Han Suyin

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Dans ce nom, le nom de famille, Han, précède le nom personnel.

Han Suyin

Nom de naissance Chou Kuanghu
Activités écrivain, essayiste
Naissance 12 septembre 1917
Xinyang, Chine
Décès 2 novembre 2012
Lausanne, Suisse
Langue d'écriture anglais
Genres roman, autobiographie, études historiques et socio-politiques, essai

Han Suyin (韩素音) est le pseudonyme de Chou Kuanghu, connue aussi sous le nom de Rosalie Élisabeth Comber, née le 12 septembre 1917 à Xinyang, dans la province du Henan (Chine), et morte le 2 novembre 2012 (à 95 ans) à Lausanne, en Suisse, où elle résidait[1]. Han Suyin est une doctoresse en médecine, sinologue et écrivaine d'origine chinoise et belge.

Écrivant principalement en anglais, mais aussi en français et en chinois, elle est l'auteur de romans dont l'action se déroule en Asie (Multiple splendeur, Jusqu'au matin, Les quatre visages et La montagne est jeune), de récits autobiographiques (L'arbre blessé , Une fleur mortelle, Un été sans oiseaux, Ma maison a deux portes et La moisson du Phénix) et d'études historiques sur la Chine moderne (Le déluge du matin : Mao Tsetoung et la révolution chinoise, 1893-1954, Le premier jour du monde : Mao Tsetoung et la révolution chinoise, 1949-1965 et Le siècle de Zhou Enlai : le mandarin révolutionnaire : 1898-1998). Ses ouvrages ont été traduits dans de nombreuses langues[2] mais aucun n'a été publié en Chine[3].

Son roman autobiographique, Multiple splendeur, paru en 1952, fut le plus grand succès de sa carrière. Il fut adapté au cinéma en 1955 par Henry King sous le titre La colline de l'adieu, film qui fut un succès hollywoodien.

Dans les années 1960 et 70, Han Suyin joua un rôle diplomatique discret mais majeur comme « porte-parole » officieux de la Chine de Mao Tsé Toung en Occident[4]. Favorable au maoïsme, mais sans avoir jamais adhéré au Parti communiste chinois, elle soutint dans un premier temps le Grand bond en avant et la Révolution culturelle en Chine, soutien qui lui valut d'être souvent critiquée[5],[6] par des défenseurs des droits de l'homme et des sinologues occidentaux[7],[8] et, selon l'AFP, par les dissidents du régime[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Han Suyin, de son nom de baptême Kuanghu Matilda Rosalie Elizabeth Chou, est née le 12 septembre 1917, d'un père chinois, d'ascendance Hakka, et d'une mère belge. La famille de son père avait quitté le nord de la Chine pour le comté de Meixian, dans la province du Guangdong, au XIIIe siècle, puis gagné le comté de Pi, dans la province du Sichuan, au XVIIe siècle[9].

Origines familiales[modifier | modifier le code]

Bénéficiaire d'une bourse, son père, Yentung Chou, avait quitté la province du Sichuan pour l'Europe en 1903 afin d'y étudier le génie ferroviaire. À l'université de Bruxelles en Belgique, il avait rencontré Marguerite Denis, qui, en 1908, allait devenir sa femme, malgré les préjugés de l'époque contre les mariages inter-raciaux. Après la naissance de leur premier enfant, en 1913, ils étaient partis s'installer en Chine[10], où son père devait travailler comme ingénieur auprès de la société belgo-chinoise des chemins de fer[11].

Yentung et Marguerite eurent huit enfants, dont quatre survécurent. Le premier, un garçon, né en Belgique, y fut renvoyé pour qu'il y accomplisse sa scolarité. Un deuxième garçon, Gabriel, aussi appelé Orchidée-de-Mer, naquit en 1914 ou 15 mais décéda dans des circonstances tragiques. Puis naquit la première fille, Kuanghu Rosalie[12]. La vie du couple Chou-Denis dans la Chine déchirée par la guerre fut remplie d'épreuves, dont celle de voir leurs enfants méprisés en tant que métis eurasiens[13].

Études[modifier | modifier le code]

Le couple s'installe à Pékin en 1921. Kuanghu Rosalie reçoit une éducation européenne et n'apprend le chinois qu'à l'âge de 15 ans[6]. Elle fréquente l'école de filles du Sacré-Cœur puis le collège de filles Bridgeman. À l'issue d'une scolarité brillante, elle est déterminée à devenir médecin. Comme sa mère ne veut plus payer payer ses études et préfèrerait la voir mariée[14], elle apprend la dactylographie et la sténographie et, en 1931, mentant sur son âge (elle n'a pas 15 ans), obtient un travail de dactylo au Peking Union Medical College, un hôpital chapeauté par des Américains. Elle se rend compte qu'il y a en Chine, à cette époque, trois échelles salariales : d'abord celle des « blancs », ensuite celle des Eurasiens et enfin celle des Chinois. En prenant de petits boulots en plus de son travail principal, elle améliore sa situation financière et celle de sa famille[15]. C'est à cette époque également qu'elle se lance dans la lecture pour assouvir sa soif de connaissances et se préparer à des études universitaires[15].

En 1933, elle est admise à l'université de Yanjing (Yenching) à Pékin. En 1935, bénéficiant d'une bourse, elle part à Bruxelles faire des études de médecine (1933-1936). Pendant cette période belge, ses rapports avec la famille Denis ne sont pas des plus chaleureux, d'après ce qu'elle racontera plus tard dans Une fleur mortelle. Entre-temps, les Japonais ont envahi la Chine. En 1938, abandonnant ses études de médecine, elle embarque à Marseille sur le paquebot "Jean-Laborde"[15] de la Compagnie des Messageries maritimes et retourne dans son pays pour y travailler dans un hôpital[16].

