Traînel

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Traînel
Image illustrative de l'article Traînel
Blason de Traînel
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Champagne-Ardenne
Département Aube
Arrondissement Nogent-sur-Seine
Canton Nogent-sur-Seine
Intercommunalité Communauté de communes du Nogentais
Maire
Mandat
Didier Droy
2014-2020
Code postal 10400
Code commune 10382
Démographie
Gentilé Trannois
Population
municipale
1 066 hab. (2011)
Densité 53 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 24′ 56″ N 3° 26′ 30″ E / 48.4156, 3.441748° 24′ 56″ Nord 3° 26′ 30″ Est / 48.4156, 3.4417  
Superficie 19,99 km2
Localisation

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Traînel est une commune française, située dans le département de l'Aube en région Champagne-Ardenne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Située sur la frange Ouest du département de l’Aube, le territoire de Trainel d’une superficie de 1999 hectares s’inscrit dans la région naturelle de la Champagne Crayeuse au cœur d’une petite région naturelle du Pays de l’Orvin. Le finage communal se caractérise par un paysage de plaine largement occupé par les terres agricoles entrecoupé suivant un axe Est-Ouest par la vallée de l’Orvin[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Trainel était le nom de l'une des plus anciennes et des plus puissantes lignées de la noblesse champenoise, attestée sans interruption depuis 1079 en la personne de Pons Ier, seigneur de Pont et de Trainel. Mais d'une manière générale, elle préfère recourir au prénom Anseau. La famille fonde alors un chapitre à Trainel.

L'onomastique permet de soupçonner que la famille procède d'un Anseau figurant parmi les individus excommuniés par l'archevêque de Sens en 977, comme étant partisan du comte de Sens et lui interdisant l'entrée dans la cité[2].

La route de la fortune[modifier | modifier le code]

Sous le règne de Philippe Ier, la famille noble de Pont-Trainel dispose d'un vaste domaine connue pour être un important lieu de passage de la Seine (commune actuelle de Pont sur Seine) sur le tracé d'une ancienne voie romaine. Le château est édifié dès la fin du XIe siècle.

La maîtrise du franchissement de la Seine, tant à La Motte-Tilly qu'à Pont-sur-Seine est en soi un gage de puissance. Elle devient une source de fortune quand le grand commerce continental s'active à la fin du XIe siècle avec la mise en place du réseau des foires de Champagne. Outre cet atout fourni par l'économie de l'époque, le comte de Troyes et Blois leur confie les terres relevant du diocèse (et partant du comté) de Sens, entre la Vanne et la Seine ; et la protection de la ville comtale de Saint-Florentin avec la seigneurie de Venizy. Un décompte fait ressortir que le lignage de Trainel domine une soixantaine de paroisses de Marigny-le-Châtel à La Motte-Tilly, et de Fleurigny à Bagneaux.

La grande partition de l'héritage[modifier | modifier le code]

Au XIIe, la seigneurie fut divisée en branches aînée, dont Anseau, bouteiller de Champagne, et cadette des seigneurs de Marigny, d'où les seigneuries d'Aval (branche aînée) et d'Amont (branche cadette). La noble maison de Trainel s'éteignit dans toutes ses branches au XIVe.

Au milieu du XIIe siècle, un partage successoral conduit à confier à l'aîné, Anseau, une première seigneurie essentiellement inscrite dans le diocèse de Sens dont le centre demeure Trainel (dite un siècle plus tard d'Aval), et au puîné, Garnier, une seconde seigneurie inscrite pour sa part dans le diocèse de Troyes et centrée sur Marigny (-le-Châtel) (dite d'Amont). Un cadet, Garin, prend place à Venisy, près de Saint-Florentin et recueillera Fleurigny et Vallière sur l'Oreuse.

La branche aînée de Trainel a des domaines allant de Foissy (-sur-Vanne), Villeneuve-l'Archevêque et Pouy (-sur-Vannes) à La Motte-Tilly et Soligny.

La branche aînée est en principe avantagée par le fait qu'elle contrôle le chemin de communication reliant deux villes de foires où résident les comtes de Champagne : Provins et Troyes. Ce chemin franchit la Seine au gué de la Motte-Tilly, passe sous les murs du château de Trainel, poursuit par le château de Villechat (à la hauteur du hameau de la Chaume), traverse la forêt de Lancy, et rejoint dans la vallée de la Vanne la voie de Sens à Troyes au château de Mauny (Bagneaux). Ce long parcours de détournement est imposé par le fait que la seigneurie de Nogent-sur-Seine est hostile à la Champagne.

Ruine du chemin, installation à Villeneuve-aux-Riches-Hommes[modifier | modifier le code]

À la fin du XIIe siècle, le comte de Champagne parvient à acquérir Nogent, et dès lors, la route peut enfin traverser la Seine à Nogent. En reliant directement Provins et Troyes, elle enrichit la branche des sires de Marigny. Les aînés de Trainel tentent alors de rétablir leur fortune en s'installant vers 1200 dans un nouveau château à Villeneuve-aux-Riches-Hommes, à mi-chemin entre Nogent-sur-Seine et Villeneuve-l'Archevêque[3]. La démarche est vouée à l'échec, car le nouvel axe ne draine pas les commerce.

Au milieu du XIIIe siècle, la branche aînée se titre à de nombreuses reprises sire de Villeneuve-aux-Riches-Hommes, tout en conservant Trainel. Elle établit ses cadets à la tête des seigneuries de Foissy et de Pouy. Mais la crise de l'économie seigneuriale a raison de son indépendance. Un représentant des sires de Marigny leur dispute avec succès le titre de seigneur de Trainel à la fin du XIVe siècle. La dispute cesse vers 1400 avec l'extinction de la branche aînée.

