Marcel Mouloudji

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Marcel Mouloudji

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Mouloudji, fête du PSU, Colombes, 1973

Informations générales
Nom de naissance Marcel André Mouloudji
Naissance 16 septembre 1922
Paris
Décès 14 juin 1994 (à 71 ans)
Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine)
Activité principale Auteur-compositeur-interprète
Activités annexes Acteur
Peintre
Genre musical Chanson française
Années actives 1936-1994

Marcel André Mouloudji, né le 16 septembre 1922 à Paris et mort le 14 juin 1994 (à 71 ans) à Neuilly-sur-Seine, est un chanteur, auteur-compositeur-interprète, peintre et acteur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mouloudji, fête du PSU, Colombes, 1973.
Phrase d'une chanson de Mouloudji sur un cadran solaire à Capbreton.

Marcel Mouloudji est le fils de Saïd Mouloudji, un Kabyle (région d'Algérie) né en 1896 dans le village de Leflaye (tribu d'At Waghlis, daïra de Sidi-Aïch), et d'Eugénie Roux, une Bretonne, née en 1901[1]. La famille connaît de gros problèmes : alors qu'il n'a que dix ans, la mère de Marcel est internée pour désordre mental et son père, analphabète, logé dans une chambre de bonne, a du mal à élever ses deux fils dont l'aîné, André, est gravement malade et le second, un doux rêveur qui trouve à se loger au hasard des rencontres.

Durant son adolescence, il s'inscrit avec son frère dans un mouvement de jeunesse de gauche (les Faucons rouges, proche de la SFIO, animé par des éducateurs issus de différents courants du monde ouvrier)[2].

En 1935, il fait la connaissance de Sylvain Itkine, metteur en scène membre du Groupe Octobre, organisation affiliée à la Fédération des théâtres ouvriers de France. Marcel Maillot, directeur d'une colonie de vacances du Syndicat du livre, le pousse à chanter avec son frère. Il est bientôt remarqué par Jean-Louis Barrault, qui cherche un enfant pour un spectacle. Durant cette période, Marcel est ainsi hébergé par Jean-Louis Barrault, qui l'introduit dans le milieu artistique de Paris. Il y participe à la vie artistique associée au Front populaire en 1936.

En 1936, il figure dans le film La Guerre des gosses de Jacques Daroy et, en 1938, interprète l'un des trois jeunes héros des Disparus de Saint-Agil de Christian-Jaque[2].

Pendant la guerre, il vit dans une semi-clandestinité. Il racontera son expérience en 1945 dans son livre Enrico qui recevra le prix de la Pléiade.

Il fréquente Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir. Cette dernière évoque fréquemment Mouloudji dans La Force de l'âge.

Après la guerre, il est intégré à la vie artistique de Saint-Germain-des-Prés. Il participe au film Boule de Suif de Christian-Jaque en 1945 et tient le rôle d'un demi-fou dans le film Les Eaux troubles de Henri Calef en 1949.

Il obtient un premier grand succès dans la chanson grâce à son interprétation de La Complainte des infidèles, extraite du film La Maison Bonnadieu de Carlo Rim (1951). La même année, dans le cabaret La Fontaine des Quatre-Saisons, il croise sans le savoir Barbara qui au terme de son audition reçoit une place de plongeuse, la programmation de l'année étant bouclée.

En 1952, il tient un premier rôle, celui d'un jeune délinquant embrigadé dans la résistance, dans le film d'André Cayatte, Nous sommes tous des assassins, un plaidoyer contre la peine de mort.

Jacques Canetti, célèbre agent artistique et patron du cabaret Les Trois Baudets mène Mouloudji au succès dans la chanson. Il lui fait enregistrer Comme un p'tit coquelicot qui obtient le Grand Prix du disque 1953 et le prix Charles-Cros en 1952 et 1953. Même succès, en 1954, avec Un jour tu verras, chanson extraite du film à sketches Secrets d’alcôve (sketch Riviera express de Ralph Habib).

Le 7 mai 1954, jour de la défaite de Dien-Bien-Phu, Boris Vian crée la chanson Le Déserteur dans le cabaret La Fontaine des Quatre-Saisons. Cette chanson connaîtra seulement un succès de scène, car elle sera interdite de diffusion durant plusieurs années. Dans les cabarets en vogue, Mouloudji met cette chanson à son répertoire tout en modifiant un peu le texte. Il interprète également des chansons de Jacques Prévert.