Mariage avec Tang Pao Huang[modifier | modifier le code]

À son retour, elle épouse Tang Pao-Huang, un ingénieur chinois qui avait été envoyé en formation à l'académie militaire de Sandhurst par le gouvernement chinois, et qu'elle a rencontré lors du voyage de retour sur la paquebot[15]. Elle travaille à l'hôpital de Chungking tandis que son mari, qui est un des disciples de Sun Yat Sen, sert en tant qu'officier puis général dans l'armée nationaliste. Tang, qui s'avèrera un mari brutal, à l'esprit féodal, est nommé attaché militaire à Londres en 1944, puis, rappelé en Chine, est tué en combattant les communistes en 1947[17]. C'est pendant cette période que Kuanghu Rosalie adoptera sa fille Yung Mei[18]. Ces années passées avec Tang constitueront l'essentiel de son récit autobographique Un été sans oiseaux[15].

Encouragée et soutenue par une missionnaire américaine[15], Kuanghu Rosalie commence à écrire sous le nom de Han Suyin pendant la Guerre sino-japonaise (1937-1945). Son premier livre, Destination Chungking (Destination Tchoungking en français), sort en Angleterre en 1942[19].

En 1944, elle est à Londres pour y poursuivre des études de médecine et elle obtient son diplôme de docteur en médecine en 1948[15].

Liaison avec Ian Morrison[modifier | modifier le code]

Avec sa fille, Han Suyin gagne Hong Kong en février 1949. Elle devient assistante au service d'obstétrique et de gynécologie de l'hôpital Queen Mary. Elle tombe amoureuse de Ian Morrison, un correspondant de guerre anglais du London Times, marié, mais celui-ci trouve la mort en Corée en 1952 en couvrant un épisode de la guerre[16]. Cette histoire d'amour entre une Eurasienne et un blanc fait scandale à l'époque, les liaisons interraciales étant mal considérées à Hong Kong comme dans le reste de la Chine[15]. Cette aventure sera le sujet de son deuxième livre, A Many-Splendoured Thing (Multiple splendeur en français), qui paraît en 1952 et rencontre le succès tout en scandalisant la société néo-coloniale britannique. L'histoire est portée à l'écran en 1955, par Henry King, sous le titre Love is a Many-Splendoured Thing (en français La Colline de l'adieu), avec pour personnages principaux Jennifer Jones et William Holden[20]. Dans son ouvrage autobiographie My House has Two Doors, Han Suyin, qui se désintéresse du film, explique qu'elle a vendu les droits cinématographiques du roman pour payer l'opération en Angleterre de sa fille adoptive qui souffrait de tuberculose pulmonaire[21].

Remariage avec Leon Comber[modifier | modifier le code]

Han se remarie en 1952. Son nouveau mari, Leon Comber, est un Anglais qui travaille dans le service malaisien de contre-espionnage et de lutte contre la subversion[16]. Elle le suit à Johor Bahru, ville de Malaisie qui fait face à Singapour, de l'autre côté du détroit de Johore. Tout en exerçant son métier de médecin, elle continue sa carrière littéraire et donne des conférences à l'étranger[22]. De cette relation est issu, en 1957, …And the Rain My Drink (en français …Et la pluie pour ma soif), où Han Suyin condamne l'état d'urgence et la répression instaurés par les Britanniques en Malaisie pour lutter contre l'insurrection communiste[23].

Souhaitant voir par elle-même les bouleversements intervenus dans son pays d'origine depuis la proclamation de la victoire communiste en 1949, elle finit par obtenir un visa en 1956. Son retour sur le sol chinois en mai de cette année n'est pas sans retentissement en raison de sa renommée littéraire, mais aussi du fait de la rareté des personnes souhaitant se rendre en Chine à l'époque. Elle est reçue chaleureusement par Chen Yi et par Chou En-Lai en personne, et rend visite à son père et à d'autres membres de sa famille. À son retour de Singapour, elle ne tarit pas d'éloges sur le nouveau gouvernement chinois[24].

En 1959, elle enseigne la littérature contemporaine à l'université Nanyang de Singapour et entreprend d'initier ses étudiants, en majorité chinois, aux écrivains du tiers monde[22].

Remariage avec Vincent Ruthnaswany[modifier | modifier le code]

Pendant son séjour en Malaisie, Han Suyin divorce d'avec Comber (en 1958) et se met en ménage en 1960 avec Vincent Ruthnaswany, un ingénieur d'origine indienne habitant Katmandou. Cette rupture et son remariage sont racontés, sous une forme à peine voilée, dans The Mountain is Young (1958) (en français La Montagne est jeune)[25]. Par la suite, dans My House Has Two Doors (1980), elle raconte que, pour être avec elle, Vincent Ruthnaswany avait abandonné sa carrière militaire[16],[22].

Renonciation à la carrière de médecin[modifier | modifier le code]

En 1963, elle renonce à sa carrière de médecin pour se consacrer complètement à l'écriture[16]. À partir de 1966, elle publie une série de livres autobiographiques : The Crippled Tree (1966) (L'arbre blessé), A Mortal Flower (1966) (Une Fleur mortelle), A Birdless Summer (1968) (Un été sans oiseaux), My House Has Two Doors (1980) et Phoenix Harvest (1983)[22].

Dans les années 1960, elle devient une sorte de porte-parole officieux de la Chine communiste, où elle se rend régulièrement et dont elle décrit l'évolution, non sans susciter des critiques en Occident[26].

Dans les années 1970 et 1980, le couple vit à Hong Kong et à Lausanne en Suisse. Han continue à se rendre en Chine dans les années 1980 et à écrire sur son pays natal. Au nombre de ses ouvrages sur la Chine : Wind in the Tower: Mao Tsetung and the Chinese Revolution, 1949-1965 (1976), Lhasa, the Open City (1977) (Lhassa, étoile-fleur), The Morning Deluge: Mao Tsetung and the Chinese Revolution 1893-1954 (1963) et The Eldest Son: Zhou Enlai and the Making of Modern China, 1898-1976 (1995)[22].

