François Stahly

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François Stahly, né le 8 mars 1911 à Constance (Allemagne) et mort le 2 juillet 2006 à Meudon, est un sculpteur appartenant à la nouvelle École de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

François Stahly (Capture d'écran d'une vidéo de l'Encyclopédie audiovisuelle de l'art contemporain).

Fils d'un père italien et d'une mère allemande, François Stahly passe de 1912 à 1931 sa jeunesse en Suisse, à Lugano, Winterthour et Zurich. Il fait dans une imprimerie son apprentissage de lithographe, fréquente dès 1926 la Kunstgewerbeschule de Winterthour où sont enseignés les principes du Bauhaus et l'École des Beaux-Arts de Zürich.

S'installant à Paris, il est de 1931 à 1939 élève de Charles Malfray à l'Académie Ranson, où il rencontre Maillol et se lie avec Jean Le Moal, Jean Bertholle, Alfred Manessier, Zelman et Étienne Martin. Membre en 1936 du groupe Témoignage, animé à Lyon par Marcel Michaud, avec Le Moal, Bertholle et Étienne Martin, il reçoit une première commande pour le pavillon de la Femme à l'Exposition universelle de Paris en 1937, collaborant avec Fred Littmann. En 1940 il quitte Paris pour la communauté d'Oppède, dans la zone libre, où séjournent notamment Étienne Martin, Bernard Zehrfuss et Consuelo de Saint-Exupéry. À Marseille, il réalise alors avec Étienne Martin, Marcel Duchamp, Zehrfuss, Zelman et Max Ernst le décor de l' Eden Bar.

Ayant rejoint en 1945 à Mortagne-au-Perche Étienne Martin et d'autres amis, François Stahly rédige des articles pour « Werk », « Graphis » et « Die Kunst », édités à Zurich et commence de collaborer avec des architectes, Pierre Pinsard, Paul Herbé, Jean Lecouteur, Bernard Zehrfuss et Jean Prouvé. Aidé de Henri-Pierre Roché, il installe en 1949 avec sa femme Claude, en transformant une orangerie, un atelier à Meudon et est l'un des membres du comité du « Salon de la Jeune Sculpture ». Jusqu'en 1960 il participe à l'enseignement Gurdjieff. Il enseigne ensuite jusqu'en 1965 à l'Université de Berkeley, en Californie, puis à Aspen (Colorado), Washington et Seattle et réalise de nombreuses œuvres à Los Angeles, New York, San Francisco et Seattle.

En 1966, François Stahly réalise plusieurs commandes officielles dont « Le Labyrinthe » de la faculté des Sciences de Jussieu dans le 5e arrondissement de Paris et la « Fontaine » du Parc Floral de Vincennes, puis crée avec ses enfants entre 1967 et 1970 le Parc forestier du Haut du Crestet dans le Vaucluse, ensemble d'habitations et d'ateliers (Ces ateliers sont inscrits au titre des monuments historiques depuis 1988[1]). Il fait en 1969 don d'une partie de sa collection personnelle au Musée de Meudon. Après la maladie et la mort de Claude Stahly en 1973, avec l'aide de Parvine Curie, sa compagne depuis 1975, et le soutien du Ministère de la Culture, le Parc forestier reprend son activité en 1977, ses ateliers étant mis à la disposition de boursiers et de stagiaires. Ses ateliers sont inscrits au titre des monuments historiques, depuis 1988[2],[1].

François Stahly reçoit notamment le Grand Prix de la Biennale de Tokyo en 1965, le Grand Prix des Beaux-Arts de la Ville de Paris en 1972, le Grand Prix National de la Sculpture en 1979 et est élu membre de l’Académie des beaux-arts le 9 décembre 1992 au fauteuil de Nicolas Schöffer.

Œuvres dans des espaces publics[modifier | modifier le code]

