Ion Ghica

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ghica.
Ion Ghica

Ion Ghica (né le 12 août 1816, à Bucarest, décédé le 22 avril 1897, à Ghergani, județ de Dâmbovița) fut une personnalité roumaine marquante de la seconde moitié du XIXe siècle, académicien, ingénieur, économiste, écrivain, diplomate, mathématicien, homme politique et pédagogue, premier ministre de la Roumanie, deux fois (entre 1866 et 1867, respectivement entre 1870 et 1871), président de l'Académie roumaine, quatre fois (18761882, 18841887, 18901893, 18941895).

Son enfance et ses études[modifier | modifier le code]

Il est né dans la famille des boyards Ghica, de Dimitrie « Tache » Ghica (grand ban, logothète et hetman, et de Maria Câmpineanu, il est le neveu des princes Grigore IV Ghica et Alexandre II Ghica. Il passe au domaine paternel une bonne partie de son enfance ; parmi les hôtes de son père on trouvait le haïdouk Iancu Jianu, qui venait pour des parties de chasse au loup, au renard ou au lièvre.

Ghica fut éduqué à Bucarest, dans la classe de I. A. Vaillant, ainsi qu’au collège Saint-Sava, où il fit la connaissance de Nicolae Bălcescu. Il fut envoyé en 1835 à Paris, où il vécut rue Saint-Hyacinthe, avec d’autres conationaux. À Paris, il fit la connaissance de Vasile Alecsandri, un dimanche, quai Voltaire, lorsque le groupe moldave descendait se promener aux Champs-Élysées. Le , il passa le baccalauréat, mais avec de notes médiocres. Il étudia l'ingénierie des mines et les mathématiques à Paris, entre 1837 et 1841. À Paris, il était bruyant, joyeux, il vivait la vie de bohême et fréquentait le salon philhellène de madame de Champy, ainsi que l’ambassade ottomane. Il aimait descendre dans la ville, la nuit, accompagné par un ami, il achetait de la glace chez Tortoni, boulevard des Italiens, et ne revenait chez lui qu'à l'aube.

Sa carrière[modifier | modifier le code]

À son retour de Paris, en 1841, il enseigne la minéralogie, l’anthropologie et l'économie politique (Ion Ghica a été le premier professeur roumain d'économie politique), à Iași (Academia Mihăileană), où il a soutenu l’idée d’une union douanière entre la Valachie et la Moldavie, en vue d’une union politique des deux principautés roumaines. À côté de Nicolae Bălcescu, il a fondé la société secrète « Frăția », ("La Fraternité"), en 1843 et en 1844 il a travaillé en tant que rédacteur de la publication Propășirea, (« Le Progrès »).

Après la mort de son père, , il décida de voyager à l’étranger (Paris, Londres, Italie…). Il revint en Roumanie en 1847, pour se marier avec Sașa, la fille du général russe d’origine grecque Nicolae Mavros, archéologue amateur et propriétaire du domaine Ciomegile, du județ de Buzău.

À Iași, Ghica participa au mouvement révolutionnaire de 1848 qui désirait imposer l’union des deux principautés roumaines, sous un prince autochtone, Mihail Sturdza. Le mouvement ayant échoué, Ghica devint chargé de cours des mathématiques à l’université fondée par Sturdza. Puis, au nom de la révolution, il déménagea à Bucarest où il fut l’un des dirigeants de la Révolution de 1848 de Valachie. 1848 vit aussi la naissance de son premier fils, Demetru. Puis il partit pour Constantinople en tant d’agent des révolutionnaires, pour négocier avec le gouvernement ottoman.

Après l’étouffement de la révolution, il resta en exil à Constantinople. C'est là que naquit sa fille Maria, le . Le pouvoir ottoman le nomma prince de l’île de Samos (18541859). Il y fut accueilli par des sons des cloches, des coups de canons, des cris de la population, par le clergé et par les enfants d’école munis des feuilles de laurier. Il reçut ces honneurs avec beaucoup d’humour : « On a chanté trois hymnes en mon honneur, on m’a débité une pièce de vers toujours en l’honneur de mon Excellence ». En février 1856, Ion Ghica est nommé prince de Samos[réf. nécessaire], par le sultan, qui lui accorda une audience d’un quart d’heure, se montrant à son égard « de la plus grande amabilité ». Toujours en 1856, le 5 juillet, son fils Scarlat naquit au port de Vatti. Ion Ghica réussit extirper la piraterie, fleurissante à Samos à cette époque.

Ministre[modifier | modifier le code]

Au début de , il revint en Valachie. En 1859 - 1860, il fut ministre de l'Intérieur (en Moldavie et en Valachie), sous Alexandru Ioan Cuza. Il agrandit ses domaines, en achetant pour 15 000 ducats les terrains de Săbiești et de Stănești, contiguës avec Ghergani, « ce qui me fait une des plus belles propriétés de Valachie ». Sa femme Sașa possédait pour sa part le domaine Cucuruz de Vlașca. En avril 1869, Ghica achète aussi aux enchères, les terrains de l’État à Larga-Ialomița, soit quelque 1259 ha.

En 1862, il vint à Londres, pour les études de son fils Demetru : « Je suis arrivé sain et sauf dans la capitale du confortable ». Nous apprenons qu’« il adorait les Anglais depuis sa jeunesse et parlait leur langue comme un fils d’Albion ».

En 1863, il était déjà vice-président de la Chambre, mais cela ne l’empêche pas de rester, en avril, « blotti dans ma chaumière ». Sa femme lui donna encore un fils : Nicolae. En été, il était à Vienne et à Francfort. En juillet 1865 il était, de nouveau à Londres. Il rendit visite à son fils Demetru au Collège Wellington. Il revint en Roumanie par la route de Lyon, Florence, Naples et Constantinople. Le 20 mai 1865, sa famille s’agrandit à nouveau, par la naissance du cadet Alexandre.

