Jacques Hélian

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Jacques Hélian (de son vrai nom Jacques Mikaël Der Mikaëlian) (Paris, 7 juin 1912 - 29 juin 1986), est un chef d'orchestre de music-hall français. Dans le sillage des Collégiens du Ray Ventura d'avant guerre dont il est issu, Jacques Hélian conduira la plus prestigieuse formation de scène des dix années d'après-guerre qui atteindra son apogée au début des années cinquante avec jusqu'à 25 artistes sur scène et jusquà plusieurs concerts par jour joués à guichets fermés, en France bien sûr, mais aussi en Belgique, en Suisse, en Afrique du Nord et au Canada.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né d'un père arménien (descendant de la bourgeoisie arménienne) et d'une mère française, il entre à 16 ans à l'École dentaire, mais il abandonne rapidement ses études pour apprendre le saxophone avec Raymond Legrand, qui vient d'épouser sa sœur Marcelle Der Mikaëlian. Il commence sa carrière de musicien comme saxo alto, saxo baryton et clarinette dans l'orchestre de Roland Dorsay.

En 1936, il fait partie de l'orchestre de Jo Bouillon, puis de celui de Ray Ventura. Il participe à des émissions radiophoniques sur le Poste parisien, un des émetteurs les plus populaires de l'époque. Sous le nom de Jacques Hélian, il grave plusieurs disques dès avant la guerre. Mobilisé en 1939, il se retrouve prisonnier de guerre jusqu'à sa libération pour raison de santé en mars 1943. Il reconstitue immédiatement un petit orchestre qui se produit principalement à la radio.

Mais c'est au lendemain de la Libération que l'orchestre de Jacques Hélian parvient à la notoriété, en remplaçant de fait celui de Raymond Legrand, dissous à la même époque. Son indicatif, "Fleur de Paris" (paroles de Maurice Vandair, musique d' Henri Bourtayre) fait figure d' "hymne de la Libération". Entre 1945 et 1949, Jacques Hélian enregistre plus de 70 chansons pour la firme Columbia, parmi lesquelles C'est si bon (musique de Henri Betti, paroles d’André Hornez) qui deviendra un succès mondial. Les compositeurs avec lesquels il collabore régulièrement sont principalement Henri Bourtayre (Chanteville, La Marchina, Soleil levant) et Loulou Gasté (Le Porte-Bonheur, Chica! Chica!, Au Chili, Les Pompiers du Mexique). Jacques Hélian multiplie les émissions de radio - très écoutées -, les galas, les tournées. Dès 1945, les chanteurs de l'orchestre deviennent vite populaires : Francine Claudel, Zappy Max, Jo Charrier, Ginette Garcin. En 1947, le chanteur Jean Marco[1] (de son vrai nom Jean Marcopoulos), également guitariste et compositeur s'impose rapidement comme chanteur de charme du groupe. En 1949, après avoir mis en place le premier groupe vocal féminin français qu'il appelle « Les Hélianes », Jacques Hélian lance sur les ondes Étoile des neiges qui sera le plus grand succès de sa carrière et pour lequel il va recevoir un disque d'or. En 1951, il recevra le Grand prix du disque de l'Académie Charles-Cros pour Tout est tranquille. Jacques Hélian et son orchestre se produisent alors dans des salles archi-combles et, sur scène comme à la radio, l'indicatif Fleur de Paris débute et termine chaque concert et chaque émission.Jacques Hélian est alors le deuxième plus gros vendeur de disques de l'après-guerre. Le 24 juin 1953, Jean Marco, qui commence à être très connu et apprécié, trouve la mort, à 30 ans, dans un accident de voiture, ce qui va provoquer un seisme dans l'orchestre. But The show must go on...Ce sont Jean-Louis Tristan et Lou Darley qui succéderont à Jean Marco et Claude Evelyne repartie dans sa Suisse natale.

Entre 1949 et 1956, on verra défiler dans l'orchestre quelques-uns des meilleurs jazzmen français et européens, parmi lesquels Christian Garros, Gérard Lévecque, André Paquinet, George Cloud, Fernand Verstraete, Marcel Bianchi, Pierre Gossez, Janot Morales, Sadi, ainsi que quelques « grosses pointures » venues d'outre Atlantique, notamment Ernie Royal, Al Mone, Bill Tamper, Don Byas, Kenny Clarke ou Sonny Grey. Vers 1952, l'orchestre de Jacques Hélian est, sans nul doute, le meilleur "big band" d'Europe.

L'orchestre Jacques Hélian a joué dans plusieurs films : Cœur de coq (1946), Gay Paris, Romances et Rythmes, Pigalle-Saint-Germain-des-Prés (1950), Musique en tête (1951) et Tambour battant (1952).

Le grand orchestre permanent donnera son dernier concert le 15 mars 1957. Par la suite, il se produit toujours avec des participants renouvelés jusqu'en 1979, mais sa période de gloire est passée. Après la dissolution de son orchestre, Jacques Hélian écrit un ouvrage de référence sur Les Grands orchestres de music-hall en France, dans lequel il consacre plusieurs chapitres à celui qu'il a créé. Il meurt à Paris le 29 juin 1986.

  • Les « Années Jacques Hélian » sont retracées dans un film intitulé Vive la vie[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Page dédiée à Jean Marco.
  2. Film Vive la vie

Liens externes[modifier | modifier le code]