Signature de François Stahly
  • 1947 : Autel et porte du tabernacle de l'église du couvent des Trappistes de Bricquebec (Manche), en collaboration avec Étienne Martin (architecte Pierre Pinsard).
  • 1952-1956 : Vitrail-relief pour l'église St-Rémy-de-Baccarat, en collaboration avec Étienne Martin, Antoine Poncet, Jacques Delahaye, Claude Idoux, Lenormand, Paul Reynard, Denise Chesnay.
  • 1953-1954 : Rosace de l'église de la Vallée-au-Bled (Algérie), en collaboration avec Étienne Martin et Claude Idoux.
  • 1955 : Façade du Pavillon de Paris-Match à l'Exposition de l'Habitation du Salon des Arts Ménagers de Paris, en collaboration avec Étienne Martin et Denise Chesnay.
  • 1955-1958 : Plafond et mur-relief de la chapelle du Saint-Sacrement du Pavillon du Vatican à l'Exposition Universelle de Bruxelles, en collaboration avec Giacometti, Étienne Martin, Giselle Pinsard, Swoboda, Véra Pagava.
  • 1955-1960 : Signal pour l'autoroute A6. Cinq Chaînes d'eau pour la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre
  • 1956-1960 : Fontaine pour le centre commercial des Courtilles à Asnières-sur-Seine.
  • 1957-1961 : Sculptures pour l'ensemble architectural du Parc du château à Louveciennes
  • 1960 : « Astre II » pour la Faculté de Pharmacie de Paris.
  • 1961-1962 : Fontaine pour l'immeuble de la Kayser Steel Company à Fontana (Californie). Fontaine pour le Civic Center de Seattle (État de Washington).
  • 1961-1964 : Fontaine des Quatre Saisons, Golden Gate Way Park de San Francisco.
  • 1962-1968 : « Grande Fleur IV » pour le Lycée d'Enseignement Professionnel de Wingles (Pas-de-Calais).
  • 1962-1963 : Fontaine pour le jardin de l'Université des Hautes Études Economiques Internationales de Saint-Gall (Suisse). « Portiques » ou « L'Écho de la Forêt » pour la Maison de la Radio à Paris.
  • 1964 : « Les Grandes Fleurs » pour la Maison des jeunes et de la culture de Colombes. Signal pour le centre commercial de Hayward (San Francisco).
  • 1964-1965 : Fontaine pour l'ensemble résidentiel du Point-du-Jour à Boulogne-Billancourt.
  • 1965 : Palo Alto, université Stanford (États-Unis).
  • 1965-1966 : « Arbre-méandre I » pour la Banque Itau à São Paulo. « La Pyramide » pour l'École Normale Supérieure de Paris. « Colonne » pour l'Art Center de Dallas (États-Unis).
  • 1965-1968 : « Labyrinthe » pour la Faculté de Jussieu à Paris (architecte Édouard Albert).
  • 1966-1968 : « Delta » pour le Lycée technique du Plessis-Robinson.
  • 1966-1969 : « Arbre-Méandre » pour le Collège d'Enseignement Technique du Bâtiment de Poitiers.
  • 1966-1975 : Mur-relief pour le Lycée Pierre et Marie Curie de Château-Gontier (Mayenne).
  • 1967-1968 : Fontaine pour le Parc Floral de Vincennes.
  • 1968-1970 : Fontaine pour la Maison de la Culture André Malraux de Reims.
  • 1969-1974 : « Jardin Labyrinthique » pour l'Empire State Plazza du New York Capitol à Albany (État de New-York).
  • 1970-1971 : Cheminée du Front de Seine, Paris 15e.
    Cheminée du Front de Seine, Paris 15e (1971)
  • 1970-1972 : « Le Portique des Gémeaux », ateliers du Crestet.
  • 1972-1973 : « Jardin-Labyrinthe » pour la Faculté des Sciences de Poitiers.
  • 1973 : « Le Totem » pour la Faculté des Lettres de Pau.
  • 1974 : « Le Grand Aimant » pour la Bibliothèque de l'I.U.T. de Rennes-Beaulieu.
  • 1977 : Décor pour la patinoire de Vitry-sur-Seine.
  • 1980-1981 : « Pierre Totémique » pour le Lycée Ampère à Arles.
  • 1981-1982 : Fontaine pour la place de l'Eperon au Mans. Fontaine pour la place Agidi à Münster (R.F.A.).
  • 1981-1984 : « La Tour de la Vigie » pour le Cap d'Agde.
  • 1984 : « Hommage aux hommes de la mer perdus aux quatre vents de la Méditerranée », offert à la ville de Cadaqués (Espagne).
  • 1990-1991 : « Mémorial pour le Général de Gaulle », pour la Porte Maillot, en collaboration avec Parvine Curie (Pierre Mougin architecte).

Œuvres dans les musées[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

À l'étranger[modifier | modifier le code]

États-Unis :

  • Musée de l'université Stanford
  • Art Center de Dallas
  • Musée de Seattle (Forêt de Tacoma, 1962)

Italie :

  • Musée Cidonio, Pietra Santa ;
  • Musée Heuraux, Querceta, Lac Trasimène.

Suisse :

  • Fondation Pierre Gianadda, Martigny (Colonne croissance, 1967-1968, serpentine, H. 3,50 m, œuvre unique)
  • Kunsthaus Zurich
  • Musée de Frauenfeld
  • Musée de Winterthur

Brésil :

  • Musée d'Art Contemporain de l'Université de Saô-Paulo (Fête)

Angleterre :

Yougoslavie :

  • Musée de Skopje (Le Poisson, 1959)

Japon :

  • Musée d'Art Moderne de Toyo (Vénus, 1965)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Arp et Henri-Pierre Roché, François Stahly, Éditions Paul Fachetti, Paris, 1953.
  • Carola Giedon-Welcker, François Stahly, The Graphie Press, Zurich, Éditions Wittenborn, New York, 1965.
  • Pierre Descargues, François Stahly, Éditions La Connaissance, Bruxelles, 1975.
  • Le Haut du Crestet, textes de François Stahly et Parvine Curie, imprimerie H. Hofer, Gentilly, 1975.
  • Ionel Jianou, Gérard Xuriguera, Aube Lardera, La sculpture moderne en France, Arted Éditions d'Art, Paris, 1982.
  • Marie-Josée Villadier, La vie et l'œuvre de François Stahly, Maîtrise, Université Paris IV, Paris, 1984.
  • François Stahly, Hartmann Édition, 1997.
  • François Stahly, Écrits et Propos, Rémanences, no 18, Bédarieux, 2002.
  • Montparnasse années 1930 - Bissière, Le Moal, Manessier, Étienne-Martin, Stahly… Éclosions à l’Académie Ranson, Rambouillet, Palais du roi de Rome, Éditions Snoeck, 2010 (ISBN 978-90-5349-796-8).
  • Le Poids du monde. Marcel Michaud (1898-1958), sous la direction de Laurence Berthon, Sylvie Ramond et de Jean-Christophe Stuccilli, Lyon, musée des Beaux-Arts, 22 octobre 2011-23 janvier 2012, Lyon, Éd. Fages, 2011, 320 p. (ISBN 9782849752517) [1]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • François Stahly, entretien avec Alain Vollerin, Mémoire des Arts, Lyon, 1989 (53 minutes).
  • François Stahly, entretien avec Claude Guibert, Encyclopédie audiovisuelle de l'art contemporain, 1995 (13 minutes )

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]