Auguste Le Breton

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Auguste Le Breton

Nom de naissance Auguste Montfort
Activités romancier
Naissance
Lesneven, Finistère, Drapeau de la France France
Décès (à 86 ans)
Saint-Germain-en-Laye, Yvelines, Drapeau de la France France
Genres Roman policier

Auguste Montfort, dit Le Breton, est un écrivain né le à Lesneven et mort le à Saint-Germain-en-Laye. Après une jeunesse qui faillit mal tourner, il se ressaisit et entame avec succès une carrière d'écrivain. Il est célèbre pour avoir inventé en littérature le mot « rififi ». Auteur prolifique de romans policiers, il a par ailleurs, écrit des ouvrages sur l'argot. Plusieurs de ses livres ont fait l'objet d'une adaptation cinématographique, en grande partie, dans les années 1950 et les années 1960 au cinéma français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et premiers boulots[modifier | modifier le code]

Son père Eugène Monfort (sans t)[1], qui est un acrobate et un clown[2], un auguste (d'où le prénom de son fils)[réf. nécessaire], meurt pendant la Première Guerre mondiale en septembre 1914[1]. Sa mère « l'oublie » sur son parcours. Il sera adopté par les Pupilles de la Nation, et de la ferme bretonne où il garde les vaches, on le conduit, à huit ans, dans un orphelinat de guerre. Épris de liberté et d'aventures, il s'en évade à onze ans, puis à douze pour aller en Amérique combattre les Indiens. Rêve d'enfant… À quatorze ans, ces évasions lui valent d'être transféré dans un Centre d'Éducation surveillée, à l'époque endroits implacables. Cette enfance et cette adolescence particulières, il les racontera dans Les Hauts Murs et La Loi des rues.

Ensuite il est couvreur, terrassier, fréquente aussi la pègre. Là, il noue de solides amitiés avec les voyous de Saint-Ouen qui, logiquement le baptisent « Le Breton ». C'est le témoin d'une époque aujourd'hui révolue, il racontera plus tard : « Maurice la Gouine, il avait même fait mettre un diam' dans la canine de son chien. Du folklore, oh la la, c'est pas aujourd'hui qu'on trouverait ça à Paris ! »[3]. Lorsque la guerre survient, puis l'Occupation, il fait le bookmaker, possède des parts dans des tripots et des restaurants, affronte parfois les gangsters de la Gestapo française. À la Libération, on lui attribue la Croix de Guerre, mais non ce qu'il recherche : pouvoir pénétrer dans les orphelinats et maisons de correction pour s'informer et voir. Il reprend ses activités de bookmaker clandestin. Il raconte cette biographie sous l'Occupation dans 2 sous d'amour.

Débuts de l'écriture[modifier | modifier le code]

En 1947, il a 34 ans, sa fille Maryvonne naît . Il décide alors de tenir le serment qu'il s'était fait lorsqu'il dormait contre les grilles de métro pour bénéficier de sa chaleur fétide : « Si un jour j'ai un enfant, j'écrirai la mienne d'enfance, pour qu'il comprenne, pour qu'il reste humble et propre toute sa vie et devienne un homme ». Ce sera une fille, mais qu'importe, Auguste a toujours été un homme de parole. Il prend la plume pour raconter les années de maison de correction de sa jeunesse dans Les Hauts Murs, qu'il dédie à sa fille, Maryvonne.

Il écrit par la suite La Loi des rues, mais c'est Du rififi chez les hommes édité à la Série noire qui fait de lui une vedette du polar à la française. Son avocat d'alors lui suggère de déposer le mot « Rififi ». Le mot reste la propriété exclusive de son auteur. Le livre deviendra un film de Jules Dassin. Le manuscrit sera refusé par plusieurs éditeurs avant finalement d'être accepté par les Presses de la Cité. Dans Razzia sur la chnouf il fera même une apparition en tant que dirigeant de tripot, lorsque Jean Gabin vient chercher un transporteur de chnouf indélicat, calibre en main. Par la suite, le cinéma puisera énormément dans l'œuvre d'Auguste Le Breton (associé à des noms comme Michel Audiard, Albert Simonin, Frédéric Dard).

