Korandjé

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Korandjé
Pays Algérie
Nombre de locuteurs 3300
Classification par famille
Codes de langue
ISO 639-3 kcy
IETF kcy
Échantillon
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme (voir le texte en français)

SENNI ZIIGO

Ka simma nna buricinitoro ka n boro ŋwono iyaali bei nna daama duuri ka boro fo su hini ka hoŋu n so ya bara boŋo duuri nna laakari kaniyom ãduniya kuna, ka simma nna ka boro daama duuri bara hoi fo ka sariya hima a ma coruma ka boro morani nna tilaasi guruje nna moiyom borokoto nna kwono boro futu.

Le korandjé est la plus isolée et la plus septentrionale des langues songhaï, parlée par près de mille personnes autour de l'oasis de Tabelbala située dans l'extrême sud-ouest de l'Algérie, où elle fait frontière avec le Maroc. Korandje (Kora-n-dje) signifie « la langue du village ». Tout en maintenant une structure fondamentalement songhaï, cette langue est fortement influencée par le berbère et l'arabe. Selon Lacroix, 40 % de son vocabulaire est songhaï et 30 % issu de l'arabe et du berbère.

Classification[modifier | modifier le code]

Le korandjé est classé dans la branche du songhaï septentrional de la famille des langues nilo-sahariennes[réf. nécessaire].

Le Korandjé, selon A.Basset, Les traditions parlaient de populations noires qui auraient précédé les Berbères et, par suite, les arabes dans les oasis.

Il parait difficile que le dialecte de Tabelbala, au vocabulaire en majorité sonrai ou (songhai), mais riche de formes berbères et de racines arabes, puisse être raisonnablement identifié comme un dialecte, non seulement préislamique mais protohistorique. Les Songhai (sonraï)[1] étant arrivés assez récemment au soudan, de l'est ou du sud du Niger, on se demande par quel caprice de l'histoire et de l'économie, ils auraient pu fonder une petite colonie à travers le désert, en un point aussi septentrional. Faute de documents, il nous faut aboutir à l'hypothèse sans gloire d'un dialecte imposé par les nombreux esclaves de langue Sonrai, qui, transitant au cours des siècles par Tabelbala où devait être fixé un noyau important de main-d'oeuvre servile, y refaisaient leurs forces, avant d'être menés sur les marchés marocains. Les formes et la faible part de vocabulaire berbères, ont été probablement versées dans le fond commun par les Aït Sful au XIX siècle, mais le dialecte s'est maintenu suffisamment fort pour conserver sa morphologie et sa syntaxe originale (Relevé du Balbali a été fait au cours des années 1951 et 1954). En 1910, seul les hommes lettrés parlent l'arabe. La masse de la population, et la totalité des femmes et des enfants ne connaissant que le Belbali, Kora n-dié(le parler de Kora). L'administration Française ayant adopté l'arabe comme langue de contact, tous les hommes en 1961 étaient devenus bilingues. Rare encore, par contre, étaient les femmes qui comprenaient les paroles de leurs prières. Dans l'oasis, prières et chants exclus, tous les échanges se font en belbali. Le kora n-dié n'est parlé qu'à Tabelbala. les habitants des oasis voisines en disent que c'est une langue de Jnun, montrant par là à quel point elle leur est inintelligible.

Sur decision de la Djamaa des Ait Sful les relations de contact avec les enfants en Belbali sont interdites pour donner chance d'accès rapide à l'école.

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Références[modifier | modifier le code]

  1. D'après ROUCH J. Les Songhay, Paris, PUF,1954

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]