Short Message Service

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Affichage d’un message reçu sur un téléphone mobile

Le service de messagerie SMS, plus connu sous le sigle SMS (Short Message Service) ou le nom texto, permet de transmettre de courts messages textuels. C'est l'un des services de la téléphonie mobile (il a été introduit par la norme GSM).

Dans certaines régions du monde comme l’Amérique du Nord, le Royaume-Uni ou les Philippines, on parle de messagerie texte. Par rétroacronymie, cette messagerie est également désignée par service de messages succincts.

En 2011, en moyenne 200 000 SMS auraient été envoyés chaque seconde dans le monde[1]. En 2009, plus de 135 000 SMS étaient envoyés chaque seconde à travers le monde, tandis qu'en 2007, entre 50 000 et 60 000 SMS étaient envoyés chaque seconde[2].

Sommaire

Introduction [modifier]

Affichage d’un message reçu sur un téléphone mobile.
La disposition classique d’un clavier de téléphone mobile.

Le SMS permet de transmettre des messages de plusieurs milliers de caractères — découpés en sous-messages de 160 caractères, généralement ce sont ces sous-messages qui sont facturés ; anciennement, un seul (sous-)message était possible. Par extension, un SMS désigne également un message transmis par ce biais.

Bien que l’opérateur français SFR ait déposé le terme texto comme marque déposée, le 23 janvier 2001, son usage s'est généralisé en France. En septembre 2009, la Cour d'appel de Paris a jugé que l'opérateur ne pouvait pas prétendre à son utilisation exclusive[3] ; depuis cette date, le nom texto n'est plus protégé. En 2010, ce serait le terme le plus couramment utilisé au Québec pour désigner les SMS.

Le minimessage (nom commercial donné par Itineris devenu Orange aux SMS) est rapidement devenu un moyen de communication très populaire, surtout en Europe, en Asie-Pacifique (mis à part le Japon), en Australie et en Nouvelle-Zélande, tout particulièrement parmi les populations jeunes et urbaines.

À l’origine, avant de connaître ses utilisations actuelles, dans le système GSM, le SMS était destiné à transmettre des messages de service provenant de l’opérateur téléphonique à destination de ses clients. Historiquement, le premier SMS commercial aurait été envoyé en décembre 1992 par un employé de Sema Group, Neil Papworth avait écrit, à partir de son ordinateur personnel vers un téléphone mobile sur le réseau GSM, « Merry Christmas! »[4]. Le message fut envoyé par le biais de Vodafone au Royaume-Uni.

Aujourd’hui, le SMS est un marché à part entière. En effet, de nouvelles utilisations sont découvertes chaque jour[évasif] (par exemple le vote dans les émissions télévisées) que ce soit par l’utilisateur particulier ou le professionnel spécialisé. Des sociétés ont dédié intégralement leur activité à ce moyen de communication.

Les SMS sont transportés dans les canaux de signalisation définis par le GSM et n’occupent pas la bande passante réservée au transport de la voix. De surcroît, leur taille est limitée, donc ils sont peu coûteux à transporter pour l’opérateur (coût évalué entre 0,03 € et 0,05 € par SMS[5] en 2004). Leur émission est facturée par les opérateurs de téléphonie mobile, dont c’est devenu une source importante de revenus, notamment grâce à l’offre de SMS dits « surtaxés », c’est-à-dire dont le tarif dépasse celui ordinairement appliqué. En France, en raison du coût jugé excessif des SMS, une association de consommateurs a déposé plainte pour « abus de position dominante collective » auprès du Conseil de la concurrence[6].

Une version améliorée, le Multimedia Messaging Service (MMS), permet de transmettre des messages plus longs et au contenu riche, par exemple des photos, messages vocaux ou vidéo, et commence à se généraliser. Contrairement aux SMS, les MMS utilisent des canaux utilisateur qui doivent donc être prévus par l’opérateur.

Rédaction [modifier]

Sur les téléphones “classiques” (avant les smartphones), deux modes de saisie peuvent être disponibles: le mode ABC et le mode intuitif, dit aussi « T9 » (comme « text on 9 keys »). Dans le mode ABC, on utilise le clavier de manière classique - et comme chaque touche correspond à plusieurs caractères (par exemple cinq correspond à « j », « k » ou « l »), on fait une pression sur le « 5 » pour un « j », deux pressions pour un « k », trois pressions pour un « l ».