Création de la fondation Han Suyin[modifier | modifier le code]

En 1986, Han Suyin crée la Fondation Han Suyin pour les échanges scientifiques et technologiques entre la Chine et l'Occident afin de permettre à de jeunes chercheurs et ingénieurs chinois d'aller étudier en Europe et d'être à la pointe de leur discipline. De même, elle dota financièrement l'Association des écrivains chinois en vue de la création d'un prix, le Prix Lu Xun de la meilleure traduction littéraire. Enfin, elle créa le Prix Han Suyin des jeunes traducteurs, parrainé par la maison d'édition China International Publishing Group[27].

Han, qui a de la famille en Chine, en Belgique, en Inde et aux États-Unis, a sa résidence principale à Lausanne, en Suisse[16]. Son mari, Vincent Ruthnaswamy, est décédé en janvier 2003[15], et elle-même le 2 novembre 2012, à l'âge de 95 ans. Elle laisse deux filles, Tang Yung-Mei (de son premier mari) et Chew Hui-Im (adoptée en 1952, à Singapour)[1].

Hommage[modifier | modifier le code]

Un buste de Han Suyin a été inauguré le 28 août 2008 dans le village de Saint-Pierre-de-Clages par le gouvernement du canton du Valais et la Fondation espace-enfants de Suisse en présence de l'auteur[28].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Très attachée à la Chine, Han Suyin a été favorable au maoïsme mais, n'étant pas citoyenne chinoise, n'a jamais adhéré au Parti communiste chinois. En 1968, elle déclarait : « Mao est le plus grand homme que la Chine ait connu »[3]. Elle prit quelque distance avec le régime communiste après la Révolution culturelle[29], qu'elle avait pourtant défendue dans un premier temps[30]. Elle se justifiera en expliquant que ses proches restés en Chine la « suppliaient de ne rien dire et ne (lui) disaient que très peu » de choses sur les violences de l'époque et sur la peur du Gōngānbù et du Laogaï[5].

Le journaliste Jacques Danois décrit Han Suyin comme « sympathisante du communisme chinois »[11], l'universitaire Daniel Sanderson la qualifie de « défenseur de la Chine rouge »[31].

Selon l'AFP, dans les années 1960 et 70, Han Suyin joua un rôle diplomatique discret mais majeur comme ambassadrice en Occident de la bonne volonté de la Chine de Mao Tsé Toung. Dans les années 1980, elle soutint Deng Xiaoping et la Chine de « l'après-Mao », y compris sur la question tibétaine, ce qui lui attira les critiques des partisans de l'indépendance du Tibet[3].

Elle donna, en Europe et en Amérique, plus de 2 000 conférences présentant « les progrès et les réalisations » de la Chine. En 1996, l'association chinoise pour l'amitié avec les pays étrangers, lui conféra le titre d'« envoyé de l'amitié » en reconnaissance de ses actions de promotion des échanges culturels et scientifiques entre la Chine et les autres pays (le même honneur avait échu à son mari en 1990)[32].

Critiques[modifier | modifier le code]

Le sinologue Simon Leys écrivait à son propos : «  Jamais autorité plus durable n'a été fondée sur un propos plus changeant ; la seule constante de cette œuvre tient dans la constance avec laquelle les événements ont à chaque tournant démenti ses analyses et pronostics[33]. »

Le 12 décembre 1975, un débat opposa Han Suyin à Lucien Bodard dans l'émission Apostrophes de Bernard Pivot. Han Suyin dénonça la fascination « schizophrène » de Bodard pour l'ancienne Chine, alors qu'elle loua le modèle économique du Grand Bond en avant créé, selon elle, par de « vrais économistes » pour un pays sous développé. Ils s'opposent également sur la personnalité de Mao Zedong, celle de l'empereur Puyi, le communisme et ses méthodes, la dictature du prolétariat[34].

L'historien britannique Patrick French, ancien président de l’association "Free Tibet Campaign", indique que, jusqu’au début des années 1980, personne ne pouvait se rendre au Tibet sans un visa spécial de Pékin. Lhassa ville ouverte, publié en 1976, fait partie de ces ouvrages « honteux tant ils sont mensongers » qu’écrivaient dans les années 1960 et 70 les sympathisants de la Chine communiste qui s’étaient rendus au Tibet strictement encadrés par des guides chinois, et qui se félicitaient de la politique qu’y menait le régime[35].

Pour l’écrivain et militant tibétain en exil Jamyang Norbu, Han Suyin est une propagandiste notoire et complètement discréditée de la Chine maoïste[36].

En 1980, l’écrivain et journaliste américain Robert Elegant (en) qualifiait dans le New York Times Han Suyin de « flagorneuse démodée » (outmoded sycophant (en))[37].

Pour Thubten Samphel, porte-parole du gouvernement tibétain en exil à Dharamsala, Han Suyin s'est spécialisée dans les écrits sur la Chine communiste. Elle développa son talent pour justifier les politiques et la pensée des gens au pouvoir, dont la Bande des Quatre, et les horreurs de la révolution culturelle. Lorsque Deng Xiaoping mit un terme aux pires excès de la Chine de Mao, écrit-il, c'en fut fait de la réputation de Han Suyin comme « voix » de la Chine[38].

Dans un entretien donné au Washington Post en 1982, Han Suyin expliqua sa position en ces termes : « J'ai bien peur que certaines personnes ne comprennent pas mon attitude. Mais ce n'est pas important. Si un milliard de Chinois m'aiment et pensent que j'ai fait ce qui était bien, je me moque bien d'une poignée d'étrangers qui ne me comprennent pas. »[39]

Œuvre[modifier | modifier le code]

En entrant en littérature, Kuanghu Élisabeth Rosalie Mathilde Chou prend le pseudonyme de Han Suyin. Elle écrit principalement en anglais mais aussi en français. Sa bibliographie comporte une bonne vingtaine de titres. Outre des œuvres de fiction (Multiple splendeur, Jusqu'au matin, Les quatre visages et La montagne est jeune, etc.) et des ouvrages à caractère autobiographique (L'arbre blessé, Une fleur mortelle, Un été sans oiseaux, Ma maison a deux portes et La moisson du phénix), Han Suyin a publié divers essais socio-politiques, en adoptant plus ou moins explicitement le point de vue des communistes chinois sur les évènements.