Auguste Le Breton a introduit l'argot moderne en 1953 avec le Rififi chez les Hommes, ainsi que le verlan en littérature ; verlen - écrit ainsi - qu'il a créé en 1942 au Café de la Poste, à Paris, comme il a créé le mot « Rififi » sur le quai de la Fosse, à Nantes toujours en 1942. Mot qui va entrer dans les dictionnaires et faire le tour du monde. L'argot, lui, vivra toujours, puisqu'il est le langage des rues : « L'heure étant venue de dédier ce livre, je l'offre à mes involontaires professeurs d'argot, à tous ceux avec qui j'ai vécu : Aux élèves de l'Orphelinat de Guerre où j'ai poussé, aux Pupilles du Centre de Redressement où j'ai grandi, aux arsouilles des rues avec qui mes dix-huit ans ont souffert, ri, haï, aimé, volé… Puis aux ouvriers couvreurs, plombiers, briqueteurs, dépanneurs d'ascenseurs qui, tout en m'instruisant à leur façon, ont tendu vers mon adolescence sans espoir leurs amicales mains rudes. »

Écrivain confirmé[modifier | modifier le code]

S'enchaînent alors plus de 80 livres dont certains seront portés à l'écran : les mythiques Razzia sur la chnouf, Du Rififi chez les hommes, et le célèbre Clan des Siciliens. Ces films lui ont permis de côtoyer des monstres du cinéma français : des acteurs tels Gabin, Ventura, Delon, Hossein et des metteurs en scène comme Gilles Grangier, Henri Decoin et Henri Verneuil. Auguste Le Breton était moins à l’aise dans la fiction pure et dure. Il était surtout un excellent autobiographe et biographe, un excellent témoin de son époque et de son milieu. Il fait le tour du monde, ce qui lui permet de situer l'action de ces « Rififis » au Brésil, Mexique, Argentine, Canada, à New York, à Hong Kong. Il dira : « Je ne crois pas qu'on puisse situer un roman dans un pays où l'on n'a pas vécu. Un écrivain ne doit pas vivre sans quitter sa chaise ou alors il ne sert à rien. »

Amoureux de sa Bretagne natale, il partage son temps entre la région parisienne et Brignogan. Il n'était pas rare de croiser ce « petit bonhomme », toujours coiffé d'un béret ou d'une casquette, emmitouflée dans une écharpe, à Lesneven pour ses achats « littéraires » ou à Ploudaniel, où il avait ses habitudes dans un restaurant. Le 3 juillet 1996, il inaugure la bibliothèque de Ploudaniel. Et trois ans plus tard, jour pour jour, le 3 juillet 1999, Maryvonne, sa fille, inaugure le bâtiment où se situe la bibliothèque, bâtiment qui devient l'espace Auguste le Breton. À 85 ans, en 1998, il a publié Du vent.. Et autres poèmes révélant au public un autre aspect de son talent. Il avait écrit Monsieur Crabe, un hommage à ceux et celles qui l'avaient épaulé dans sa lutte farouche contre un cancer de la gorge, dont il s'était sorti. Mais le « crabe » n'avait pas dit son dernier mot.

Auguste Le Breton a passé les dernières années de sa vie au Vésinet, rue Pasteur. Livrant son ultime combat contre « Monsieur Crabe », il est mort d'un cancer du poumon à l'hôpital de Saint-Germain-en-Laye le 31 mai 1999 à l'âge de 86 ans. Il est enterré au cimetière du Vésinet.

Son livre, Les Hauts Murs, est adapté à l'écran en 2008.