Une agglomération importante sur l'axe de Sens à Reims[modifier | modifier le code]

Même mis à mal par la guerre de Cent Ans, Trainel reste la plus grande agglomération située entre Sens et Nogent. Un grand chemin arrive directement de Sens passant par Fleurigny. Des hôteliers hébergent les voyageurs dès 1480[4]. À la fin du XVIIe siècle, les hôtelleries rurales ferment massivement (à Trainel peu après 1690). Elles finiront par être remplacées par des auberges (deux vers 1775). Il se peut que l'arrivée du coche d'eau de Paris, à Nogent-sur-Seine, ait ruiné un chemin arrivant de Bray, passant par Trainel et gagnant Troyes en ligne droite. Deux paroisses sont nécessaires au soin des âmes du lieu : Saint-Gervais (hors les murs) et Notre-Dame (dans l'enceinte du château). L'hôpital dispose d'une chapelle (Saint-Antoine).

Le tissage de la toile de chanvre, et la draperie de la laine sont des activités notables de la ville. Les tisserands sont une vingtaine dans les années 1770-1790. Les drapiers sont entre deux et quatre à exercer. Tannerie et meunerie sont peu actives. La bourgeoisie est en liens avec celle de la cité de Sens.

Au XVe siècle, la seigneurie devient la propriété de Guillaume Juvenel des Ursins puis de sa descendance pendant deux siècles.

La famille seigneuriale ne réside plus à Trainel depuis longtemps. Pour autant, les ruines du château sont entretenues.

Jusqu'à la Révolution, Traînel est le chef-lieu d'un doyenné appartenant à l'archidiaconé de Sens, membre du diocèse de Sens.

Depuis la révolution[modifier | modifier le code]

Chef-lieu de canton pendant la Révolution. Ce statut est perdu durant la réforme du Consulat en 1801.

Héraldique[modifier | modifier le code]

blason

Les armes de la ville se blasonnent ainsi :

de contre-vair au chef ondée d’or chargé d’un lion issant de gueules.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 2014 M. Didier Droy[5] UMP Agriculteur
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 066 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 057 1 170 1 131 1 067 1 207 1 247 1 261 1 263 1 276
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 292 1 330 1 388 1 380 1 353 1 341 1 420 1 317 1 315
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 255 1 180 1 104 852 776 793 744 727 734
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
818 844 829 853 847 983 1 016 1 036 1 066
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2004[7].)
Histogramme de l'évolution démographique


La commune compte 485 logements en 2006, dont ~ 75 % de type 4 ou plus.

Plus de 72 % des habitants sont propriétaires du logement qu'ils occupent.

Près de 80 % de la population active est salariée (majoritairement fonction publique) et la commune compte plus de 10 % de chômeurs.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Sarcophage gallo-romain.

Cimetières de l'époque franque aux lieux-dits 'Croix Meurtrat' et 'Croix Blanche'.

Église Saint-Gervais et Saint-Protais du XIIe siècle.

L'Église Saint Servais, la Chapelle de la Maison de retraite et la Ferme du château font l’objet d’une identification au titre des éléments bâtis remarquables. De même les bâtiments et la Chapelle de la Ferme de la Madeleine à l’Est de l’agglomération font égerment l’objet d’une identification au titre des éléments bâtis remarquables.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Guillaume Jouvenel des Ursins : fils du prévôt (royal) de Paris, d'origine troyenne et ardent Armagnac, il se retrouve naturellement dans le camp du dauphin Charles. Il est présent à Reims lors de la cérémonie du sacre en compagnie de Jeanne d'Arc. Nommé capitaine de Villeneuve-le-Roi (alias -sur-Yonne) quand les Anglais quittent les lieux. Bailli de Sens. Devient chancelier du royaume de France pour Charles VII. Il achète la seigneurie de Trainel. Au changement de règne, Louis XI le fait incarcérer comme beaucoup d'autres serviteurs de Charles VII. Libéré, il redevient chancelier du royaume. Il achète la seigneurie de Thorigny (-sur-Oreuse) pour sa femme. De nombreux tableaux, dessins et enluminures le représentent.
  • Jehan Thomas de Belleville. Receveur de Trainel. Sa fortune acquise lui permet d'acquérir la seigneurie de Thorigny (-sur-Oreuse) quand son bailleur Jouvenel des Ursins se sépare de cette terre. Il va dès lors quitter Trainel. Époux de Perrette de Villiers, qui porte les armoiries des Villiers-de-L'Isle-Adam (clé de voûte de l'église de Thorigny). Le couple a possédé des bois dans la vallée de l'Oise. Ses armoiries se retrouvent sur les bornes armoriées de la forêt de Lancy, sur une borne de Notre-Dame des Roches (Thorigny) et sur une clé de voûte de l'église de Thorigny.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. PLU arrêté au 13 septembre 2012
  2. Étienne Meunier. Les chevaliers de la famille de Trainel. Cahier de la Société Généalogique de l'Yonne, 2013
  3. Étienne Meunier. Villeneuve-aux-Riches-Hommes du XIIIe au XVe siècle. Bulletin des Amis de la chapelle de Villeneuve-aux-Riches-Hommes 24, 2010
  4. Étienne Meunier. Voies, chemins et routes du Sénonais. Société archéologique de Sens
  5. Site officiel de la préfecture de l‘Aube
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011