Selon Lily Xiao Hong Lee, Han Suyin dans ses autobiographies ne se contenta pas de présenter les événements de sa vie, elle les replaça dans le contexte plus large de l'histoire de la Chine moderne, . Les lecteurs occidentaux accueillirent favorablement les vues d'un auteur qui connaissait de l'intéreur la Chine et ses habitants et s'en faisait l'interprète auprès d'eux dans une langue qui leur était accessible[40].

Destination Tchoungking[modifier | modifier le code]

Marquant les débuts de l'auteur en littérature, Destination Tchoungking, paru en 1942 dans son édition en anglais (Destination Chungking, an Autobiography), est l'histoire d'un jeune couple (ressemblant beaucoup à Han Suyin et à son mari Pao Tang) qui lutte pour la Chine de Chiang Kai-Shek lors de la guerre sino-japonaise[41]. Cette autobiographie romancée ne marcha pas très bien et Han Suyin, démoralisée, attendit une décennie avant d'écrire un nouveau livre[42].

Multiple splendeur[modifier | modifier le code]

Dans A Many-Splendoured Thing (Multiple splendeur), publié en 1952 et qui est le plus grand succès de sa carrière littéraire, Han Suyin dépeint surtout la société chinoise et celle des Européens expatriés. Très largement autobiographique, ce roman se situe à Hong Kong où se rencontrent le journaliste britannique Marc Elliot (Ian Morrison) qui est correspondant à l'étranger d'un journal britannique, et une doctoresse eurasienne d'origine chinoise (le docteur Élisabeth Comber) qui a fait ses études à la faculté de médecine de Londres et qui a essuyé les préjugés de sa famille chinoise et de la bonne société hongkongaise. Marc Elliot est marié mais entre eux, c'est la passion, la « multiple splendeur » de l'amour, brutalement interrompue par la mort du journaliste sur le front coréen[41]. A Many-Splendoured Thing valut à son auteur le prix du livre Anisfield-Wolf (Anisfield-Wolf Book Awards (en)) pour 1953.

…Et la pluie pour ma soif[modifier | modifier le code]

De son séjour de 10 ans en Malaisie est issu , en 1956… And the rain my drink (…Et la pluie pour ma soif), une condamnation de l'état d'urgence instauré dans le pays par les Britanniques durant les dernières années de leur colonisation, marquée par la lutte de la minorité chinoise pour l'indépendance[41]. Han Suyin rapporte comment les services spéciaux britanniques emprisonnaient, torturaient et tuaient les Chinois qu'ils considéraient comme étant des sympathisants communistes dans les plantations d'arbres à caoutchouc[43].

La montagne est jeune[modifier | modifier le code]

Paru en 1958, The Mountain is Young (sa traduction en français, La montagne est jeune, est de la même année) se déroule au Népal. Bien qu'entièrement imaginaire, l'action du livre est la transposition littéraire du vécu de l'auteur dans les derniers moments de son mariage avec l'Anglais Leonard Comber et lors de sa rencontre avec le colonel de l'armée indienne Vincent Ruthnaswany, son troisième et ultime mari[44].

L'arbre blessé[modifier | modifier le code]

Parue en 1965 dans sa version anglaise (The Crippled Tree), cette autobiographie couvre les années 1885 à 1928. Han Suyin y raconte les amours et le mariage de ses parents, ses premières années, l'histoire de la Chine impériale, la destruction de la Chine par les impérialistes occidentaux, l'arrivée au pouvoir du Kuomintang. Dans la première partie du livre, elle décrit la façon atroce dont les armées japonaises et occidentales réprimèrent la révolte des Boxers en 1900, épisode qui fit naître chez les Chinois un profond ressentiment contre l'influence étrangère[45].

Une Fleur mortelle[modifier | modifier le code]

Dans cet ouvrage autobiographique, paru en 1966 dans son édition anglaise (A Mortal Flower), Han Suyin retrace l'histoire de sa famille du côté chinois, de 1928 à 1938. Au moyen de témoignages oculaires, de lettres et photographies familiales, elle dépeint la vie féodale d'une famille habitant le Szechuan, une province limitrophe du Tibet. Elle évoque sa lutte en tant qu'étudiante eurasienne contre l'ostracisme rencontré à l'université de Yenching de la part des Européens comme des Chinois, sa détermination à devenir médecin. Ses combats personnels se déroulent parallèlement aux combats de la Chine moderne, dont elle peint les grandes figures, Mao Zedong, Tchang Kai-shek, Zhou Enlai, Chen Yi et Chu Teh[46].

La Chine en 2001[modifier | modifier le code]

Dans l'ouvrage Tibet, Tibet Une histoire personnelle d'un pays perdu, l'écrivain et historien britannique Patrick French, ancien président de l'association Free Tibet Campaign, trouve « ridicule » China in the Year 2001, un essai publié en France en 1967 sous le titre La Chine en 2001, où Han Suyin prétendait que le Grand Bond en avant apporterait à la Chine, en 2001, un réservoir de « six millions de paysans-scientifiques qui non seulement connaissaient l'art d'amender les sols et d'améliorer les céréales, mais qui étaient capables de conduire des expériences, de faire des conférences et de transmettre leur savoir lors des réunions spécifiques » [47].

Lhassa, étoile-fleur[modifier | modifier le code]

Paru en 1976, Lhasa, the Open City: A Journey to Tibet (Lhassa, étoile-fleur en français) est le compte rendu du séjour de Han Suyin à Lhassa en octobre-novembre 1975[48]. Elle fut la première étrangère à être autorisée à se rendre au Tibet après le journaliste Stuart Gelder et son épouse Roma en 1962. Sa famille chinoise, habitant le Sichuan, avait entretenu des rapports avec le Tibet pendant plus de deux siècles[49]. Selon Teresa Kowalska, Han Suyin rappelle la vassalisation ancienne du Tibet par rapport à la Chine, puis les machinations ourdies par les Britanniques pour conquérir les contrées himalayennes stratégiques, dont le Tibet. Elle fait l'éloge des progrès matériels réalisés sous la direction des communistes chinois, du passage d'une théocratie médiévale arriérée à une société laïque éduquée et productrice[50].