Par contre, dans le mode intuitif, une pression sur le « 5 » correspond à la fois au « j », au « k », et au « l » : pour écrire un mot de cinq lettres, on appuie simplement sur cinq touches. Comme chaque touche correspond à plusieurs lettres, les cinq pressions correspondent à quelques centaines de combinaisons possibles de lettres, dont la plus grande part ne sont pas des mots. Seules sont proposées au choix final les combinaisons correspondant à un mot connu du terminal ; une touche permettant de choisir un des mots du dictionnaire. Cependant, pour insérer un mot inventé, un nom propre peu connu, un mot étranger, etc. l’utilisateur est obligé d’épeler le mot en mode « ABC ».

Ceci est résolu sur les téléphones de type “smartphone”, qui permettent une saisie simplifiée, via un clavier alphabétique (de type AZERTY).

Usages moins conventionnels [modifier]

Certains opérateurs offrent la possibilité d’envoyer des messages à des lignes téléphoniques fixes indépendamment de leur capacité à recevoir des messages textes. Le destinataire est alors automatiquement contacté en précisant l’expéditeur et on lui lit le message à l’aide de technologies de synthèse vocale.

Il est également possible d’envoyer des SMS via GPRS à des conditions tarifaires variables selon l’opérateur ; parfois, le coût de l’établissement de la connexion est en sus du prix du SMS.

De nos jours, les SMS sont également utilisés dans les communications de machine à machine. Par exemple, il existe des afficheurs à LED contrôlés par SMS.

Par ailleurs, de nombreuses entreprises ou collectivités locales utilisent des services d’envoi de SMS par Internet (envoi de SMS par courriel ou via une requête HTTP). Par exemple, la ville de Rennes prévient automatiquement ses habitants par SMS lorsque leur passeport ou carte d’identité est disponible en mairie.

Des solutions d’envoi de SMS par Internet sont également utilisées dans les entreprises, les associations et les collectivités locales, pour des envois ponctuels (confirmer un rendez-vous) ou des envois en nombre (annoncer une soirée, ou l’ouverture de soldes privés). Ce marché représentait en 2006 plus de 20 millions de SMS envoyés par mois.

Depuis juin 2008, il est possible d’envoyer des SMS par Internet vers les téléphones fixes[Où ?][Comment ?]. Si le téléphone du destinataire n’est pas compatible, le message est lu par un automate.

L’envoi de SMS non-sollicités est interdit[réf. nécessaire] : il suffit normalement de répondre STOP à un SMS pour ne plus recevoir de messages de cet émetteur.

Jargon [modifier]

Article détaillé : Langage SMS.

Afin de réduire le plus possible tant le temps de rédaction et de réponse que le coût de la conversation (un envoi peut comporter plusieurs messages, chacun d'entre eux étant limité à 160 caractères environ), les utilisateurs fréquents de ce service ont adopté un jargon, une sorte d’argot écrit composé d’abréviations et fonctionnant beaucoup sur les analogies sonores (archiphonèmes), ainsi que sur des dessins de type émoticône (smiley). Cet argot est similaire à celui des messageries instantanées (chat) si ce n’est que les textes en sont bien plus courts et très abrégés.

L'utilisation de ce jargon est caractéristique de la « génération des pouces » qui décrit ceux qui tapent non-stop des textos, créant un type de nomophobie[7].

Spam et arnaques en France [modifier]

Il existe de nombreuses arnaques aux SMS en France[8]

SMS+ [modifier]

Les numéros SMS+ sont des numéros à tarification spéciale, permettant au destinataire du SMS de vous facturer un service par l'intermédiaire de votre opérateur téléphonique. Ils sont malheureusement parfois utilisés de façon abusive et certaines personnes se sont retrouvées avec des factures de plusieurs centaines d'euros à régler.

L'Association SMS+ est une association « loi 1901 » fondée par les trois opérateurs mobiles Bouygues Telecom, Orange France et SFR[9].

Il existe deux types de services SMS+ :

  • mode « classique » : vous recevez un SMS unique facturé ;
  • mode « abonnement » : le fournisseur de service vous envoie des SMS périodiquement, chaque message étant facturé.