Auparavant le verlan s'écrivait verlen. C'est Auguste Le Breton qui a introduit ce terme :

« L'une d'elles jeta un coup de saveur sur une équipe de mirontons qui venaient de soulever la tenture bleue de l'entrée et murmura à sa pote :
« Te détranche pas, Lily, La Mondaine ... »
Pour que les caves qui les serraient de trop près n'entravent pas, elle ajouta en verlen[4] :
«Qu'est-ce qu'ils viennent tréfou les draupers à cette heure-ci ? Pourvu qu'ils fassent pas une flera. Ça serait le quetbou ; j'ai pas encore gnéga une nethu »

— Auguste Le Breton, Du rififi chez les hommes, Gallimard, 1953, p. 36

Œuvre[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Série Rififi[modifier | modifier le code]

  • Du rififi chez les femmes, Presses de la Cité, Un mystère no 354-354bis, 1957
  • Du rififi à New York (Pour 20 milliards de diamants), Presses de la Cité, Un mystère no 642-643, 1962
  • Du rififi au Proche-Orient (Le Pain, le sang et le sel), Presses de la Cité, Un mystère no 658-659, 1953
  • Du rififi à Hambourg (Les Racketters), Presses de la Cité, Un mystère no 683, 1963
  • Du rififi au Mexique (Chez Cuanthemoc), Presses de la Cité, Un mystère no 686, 1963
  • Du rififi à Barcelone (Toreros et truands), Presses de la Cité, Un mystère no 695, 1964
  • Du rififi à Paname (Face au syndicat du crime), Plon, 1964
  • Du rififi au Cambodge (Opium sur Angkor Vat), Plon, 1965
  • Du rififi derrière le Rideau de Fer (Le Soleil de Prague), Plon, 1968
  • Du rififi à Hong-Kong (Sociétés secrètes criminelles), Plon, 1968
  • Du rififi au Brésil (Escadron de la mort), Plon, 1968
  • Du rififi au Canada (Le Bouncer), Plon, 1969
  • Du rififi en Argentine (Où souffle le Pampero), Plon, 1969

Série L'As[modifier | modifier le code]

  • L'As des anti-gangs, Plon, Les Antigangs no 1, 1977
  • L'As et « Belles Chaussures », Plon, Les Antigangs no 2, 1977
  • L'As et le Casse du siècle, Plon, Les Antigangs no 3, 1977
  • L'As et la Marquise, Plon, Les Antigangs no 4, 1977
  • L'As et l'Ennemi public, Plon, Les Antigangs no 5, 1977
  • L'As et les Terroristes, Plon, Les Antigangs no 6, 1978
  • L'As au Sénégal, Plon, Les Antigangs no 7, 1978
  • L'As et les Malfrats, Plon, Les Antigangs no 8, 1978

Série Bontemps de la Brigade anti-gangs [Le Masque][modifier | modifier le code]

  • Paul Bontemps super-flic, Éditions du Masque, Brigade anti-gangs no 1, 1979
  • Bontemps aux Bahamas, Éditions du Masque, Brigade anti-gangs no 2, 1979
  • Bontemps et le Gang des postes, Éditions du Masque, Brigade anti-gangs no 3, 1979
  • Bontemps et la Couronne de Russie, Éditions du Masque, Brigade anti-gangs no 4, 1980
  • Bontemps et les Braqueurs du Louvre, Éditions du Masque, Brigade anti-gangs no 5, 1980
  • Bontemps et le Navajo, Éditions du Masque, Brigade anti-gangs no 6, 1980
  • Bontemps et les Loubards, Éditions du Masque, Brigade anti-gangs no 7, 1980

Série Bontemps de la Brigade anti-gangs [Presses de la Cité][modifier | modifier le code]