La moisson du phénix[modifier | modifier le code]

Cinquième et dernier volet de l'autobiographie de Han Suyin, Phoenix Harvest (1980) concerne la période de 1966 à 1979, marquée par ce bouleversement politique et social qu'est la révolution culturelle et ayant pour protagonistes Mao, sa femme Jiang Qing, Lin Biao et Zhou Enlai. L'auteur évoque les avanies subies par ses amis écrivains, peintres et savants aux mains des gardes rouges. La mort de Mao donne lieu à une lutte pour le pouvoir. Avec l'arrestation de la Bande des Quatre, le phénix peut renaître de ses cendres[51].

Jusqu'au matin[modifier | modifier le code]

Dans Till Morning Comes, paru en 1982, le sujet est la vie d'un couple mixte, un médecin chinois et une journaliste américaine, avant et peu après l'arrivée des communistes au pouvoir en Chine. Han Suyin nous livre une description fascinante de ce couple et des difficultés d'ordre psychologique auxquelles leurs enfants métis doivent faire face. Elle puise en fait dans son propre vécu, venant elle-même d'une famille sino-belge, et l'on reconnaît dans les conjoints, malgré l'inversion des professions, la doctoresse Han Suyin et le journaliste Ian Morrison[52].

La cité des sortilèges[modifier | modifier le code]

Paru en 1985 sous le titre de The Enchantress, ce roman débute à Lausanne, haut lieu de l'horlogerie au XVIIIe siècle. Des jumeaux, un frère et une sœur, versés dans la construction d'automates à figure humaine (alors en vogue en Europe), sont amenés par les circonstances à quitter l'Europe pour la Chine, où ils se mettent au service de la cour impériale. Contraints à fuir la Chine à son tour, ils se réfugient en Thaïlande, où ils restent 12 ans avant de rentrer finalement à Lausanne. La relation de ce périple est pour Han Suyin une façon de rendre hommage aux contrées où elle a vécu (Chine, Asie du Sud-est, Suisse)[53].

Romans[modifier | modifier le code]

  • (en) Destination Chungking, an Autobiography, Little, Brown & Co, Boston, 1942 - (fr) Destination Tchoungking, traduit de l'anglais par Daria Olivier
  • (en) A Many-Splendoured Thing, Little, Brown, Boston & Co, 1952, 366 p. - (fr) Multiple Splendeur, traduit de l'anglais par Daria Olivier
  • (en) …And the Rain My Drink, Little, Brown, Boston & Co, 1956, 306 p. - (fr)Et la pluie pour ma soif, traduit de l'anglais par Daria Olivier, 1956
  • (en) The Mountain is Young, Putnam, New York, 1958, 511 p. - (fr) La Montagne est jeune
  • (en) Cast But One Shadow & Winter Love, Jonathan Cape, 1962, 256 p. - (fr) Ton ombre est la mienne & Amour d'hiver
  • (en) The Four Faces, Putnam, New York, 1963, 304 p. - (fr) Les quatre visages, traduit de l'anglais par Colette-Marie Huet, Stock, 1963, 333 p.
  • (en) Till Morning Comes: A Novel, Bantam Books, New York, 1982, 500 p. - (fr) Jusqu'au matin
  • (en) The Enchantress, Bantam Books, New York, 1985, 510 p. - (fr) La cité des sortilèges, traduit de l'anglais par Magali Berger, Sock, 1984, 390 p.
  • (fr) Le soleil en embuscade, Robert Laffont, 1995, 284 p. (roman policier)

Ouvrages autobiographiques[modifier | modifier le code]

  • (en) The Crippled Tree, Putnam, 1965, 461 p. - (fr) L'arbre blessé (traduit de l'anglais par Marcelle Sibon), Stock, 1966, 485 p.
  • (en) A Mortal Flower, Putman, New York, 1965, 412 p. - (fr) Une Fleur mortelle (traduit de l'anglais par Marcelle Sibon), Stock, 1967, 405 p.
  • (en) Birdless Summer, Putnam, New York, 1968, 347 p. - (fr) Un été sans oiseaux (traduit de l'anglais par Marcelle Sibon), Stock, 1968, 399 p.
  • (en) My House Has Two Doors, Jonathan Cape, London, 1980, 655 p. - (fr) Ma maison a deux portes, Stock, 1979, 537 p.
  • (en) Phoenix Harvest, Triad/Granada, 1980 - (fr) La moisson du phénix (traduit de l'anglais par A. Rabinovitch), Stock, 1980
  • (en) A Share of Loving, Grafton, 1987, 147 p. - (fr) S'il ne reste que l'amour, Stock, 1986 (aussi LGF/Le Livre de Poche, 1988, 190 p.)
  • (fr) Fleur de soleil, histoire de ma vie, Plon, Paris, 1988 (en français uniquement)
  • (en) Wind In My Sleeve, Jonathan Cape, London, 1992, 232 p. - (fr) Le vent dans ma poche, Le Livre de poche, 1996, 279 p.

