Hadj El Anka

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Hadj M'Hamed El Anka

Description de l'image  Anka.jpg.
Informations générales
Surnom El Cardinal
Nom Aît Ouarab Mohamed Idir ,
Naissance
Casbah d'Alger, Flag of Algeria.svg Algérie
alors sous colonisation française.
Décès (à 71 ans)
Alger Drapeau de l'Algérie Algérie
Activité principale Auteur-compositeur, musicien
Genre musical Chaâbi algérien
Instruments Mandole
Années actives 1917 - 1978

El Hadj M'Hamed El Anka (الـحــاج مــحــمــد الـعــنـقــة ⴻⵍ ⵂⴰⴵ ⵎ'ⵂⴰⵎⴻⴷ ⴻⵍ ⴰⵏⴾⴰ), né Aît Ouarab Mohamed Idir Halo à Alger le , est précurseur et maître de la chanson chaâbi. Il est le père de Mustapha El Anka et Abdel Hadi Halo.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Hadj M'Hamed El Anka, né a la rue Marmol a Bab el Djadide haute casbah, grandit dans une maison au 4 rue de Tombouctou, au sein d'une famille modeste, originaire de Taguercift (Commune Freha, Aarch Aït Djennad,wilaya de Tizi-Ouzou) Kabylie. Son père Mohamed Ben Hadj Saîd, souffrant le jour de sa naissance, dut être suppléé par un parent maternel pour la déclaration à l'état civil. C'est ainsi que naquit un quiproquo au sujet du nom patronymique d'El Anka. Son oncle maternel se présente en tant que tel : il dit en arabe "Ana Khalo" (Je suis son oncle) et c'est de cette manière que le préposé inscrivit "Halo". Il devient alors Halo Mohamed Idir.

Sa mère, Fatma Boudjemaï, était attentive à son éducation et à son instruction. Entre 1912 à 1918, il fréquente trois écoles : une école coranique (de 1912 à 1914), l'école Brahim Fatah (à la Casbah) de 1914 à 1917 et une autre à Dellys jusqu'en 1918. Quand il quitte l'école définitivement pour se consacrer au travail, il n'avait pas encore 11 ans.

Carrière musicale[modifier | modifier le code]

C'est sur recommandation de Si Said Larbi, un musicien de renom, jouant au sein de l'orchestre de Mustapha Nador, que le jeune M'hamed obtient le privilège d'assister aux fêtes animées par ce maître qu'il vénérait. C'est ainsi que durant le mois de ramadan de l'année 1917, le cheikh remarque le jeune M'hamed et son sens du rythme et lui permet de tenir le tar (tambourin) au sein de son orchestre. À partir de là, ce fut Kehioudji, un demi-frère de Hadj Mrizek qui le reçoit en qualité de musicien à plein temps au sein de l'orchestre qui animait les cérémonies de henné réservées généralement aux artistes débutants.

Après le décès de cheikh Nador, le 19 mai 1926 à Cherchell, ville d'origine de son épouse où il venait juste de s'installer, El Anka prend le relais du cheikh dans l'animation des fêtes familiales. L'orchestre était constitué de Si Saîd Larbi, de son vrai nom Birou, d'Omar Bébéo (Slimane Allane) et de Mustapha Oulid El Meddah entre autres. C'est en 1927 qu'il participe aux cours prodigués par le cheikh Sid AH Oulid Lakehal, enseignement qu'il suivit avec assiduité jusqu'en 1932. Son nom de scène était " M'hammed El Meddah" mais les maîtres de l'arabo-andalou l'appelait cheïkh El Harras ( le casseur) car il avait une manière particulière d'interpréter l'istikhbar ( prélude vocal ou instrumental).1928 est une année charnière dans sa carrière du fait qu'il rencontre le grand public.

Il enregistre 27 disques 78 t chez Columbia Records, son premier éditeur et prend part aussi à l'inauguration de la Radio PTT Alger. Ces deux événements vont le propulser au-devant de la scène à travers tout le territoire national et même au-delà.

Le 5 août 1931, cheikh Abderrahmane Saîdi meurt. El Anka se retrouve seul dans le genre mdih vu que les anciens meddah n'ont pas enregistré de disques mis à par les 04 textes profanes enregistrées sur disques par le meddah Malek Saïd. Sa popularité favorisée par les moyens modernes du phonographe et de la radio, allait de plus en plus grandissante. C'est à cette époque qu'il a introduit dans les orchestres medh la mandole typiquement Algérienne que nous connaissons aujourd'hui. Dès son retour de La Mecque en 1937, il reprend ses tournées en Algérie et en France et renouvelle sa formation en intégrant Hadj Abderrahmane Guechoud, Kaddour Cherchalli (Abdelkader Bouheraoua décédé en 1968 à Alger), Chabane Chaouch à la derbouka et Rachid Rebahi au tar en remplacement de cheikh Hadj Menouer qui créa son propre orchestre. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et après une période jugée difficile par certains proches du cheikh, El Hadj M'Hamed El Anka va être convié à diriger la première grande formation de musique populaire de Radio Alger à peine naissante et succédant à Radio PTT, musique populaire qui allait devenir, à partir de 1946, "chaâbi" grâce à la grande notoriété de son promoteur, El Anka.

En 1955, il fait son entrée au Conservatoire municipal d'Alger en qualité de professeur chargé de l'enseignement du chaâbi. Ses premiers élèves vont devenir tous des cheikhs à leur tour, assurant ainsi la relève : Amar Lâachab, Hassen Said, Rachid Souki, etc. La grande innovation apportée par EI-Hadj El-Anka est la note de fraîcheur introduite dans une musique réputée monovocale qui ne répondait plus au goût du jour. Son jeu instrumental devient plus pétillant, allégé de sa nonchalance. Sa manière de mettre la mélodie au service du verbe était tout simplement unique. À titre indicatif, El Hadj El Anka a interprété près de 360 poésies (qaca'id) et produit environ 130 disques. Après Columbia, il réalise avec Algériaphone une dizaine de 78 t en 1932 et une autre dizaine avec Polyphone.

Après plus de cinquante ans de carrière, El Anka animera les deux dernières soirées de sa carrière jusqu'à l'aube, en 1976, à Cherchell, pour le mariage du petit-fils de son maître cheikh Mustapha Nador et, en 1977, à El-Biar, chez des familles qui lui étaient très attachées. Il mourut le 23 novembre 1978, à Alger, et fut enterré au cimetière d'El-Kettar.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ahmed-Amine Dellaï, Chansons de la Casbah, anthologie chaabi, ENAG, 2003, Algérie.
  • Rabah Saadallah, El-Hadj M'Hamed El-Anka, Maître et rénovateur de la musique "chaâbi", Alger, La Maison des Livres,‎ 1981, 149 p.