  • Bontemps à New York, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs no 1, 1981
  • Bontemps et les Caïds, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs no 2, 1982
  • Bontemps à Hong-Kong, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs no 3, 1982
  • Bontemps et le Sadique, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs no 4, 1982
  • Bontemps et le Jeune Tueur, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs no 5, 1982
  • Bontemps et la Mine d'El Papayo, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs no 6, 1983
  • Bontemps contre les anti-gangs, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs no 7, 1983
  • Bontemps, le Juif et le criminel de guerre, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs no 8, 1983
  • Bontemps et la Chienne rouge, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs no 9, 1983
  • Bontemps et les Jack-pots, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs no 10, 1984
  • Bontemps et les Holdopeuses, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs no 11, 1984
  • Bontemps et la Balancette, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs no 12, 1984
  • Bontemps et les Indiens, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs no 13, 1984
  • Bontemps et l'Homme chat, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs no 14, 1985
  • Les Demoiselles du porno, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs no 15, 1985
  • Gentleman gangster, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs no 16, 1985
  • Le Cogneur, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs no 17, 1986
  • Chambre forte, Presses de la Cité, Brigade anti-gangs no 18, 1986

Série Bontemps de la Brigade anti-gangs [Media 1000][modifier | modifier le code]

  • Bontemps en Amazonie, Média 1000, Brigade anti-gangs no 8, 1981
  • Bontemps et le Corrompu, Média 1000, Brigade anti-gangs no 9, 1981
  • Bontemps et l'Officier perdu, Média 1000, Brigade anti-gangs no 10, 1981

Romans autobiographiques[modifier | modifier le code]

  • Les Hauts Murs (1954)
  • * Auguste Le Breton, La Loi des rues, iUniverse,‎ 1999. 1ère édition en 1955
  • Les Jeunes Voyous (1956)
  • Monsieur Crabe, Éditions du Rocher, 1995

Autres romans[modifier | modifier le code]

  • Du rififi chez les hommes, Gallimard, Série noire no 185, 1953 ; rééditions : Le Livre de poche no 2856, 1971 ; Carré noir no 221, 1976 ; Folio no 2414 , 1992 ; Folio policier no 53, 1999
  • Razzia sur la chnouf , Gallimard, Série noire no 193, 1954 ; rééditions : Le Livre de poche no 3137, 1971 ; Carré noir no 223, 1976
  • Le rouge est mis, Gallimard, Série noire no 213, 1954 ; rééditions : Le Livre de poche no 3197, 1971 ; Carré noir no 232, 1976
  • Rafles sur la ville, Presses de la Cité, 1955
  • Les Tricards, Presses de la Cité, 1958
  • Les Racketters, Presses de la Cité, 1960
  • Les Maq's , Presses de la Cité, 1960
  • Priez pour nous, Presses de la Cité, 1961
  • Brigades anti-gangs, Plon, 1965
  • Le Clan des Siciliens, Plon, 1967
  • Le Tueur à la lune, Plon, 1971
  • Rouges étaient les émeraudes, Plon, 1971
  • Les Bourlingueurs, Plon, 1972
  • Les Pègriots, Plon/Robert Laffont, 1973 ; réédition Le Livre de poche no 5455, 1980
  • Fortifs, Hachette, 1982
  • Deux sous d'amour, Carrère, 1986
  • Du Rebecca chez les aristos, Éditions du Rocher, 1991
  • Le Bedeau, Éditions du Rocher, 1995

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Du vent.. et autres poèmes, Plon, 1968

Mémoires[modifier | modifier le code]

  • Ils ont dansé le rififi, Éditions du Rocher, 1991

Biographie[modifier | modifier le code]

  • Malfrats and Co, Robert Laffont, 1971
  • Monsieur Rififi (1976)
  • La Môme Piaf, Hachette, 1980
  • Deux sous d'amour (1986)

Autres publications[modifier | modifier le code]

  • Langue verte et noirs desseins, Presses de la Cité, 1960 ; réédition sous le titre L'Argot chez les vrais de vrai, Presses de la Cité, 1975 (illustré par Piem)
  • Aventures sous les tropiques, Éditions Pygmalion, coll. Univers insolite, 1977
  • Argotez, argotez, il en restera toujours quelque chose, Carrère, 1987 (illustré par Piem)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]