Recueils de photographies[modifier | modifier le code]

  • (en) See Singapore, photograpies de Peter Robinson, 1942
  • (fr) 1900-1938 : La Chine aux mille visages, Éd. Éric Baschet, 1979, 260 p. (350 photos sur la Chine imériale et la Chine républicaine)
  • (en) Han Suyin's China, photographies de Michael John Langford, Doubleday, 1987, 128 p.
  • (en) China 1890-1938: From the Warlords to World War, 1989 (photo-reportage historique)

Études historiques et socio-politiques[modifier | modifier le code]

  • (en) China in the Year 2001, Basic Books, New York, 1967, 268 p. - (fr) La Chine en l'an 2001, traduit par Gérard Montfort, Paris, Stock, 1967, 317 p.
  • (en) Asia Today: Two Outlooks, McGill-Queen's University Press, Montreal, 1969, 107 p. - (fr) L'Asie aujourd'hui (deux perspectives d'avenir), Paris, Stock, 1970.
  • (en) The Morning Deluge: Mao Tsetung and the Chinese Revolution, 1893-1954, Little, Brown, Boston, 1972 - (fr) Le déluge du matin, traduit de l'anglais par Renée Bridel avec la collaboration de Jean-Gérard Chauffeteau, Paris, Stock, 1972.
  • (en) Lhasa, the Open City: A Journey to Tibet, Putnam, New York, 1976, 180 p. - (fr) Lhassa, étoile-fleur, en collaboration avec Max Olivier-Lacamp, Paris, Stock, 1976.
  • (en) Wind in the Tower: Mao Tsetung and the Chinese Revolution, 1949-1975, with a foreword by Malcolm MacDonald, Little, Brown, Boston, 1976 - (fr) Le premier jour du monde : Mao Tsetoung et la révolution chinoise, 1949-1975, Paris, Stock, 1975 (puis Paris, Le livre de Poche, 1991).
  • (en) Eldest Son: Zhou Enlai and the Making of Modern China, 1898-1976, Hill and Wang, New York, 1994 - (fr) Le siècle de Zhou Enlai : le mandarin révolutionnaire : 1898-1998, traduit de l'anglais par François Vergne, 1993, Paris, Stock, 623 p. (ISBN 2-234-02612-1)

Essais[modifier | modifier le code]

  • (en) Tigers and Butterflies: Selected Writings on Politics, Culture, and Society, Earthscan Publications, 1990 (recueil de trois décennies d'essais sur la culture, la société et la politique de divers pays du Tiers monde)
  • (fr) Les yeux de demain, Éd. Christian de Bartillat, 1992, 159 p.

Articles[modifier | modifier le code]

  • (en) Family Planning in China, in The Eugenics Review, July 1957, 49 (2), p. 81-82
  • (en) The Sparrow Shall Fall, in New Yorker, 10 October 1959
  • (en) Race relations in the Third World, in Race, July 1971, 13, 1, p. 1-80
  • (en) Population growth and birth control in China, in Eastern Horizon, 1973, 12 (5), p. 8-16

