Joseph-Marie Portalis

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Joseph Marie Portalis
Image illustrative de l'article Joseph-Marie Portalis
Fonctions
Ministre des Cultes
25 août 18074 janvier 1808
Prédécesseur Jean Étienne Marie Portalis
Successeur Félix Julien Jean Bigot de Préameneu
Ministre de la Justice
4 janvier 182814 mai 1829
Prédécesseur Charles Ignace de Peyronnet
Successeur Pierre-Alpinien Bourdeau
Ministre des Affaires étrangères
14 mai 18298 août 1829
Prédécesseur Anne Adrien Pierre de Montmorency-Laval
Successeur Jules de Polignac
Premier président de la Cour de Cassation
8 août 182918 décembre 1852
Prédécesseur Pierre Paul Nicolas Henrion de Pansey
Successeur Raymond-Théodore Troplong
Biographie
Date de naissance 19 février 1778
Lieu de naissance Drapeau : France Aix-en-Provence
Date de décès 5 août 1858 (à 80 ans)
Lieu de décès Drapeau : France Passy
Nationalité Française
Parti politique Royaliste

Joseph Marie Portalis, 1er comte Portalis (19 février 1778 à Aix-en-Provence - 5 août 1858 à Passy (Seine) (aujourd'hui Paris XVIe), est un magistrat, diplomate et homme politique français du XIXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Révolution[modifier | modifier le code]

Fils de Jean-Étienne-Marie Portalis (décédé en 1807, l'un des hommes d'état les plus illustres des temps modernes, ancien ministre des Cultes) et dame Marguerite-Françoise (sœur de Joseph Jérôme Siméon), Joseph Marie fit ses études sous la direction de son père. Il était à peine âgé de douze ans lorsque la proscription qui menaçait son père les obligea tous les deux à se réfugier à Lyon, et de là, à Paris (1793).

Le jeune Joseph assistait avec passion aux séances de la Convention nationale : il se trouvait notamment à celle du 8 thermidor qui aboutit à la chute de Robespierre.

Joseph Portalis débuta fort jeune encore dans les lettres par un article sur Montesquieu, inséré, en 1796, dans le Républicain français.

Il fut obligé, au mois de septembre 1797, d'accompagner son père dans l'exil, en Holstein. Ils furent accueillis par le comte et la comtesse de Reventlau, qui leur offrirent un asile dans leur château d'Emckendorff. Joseph épousa la nièce et pupille du comte, la comtesse de Holck. Ce fut là qu'il fit paraître l'écrit intitulé : Du devoir de l'historien de bien considérer le caractère et le génie de chaque siècle en jugeant les grands hommes qui y ont vécu. L'Académie de Stockholm couronna ce mémoire que l'auteur fit imprimer à Paris en 1800.

Consulat et Empire[modifier | modifier le code]

Rentré en France après le coup d'État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799), la faveur du chef de l'État combla Joseph de dignités. M. Portalis fut nommé surnuméraire au ministère des relations extérieures (1799), commissaire près le conseil des prises le 4 avril 1800 et secrétaire d'ambassade en Saxe la même année.

Employé d'abord par Joseph Bonaparte lors du traité de Lunéville, puis au congrès d'Amiens, il fut envoyé à Londres avec le général Andréossy. Lors de la rupture avec l'Angleterre, M. Portalis fut envoyé à Berlin, pour les mêmes fonctions, le 14 juin 1803, puis à Ratisbonne au mois d'octobre 1804, en qualité d'envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de France près de Karl Theodor Anton Maria von Dalberg (archevêque et prince-électeur de Mayence, primat archichancelier du Saint-Empire romain germanique, résidant à Ratisbonne) et de la Diète germanique.

Mais, ayant sollicité la faveur de se rapprocher de sa famille, il fut rappelé et fut choisi, le 2 juin 1805, pour remplir près de son père les fonctions de secrétaire-général du ministère des cultes.

Il devint maître des requêtes en service ordinaire au conseil d'État le 14 juin 1806, fut chargé par intérim du portefeuille du ministère des cultes après la mort de son père (qui fut ensuite confié à Bigot de Préameneu), au mois de septembre 1807, et fut nommé successivement conseiller d'État, rattaché à la commission des pétitions et à la commission du contentieux en 1807 puis à la section de l'Intérieur le 4 janvier 1808, membre du conseil du sceau des titres le 12 mars de la même année, et directeur général de la librairie le 12 février 1810.