SMS « STOP » [modifier]

Si vous recevez un SMS ou MMS commercial provenant d'un numéro court de 5 chiffres et commençant par 3, 4, 5, 6, 7 ou 8, vous pouvez répondre en envoyant un SMS contenant simplement « STOP ». Vous ne recevrez plus de message provenant de ce numéro.

Service 33700 [modifier]

Article détaillé : 33700.

Le gouvernement français a mis en place en 2008 un service de signalement des SMS indésirables. Après réception d'un message de spam, vous pouvez le transférer au numéro 33700 où un service de l'état se chargera de transmettre aux opérateurs de téléphonie le numéro indésirable afin que les opérateurs empêchent son fonctionnement ultérieur[10].

Détails techniques [modifier]

Le protocole Short Message Service - Point to Point (SMS-PP) est défini dans la norme de téléphonie mobile GSM 03.40[11]. Il est à distinguer du GSM 03.41 définissant le Short Message Service - Cell Broadcast (SMS-CB) qui permet de diffuser des messages (publicitaires, informations publiques, etc.) à tous les utilisateurs de mobiles d’une zone géographique donnée.

Chaque message est envoyé via un mécanisme dit « Store and forward » à un centre SMS (SMSC), qui essaie de le transmettre au destinataire. Si ce dernier n’est pas joignable, le centre stocke le message pour le retransmettre, en plusieurs tentatives si nécessaire. Deux opérations sont disponibles : le Mobile Terminated (MT), pour les messages envoyés à un terminal mobile, et le Mobile Originating (MO), pour ceux qui sont envoyés depuis un terminal mobile. La livraison du message étant basée sur la politique de best effort, il n’y a donc aucune garantie qu’un message soit effectivement délivré à son destinataire. Des délais ou une perte complète d’un message n’est pas exceptionnelle, particulièrement lorsque le message doit traverser des réseaux. L’expéditeur peut demander un accusé de réception de son message mais si les envois fructueux sont bien rapportés, les notifications d’échec ne peuvent pas être garanties.

La transmission de SMS entre le centre et l’appareil mobile peut être faite à travers différents protocoles tel que le SS7 dans le cadre du protocole standard GSM MAP, ou encore par TCP/IP avec le même standard. Les messages sont envoyés avec l’opération MAP supplémentaire « forward_short_message », dont la longueur de charge utile (en jargon technique, « payload ») est limitée par les contraintes du protocole de signalisation à savoir 140 octets (140 octets équivalent à 140 × 8 bits = 1 120 bits). En pratique, cela se traduit soit par 160 caractères en encodage sur bits, soit par 140 caractères en encodage sur 8 bits, soit encore par 70 caractères en encodage sur 16 bits[12]. Des jeux de caractères comme l’arabe, le chinois, le coréen, le japonais ou les langues slaves (tel que le russe) doivent être encodées en utilisant UCS-2, (voir Unicode). À cette charge utile viennent s’ajouter les données de routage et autres métadonnées.

Un texte plus long, appelé « SMS long » ou « SMS concaténé », peut être envoyé en le segmentant en plusieurs messages, de manière automatique par l’appareil mobile. Dans ce cas, le message commence par un en-tête utilisateur (UDH) contenant les informations de segmentation. L’UDH faisant partie du payload, le nombre de caractères par segment est moindre : 153 en encodage 7 bits, 134 en encodage 8 bits et 67 en encodage 16 bits. C’est le terminal récepteur qui est chargé de réassembler le message, puis de le présenter à l’utilisateur d’un seul tenant. Bien que le standard permette théoriquement jusqu’à 255 segments, en pratique seuls 6 à 8 segments de messages sont possibles[13], et chaque segment est facturé au prix d’un message individuel. Ces dispositions rendent particulièrement incontournables les options « SMS illimités », dont le prix mensuel est généralement de l'ordre d'une dizaine de très long SMS.