En 1866, Ion Ghica fut premier ministre et ministre des affaires étrangères (du 11 février au 11 mai). En juillet 1866, il prit part à un bal féerique donné par Ali Pacha à Therapia. Toujours en juillet, il revint et fut à nouveau nommé ministre (15 juillet 186628 février 1867). En août, il détient deux ministères.

En 1867, il est ministre de l'intérieur. En septembre, il est de nouveau à Londres, en octobre à Paris puis à Turin, d’où il va à Florence et à Sienne : « Jamais l’Italie ne m’a semblée aussi belle ». Entre le 18 décembre 1870 et 10 mars 1871, Ion Ghica est de nouveau premier ministre et ministre de l’Intérieur.

Il a fait partie du mouvement anti-dynastique des années 1870 - 1871. En septembre, il était à Vienne, à Cracovie et à Lemberg (Lviv, en ukrainien). En 1872, il était, de nouveau, à Constantinople, en juillet au Pirée, ensuite à Vichy. Bien que Ion Ghica eût la réputation d’un homme fort, son fils Demetru, licencié de la faculté des sciences morales et politiques de l’université Cambridge, fut repoussé par la commission présidée par August Treboniu Laurian, pour le poste de la chaire de philosophie de la faculté des lettres de l'université de Iași.

En mars 1875, Ghica fut à Paris et à l'automne à Londres : « Je suis tout à fait dans les grandeurs, je vois des ducs et marquis ». À partir du 11 février 1877, il fut pour trois ans, le directeur du Théâtre national, où il protégea notamment Vasile Alecsandri. Il était aussi sénateur, président de la Société académique roumaine, président de la Société générale d’assurances mutuelle « Unirea ». En 1878, il était à Berlin et à Paris.

Ambassadeur[modifier | modifier le code]

Entre 1881 et 1889, il fut ministre plénipotentiaire de la Roumanie à Londres. En août 1881, il visita lord Granville, qui était malade et immobilisée dans un fauteuil, Lady Grandville recevait les hôtes « habillée de diamants et de blanc », à l’entrée du salon. En tant qu’homme qui se respecte, il s’inscrit au club « Wellington », dans la liste de laquelle on le retrouve en tant que « His Excellency Prince Ghica » (« son excellence le prince Ghica »). Le 10 août, il présenta à la reine ses lettres de créance, à Osborne.

Son fils Alexandru (né en 1865) étudiait à Paris. Le voilà à Vichy, en 1882, en visite chez Mihail Kogălniceanu, qui était en convalescence, après une intervention chirurgicale. En 1882, il assista à une représentation de Michel Strogoff à Paris. Il y revint en septembre et en novembre de la même année. En mars 1883, il y assista à un concert spirituel Pasdeloup. En juin, il était à Vienne, en juillet de nouveau à Londres, en août à Vichy et en septembre à Aix-les-Bains. Le 7 octobre, il était à Brighton, « à la recherche d’un rayon de soleil ». Début novembre sa femme Sașa arriva à Londres, juste au moment où le monde était sous l’impression d’une explosion à la dynamite, dans le tunnel du métro londonien. Le 9 novembre, Ion Ghica participa au banquet donné par le lord Mayor Guildhall, où le premier ministre britannique parla en honneur de la France, représentée par Waddington, ainsi que par le comte de Ferdinand de Lesseps.

En février 1884, nous retrouvons Ion Ghica à Paris, en mars à Bucarest, en avril à Vienne, en juin et juillet à Londres, en août à Vichy, en septembre à Londres, et en novembre et décembre à Paris, à l’occasion des examens de son fils.

Le , il était à Paris, à l’hôtel Rastatt. De Paris, il part pour Lisbonne, pour participer au Congrès postal. Au retour, Ghica passe par Madrid, Cordoue, Grenade, où il reçoit l’Ordre de la Conception. En août, il retrouve Vasile Alecsandri, à Aix-les-Bains. Alecsandri était alors ministre plénipotentiaire de Roumanie à Paris. Les deux amis circulaient entre Paris et Londres, chacun à son tour. En mai, il assistait à Berlin, à Rigoletto de Giuseppe Verdi.

En mars 1887, il était à Berlin, en mai à Paris, où il consulte le docteur Pottin, en août à Édimbourg. Il fait une excursion « charmante » sur la côte de l’Écosse. Ensuite, il passe par Hombourg, une localité aux eaux thermales, puis par Bâle, Genève, Aix-les-Bains. L’année suivante, il va de nouveau, en août, à Vichy.

Sa fin[modifier | modifier le code]

Il meurt dans la matinée du , peu après son réveil, à Ghergani.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Vademecum al inginerului și al comerciantului, 1848, 1865
  • Ajutorul comerciantului, al agricultorului și al inginerului, 1873 (avec D. A. Sturdza)
  • Poids de la Moldovalachie dans la Question d’Orient, 1838
  • Scrisori către Vasile Alecsandri, 1880
  • Amintiri din pribegie, 1848
  • Convorbiri economice, 18651875

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dicționar enciclopedic român, vol. II, Editura Politică, Bucarest, 1964
  • Mic dicționar enciclopedic, ediția a II-a, revăzută și adăugită, Editura științifică și enciclopedică, Bucarest, 1978
  • George Călinescu, Istoria Literaturii Române de la Origini până în Prezent, Fundația Regală pentru Literatură și Artă, Bucarest, 1941
  • Ion Ghica, Scrisori către V. Alecsandri, Editura pentru literatură, Bucarest, 1976
  • La page ro:wiki:Ion Ghica, en roumain.