Il avait été créé chevalier de l'Empire le 26 avril 1808, et comte de l'Empire le 9 décembre 1809. « Tant de faveurs accordées au jeune Portalis, lit-on dans la Biographie Des Hommes Du Jour[1], comme récompense des mérites et des travaux de son père, auraient dû inspirer au protégé de Napoléon quelques, sentiments de reconnaisse liée en faveur de son bienfaiteur : il en fut tout autre-ment : le directeur général de la librairie trahit à la fois tous ses devoirs. On colportait en secret et on fausait circuler des bulles et des lettres du pape. Portalis prit part à cette conspiration ourdie par la cour papale qui servait d'instrument à l'oligarchie européenne. Non seulement Portails no dénonça pas la circulation de ces écrits, mais il la propagea : les accusations les plus graves posent sur lui à ce sujet... » L'empereur lui reprocha avec emportement, dans la séance du conseil d'État du 4 janvier 1811, de n'avoir pas divulgué à l'autorité la connaissance qu'il avait eu par l'abbé d'Astros, son cousin, du bref de censure[2] que le pape Pie VII avait adressé à ce chanoine contre la nomination du cardinal Maury comme archevêque de Paris.

« Lorsque quelqu'un est tout à fait à moi, comme vous l'êtes, il répond de ceux qui lui appartiennent. Voilà quelles sont mes maximes, dit l'Empereur. Il faut être tout à moi et tout faire pour moi. Vous m'avez trahi. Vous avez, manqué à la reconnaissance et à votre devoir. Sortez. » Et quand il fut sorti, Napoléon ajouta : « Depuis que je suis au gouvernement, voilà le premier individu auprès de moi qui m'ait trahi. Puis il se tourna vers Locré qui rédigeait les procès-verbaux des séances : Vous écrirez trahi, entendez-vous, monsieur Locré ? C'est le mot propre, le seul convenable à la conduite de M. Portails. »

Destitué de tous ses emplois et exilé à 40 lieues de Paris, le 5 janvier 1811, Portalis s'occupa de travaux philosophiques et littéraires.

Au mois de juin 1813, sur l'insistance du comte Molé, Napoléon, oubliant son mécontentement, nomma Portalis le grand-juge, premier président de la cour impériale d'Angers, poste qu'il occupa jusqu'à la fin des Cent-Jours.

Restauration[modifier | modifier le code]

Louis XVIII le créa conseiller d'État en service extraordinaire, et officier de la Légion d'honneur les 24 et 28 août 1814. Maintenu pendant les Cent-Jours, Portalis réussit encore à conserver les bonnes grâces du roi.

Rentré au conseil d'État, il fut attaché au service ordinaire de la législation, et devint, dès lors, un des plus zélés défenseurs de la cause royaliste. Toujours prêt à témoigner de sentiments peu favorables à l'égard de la presse, il présentait la Chambre des députés un projet de loi pour la répression des cris séditieux et fut nommé conseiller à la Cour de cassation (23 août 1815).

En mai 1818, il fut chargé, comme envoyé extraordinaire de France à Rome, des premières négociations relatives à un nouveau concordat.

Le duc Decazes l'avait appelé (5 mars 1819), à la Chambre des pairs[3], et (21 février 1820) au poste de sous-secrétaire d'État au ministère de la Justice le 21 février 1820 qu'il conserva jusqu'à l'avènement du cabinet Villèle (3 décembre 1821).

Grand officier de la Légion d'honneur le 1er mai 1821, et chargé par intérim, le 18 juillet suivant, du portefeuille du département de la Justice pendant l'absence du garde des sceaux, il fut nommé président de chambre en la Cour de cassation le 6 août 1824.

Dans un rapport à la Chambre des pairs, en 1825, il révéla qu'un jacobin d'Ancenis, convoitant les propriétés de l'hôpital de Nantes, avait fait inscrire l'hôpital sur la liste des émigrés. Le 18 janvier 1827, Portalis fit à la Chambre des pairs son fameux rapport sur la pétition de M. de Montlosier contre la légalité de l'existence des jésuites en France.

Promu garde des sceaux le 4 janvier 1828, lors de la constitution du cabinet Martignac, il attacha son nom à plusieurs mesures importantes, par exemple à celle qui abrogeait la censure et à celle qui réprimait les fraudes électorales. Il échangea, le 14 mai 1829, le portefeuille de la Justice pour celui des Affaires étrangères, laissé vacant par Anne Adrien Pierre de Montmorency-Laval, et qu'il garda jusqu'au 7 août suivant, à l'avènement du ministère Polignac.

En quittant le pouvoir, il se réserva d'ailleurs la place de Premier président de la Cour de cassation et de membre du conseil privé.

Monarchie de Juillet[modifier | modifier le code]

Joseph-Marie Portalis en tenue de vice-président de la Cour de cassation.

Essentiellement ami de l'autorité, il se rallia avec empressement au gouvernement de Louis-Philippe Ier, et continua de prendre une part active aux travaux de la Chambre des pairs, dont il fut un des vice-présidents. Il se prononça pour l'hérédité de la pairie, parla contre le rétablissement du divorce, et prêta l'appui de sa voix et de son influence à toutes les mesures conservatrices et répressives.

En 1835, il fut l'assesseur de MM. Pasquier et Decazes dans l'instruction du procès d'avril. Membre de l'Académie des sciences morales et politiques (9 février 1839), section de législation et de jurisprudence, il communiqua à l'Institut de France de remarquables Observations sur le code sarde comparé au code civil français.