En 1958, il fait l'une de ses dernières apparitions au cinéma dans Rafles sur la ville de Pierre Chenal et dans un film hispano-suédois, Deux hommes sont arrivés (Llegaron dos hombres).

En 1970, il est sur la scène du Théâtre de la Porte-Saint-Martin dans la comédie musicale La Neige en été, aux côtés de Nicole Croisille et de Régine.

Il présente son deuxième roman, Un garçon sans importance (1971) dans l'émission télévisée Italiques, à travers un film de Pierre Philippe[3].

En 1976, il enregistre avec l'accordéoniste Marcel Azzola une anthologie du musette, Et ça tournait.

En 1980 il sort l'album Inconnus Inconnues et donne d'innombrables concerts dans tout le pays, mais les médias s'en font rarement l'écho. Fatigué, il consacre plus de temps à l'écriture et à la peinture, ses anciennes amours[4]. En 1987, on le retrouve sur scène à l'Élysée Montmartre.

Il publie ses souvenirs de jeunesse : Le Petit Invité aux éditions Balland en 1989, La Fleur de l'âge aux éditions Grasset en 1991.

En 1992, une pleurésie lui enlève en partie sa voix. Cela ne l'empêche pas d'enregistrer un album qui ne verra cependant pas le jour. On l'entend, le 17 novembre 1993, chanter dans la carrière de la Sablière à Chateaubriant (Loire-Atlantique), où avaient été fusillés 27 communistes, dont le jeune Guy Môquet, le 22 octobre 1941.

En mars 1994, il est invité au festival Chorus des Hauts-de-Seine en région parisienne. Puis, il donne un ultime récital près de Nancy en avril.

Il s’éteint le 14 juin 1994, alors qu’il avait encore de nombreux projets : la suite de ses mémoires 50 ans après le premier volume (cette suite, Le Coquelicot, paraît à titre posthume en 1997 aux éditions de l'Archipel) et un nouvel album. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise[2] (division 42) à Paris.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Louise Fouquet, dite Lola, est son épouse et son agent artistique de 1943 à 1969. Il a deux enfants : Grégory Mouloudji avec Lilia Lejpuner en 1960 et Annabelle Mouloudji (elle-même interprète de plusieurs chansons dont Fuis Laurence d’Arabie durant les années 1980) avec Nicolle Tessier en 1967. Lilianne Patrick est sa dernière compagne[2].

Hommage[modifier | modifier le code]

  • Il existe un square Marcel-Mouloudji dans le 19e arrondissement de Paris et une rue Mouloudji dans le quartier de La Duchère à Lyon (nom choisi par les habitants). Il y a aussi une école Marcel-Mouloudji à Suresnes, puisque l'artiste habitait cette commune.
  • En juin 2014 ses enfants consacrent un album hommage à leur père "En souvenir des souvenirs" (Discograph/ Harmonia Mundi). Louis Chedid chante Comme un p'tit coquelicot, Un jour, tu verras est repris par Annabelle en duo avec Alain Chamfort, Grégory Mouloudji dit le texte Je suis né à Paris. Figurent aussi Christian Olivier, Jil Caplan, Daphné, Melissmell, Baptiste W. Hamon, Frédéric Lo...etc.

Discographie[modifier | modifier le code]

Principaux succès[modifier | modifier le code]

Principaux albums[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Il interprète uniquement des chansons dans les films suivants :

Théâtre[modifier | modifier le code]

Auteur[modifier | modifier le code]

  • Quatre Femmes
  • Les Sargasses

Comédien[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Souvenirs
Divers
  • Mouloudji, La Guerre buissonnière (roman), Gallimard, 1959.
  • Mouloudji, Le Petit Vaincu (roman), Gallimard, 1963.
  • Mouloudji, Le Jour des morts (poèmes), Jean-Jacques Sergent, 1973.
  • Mouloudji, Complaintes (recueil de textes, chansons et poèmes), Seghers, 1975.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gilles Schlesser, Mouloudji : biographie, L'Archipel, 2009, p. 15
  2. a, b, c et d « Biographie », sur www.insecula.com (consulté en 12 octobre2010)
  3. Italiques, deuxième chaîne de l'ORTF, 2 mars 1972.
  4. « biographie condensée », sur www.evene.fr (consulté en 12 octobre2010)
  5. a et b « Titres les plus écoutés », sur www.musicme.com (consulté en 12 octobre2010)
  6. « Son premier film », sur cinememorial.com (consulté en 12 octobre2010)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]