccessible le 11 avril 2013, sur asn.gouv.fr
  9. ASN, Arrêt pour deuxième visite décennale du réacteur no 1, sur asn.fr, 30 octobre 2009
  10. ASN, Arrêt pour visite décennale du réacteur no 2 de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine, sur asn.fr, 4 mai 2010
  11. Mathieu Gibet, Centrale nucléaire : 45 jours pour recharger et changer des matériels, L'Est-Éclair, 25 juin 2012
  12. [PDF] Comité antinucléaire "Stop Nogent-sur-Seine", sur dissident-media.org, consulté le 11 avril 2013
  13. Un « assemblage combustible » est une structure qui pèse 750 kg et contient plus de 600 kg de dioxyde d'uranium.
  14. Les « internes supérieurs » sont une structure alvéolée comprenant une plaque de maintien des assemblages combustibles par leurs pions de centrage. Ces éléments situés dans la partie haute du réacteur doivent être retirés de la cuve du réacteur avant de pouvoir procéder aux opérations de déchargement du combustible.
  15. Incident à Nogent-sur-Seine, sur dissident-media.org, 1999
  16. ASN, « Réacteurs 1 et 2 Inondation des salles des machines », sur asn.fr,‎ 13 mars 2006 (consulté le 15 décembre 2011)
  17. Claude Boyer, « Nouvel incident grave à Nogent », sur dissident-media.org,‎ 2006 (consulté le 15 décembre 2011)
  18. Le Nouvel Observateur, Des militants de Greenpeace s'introduisent dans une centrale nucléaire, 5 décembre 2011
  19. Michel Cabirol, Nucléaire : la gendarmerie surveille étroitement Greenpeace, La Tribune du 18 juillet 2012
  20. Flux émis par le combustible présent dans la cuve d'un réacteur.
  21. ASN, « Mise hors service erronée d'une alarme du système de surveillance du flux de neutrons », sur asn.fr,‎ 7 février 2014 (consulté le 24 mars 2014)
  22. Le Figaro, « Incident à la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine », sur lefigaro.fr,‎ 22 mars 2014 (consulté le 24 mars 2014)
  23. Véronique Selles, La centrale nucléaire de Nogent « hors d'eau », sur lyonne.fr, 13 mai 2013.