Deuxième République et Second Empire[modifier | modifier le code]

Lors de la révolution de février 1848, Portalis conserva sa place de premier président de la Cour de cassation, au nom de laquelle il présenta des Observations sur l'ordre judiciaire.

Il affirma aussi ses opinions conservatrices et monarchistes dans un écrit intitulé : L'Homme et la Société.

Après le Coup d'État du 2 décembre 1851, Louis-Napoléon Bonaparte le nomma sénateur (26 janvier 1852). Un incident, lors de la prestation du serment des nouveaux sénateurs, montra, dit un historien, que le comte Portalis « ne voulait pas renoncer à l'occasion de proclamer une foils de plus sa fidélité ». Son nom n'avait pas été appelé : il réclama contre cette omission, et, la formule du serment ayant été relue, M. Portalis prêta, à très haute voix, son huitième serment politique. Il s'associa au rétablissement de l'Empire, fut rapporteur (1856) du projet de loi sur la régence, et siégea au palais du Luxembourg jusqu'à sa mort (5 août 1858).

Il était grand-croix de la Légion d'honneur.

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Fils aîné de Jean Étienne Marie Portalis (17461807) et de Marguerite Françoise Siméon (17521813), Joseph Marie Portalis épousa, le 9 mai 1801 à Königsbrück (Basse-Lusace), Frédérique (24 octobre 1784 - Kiel (duché de Holstein) † 1er septembre 1838 - Paris), comtesse de Holck, dont il eut :

La descendance de Joseph Marie Portalis compte parmi les familles subsistantes de la noblesse d'Empire.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
Orn ext chevalier de l'Empire CLH.svg
Blason à dessiner.svg
Armes de chevalier de l'Empire (1808)

Parti au premier d'azur à la fasce cousue de gueules chargé du signe des chevaliers légionnaires, accompagnée en pointe d'une tour ouverte crénelée de trois pièces échiquetées de sable et d'argent ; au second écartelé ; au premier d'argent à la fasce de gueules, au second aussi d'argent à sept billettes d'azur ; au troisième d'azur, à la chausse-trape évidée d'or ; au quatrième d'argent, au mur de sable maçonné d'or, crénelé de trois pièces.[5]

Orn ext comte de l'Empire CLH.svg
Blason à dessiner.svg
Armes du 1er comte Portalis et de l'Empire (1809)

Parti au premier d'azur à la fasce cousue de gueules chargé du signe des chevaliers légionnaires, accompagnée en pointe d'une tour ouverte crénelée de trois pièces échiquetées de sable et d'argent ; au quartier des Comtes Conseiller d'état brochant au neuvième de l'écu ; au second écartelé ; au premier d'argent à la fasce de gueules, au second aussi d'argent à sept billettes d'azur ; au troisième d'azur, à la chausse-trape évidée d'or ; au quatrième d'argent, au mur de sable maçonné d'or, crénelé de trois pièces.[5]

Orn ext Comte (baron-pair) GCLH.svg
Blason à dessiner.svg
Armes de Baron-Pair de France

Parti, au premier d'azur, à la tour à 3 tourelles d'argent, celle du milieu supérieure et sommée d'une tige de 3 lys du même émail ; au deuxième contre-écartelé, au 1er d'argent à une fasce de gueules ; au 2e argent, à 7 billettes de gueules, posées 1, 2, 2 et 2 ; au 3 d'azur, au double triangle entrelacé d'argent ; au 4 d'argent, au mur crénelé de gueules, maçonné d'argent. Supports : deux lions. Couronne de comte sur l'écu, et couronne de baron sur le manteau[6],[7],[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Germain Sarrut, Biographie Des Hommes Du Jour, vol. 1, Krabbe,‎ 1835, 382 p. (lire en ligne)
  2. Le bref enjoignait le cardinal Maury de renoncer à l'administration de l'archidiocèse de Paris, pour laquelle ce prélat avait abandonné le siège de Montefiascone.
  3. Baron-pair le 5 mars 1819, lettres patentes du 12 mai 1820.
    Source 
    Armory of the French Hereditary Peerage (1814-30) sur www.heraldica.org
  4. « Notice no LH/2202/68 », base Léonore, ministère français de la Culture
  5. a et b Nicolas Roret, Nouveau manuel complet du blason ou code héraldique, archéologique et historique : avec un armorial de l'Empire, une généalogie de la dynastie impériale des Bonaparte jusqu'à nos jours, etc..., Encyclopédie Roret,‎ 1854, 340 p. (lire en ligne)
  6. Jean Baptiste Pierre Jullien de Courcelles, Histoire généalogique et héraldique des pairs de France : des grands dignitaires de la couronne, des principales familles nobles du royaume et des maisons princières de l'Europe, précédée de la généalogie de la maison de France, vol. 8, L'auteur,‎ 1827 (lire en ligne)
  7. "Portalis", LA FAMILLE AUJOURD'HUI sur www.portalis.info
  8. Source : Armory of the French Hereditary Peerage (1814-30) sur www.heraldica.org

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Chronologies[modifier | modifier le code]