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Chinese-born writer Han Suyin dies in Switzerland, ShanghaiDaily.com, 3 novembre 2012.
  2. (en) Lily Xiao Hong Lee, Clara Wing-chung Ho, Biographical Dictionary of Chinese Women, Volume 2, M.E. Sharpe, 2003, 762 pages, p. 192
  3. a, b, c et d AFP, Han Suyin, intermédiaire obstinée entre la Chine de Mao et l'Occident, TV5 Monde, 4 novembre 2012.
  4. (en) Bob Hodge, The Politics of Chinese Language and Culture: The Art of Reading Dragons, p. 153.
  5. a et b François Bougon, Han Suyin, écrivain et avocate fidèle du régime maoïste Le Monde, 6 novembre 2012
  6. a et b Décès de la romancière d'origine chinoise Han Suyin , Le Point, 4 novembre 2012.
  7. (en) Suyin Han, Aamer Hussein, Tigers and Butterflies: Selected Writings on Politics, Culture and Society, Earthscan, 1990, (ISBN 1853830690)p. 6 : « Though she has often been criticized by Western sinologists in the post-Mao era for her supposedly partisan politics »
  8. (en) US-China Review, U.S.-China Peoples Friendship Association - 1987, Volume 11, p. 11 : « Interview with Han Suyin by Bob Quick Q: You've been criticized by many Western sinologists for doing just that. »
  9. Lily Xiao Hong Lee, Clara Wing-chung Ho, op. cit., p. 190.
  10. (en) John Jae-Nam Han, Han Suyin (Rosalie Chou) (1917- ), in Guiyou Huang, Asian American autobiographers: a bio-bibliographical critical sourcebook, Greenwood Publishing Group, 2001, 446 pages, p. 103-109, en part. p. 103 : « Han Suyin (christened as Matilda Rosalie Elizabeth Chou) was born to a Chinese father and a Belgian mother in Beijing, China, on 12 September 1917. Her father, Yentung Chou, left Szechuan Provice, China, for Europe in 1903 to study railway engineering; he returned to China to construct railroads in his province. While attending the University of Brussels in Belgium, he met his future wife, Marguerite Denis. They fell in love, and defying all the prejudices of her day against interracial marriage, Marguerite Denis deliberately became pregnant in order to force her family to allow her to marry Yentung. They were married in 1908 and, after the birth of their first son, moved to China in 1913. »
  11. a et b Jacques Danois, Han Suyin aux multiples splendeurs, coll. Destins du Monde, Les dossiers d'Aquitaine, 1988, 43 p.
  12. Source : L'arbre blessé, p. 411 et suivantes, p. 425 et suivantes.
  13. John Jae-Nam Han, Han Suyin (Rosalie Chou) (1917- ), op. cit., p. 104 : « Han Suyin was one of eight children born to Yentung and Marguerite. Life in war-torn China was full of hardships for Han's parents; in her words, their days together were "of sorrow and pain and insecurity, of war and running away and making do; and seeing their children despised for being Eurasians. Only I had the courage (or the foolishness) to scream against the general contempt for Eurasians" (Han, My House, 651). »
  14. Lily Xiao Hong Lee, Clara Wing-chung Ho, Biographical Dictionary of Chinese Women, Volume 2, M.E. Sharpe, 2003, p. 190
  15. a, b, c, d, e, f, g, h et i Ascendance maternelle de Han Suyin (Rosalie Tchau) et de Yvonne Paquet, sur le site myheritageimages.com, juin 2009.
  16. a, b, c, d, e et f John Jae-Nam Han, Han Suyin (Rosalie Chou) (1917- ), op. cit., p. 104.
  17. John Jae-Nam Han, Han Suyin (Rosalie Chou) (1917- ), op. cit., p. 104 : « On her return, she married Tang Pao Huang, a Chinese engineer who had been sent to Sandhurst by the government for military training. After the marriage, she worked in shattered Chungking, while her husband, a disciple of Su Yat-sen, served as a Kuomintang (Nationalist) officer and later general. [...] Tang proved to be a physically abusive person. A man of a feudal mind, he tried to "remould" her, beating her because she was not a virgin at the time of marriage. Han's husband was killed while fighting the Communists in 1947. »
  18. (en) Alison Lake, Han Suyin, Chinese-born author of ‘A Many-Splendoured Thing', dies at 95, Washington Post, 4 novembre 2012.
  19. (en) Lily Xiao Hong Lee, Clara Wing-chung Ho, op. cit., p. 191.
  20. (en) Han Suyin at Everything2.com : « Suyin turned the affair into the best-selling A Many-Splendoured Thing (1952); the frank admission of a love affair between a Eurasian woman and a white man scandalized British neo-colonial society, but it was a sensation, and in 1955 was made into the Academy Award-winning movie "Love is a Many-Splendoured Thing". »
  21. (en) A Many-Splendoured Thing, sur le site juggle.com : « In her autobiographical work "My House Has Two Doors" she clearly dissociates herself from the film and had no interest in even watching it in Singapore where it ran for several months. Her motive in selling the film rights to the novel apparently was to pay for an operation in England for her adopted daughter who was suffering from pulmonary tuberculosis. »
  22. a, b, c, d et e Lily Xiao Hong Lee, Clara Wing-chung Ho, op. cit., p. 191.
  23. Han Suyin at Everything2.com, op. cit. : « Out of this period came Suyin's condemnation of British "emergency" rule in Malaya, ...And the Rain My Drink (1957). When I visited Malaysia many years later I found it haunting to travel through the rubber plantations, for Suyin had written movingly about how the British special service had imprisoned, tortured, and killed the Chinese who they considered Communist sympathizers, in some cases rightly, in some wrongly. »
  24. Lily Xiao Hong Lee, Clara Wing-chung Ho, op. cit., p. 191 : « Han Suyin wanted to go to China to see for herself the changes that had taken place since the foundation of the RPC but was not able to get a visa until 1956. [...] Stepping onto Chinese soil again in May, Han Suyin returned to her homeland. The occasion generated wide publicity because of her fame but also because at that time relatively few people wished to visit there. She was warmly received by Chinese leaders such as Zhou EnLai (1898-1976) et Chen Yi and visited her father and other relatives in China. After leaving, Han Suyin gave glowing accounts of the improvements made by the new government. »
  25. Han Suyin at Everything2.com, op. cit. : « The end of her second marriage and her acquaintance with her third is chronicled, in thinly disguised form, in The Mountain is Young (1958) ».
  26. Lily Xiao Hong Lee, Clara Wing-chung Ho, op. cit., p. 192 : « From the 1960s, she became an unofficial spokesperson for the PRC abroad, regularly visiting China and after each trip writing and speaking about her latest experience. Controversy followed some of these reports, especially during the great famine around the beginning of the 1960s and the Cultural Revolution. »
  27. (en) Dong Chun, Sculpture of Han Suyin Unveiled, VOICE OF FRIENDSHIP, No. 154, s. d. : « In 1986 Han Suyin set up “the Han Suyin Fund for Scientific Exchange between China and the West”. Through this channel, many young scholars got a chance to visit and study in Europe, and have become the backbone of the relevant frontier disciplines. She also funded the Chinese Writers Association to create the “National Rainbow Award for Best Literary Translation” (which is now the Lu Xun Literary Award for Best Literary Translation) to help develop literature translation in China. Han Suyin Award for Young Translators” sponsored by the China International Publishing Group was also set up by Han Suyin. »
  28. Dong Chun, op. cit. : « On August 29, 2008, the government of Canton of Valais and the nongovernmental Fondation Espace-Enfants of Switzerland erected a sculpture of Han Suyin in Saint-Pierre de Clages, a small town and one of the European book villages. [...] The 92-year-old Han Suyin accompanied by her family members attended the ceremony. By erecting a sculpture of Han Suyin, the government of Canton of Valais wished to express gratitude to her for living on the bank of Leman Lake and taking Switzerland as her home for several decades. »
  29. La romancière Han Suyin est décédée à Lausanne Romandie.com, 4 novembre 2012.
  30. Décès de la romancière d'origine chinoise Han Suyin, Le Nouvel Observateur Culture, 4 novembre 2012.