Classes de SMS [modifier]

Un SMS reçu sur le mobile est traité de manière différent suivant sa classe. La classe est définie dans le SMS Data Coding Scheme (DCS - Voir norme 3GPP 23.038) :

  • classe 0 : (flash SMS) le message est directement affiché à l’utilisateur sur l’écran du mobile à la réception. Un rapport est envoyé ensuite au centre de service. Le message n’est enregistré ni dans la mémoire du téléphone ni dans la carte SIM. Il est effacé dès que l’utilisateur a validé la visualisation.
  • classe 1 : le message est enregistré dans la mémoire du téléphone et si cette mémoire est pleine, dans la carte SIM par défaut.

Note : un message reçu de type WAP Push pour configurer un mobile par exemple est de classe 1.

  • classe 2 : le message est enregistré sur la carte USIM. Un accusé de réception est envoyé au centre de service une fois que le message a bien été transféré sur l’USIM.
  • classe 3 : le message est transféré sur un équipement externe connecté au mobile (PDA, PC portable…).

Durée de validité [modifier]

Pour des raisons techniques et économiques, un SMS non délivré à son destinataire est détruit après un délai défini par le réseau d’émission de ce SMS, car celui-ci est stocké dans un SMSC le temps de sa transmission. Ce délai est habituellement paramétrable sur le téléphone de l'expéditeur. Il peut être compris entre une heure et un maximum fixé par l'opérateur de téléphonie mobile (entre une semaine et un mois)[réf. souhaitée]. Par défaut, il est habituellement de 72 heures (trois jours)[réf. nécessaire]. Il existe une variante one-shot du SMSC, l’USSD qui fonctionne selon le même principe excepté pour le stockage du message qui doit être transmis au premier essai.

Les SMS peuvent aussi être utilisés pour envoyer des contenus binaires tels que des sonneries téléphoniques ou des images (logos), ainsi que des mises à jour logicielles (OTA). De telles utilisations sont toutefois des extensions propriétaires au standard GSM, et plusieurs standards sont en compétition, bien que le Smart message de Nokia soit de loin le plus répandu.

Le standard SMS définit un moyen pour un périphérique tiers, par exemple un ordinateur personnel ou un PDA, de contrôler les fonctions SMS d’un appareil mobile, via un câble RS-232 (null-modem), une liaison Bluetooth ou infrarouge, etc. Le protocole de communication est basé sur des commandes AT étendues, dont les plus communes sont AT+CMGS (envoyer message), AT+CMSS (envoyer message depuis stockage), AT+CMGL (lister messages) et AT+CMGR (lire message).

Chiffres [modifier]

Évolution du nombre de SMS envoyés par mois aux États-Unis.
Année Envois de SMS/MMS en France
(en milliards)
2007 19,5
2008 34,8
2009 59,6
2010 102,5
2011 (est.) 142,9

Ces chiffres proviennent de l'ARCEP.

En 2010, chaque seconde, 200 000 SMS étaient envoyés dans le monde[14].

Notes et références [modifier]

Voir aussi [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • Jacques Anis, Parlez-vous texto ? Guide des nouveaux langages du réseau,  éd. Le Cherche-Midi, 2001.
  • Cédrick Fairon, Jean René Klein et Sébastien Paumier, Le langage SMS. Étude d’un corpus informatisé à partir de l’enquête « Faites don de vos SMS à la science », Presses universitaires de Louvain, Louvain-la-Neuve, Cahiers du Cental, 3.1, 2006.
  • Cédrick Fairon, Jean René Klein et Sébastien Paumier, Le Corpus SMS pour la science. Base de données de 30 000 SMS et logiciels de consultation, Presses universitaires de Louvain, Louvain-la-Neuve, Cahiers du Cental, 3.2, 2006, CD-Rom.
  • R. Panckhurst (2010), "Texting in three European languages : does the linguistic typology differ ?", Actes du Colloque i-Mean 2009 Issues in Meaning in Interaction, University of the West of England, Bristol, avril,http://www.uwe.ac.uk/hlss/llas/events/0809/i-mean/index.shtml.
  • R. Panckhurst (2009), « Short Message Service (SMS) : typologie et problématiques futures. », in Arnavielle T. (coord.), Polyphonies, pour Michelle Lanvin, Université Paul-Valéry Montpellier 3, p. 33-52.
  • Jean Véronis, Émilie Guimier De Neef, « Le traitement des nouvelles formes de communication écrite », in G. Sabah ( éd.), Compréhension automatique des langues et interaction, Hermès Science, Paris, p. 227-248.

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]