  31. (en) Representing China: From the Jesuits to Zhang Yimou, The University opf Manchester, 18-20 May 2011, A conference report by David Sanderson.
  32. (en) Interview: I am a half Chinese: Madame Han Suyin, www.chinaview.cn, 2007-09-23 : « Since the 1960s, Han has delivered more than 2,000 lectures in Europe and America, through which she introduced China's development and achievements to the world by citing lively and concrete facts. She was granted the title "Friendship Envoy" by the Chinese People's Association for Friendship with Foreign Countries in 1996 for her remarkable contributions to promoting exchanges in culture and science between China and other countries. Han's late husband, Vincent Ruthnaswamy, an Indian, was conferred the same honor in 1990. »
  33. Simon Leys, « Han Suyin : l'art de naviguer », dans Essais sur la Chine, Robert Laffont, « Bouquins », 1998, p. 703-704.
  34. La Chine d'hier et d'aujourd'hui, INA
  35. Patrick French, op. cit., p. 294, « ...la publication d’ouvrages aussi honteux tant ils sont mensongers que Tibet Transformed de Israel Epstein, When Serfs Stood Up in Tibet de Anna Louise Strong ou au livre au titre carrément ridicule de Han Suyin, Lhassa, ville ouverte. Les « amis étrangers » se voyait accablés de statistiques douteuses et escortés pour une brève excursion potemkisée par des responsables du Parti qui les conduisaient dans une ferme modèle, un hopital modèle. D'anciens « serfs » étaient toujours là, disposés à raconter des histoires terribles sur les maux qu'ils avaient soufferts sous l'ancien régime » (Lhassa, ville ouverte traduit en français sous le titre de Lhassa, étoile-fleur).
  36. (en) Jamyang Norbu, The Myth of China's Modernization of Tibet and the Tibetan Language, Phayul.com, 17 juin 2005 : « Han Suyin is a notorious and thoroughly discredited propagandist for Maoist China. »
  37. (en) Margalit Fox, Han Suyin Dies; Wrote Sweeping Fiction, New York Times, 6 novembre 2012.
  38. (en) Thubten Samphel, D'SHALA DIARY: M. N Ram and fellow travellers, Phayul.com, 31 juillet 2007 « Han Suyin, ... is the author of the famous book called Love Is A Many Splendoured Thing. Since then she specialized on writing on communist China. She developed a talent for justifying the policies and thinking of the people in power, including the Gang of Four, and the horrors of the Cultural Revolution. Deng Xiaoping assumed power after the death of Mao in 1976. He swept away the worst excesses of Mao’s China. With that went Han Suyin’s reputation as a China hand. »
  39. Margalit Fox, op. cit. : « "I’m afraid that some people don’t understand my conduct," she said. "But it doesn’t matter. If one billion Chinese like me and think that I have done good, I don’t care about a couple of foreigners who don’t understand me." »
  40. Lily Xiao Hong Lee, Clara Wing-chung Ho, op. cit., p. 191 : « In these books, Han Suyin presented more than the events of her personal life; she embedded them within the wider context of the history of modern China. Western readers welcomed these inside views: Han Suyin interpreted China and its people, combining near native understanding with insight into what the West would be interested in, and wrote in a style accessible to Westerners, that made the Chinese understandable. »
  41. a, b et c (en) Teresa Kowalska, Han Suyin, sur le site Voices from the Gap de l'Université du Minnesota.
  42. Han Suyin, op. cit., sur le site Everything2.com : « During this period she wrote her first book, Destination Chungking (published 1942), an idealized account of a young couple much like Pao and herself who were fighting for Chiang Kai-Shek's China. The fictionalized autobiography did not do well, and Suyin, demoralized, did not write another book for a decade. »
  43. Han Suyin, op. cit., sur le site Everything2.com : « In 1952 Suyin married Malayan Special Branch Officer Leon Comber; she left Hong Kong and for ten years worked in Malaysia (then Malaya) at a tuberculosis clinic. Out of this period came Suyin's condemnation of British "emergency" rule in Malaya, ...And the Rain My Drink (1957). When I visited Malaysia many years later I found it haunting to travel through the rubber plantations, for Suyin had written movingly about how the British special service had imprisoned, tortured, and killed the Chinese who they considered Communist sympathizers, in some cases rightly, in some wrongly. »
  44. Teresa Kowalska, op. cit. : « The Mountain is Young takes place in Nepal. Seemingly entirely fictitious, the book can well be regarded as a literary transposition of the author's difficult experience in the final stages of her unhappy second marriage with the Englishman Leonard Comber, and of her first encounter of the Indian army colonel, Vincent Ruthnaswamy, the devoted third husband for the rest of her life. »
  45. John Jae-Nam Han, op. cit., p. 105.
  46. John Jae-Nam Han, op. cit., p. 106.
  47. Patrick French : Tibet, Tibet Une histoire personnelle d'un pays perdu, traduit de l'anglais par William Oliver Desmond, Albin Michel, 2005, p. 83
  48. Warren W. Smith Jr, China's Tibet?: Autonomy or Assimilation, AltaMira Press, U.S., 16 mai 2008, (ISBN 0-7425-3989-X) : « It is an account of a visit by author Han Suyin to Lhasa in October-November 1975. »
  49. (en) Book Description (présentation du livre par l'éditeur) : « In October and November 1975 Han Suyin visited Tibet, the region of China which lies next to her own province of Szechuan. Her family in Szechuan had had links with Tibet for over two centuries, and Szechuan itself harbours a great many Tibetans, whose families have lived there for ten centuries or more. This was the first time since 1962, when the English journalist Stuart Gelder and his wife Roma visited Tibet, that a visitor from abroad was admitted to the region. »
  50. Teresa Kowalska, op. cit. : « She reminds the historical, many centuries long and so to say natural vassalage (or gravitation) of Tibet toward China and then the nineteenth-century British machinations, aimed at a strategic conquer of all the immediate environments of Himalaya (Tibet included). She praises a perceptible, huge material progress of Tibet under the Communist Chinese rule, in fact transformation of Tibet from a backward, medieval theocracy into the capable, educated, and productive lay society. »
  51. Présentation de l'édition française en livre de poche.
  52. Teresa Kowalska, op. cit. : « Till Morning Comes tells a history of love and marriage of a Chinese doctor and a young American journalist in the period before the Communist takeover in China and closely thereafter. The Author furnishes a fascinating description of the racially mixed family, and the psychological problems of their racially mixed offspring. In many ways, the author writes from her own personal experience, as she herself originates from a mixed (Belgian-Chinese) family. Professions of the main personages involved the journalist and the medical doctor resemble those of Han Suyin and Ian Morrison, although ascribed to the opposite sexes. »
  53. Teresa Kowalska, op. cit. : « The book's events take place in the eighteenth century in Lausanne, then the real Mecca of clockmaking and the construction of precision clockwork machines that look human, draw pictures, play music, and are the rage of Europe. The orphaned teenage brother and sister already are the skilled constructors of such automata, and forced by some unfavourable external events abandon Europe and travel a long way to the court of Chinese emperors, to serve them with their highly esteemed and precious craftmanship. Eventually, they have to flee China, spending about twelve years in Thailand. Finally, they return to Lausanne. With this fascinating fiction, Han Suyin seems to pay a personal tribute to the land of her birth, China; to the area of her past residence for so many years, South-East Asia; and to the place of her present residence, Lausanne. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]